Tag: Patrice Canayer

  • Handball : Montpellier, remise en selle et en salle

    Handball : Montpellier, remise en selle et en salle

    Les Argentins ne sont pas tous détestés en France. Certains sont mêmes adulés. Ou étaient adulés. Diego Simonet, meneur de jeu de l’équipe d’Argentine de handball, n’est plus un joueur de Montpellier Handball depuis juin dernier. « Chino » a mis un terme à sa carrière, à treize ans de vie au MHB.

    Joueur spectaculaire, homme solaire, vainqueur de la seconde Ligue des champions, Simonet (36 ans) n’est plus le trait d’union entre le public de Bougnol et le MHB. Avec l’ailier suédois Lucas Pellas, ils ne sont qu’eux deux à quitter Montpellier, mais Simonet laisse une empreinte profonde dans l’histoire d’un club, qui se cherche un après depuis la funeste affaire des paris en 2012.

    Montpellier perd l’un des piliers de son âme, mais bouge peu d’une saison à l’autre. Il prône la stabilité pour mieux reconquérir un trône qui lui échappe depuis 2012. Il mise pour ça sur la nouvelle formule du championnat, bouclé désormais par un inédit play-off (1), et son goût des grands rendez-vous.

    Depuis que Érick Mathé a pris le relais en 2024 de Patrice Canayer, entraîneur et manager légendaire, le MHB a réappris à gagner. Avec deux Coupes de France et un trophée des champions.

    Samedi 29 août (20h) à Aix-en-Provence, Montpellier s’offre une nouvelle occasion d’enchaîner par un 46e sacre. Il ouvre sa saison par un nouveau trophée des champions face à l’incontournable champion de France : Paris SG. Un premier test qui préfigure la saison. « On a envie de conserver ce Trophée des Champions et de bien lancer notre saison. Affronter Paris est toujours un bon moyen de se jauger face à l’une des meilleures équipes du championnat. Avec l’arrivée des play-offs, on sait que les confrontations directes et les matchs couperets auront encore plus d’importance cette saison », résume le capitaine Valentin Porte, tout proche de ses 36 ans.

    Un automne de muerte

    Avant de se projeter sur l’issue de la saison, Montpellier va devoir tenir le choc dans une aventure au très long cours. Et probablement très incertaine. Pour la première fois depuis l’intronisation de Mathé à ses commandes, il s’apprête à jongler entre un championnat, toujours très dense, et une Ligue des champions, aussi excitante qu’éprouvante.

    Sous l’effet de l’élargissement de la Ligue des champions, promise au troisième club français, le MHB embarque au côté des légendes du hand européen. Veszprem, Kielce, la pléiade
    des clubs allemands, dont Magdebourg, et bien sûr Barcelone, champion en titre.

    Faveur ou vertige, le MHB s’apprête lors du premier tour à défier le Barça et son ancienne pépite : Ludovic Fabregas, issu de son centre de formation. Au-delà de ce rendez-vous de prestige, le 17 septembre, il devra résister au Dinamo Bucarest et aux Danois de Aahrus pour accrocher la seconde place, qualificative pour le tour principal. Autre vrai enjeu.

    Le double champion d’Europe va devoir survivre à un automne de muerte. Avec un doublé défi : exister dans la nouvelle Ligue des champions et rester en vie en championnat, où il va croiser dès septembre la route de Nîmes, requinqué sous la patte du nouveau coach Guillaume Saurina, et Nantes, dauphin du PSG.

    Comme souvent, le plus gros palmarès du handball français vivra ses plus belles affiches à la Sud de France Arena et les autres matchs à Bougnol, siège ancestral rebaptisé au gré du naming. Depuis une décennie, le club présidé par Julien Deljarry attend une nouvelle salle. Une enceinte moderne de 6 000 places environ.

    Au cours de la dernière campagne municipale, le maire Michaël Delafosse, réélu au printemps pour un second mandat, a promis la construction d’un nouveau lieu de vie. Qu’en sera-t-il ? La glorieuse incertitude du sport gagne le champ politique.

    À l’issue de la saison régulière,
    le play-off opposera les quatre premiers du championnat.
    Avec deux demi-finales en aller et retour. Et une finale sur un seul match.

