Tag: partage

  • La Fête de la science met les saveurs au menu

    La Fête de la science met les saveurs au menu

    Cette année, la Fête de la science titille les papilles avec le thème « Saveurs savantes ». Pas moins de 917 actions sont prévues dans 109 communes de Provence-Alpes-Côte d’Azur. Insolite ? Pas vraiment. « L’alimentation est au cœur d’importants enjeux de santé publique et soulève des questions environnementales majeures, de la résilience des systèmes agricoles à la préservation de la biodiversité », rappellent les organisateurs lors de la présentation de cette 35e édition. En biologie, en physique-chimie, en sciences humaines et sociales, en écologie ou encore en santé, à travers l’approche globale « One Health », l’alimentation est explorée sous toutes ses dimensions : santé publique, environnement, biodiversité, mais aussi résilience des systèmes alimentaires.

    Diffuser la culture scientifique

    Vendredi, les scolaires ont pu se précipiter avec avidité vers les premières installations, parcours et visites. Tout au long du week-end, les villages ouvrent tour à tour leurs portes à des familles toujours plus nombreuses à venir découvrir la science. Populaire et gratuite, cette grande fête favorise le partage des savoirs entre citoyens et scientifiques.

    à Marseille, l’association Les Petits débrouillards est la cheville ouvrière du Festival des sciences, organisé du 10 au 12 octobre, sur l’esplanade Bargemon (2e). « La culture scientifique et technique est plus que jamais un outil de lutte contre la désinformation. Mais aussi une fête pour (re)découvrir les plaisirs de l’expérimentation dans des domaines nombreux », explique Solène Merer la directrice de l’association en Région.

    Et de poursuivre : « Notre enjeu à nous, Petits débrouillards, est de maintenir une mobilisation importante sur ce temps fort, malgré des financements en baisse, en général pour les porteurs, et couvrir au maximum le territoire régional pour que tous les publics puissent avoir des propositions. »

    Pour continuer à attirer un public toujours plus nombreux, il faut renouveler la programmation, mais aussi accompagner les chercheurs vers de nouveaux formats de médiation, plus ludiques et accessibles. « Escape game, jeux de rôle, spectacles, projections, dégustations, expérimentations… sont au menu de cette édition » conclut Solène Merer.

    Informations et programme complet sur fetedelascience.fr

    « Un outil
    de lutte
    contre la désinformation »

  • L’Orange Football Club autorisé à retourner sur le pré

    L’Orange Football Club autorisé à retourner sur le pré

    Au stade Clapier, les minots de l’Orange Football Club (OFC) peuvent depuis ce mercredi à nouveau taper dans le ballon, malgré les poteaux de rugby qui ornent les lignes d’en-but. Après un accord avec la nouvelle municipalité (RN), l’organisation a de nouveaux accès au stade Clapier en ce début de saison.

    Une bonne nouvelle pour la structure, qui l’a annoncé le jeudi 27 août sur ses réseaux sociaux. Une « petite reprise », concède Hamid Chouly, président de l’association sportive, avec pour l’heure une centaine de licenciés, contre 300 auparavant. Seul le foot animation sera concerné par la reprise, soit jusqu’à 13 ans. « C’est une année test pour prouver qu’on est capable de le faire et de montrer que tout se passe sans soucis. On pourra grandir et accueillir plus de monde », poursuit avec ambition Hamid Chouly.

    Une partie des jeunes sont partis au nouveau club de la Cité des Princes, l’Olympique Club Orangeois, créé l’an dernier. Mais aucune des deux structures n’a de catégories au-dessus des U 14. « On aimerait mettre cela en place dans les années à venir. Il vaut mieux que les enfants et ados soient sur le terrain que dans la rue. Beaucoup de jeunes viennent des quartiers populaires et n’ont pas les moyens d’aller dans les communes voisines, comme Camaret ou Courthézon, pour aller s’entraîner et jouer. Je l’ai dit au maire, qui est d’accord », poursuit le dirigeant. Avec la volonté de créer à terme des catégories allant jusqu’à 17 ans.

