Tag: particules fines

  • Des bateaux de croisière de plus en plus branchés

    Des bateaux de croisière de plus en plus branchés

    Une « première en France » s’est félicité ce samedi 11 avril le ministre des Transports, Philippe Tabarot, venu sur le Grand Port maritime de Marseille (GPMM) inaugurer le branchement électrique à quai des bateaux de croisière. Déployée dans le cadre du dispositif « Connexion électrique des navires à quai, Escale zéro fumée », cette technologie permet de connecter en simultané trois navires, dont les besoins peuvent atteindre les 16 mégawatts chacun, soit la consommation d’une ville de 13 000 habitants, et de couper les moteurs durant l’escale. De quoi améliorer la qualité de l’air quand le maritime représente « 37% des émissions d’oxyde d’azote » a rappelé en préambule Dominique Robin, directeur de l’association de surveillance de qualité de l’air, AtmoSud.

    Si « la trajectoire baisse depuis 15 ans, de 7 ou 10%, on a besoin d’accélérer », estime-t-il. Se basant sur une étude « récente » de la Ville de Marseille, il indique que « près de 780 personnes décèdent de façon prématurée en lien avec la pollution ». Mais pour Hervé Martel, président du directoire du GPMM, c’est une « étape majeure » qui a été franchie. Mieux, de l’avance a été prise sur la réglementation européenne qui impose que 90% des escales de navires de passagers et de porte-conteneurs utilisent l’électricité à l’horizon 2030.

    200 millions investis

    Et de citer une autre étude, du Pôle mer Méditerranée, selon laquelle le branchement des navires permet de réduire de 80% les émissions d’oxyde de soufre, de 75% les oxydes d’azote, et de 60% les particules fines. Dans un contexte de guerre au Proche et au Moyen-Orient, il s’agit aussi de réduire la facture énergétique, de se détacher des énergies fossiles pour renforcer sa souveraineté dans un secteur stratégique pour l’économie mondiale précise Philippe Tabarot. « L’État a investi plus de 50 millions d’euros, soit près de la moitié des investissements publics de ce projet » de 200 millions d’euros a-t-il détaillé.

    Côté croisiéristes, on se félicite de l’usage de cette électricité « verte » pour « se consacrer à toute la chaîne de valeurs entre le départ et l’arrivée du bateau », résume Jacques Hardelay, président de l’association Marseille-Provence croisière. Et de défendre l’impact économique « important » sur la Ville, « 57 euros par personne et par jour dépensés » par les passagers en transit avance-t-il, et aussi sur les entreprises, entre taxis et avitaillement. Parmi les représentants des collectivités, le président de la Région, Renaud Muselier (Ren.), bombe le torse rappelant sa capacité à aller chercher les financements européens. Plus nuancé, Laurent Lhardit, député PS des Bouches-du-Rhône et conseiller municipal, évoque, au nom du maire de Marseille, la volonté de maîtriser un tourisme que la Ville souhaite « durable » et « bien loin d’une massification qui devra être régulée ». Le nombre de croisiéristes accueillis par le port de Marseille étant passé de 62 000 en 1996 à… 3 millions prévus cette année.

  • Des bateaux de croisière de plus en plus branchés

    Des bateaux de croisière de plus en plus branchés

    Une « première en France » s’est félicité ce samedi 11 avril le ministre des Transports, Philippe Tabarot, venu sur le Grand Port maritime de Marseille (GPMM) inaugurer le branchement électrique à quai des bateaux de croisière. Déployée dans le cadre du dispositif « Connexion électrique des navires à quai, Escale zéro fumée », cette technologie permet de connecter en simultané trois navires, dont les besoins peuvent atteindre les 16 mégawatts chacun, soit la consommation d’une ville de 13 000 habitants, et de couper les moteurs durant l’escale. De quoi améliorer la qualité de l’air quand le maritime représente « 37% des émissions d’oxyde d’azote » a rappelé en préambule Dominique Robin, directeur de l’association de surveillance de qualité de l’air, AtmoSud.