  • [Basket] Valéry Demory, au bord des adieux

    [Basket] Valéry Demory, au bord des adieux

    Montpellier, un havre pour travailler en paix ? Dans un monde du sport, qui peut renverser un entraîneur du jour au lendemain, la capitale du Languedoc fait-elle exception ? Depuis plus d’un demi-siècle, la famille Nicollin dirige le club de football, non sans coup de sang. Pendant trente ans, le manager Patrice Canayer a transformé le Montpellier Handball en double champion d’Europe.

    En quinze saisons, un autre homme fort s’est fait une place à part dans l’environnement sportif de la Métropole : Valéry Demory.

    Demory, né à Denain (Nord) sur les bords de l’Escaut, n’a pas pris avec le temps l’accent du Sud. L’ancien meneur de jeu des plus grands clubs français et de l’équipe de France (85 sélections) a façonné d’une main ferme le BLMA (Basket Lattes Montpellier Agglomération) en deux temps. Tout d’abord pendant une décennie (2007-17) pour l’installer au sommet du basket féminin français, puis pendant cinq ans (2021-26) pour l’y maintenir.

    « Il a l’âme d’un constructeur. Quand il est arrivé à Montpellier, on était quand même dernier du championnat et on a fini par être champion de France. Pour lui, c’était intéressant de rester. Pour le club, de le garder. Tout le monde était gagnant dans l’histoire. Le fonctionnement était plus rustique, mais c’était quand même des superbes années », témoigne l’ancien capitaine de Lattes Gaëlle Skrela.

    Samedi 7 mars (19h), pour le dernier match à domicile de la phase régulière de la Ligue féminine face à Landerneau, Valéry Demory (62 ans) sera au cœur de la fête. Celle du club de Lattes et ceux qui aiment le basket. Au terme de la saison, au verdict imminent, l’entraîneur emblématique va s’éloigner des salles. Et prendre la retraite au bout de deux vies à vivre du et pour le basket. Durant quarante-quatre ans, il a été d’abord un meneur de jeu, puis un entraîneur d’équipes féminines.

    Valéry Demory a basculé de l’une à l’autre sans temps mort. À 37 ans, l’ancien meneur s’est glissé dans le costume d’entraîneur sans vraiment changer de peau. Il s’est fait la main dans le Béarn, sa terre d’exil. Dans la petite ville de Mourenx (2000-07), plantée à égale distance entre Orthez et Pau.

    Puis, cet homme discret a posé ses valises entre Montpellier et la mer Méditerranée. Comme la greffe du basket masculin ne prenait sur les hauteurs de la Paillade, l’ancien président de l’Agglomération Georges Frêche, décédé en 2010, a misé sur l’équipe féminine de Lattes. Une équipe placée sous la tutelle du maire Cyril Meunier.

    Le technicien a mis les Gazelles au pas de course. Quand Lattes a posé au début du siècle ses fondations dans l’élite, le manager l’a installé dans le paysage sportif de Montpellier, en pleine ébullition, et celui du basket féminin. Comment ? En gagnant et le dotant d’un palmarès. Au cours d’une décennie (2007-17), Lattes a lutté avec Bourges, plus grand club français, et a ébranlé par intermittence sa mainmise.

    « Il connaît le basket

    sur le bout des doigts »

    « Quasiment tous les titres gagnés l’ont été quand il était là. Par son passé de joueur, il connaît le basket sur le bout des doigts. On a gagné des matchs par son sens de la stratégie. Parfois, je me disais pourquoi on fait ça et on gagnait », décrypte Gaëlle Skrela. Qui n’a pas oublié son management à part. « Valéry est quelqu’un de simple. Il nous laissait de la liberté dans la vie de tous les jours. Il avait des exigences et des objectifs, mais toujours en nous laissant une certaine forme de liberté dans le jeu et en dehors du terrain. Cela n’avait pas de prix pour moi. Il faisait vraiment confiance aux gens et pour tout. »

    Lattes s’est taillé alors une reconnaissance. Avec deux titres en 2014 et 2016. et cinq Coupe de France (2011, 13, 15, 16 et 21). Au côté de René Comes, président rigoureux, Demory a façonné des effectifs ambitieux et compétitifs.