    Partage avec le rugby

    Comme le rappelle l’OFC, cette réouverture se tient après « une période particulièrement difficile ». En effet, cela fait depuis janvier 2025 que les soucis ont commencé lorsque la préfecture de Vaucluse a suspendu l’agrément à la structure suite à des violences lors de matches. Mais en mars de la même année, le tribunal administratif de Nîmes avait suspendu cette décision, ce qui avait permis aux licenciés de reprendre pour la fin de l’année. Pour la saison 2025-2026, le club avait alors décidé de repartir pas à pas avec des catégories de 6 à 13 ans. Ce qui était sans compter sur la municipalité d’extrême droite de Yann Bompard, qui avait décidé d’octroyer les installations au club de rugby de la Cité des Princes, d’où les poteaux. Les terrains sont pour l’heure toujours partagés entre les deux associations.

  • [Entretien] « La culture à Toulon on va la faire tous ensemble »

    [Entretien] « La culture à Toulon on va la faire tous ensemble »

    Dans sa mission d’amener la culture au plus près des habitants dans tous les quartiers de la ville, l’élue Stéphanie Slimani, dramaturge, metteuse en scène, marionnettiste, auteure et professeure de théâtre, peut s’appuyer sur son expérience et son goût pour la solidarité et le partage.

    La Marseillaise : Quelle est l’ambition de la municipalité à travers ce projet ?

    Stéphanie Slimani : La revitalisation des quartiers, par la culture notamment, et le soutien aux artistes du territoire. Ce projet-là va permettre quasiment de lier ces deux ambitions.

    L’idée c’est de faire venir des artistes dans les quartiers et de faire de la culture pas seulement pour les habitants, mais surtout avec eux. De leur permettre de redécouvrir parfois des histoires de gens qui vivent là et dont ils ne connaissaient pas le parcours de vie, l’architecture de leur quartier, de revisiter des espaces, la mémoire des lieux… Tout cela en faisant participer aussi le milieu associatif, les écoles, les médiathèques et les commerçants, afin que tout le monde se sente concerné. C’est une manière de faire de la culture avec les gens qu’on souhaite développer à travers ma délégation qui est nouvelle.

    L’objectif est de renforcer
    la cohésion sociale
     ?

    St.S. : Évidemment, de toute façon la culture fait société. C’est donc pour faire société, pour se rencontrer, pour partager. Certains n’aiment pas dire socioculturel, mais pour moi ces deux termes sont intriqués : la culture c’est social ! Donc bien sûr que l’ambition c’est de créer du lien, du plaisir et de la joie dans le quartier. De faire que les habitants soient fiers aussi de raconter ce qui s’y fait. De pouvoir dire : « Moi, j’ai fait du théâtre, j’ai pu participer à un spectacle de danse, on a fait de la peinture… » Ça permet aussi de faire changer le regard extérieur porté sur le quartier, en mettant juste en valeur ce qui existe déjà. Parce que je le répète, dans les quartiers il y a déjà de la culture, il y a déjà des gens formidables. Mais on peut aussi s’y sentir parfois délaissé, c’est légitime.

    C’est une manière aussi
    de rétablir un peu d’égalité des chances dans
    les quartiers populaires…

    St.S. : Absolument, tous ces mots ont énormément de sens pour moi. Parce que malgré tous les efforts développés pour rendre la culture accessible à tous, il reste encore une barrière qui fait que selon d’où on vient on s’interdit d’y aller, on se dit que ce n’est pas pour soi, qu’on ne va pas comprendre, que peut-être même c’est un peu trop bizarre parfois. C’est pour ça qu’il faut absolument créer des passerelles plutôt que des forteresses. Moi j’aime le mot populaire, je trouve ça noble, la culture populaire, le théâtre populaire, le spectacle populaire. Ça veut dire que cela nous concerne tous, que personne doit s’en sentir exclu. Je défends et revendique donc de faire une culture populaire. Ce n’est pas quelque chose de moins bien, ou de plus facile, simplement je crée des liens pour que chacun se rende compte qu’elle lui appartient aussi.

    J’ai beaucoup travaillé dans les quartiers et en milieu rural sur des projets participatifs, donc je sais que c’est vertueux, je sais que ça fonctionne. Mais il faut avoir en même temps beaucoup d’humilité, et ne pas partir avec l’idée qu’on va tout révolutionner, qu’on va tout changer, et ce n’est pas le but. Il faut venir rencontrer tranquillement ses habitants, les écouter, et puis après commencer à développer des projets participatifs avec eux. Il faut aller doucement. C’est pour ça que le projet du Pont du Las, s’étale sur deux années, qui se renouvelleront après. Il faut du temps.

    Quelle va être la chronologie ?