    Si « la trajectoire baisse depuis 15 ans, de 7 ou 10%, on a besoin d’accélérer », estime-t-il. Se basant sur une étude « récente » de la Ville de Marseille, il indique que « près de 780 personnes décèdent de façon prématurée en lien avec la pollution ». Mais pour Hervé Martel, président du directoire du GPMM, c’est une « étape majeure » qui a été franchie. Mieux, de l’avance a été prise sur la réglementation européenne qui impose que 90% des escales de navires de passagers et de porte-conteneurs utilisent l’électricité à l’horizon 2030.

    200 millions investis

    Et de citer une autre étude, du Pôle mer Méditerranée, selon laquelle le branchement des navires permet de réduire de 80% les émissions d’oxyde de soufre, de 75% les oxydes d’azote, et de 60% les particules fines. Dans un contexte de guerre au Proche et au Moyen-Orient, il s’agit aussi de réduire la facture énergétique, de se détacher des énergies fossiles pour renforcer sa souveraineté dans un secteur stratégique pour l’économie mondiale précise Philippe Tabarot. « L’État a investi plus de 50 millions d’euros, soit près de la moitié des investissements publics de ce projet » de 200 millions d’euros a-t-il détaillé.

    Côté croisiéristes, on se félicite de l’usage de cette électricité « verte » pour « se consacrer à toute la chaîne de valeurs entre le départ et l’arrivée du bateau », résume Jacques Hardelay, président de l’association Marseille-Provence croisière. Et de défendre l’impact économique « important » sur la Ville, « 57 euros par personne et par jour dépensés » par les passagers en transit avance-t-il, et aussi sur les entreprises, entre taxis et avitaillement. Parmi les représentants des collectivités, le président de la Région, Renaud Muselier (Ren.), bombe le torse rappelant sa capacité à aller chercher les financements européens. Plus nuancé, Laurent Lhardit, député PS des Bouches-du-Rhône et conseiller municipal, évoque, au nom du maire de Marseille, la volonté de maîtriser un tourisme que la Ville souhaite « durable » et « bien loin d’une massification qui devra être régulée ». Le nombre de croisiéristes accueillis par le port de Marseille étant passé de 62 000 en 1996 à… 3 millions prévus cette année.

  • Dispositif Réponses : quand les riverains font bouger la science

    Dispositif Réponses : quand les riverains font bouger la science

    Intégration des questions liées à la réduction des gaz à effet de serre, publication de deux études scientifiques… 2025 aura été dense pour le dispositif Réponses, qui recueille les préoccupations des habitants du pourtour de l’étang de Berre en matière de santé environnementale, pour y apporter des réponses concrètes en associant l’ensemble des acteurs du territoire (associations, collectivités, État, industries, salariés, syndicats, experts…). Comme chaque année depuis 7 ans, « il y a une évaluation des actions par les citoyens, ce qui est un atout de la démarche, et un temps de bilan », précise Gwenaëlle Hourdin, présidente du SPPPI Paca, qui porte le dispositif.

    Première évolution : « Avant, on ne s’intéressait qu’aux gaz qui avaient un effet sur la santé, donc les polluants atmosphériques. Maintenant, on s’intéresse aussi à ceux qui ont un effet sur le changement climatique, à la demande des habitants. On va consolider ce sujet en
    2026.
     »

    Deux études publiées

    Deux études d’envergure ont également été publiées au cours de l’année. Scenarii-2, menée par Atmosud en coordination avec l’Agenre régionale de santé et la DREAL Paca, est une « évaluation de risques sanitaires liés à l’inhalation de façon chronique », autrement dit « des calculs ». Elle porte sur 66 communes du bassin et analyse 30 polluants. « Le premier résultat est important : on observe une amélioration des concentrations sur le territoire, les actions sont utiles, affirme Dominique Robin, directeur d’Atmosud. Pour les particules fines, la quasi-totalité de la population est concernée par des dépassements des seuils de l’Organisation mondiale de la santé. Pour les polluants industriels spécifiques, les impacts sont surtout notables sur le cumul. »

    L’étude Bis, multi-site est une première nationale. Il s’agit d’une « surveillance épidémiologique autour des grands bassins industriels français », au nombre de 44, explique Céline Caserio Schönemann, déléguée régionale de Santé publique France, l’agence qui l’a portée avec et l’Ineris. Les résultats mettent en évidence un sur-risque d’asthme chez l’enfant et de morbidité respiratoire chronique chez les adultes vivant à proximité d’une certaine densité d’usines, ainsi qu’un sur-risque de prématurité et une augmentation de la mortalité toutes causes à proximité d’installations classées (Seveso, ICPE ou IED). D’ici 2027, Santé Publique France envisage d’affiner les niveaux géographiques en caractérisant les bassins industriels.