    Visage impavide, parfois distant, la voix intérieure de Valéry Demory infuse avec le temps. Celle de ceux qui laissent une trace presque invisible dans l’instant, mais suscite presque un manque. « Joueuse, je devais l’énerver et il m’énervait. C’est normal quand vous êtes tous les jours avec les gens. Aujourd’hui, ce n’est plus mon coach, mais il fait partie des gens importants de ma vie. Si je n’ai pas changé de club, ni d’entraîneur, c’est qu’il y avait bien quelque chose qui faisait aussi que j’avais envie de rester avec lui et Guy Prat (ancien adjoint). Ils aiment gagner, ils aiment travailler. Aujourd’hui, ils me manquent », confie Gaëlle Skrela.

    En 2017, au bout d’une décennie très réussie jusqu’à créer un vent de jalousie, Valéry Demory, auréolé de son savoir-faire a pris la route de Lyon et Villeurbanne, où Tony Parker ébauchait son projet de grand club.

    Les deux hommes ont vécu pas mal de frictions jusqu’à la séparation. Parallèlement, Lattes a goûté aux prémices de l’après-Demory. Il est passé d’une stabilité sportive et financière à une période plus fragile. Il a ouvert comme une évidence la porte à son retour. Cette fois, son départ sera sans retour.

  • Le plan B de la Région pour sauver Sud de France

    Le plan B de la Région pour sauver Sud de France

    Non, Sud de France n’est pas morte ! » Contrairement au bruit qui court, la marque ombrelle imaginée par Georges Frêche en 2006, à l’origine pour soutenir la seule filière viticole régionale, va continuer à exister et à se développer en Occitanie.

    En décembre 2025, le Conseil d’État a pourtant rejeté le dernier recours des défenseurs de Sud de France, qui regroupe désormais 27 filières et plus de 12 000 produits d’Occitanie. Avortée, cette tentative de la dernière chance en justice concernait uniquement les bouteilles de vin. Et le souhait de la Région de continuer à pouvoir y accoler sa marque fétiche reconnue à l’international. « On voulait conserver une double appellation : à la fois le terroir et la marque Sud de France. On a plaidé le contexte international compliqué, demandé une dérogation de quelques années », rappelle Patrice Canayer. En vain.

    Pas de quoi se lamenter pour l’élu régional en charge des marques. « On se serait bien passé de cette décision du Conseil d’État. Mais on ne va pas passer notre temps à pleurer, on avance ». En réalité, voilà près de deux ans que la collectivité, qui craignait cette éventualité, travaille en coulisses à un plan B. « On a créé un nouveau logo qui montre une indication géographique, une carte de France stylisée avec une pastille qui représente l’Occitanie, que les viticulteurs peuvent placer sur les bouteilles sans le nom de la marque », résume Patrice Canayer.

    Les grands salons viticoles en ligne de mire

    Laquelle marque est devenue un « bloc marques » qui se nomme désormais « Occitanie Sud de France » ou « Sud de France Occitanie ». Elle reste autorisée sur les linéaires dans les salons par exemple. « On en a fait une première présentation au Sitevi. On fera la seconde au salon Millésime bio (26-28 janvier à Montpellier), puis au salon Wine Paris (9 au 11 février) ». En attendant le salon de l’agriculture (21 février-1er mars)…

    Voilà pour le vin. Quant aux 26 autres filières, tout continue comme avant. « On peut apposer le logo sur un paquet de pâtes, une bourriche d’huîtres ou de l’huile d’olive avec Occitanie Sud de France ». Vingt ans après sa création, la marque ombrelle figure parmi les premières sur la scène nationale française. 50% est constituée par la viticulture et se révèle très utile à l’export. Pour la présidente Carole Delga (PS) et Patrice Canayer, il est important de développer la marque. « Vu la conjoncture mondiale, les interprofessions n’ont pas intérêt à y aller seules de leur côté mais à se fédérer sous une même bannière ». Celle de « Sud de France Occitanie », toujours debout malgré les remous.