    St.S. : On lance un appel à projets au mois d’octobre ouvert à tous les artistes professionnels, et le jury se décidera au début d’année 2027. L’ouverture, elle, est prévue au printemps. Le collectif d’artistes viendra s’installer dans un local, avec un budget et un cahier des charges très précis de projets participatifs, d’ateliers et pratiques artistiques gratuits.

    Et avant cela, en fin d’année 2026, on va mettre en place cinq projets, avec notamment de la danse au Pont du Las, où une chorégraphe va travailler dans l’espace public avec une association de femmes, et à Pontcarral, c’est autour de la récolte de la mémoire et du son qu’une compagnie de théâtre va mettre la population à contribution.

    Des actions qui donnent
    de l’espoir, en tout cas…

    St.S. : Toulon est une ville qui a souffert à travers plusieurs époques, qui a su s’épanouir. Où il y a une forme de résilience. Les gens savent vivre ensemble. On a beau essayer de nous désunir, de nous diviser, ça ne marche pas. Et les Toulonnais l’ont montré aussi au mois de mars. Le centre-ville a été réhabilité, c’est magnifique. On a envie d’y aller. Et quand on reçoit des gens, on a envie de le leur faire visiter. Eh bien, on va faire la même chose dans les quartiers.

    On a entendu les habitants des quartiers, on sait qu’il y a du travail, on va le faire. Et la culture à Toulon on va la faire tous ensemble.

  • [C’est l’été] Partage, jeux et convivialité à Marseille

    [C’est l’été] Partage, jeux et convivialité à Marseille

    Ce mercredi à partir de 17h et jusqu’à 21h, petits et grands sont attendus au parc ludico-sportif de La Solidarité dans le 15e arrondissement de la ville pour une soirée placée sous le signe de la convivialité entre les différentes générations présentes.

    Un esprit guinguette

    ouvert à tous

    « Jeux et danse en partage » est un événement gratuit ouvert à tous les publics et organisé par la Ville dans le cadre de sa programmation estivale. Et ce, en partenariat avec les centres sociaux la Savine, Kalliste, Bourrely, la Solidarité et la Martine.

    Au programme, des jeux divers, des tournois de pétanque ou encore des découvertes et initiations sportives vous y attendent. Le tout dans un esprit guinguette qui aura de quoi ravir les minots et les adultes.

    Mais au-delà des activités proposées, c’est avant tout un moment de partage intergénérationnel qui est offert aux Marseillais

    Rue Elie Kakou – Résidence La Solidarité

  • [C’est l’été] La fabrique à pique-nique au Monêtier-les-Bains

    [C’est l’été] La fabrique à pique-nique au Monêtier-les-Bains

    Une ambiance guinguette qui s’accompagnera d’un concert live sur le plan d’eau avec « le Duo Movere ».

    à partir de 18h30.

    Accès libre.

  • Une appli pour découvrir la biodiversité environnante

    Une appli pour découvrir la biodiversité environnante

    « Il suffit de taper geonature.fr… Voilà ! Là où on se trouve, le site liste 167 espèces qui ont été observées. » En cet après-midi ensoleillé au domaine de Charance, Camille Monchicourt, responsable du système d’information au Parc national des écrins, fait défiler les photos de plantes, amphibiens et autres oiseaux sur son téléphone. Grâce à BAM, (pour Biodiversité Autour de Moi), site collaboratif de collecte de données, il a accès à la liste des espèces observées dans les environs. « Ça c’est tout ce que des gens ont répertorié, que ce soit des professionnels, des associations, des amateurs. Là par exemple, on a beaucoup de flore car on est voisins du Conservatoire Botanique, mais si un dingue d’oiseau est passé, il y aura beaucoup d’oiseaux répertoriés dans la zone », explique-t-il. Il clique sur l’image d’un petit oiseau trapu au bec long, la sittelle torchepot. S’affichent alors plusieurs informations dont son nom, sa photo, le nombre de fois où elle a été observée et son statut de conservation. On peut même écouter le cri du passereau, pour apprendre à le reconnaître.