  • Du mieux dans la qualité de l’air, selon une étude d’Atmosud

    Du mieux dans la qualité de l’air, selon une étude d’Atmosud

    La qualité de l’air s’améliore. C’est la conclusion de l’étude Scenarii 2, menée par Atmosud dans le cadre d’un comité de pilotage rapproché avec l’Agence régionale de santé, la Dreal et Santé publique France pour évaluer l’efficacité des actions mises en œuvre au cours de la dernière décennie pour réduire le risque sanitaire d’exposition pour la population des 66 communes du pourtour de l’étang de Berre. « C’est un rebond du travail conduit il y a une dizaine d’années avec Scenarii 1, développe Dominique Robin, directeur d’Atmosud. Il a été mené dans le cadre du Plan santé environnement. »

    Au total, trente composés venant de différentes sources (industrie, transport routier, maritime, aérien, chauffage…) sont analysés dans ce deuxième volet, sur les 72 inventoriés par Atmosud. Parmi eux, quatre polluants réglementés présentent un risque sanitaire pour 100% de la population : l’ozone, le dioxyde d’azote, et les particules fines PM10 et PM2.5. En cause : une exposition dépassant les seuils (comme pour l’ensemble de la région).

    Un excès de risque

    Néanmoins, un excès de risque supplémentaire est identifié sur la zone dû à un cumul des expositions à des polluants cancérigènes, mutagènes et/ou reprotoxiques (CMR). En cause, des polluants principalement émis par l’industrie comme l’oxyde d’éthylène, le 1,2- dichloroéthane, le cobalt et le chlorure de vinyle monomère.

    « Dans un scénario d’exposition dit réaliste, ce qui correspond à trente ans d’exposition, environ 400 personnes sont exposées à un excès de risque cumulé, soit moins de 0,1% de la population », explique Edwige Révélat, directrice scientifique et technique à Atmosud. Dans le scénario majorant (70 ans d’exposition), 28 000 habitants sont concernés, soit 4,5% de la population, principalement à Port-de-Bouc, Martigues et Berre-l’Étang.

    Edwige Révélat note tout de même « une tendance à la baisse et à la stabilité des concentrations ». Si l’exposition aux particules fines et le dioxyde d’azote (des polluants multi-source) continue de dépasser les seuils, elle diminue tout de même de 30% entre Scenarii 1 et Scenarii 2. D’autres composés présentent une diminution de leur concentration, comme le benzène (30%), ou le 1,2 DCE, ou dichlorure d’éthylène (de -10 à -50%).

    Une conclusion qui n’a pas manqué de faire bondir les représentants des associations environnementales du secteur, à l’instar de Daniel Moutet, de l’Association de défense et de protection du littoral du golfe de Fos : « À aucun moment Fos-sur-Mer n’est cité, je ne comprends pas pourquoi elle ne fait pas partie des villes polluées. On est sous les vents de Lavéra et l’été sous les vents d’ouest qui nous amènent la pollution des usines. Ces résultats sont impossibles, sauf à travers le lissage des données que vous faites. » Yves Bidet, pilote du réseau climat énergie de FNE13, souligne : « Il y a des personnes qui viennent travailler dans la zone sans y habiter, l’étude ne les prend pas en compte. » Alain Collomb, médecin sur la zone, s’inquiète quant à lui des « effets cocktails » des polluants qui peuvent se « potentialiser », une donnée non considérée. Son collègue Patrick Courtin, docteur spécialisé en santé environnementale, pointe quant à lui l’absence des perturbateurs endocriniens, « qui ne sont pas pris comme des risques ».