    Un système collaboratif

    à la manière d’un jeu comme Pokémon Go, le site liste les espèces animales et végétales qui nous entourent mais permet d’ajouter à son tour ses propres observations. Si quelqu’un observe une espèce de plante et la répertorie sur une appli, ou une plateforme collaborative, comme Naturalist ou Plantnet, l’information est vérifiée par des professionnels puis ajoutée à cette grande base de données ouvertes dans laquelle puise BAM. « Notre but c’est de sensibiliser le public à la biodiversité qui l’entoure pour qu’il puisse devenir acteur de sa préservation. Souvent, c’est un peu abstrait, on sait qu’il y a un arbre, un moineau… Pour nous il manquait cet outil. Là, en deux clics je peux voir tout ce qui a été observé ici », développe Camille. Toutes ces données sont agrégées au niveau national par le Museum d’histoire naturelle et le ministère de la Transition écologique, puis au niveau international. « Ces données sont accessibles librement, mais souvent ce sont les scientifiques qui les connaissent et qui savent y accéder », détaille-t-il.

  • Jeanne Barret invite à une bouillabaisse populaire en musique

    Jeanne Barret invite à une bouillabaisse populaire en musique

    « Il n’y avait pas de Fête de la musique dans le quartier des Crottes. En 2024, nous avons décidé d’organiser un grand repas participatif pour et avec les familles. Après la sardinade, le méchoui, cette année, c’est la bouillabaisse », explique Rose Moogy cheffe du pôle des attentions chez Jeanne-Barret. Et d’ajouter : « Nous voulions créer des moments, notre lieu est connu des familles du quartier et apprécié, car les tout-petits peuvent gambader en toute sécurité. »

    Inventivité et marchandage sont au programme du chef cuisinier Christian Qui, de la Bouillabaisse Turfu. Deux rendez-vous sont calés sur le Vieux-Port pour acheter le poisson frais. « L’idée est de partager des moments de découvertes du port, de Noailles pour les épices et du gyotaku, l’art japonais consistant à reproduire des empreintes de poissons », détaille le chef engagé. Et d’ajouter : « La bouillabaisse, à l’origine, est un plat populaire, de pêcheurs, un plat de partage et de convivialité. »

    Du poisson, il en faudra pour tous. Dès le premier étal, la petite équipe achète chez Sandrine et Kyllian la caisse entière de 11 kg de pataclets. Un peu plus loin, un autre arrêt en mode grande quantité chez Atimet, soit 30 kg de daurade durement négociées. S’ensuivront 10 kg de fiélas (nom marseillais du congre) chez Jean-Claude Izzo pécheur à la palangre. Une seconde tournée permettra de trouver d’autres espèces.

    Chez Jeanne-Barret, une douzaine de bénévoles prépareront ensuite la bouillabaisse pour une centaine de convives le soir même. En musique, gratuit et ouvert à tous : libre à chacun d’apporter quelque chose à partager.

  • Des animations pour valoriser la francophonie à Marseille

    Des animations pour valoriser la francophonie à Marseille

    La Maison de la Francophonie participe, ce vendredi 12 juin, à la Journée internationale de la Francophonie à l’Hôtel de Région, à Marseille. De 9h30 à 17h30, de nombreuses animations, rencontres et expositions, destinées à faire « découvrir la francophonie à Marseille et dans le monde », ponctueront cette journée.

    Rencontres et partage

    Parmi les temps forts, une dictée de la Francophonie, sur le thème « Le monde à venir », sera proposée à 10h (inscriptions ouvertes dès 9h30). À midi, le prix littéraire de la Francophonie sera remis à l’écrivaine Maria Larrea pour son roman Les gens de Bilbao naissent où ils veulent (Grasset). Les lauréats de la dictée seront ensuite récompensés à 12h15.

    L’après-midi sera marquée par une table ronde sur le thème « Génération Paix ! Contribution de la jeunesse pour un monde plus apaisé ». Diplomates, universitaires, étudiants et représentants associatifs « échangeront sur le rôle que joue la francophonie dans la promotion du dialogue et de la paix », avec l’ambition de faire émerger des projets concrets.

    La journée se poursuivra à 16h30 avec le défilé des « Marseillaises venues d’ailleurs », vêtues des tenues traditionnelles de leurs pays d’origine.

    Un pot de l’amitié clôturera ensuite l’événement. Tout au long de la journée, un espace dédié aux écrivains francophones, une exposition des artistes peintres de l’association « Vertiges en Provence », ainsi que plusieurs ateliers ludiques autour de la francophonie seront accessibles aux visiteurs.

    Hôtel de Région – 27, place Jules-Guesde à Marseille (2e).
    Entrée libre.