    Ces limites, les instigateurs de Scenarii 2 en sont conscients. Cécile Morciano, responsable du service santé environnement de la délégation des Bouches-du-Rhône pour l’ARS, explique : « Ce n’est pas une étude qui permet de prédire l’apparition de maladie, on est sur du calcul théorique de risque sanitaire. »

  • La pollution de l’air diminue mais il reste encore beaucoup à faire

    La pollution de l’air diminue mais il reste encore beaucoup à faire

    À l’échelle régionale, les émissions annuelles de polluants dans l’atmosphère sont en baisse. C’est là le principal enseignement de l’inventaire des émissions publié en ligne ce 6 novembre par l’association de surveillance de qualité de l’air, AtmoSud. Cet outil permet de suivre sur chaque commune l’évolution des polluants atmosphériques, les consommations et productions d’énergie en région Sud Provence-Alpes-Côte d’Azur.

    Plus précisément, les émissions de particules fines (PM 2,5), produites notamment par le chauffage au bois, ont réduit de 15%, les oxydes d’azote (Nox), principalement issus du trafic routier et maritime, de 7,6%, les gaz à effet de serre (GES) de 5%. Mais « malgré ces progrès, notre territoire reste loin de ses objectifs : 97% de la population vit au-dessus des seuils de l’OMS, 11% au-dessus de la valeur limite 2030, et loin de la neutralité, puisqu’il ne compense encore que 12% de ses émissions de GES », analyse AtmoSud.

    Un outil pour anticiper

    Cette année, les particules ultrafines ont été intégrées dans l’inventaire communal, une « première mondiale », se félicite AtmoSud. Ces dernières sont principalement émises par le trafic routier mais si la contribution de l’aérien est faible, il reste le premier contributeur des particules les plus fines des ultrafines, comprises entre 10 nanomètres et 13 nanomètres, en étant responsable de 35% de ces émissions.

    Le calcul des émissions maritimes a aussi été revu « grâce au partage des données réelles avec les acteurs portuaires ». Les résultats sont sans appel : « À Marseille, le secteur maritime demeure un contributeur majeur aux émissions de polluants atmosphériques. Il représente 37% des émissions d’oxydes d’azote (1 456 tonnes), juste derrière le transport routier (45%). » À Fos-sur-Mer, ce secteur reste le premier émetteur, avec 6 212 tonnes de NOx, soit 57% des émissions totales de la commune. Les axes routiers secondaires sont également pris en compte et le calcul de « la séquestration carbone » amélioré « avec la prise en compte de la mortalité des végétaux ».

    Cette étude sert également de base pour « comprendre les phénomènes de pollution, mieux anticiper la pollution de l’air et évaluer la performance environnementale de notre territoire ».

    Pour en savoir plus : cigale.atmosud.org

  • Toulon : une conférence sur le cadmium, métal toxique méconnu mais mortel

    Toulon : une conférence sur le cadmium, métal toxique méconnu mais mortel

    « Lorsqu’on installe un dos-d’âne pour faire ralentir les automobilistes, la voiture libère des microparticules en freinant et en réaccélérant, et donc plus de toxiques dans l’air. » Les mots du Docteur Pierre Souvet mettent le bon sens à l’épreuve. Ce cardiologue de 69 ans à la gouaille charmeuse a fondé l’Association Santé Environnement France (Asef) – dont il est le directeur – en 2008, afin d’alerter sur les dangers quotidiens auxquels nous expose notre environnement. Avec, parfois, comme pour le cas des dos-d’âne, des contradictions entre l’aspect vertueux d’un objet dans un champ (en l’occurrence la sécurité) et sa nocivité (sanitaire) dans un autre.

    Ces facteurs de risque se trouvent partout dans notre environnement (air, eau, sols, nourriture animale comme végétale…) et représentent, selon l’OMS, la principale cause de mortalité avec plus d’un décès sur quatre dans le monde devant le tabagisme. Il faut donc agir, et pas seulement dans les hôpitaux : « Les élus et les acteurs de santé ont un rôle majeur », explique le docteur Souvet.

    Les taux de cadmium doublent

    Cependant, certains partis politiques sont davantage guidés par les logiques industrielles, comme l’illustre la question des particules fines, responsable de 48 000 à 97 000 décès par an en France : « En France, on est à un taux de 25 microgrammes par mètre cube. L’OMS préconise 5 pour diminuer 80% des pathologies cardio-vasculaires et respiratoires liées aux particules. L’Europe a décidé de s’aligner à 10, et un parti français [le RN, Ndlr] a voté contre », déplore le docteur.

    Mais Pierre Souvet ne se dit « ni optimiste, ni pessimiste, mais déterminé ». En mai, il a transmis, avec des confrères, une lettre au Premier ministre pour l’alerter sur l’explosion des contaminations au cadmium, un métal toxique naturellement présent dans notre environnement, mais dont la concentration est favorisée par les activités industrielles, et surtout agricoles, via l’épandage d’engrains minéraux phosphatés. Entre 2006 et 2014, la contamination des Français à cette molécule hautement cancérigène a doublé, selon l’OMS, passant de 0.29 microgramme/g de créatinine à 0.57, prenant une part croissante dans l’incidence des 483 000 nouveaux cancers par an diagnostiqués dans le pays. La durée de sa demi-vie étant de 18 à 30 ans.

    Un sujet méconnu, que le cardiologue explicitera mercredi prochain, à 19h30, à l’Espace Neptune, lors d’une conférence coorganisée avec la Communauté professionnelle territoriale de santé Toulon Littoral intitulée « Comment protéger ma santé des pollutions du quotidien ? » qui s’inscrit dans un paradigme de justice sociale défendu par Pierre Souvet, car « ce sont toujours les plus favorisés qui peuvent prendre soin de leur santé, et cela, un médecin ne peut pas l’accepter », conclut-il.

    Conférence gratuite. Infos au 06.08.15.25.15

  • Le projet d’arrêté anti poids lourds entre les mains de la préfecture

    Le projet d’arrêté anti poids lourds entre les mains de la préfecture

    Le projet transmis

    La municipalité d’Avignon annonce, dans un communiqué émis ce mercredi 22 octobre, avoir transmis, ce lundi 20 octobre, un « projet d’arrêté expérimental de limitation de la circulation des poids lourds de plus de 38 tonnes sur la rocade Charles-de-Gaulle ». Cette mesure s’appliquerait de 7h à 19h, du carrefour avec l’avenue Pierre-Semard à celui avec l’avenue de Tarascon, pour une durée d’un an à compter de sa validation par la préfecture.

    La ville d’Avignon précise que ce « projet d’arrêté actuel est le plus proportionné possible, visant la plus haute classe de poids lourds, sur les heures les plus chargées de la journée, lorsque la congestion routière est la plus massive, le trafic piéton et vélo le plus important, lorsque les habitants amènent leurs enfants à l’école ou font leurs courses, et où, en conséquence, l’exposition à la pollution, au bruit et à l’insécurité routière est la plus prégnante ». Un suivi est mis en place, au fil de cette année d’expérimentation, à l’aide de différents indicateurs. Et ce, pour « en apprécier les effets et éventuellement le réajuster ».

    La préfecture attendue

    C’est donc désormais au préfet de Vaucluse, Thierry Suquet, de trancher sur la question. Un dossier de longue haleine, car la préfecture avait déjà refusé un premier projet en 2019, qui s’appliquait, lui, aux poids lourds de plus de 19 tonnes. Contacté, le préfet « ne souhaite pas s’exprimer sur le sujet à ce stade ». Depuis ce refus, la mairie d’Avignon assure avoir réalisé un « énorme travail d’affinage entre 2022 et 2025 ». Et ce, avec des « dizaines » de réunions politiques et techniques, bilatérales et plénières.

    Motivations sanitaires

    La motivation principale de cette décision est notamment sanitaire. La municipalité explique que, bien qu’il faille « maintenir la desserte économique » du territoire, il faut assurer « la protection des populations, confrontées depuis de trop longues années à la pollution de l’air, aux nuisances sonores et à une insécurité routière ». En effet, plusieurs milliers de poids lourds défilent au quotidien sur l’axe autour duquel vivent plus de 17 000 habitants, « exposés depuis de trop longues années à une circulation routière disproportionnée en cœur de ville », souligne la municipalité.