  • Lehaim, un festival pour découvrir les cultures juives

    Lehaim, un festival pour découvrir les cultures juives

    Lancé l’année dernière, le festival Lehaim, ou « à la vie en hébreu », entend s’inscrire dans la durée et confirme ainsi une deuxième édition. Moment de célébration des cultures juives, le festival affirme désormais sa place dans le paysage culturel local. Pour ce nouveau rendez-vous, les organisateurs orientent leur programmation autour des cultures juives méditerranéennes.

    « On a eu envie de proposer un festival de culture pour parler du judaïsme autrement que dans des conditions souvent négatives, avec des retentissements que l’on connaît trop bien depuis quelques années. On avait envie de repartager quelque chose de joyeux autour de la culture juive. D’où le nom du festival : se concentrer là-dessus, donner à découvrir cette culture dans un élan optimiste, joyeux et surtout de vivre ensemble », rappelle Jessy Bloch, l’une de cofondatrices de Lehaim.

    Sur le même modèle que l’an passé, le festival se décline en deux volets. Le premier se tient dès le jeudi 4 juin, avec une « soirée d’ouverture » prévue au Pavillon de Vendôme. Au programme : un grand dîner attablé, de la musique live « reprenant le style des cabarets orientaux des années 1950-1960 », mais aussi une scène de stand-up sur laquelle monteront les humoristes Rosa Bursztein et Salima Passion.

    Si l’entrée à cette première journée est payante (55 euros) et accessible sur billetterie, une seconde journée, prévue le dimanche 7 juin, sera gratuite et en libre accès. Ce jour-là, plusieurs ateliers d’arts manuels, de percussions, des cours de pâtisserie orientale, de poterie, entre autres, seront proposés au public. Un important volet culturel, comprenant notamment une « tente de la mémoire », sera aussi accessible. Pour rappel, l’année dernière, le festival a réuni 300 personnes lors de sa première journée et 1 500 pour la seconde.

  • L’abolition de l’esclavage, une histoire de France sensible

    L’abolition de l’esclavage, une histoire de France sensible

    Moment solennel sur le quai d’honneur, ce dimanche 10 mai, pour la commémoration de la traite négrière, de l’esclavage et de leurs abolitions, avec des lectures de poèmes, de passages de la charte du Mandé, une des plus anciennes constitutions au monde proclamée au XIIe siècle par le fondateur de l’Empire mandingue, territoire situé dans le haut bassin du fleuve Niger, le tout animé par le groupe Tambores.

    C’est de ce quai que « sont parties une centaine d’expéditions négrières pour alimenter ce commerce ignoble, une activité qui participa aussi à la prospérité de la ville », a rappelé en préambule Wally Tirera, président du collectif Paca pour la mémoire de l’Esclavage, en présence de nombreux élus, d’associatifs et de représentants de l’État. Plus précisément à partir de 1783, et pendant une dizaine d’années, lit-on sur le site de Mars Imperium, plateforme créée par une soixantaine de chercheurs en 2025 qui relate l’histoire coloniale et post-coloniale de Marseille.

    « Qu’est-ce qui justifiait le fait de faire des Africains des choses ? », s’interroge Wally Tirera. Il dénonce « un déni d’humanité habillé d’une véritable législation teintée d’une justification théologique au service du profit des nations esclavagistes qui s’estimaient au-dessus de la communauté humaine ».

    « Solidarité entre toutes les souffrances humaines »

    Alors que la loi Taubira reconnaissant la traite et l’esclavage comme crime contre l’humanité fête ses 25 ans, en France, « pays aux trois abolitions dont deux officielles », le sujet reste sensible, estime le président du collectif, regrettant « une histoire encore aujourd’hui difficilement évocable, assumable ». Il en veut pour preuve une « institutionnalisation compliquée » avec un comité de la mémoire de l’histoire de l’esclavage « dirigé par des personnes légitimes et compétentes », disparu en 2019 « avec la création de la Fondation pour la mémoire de l’esclavage, opposant les associations les unes contre les autres en distribuant des labels ». Un label qu’il vit comme « une hérésie ».

    En plaçant la cérémonie sous le thème des « résistances », aux « oppressions, au racisme, à l’antisémitisme, à l’esclavage moderne avec ses 50 millions de victimes », Wally Tirera inscrit le collectif en « solidarité entre toutes les souffrances humaines, dans le partage de cette histoire dramatique, notre histoire commune ». Rappelant que 6 000 organisations à travers le pays œuvrent à cette mémoire, il prône « l’unité et la concorde ». L’hommage s’est terminé en silence avec le jet de pétales dans l’eau du Vieux-Port.