    Un projet également soutenu par la section d’Avignon-Morières-Le Pontet du PCF, qui demande, dans un communiqué, que « la santé des habitants devienne une priorité ». « Sur la rocade d’Avignon, où la circulation dense génère des taux élevés de particules fines, les riverains, notamment les enfants issus de familles modestes, sont particulièrement touchés par l’asthme, la bronchiolite et d’autres pathologies chroniques ».

    D’autant que le projet de Zone à Faibles Émissions, dont la mise en place était prévue par le Grand Avignon, est pour l’heure à l’arrêt. En effet, l’Assemblée nationale a voté la suppression de celles-ci, en juin dernier. Et ce n’est pas près de revenir à l’agenda parlementaire.

    Une forte opposition

    Ce projet d’arrêté ne fait pas l’unanimité, avec, en parallèle, l’arrêt de la Liaison Est-Ouest (LEO), que beaucoup estiment être la solution, contrairement à Avignon et au Grand Avignon. À commencer par les organisations syndicales de transporteurs, qui estiment que cette interdiction forcerait leurs engins à un long détour et nuirait aux entreprises locales. Ainsi que les élus des Bouches-du-Rhône, qui ne veulent pas voir un flot de véhicules débouler sur leur territoire.

    La CGT cheminots affiche une position plus nuancée. La mesure « mettrait à l’arrêt le terminal ferroviaire multimodal de Champfleury » pointe le secrétaire général, Loïc Guigou. « Au regard des enjeux de santé publique, cet arrêté est normal », affirme pour sa part Williams Juan, secrétaire CGT cheminots 84 qui estime cependant qu’il « aurait fallu trouver des alternatives en amont ».

    Dominique Santoni, présidente (LR) du Département de Vaucluse, est aussi opposée au projet. « Aujourd’hui, interdire les poids lourds sur la rocade, de la manière dont c’est fait, ça me paraît aberrant. On a quand même trois départements qui ont donné des avis défavorables. Le préfet de région n’a pas l’air d’être non plus pour. Et on force, on force » confiait-elle, en septembre dernier. « Je comprends parfaitement les enjeux de santé publique, mais on va les envoyer où, ces camions ? La solution, c’est la LEO. On met la charrue avant les bœufs. »

  • Une association met en cause Arcelor pour sa pollution

    Une association met en cause Arcelor pour sa pollution

    C’est une énième accusation de pollution qui entache ArcelorMittal. Entre avril et juin derniers, l’association Respire a réalisé une nouvelle étude afin de mesurer les concentrations de particules fines dans une dizaine de lieux du quotidien aux abords des usines de Fos-sur-Mer et de Dunkerque. Du côté méditerranéen, deux capteurs ont été placés de part et d’autre de l’usine, dans l’axe du vent dominant, pour comparer les taux de particules fines en amont et en aval du site.

    Résultat : « Les valeurs de pollution de fond mesurées dépassent les seuils journaliers recommandés par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) dans 7 cas sur 8, avec des concentrations parfois deux fois supérieures aux seuils comme sur la plage du Cavaou », note l’organisation. « Les pics de pollution observés dans l’axe des nuages de fumée industrielle atteignent plus de trois fois les seuils journaliers OMS. »

    L’aciériste répond « que les particules fines proviennent de nombreuses sources : chauffage, agriculture, industrie, transport… » et assure mener des actions concrètes pour limiter la pollution de l’air : « Grâce à de nombreux investissements, à Fos-sur-Mer, les émissions de poussières ont ainsi été réduites de plus de 70% en 10 ans (2014-2024). » La direction met notamment en avant un dispositif de filtration abaissant le niveau de poussières au-delà des seuils réglementaires d’un coût de 30 millions d’euros.

    Une procédure de mise en examen en cours

    Cette présence « préoccupante » de particules fines montrée du doigt par Respire intervient alors qu’ArcelorMittal a été mis en examen en mars pour mise en danger de la vie d’autrui et atteintes à l’environnement. Le sidérurgiste ne souhaite pas commenter « car il s’agit d’une procédure en cours », « conteste les accusations et rappelle qu’elle bénéficie à la fois de la présomption d’innocence et du secret de l’instruction ».