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  • [Rue de la République] Pascaline Lécorché : « Un second tour avec Raphaël Glucksmann, c’est un second tour gagnant »

    [Rue de la République] Pascaline Lécorché : « Un second tour avec Raphaël Glucksmann, c’est un second tour gagnant »

    Chaque week-end dans La Marseillaise, chaque samedi à 12h10 sur Maritima radio, ceux qui font l’actualité sont interrogés sur leurs choix, leurs décisions, leurs stratégies. « Rue de la République » accueille chaque semaine une personnalité marquante de la vie du territoire.

    Raphaël Glucksmann

    Didier Gesualdi : Pourquoi selon vous Raphaël Glucksmann serait le mieux placé pour tenter de relever la gauche ?

    Je crois que Raphaël Glucksmann a déjà pu montrer son expérience, la force de rassemblement qu’il pouvait avoir autour de sa vision politique, d’un cap clair. Les élections européennes ont vu émerger un nouvel horizon politique pour la gauche démocratique, sociale, républicaine, européenne en 2024. Cela montre que cette force de rassemblement a su trouver un premier écho dans la population française.

    Léo Purguette : Donc pour vous le stage est réussi ?

    Il est complètement réussi, je dirais même qu’il est terminé.

    Léo Purguette : Au-delà de la vacherie de Ségolène Royal, il lui est reproché de ne pas avoir beaucoup d’expérience. Il n’a jamais été en gestion d’une collectivité, ministre… En quoi l’estimez-vous crédible ?

    Évidemment. En quoi être député européen ne donnerait pas cette légitimité ? Cela fait maintenant deux mandats qu’il est élu au Parlement européen avec un certain nombre de victoires obtenues sur les ingérences étrangères, la taxation aux frontières, un ensemble de politiques publiques qui parlent du quotidien des Français.

    Didier Gesualdi : Il a été félicité par François Hollande qui risque de le remplacer si ça ne décolle pas dans les sondages. Vous y croyez ?

    Pas du tout. Peut-être peut-il se le dire mais aujourd’hui cette victoire à la primaire sociale-démocrate montre un socle. Tout le monde prédisait l’échec de la primaire mais ce sont 130 000 personnes qui se sont rendues aux urnes électroniques et ont donné la victoire dès le premier tour à Raphaël Glucksmann à 66%. C’est un score qui veut dire beaucoup, qui assoit sa légitimité. François Hollande peut espérer autre chose mais maintenant, toute la famille sociale-démocrate est derrière Raphaël Glucksmann. Notre ambition est désormais de rassembler plus largement que cette famille.

    Didier Gesualdi : On prédit pourtant un duel RN-LFI…

    Je ne crois pas. On est très loin de cette élection. Le sondage publié après la victoire de Raphaël Glucksmann à la primaire montre bien la dynamique qui est derrière lui et le projet qu’il propose. L’Everest nous attend. Je crois qu’il n’y a pas de chemin de victoire pour Jean-Luc Mélenchon, qu’un second tour face à Marine Le Pen serait perdant. En revanche je crois fermement qu’un second tour avec Raphaël Glucksmann, c’est un second tour gagnant.

    Les rapports avec le PS et La FI

    Léo Purguette : Vous citez le score très important recueilli par Raphaël Glucksmann. Il est presque humiliant pour les socialistes qui concouraient. Les conditions sont-elles réunies pour vous rassembler localement avec par exemple Yannick Ohanessian qui était porte-parole d’Olivier Faure ?

    Il a été sans ambiguïté dans la presse pour dire que cette primaire avait donné de la force à Raphaël Glucksmann et que chacune et chacun s’est engagé en signant une charte, à soutenir le gagnant. Aujourd’hui, je vois les faits, celles et ceux qui sont autour de nous. Je vois le député Laurent Lhardit qui a apporté son soutien, Yoan Levy, à la mairie de Marseille, Loïc Gachon, le maire de Vitrolles…

    Didier Gesualdi : Raphaël Glucksmann prône la rupture avec la France insoumise. C’est le principal argument qui fait qu’il est sorti vainqueur de cette primaire ?

    Non je ne crois pas. Évidemment ça ne suffit pas. Il y a la rupture avec la France insoumise, il y a aussi la rupture avec le macronisme. Cela fait maintenant deux ans que nous travaillons à un projet avec des experts et des expertes. Ce projet c’est une ambition pour la France, pour la réveiller. Une ambition qui repose sur le renforcement des services publics, sur la volonté de prendre enfin en compte la transformation écologique. J’ai lu un post d’Emmanuel Macron disant que c’était le « combat du siècle » mais pourquoi ne l’a-t-il pas mené pendant ses deux mandats où rien ne s’est passé ? Il est vraiment temps de changer de méthode, d’en finir avec cette verticalité du pouvoir.

    L’orientation politique

    Léo Purguette : On voit bien quelle est la différence avec Jean-Luc Mélenchon. Pouvez-vous nous préciser la différence avec Emmanuel Macron puisque vous parlez de rompre avec son bilan ?

    Là où lui a détricoté les services publics, démantelé notamment l’Éducation avec toute une série de suppressions de postes d’enseignants, nous nous prévoyons non seulement la revalorisation mais aussi de permettre, grâce à la baisse démographique, de diminuer le nombre d’enfants par classe. On a aussi ces cadeaux qui ont été faits aux riches durant les deux mandats d’Emmanuel Macron, nous, on dit qu’il faut plus de justice fiscale pour plus de justice sociale. Par exemple en disant comment on va pouvoir taxer notamment les héritages et augmenter les salaires des travailleurs.

    Léo Purguette : Dans une présidentielle, il s’agit de faire plus de 50%. C’est possible sans rassembler la gauche ? Est-ce que ça veut dire tendre la main à quelqu’un comme Gabriel Attal ?

    Pas du tout. Vous savez à qui nous avons tendu la main dès le soir de la victoire à la primaire : à nos amis écologistes, à toutes celles et tous ceux de la grande famille de la gauche républicaine, sociale, démocrate, européenne. C’est évidemment eux nos partenaires légitimes.

    Marseille et La Métropole

    Léo Purguette : Vous êtes vice-présidente de la Métropole Aix Marseille Provence. C’est une institution en souffrance. A-t-elle un avenir ?

    J’en suis convaincue. Aujourd’hui l’histoire se fait dans la solidarité des territoires. Que ce soit l’histoire européenne ou métropolitaine. Les Villes vont pouvoir coopérer sur la question de la mobilité qui est le premier sujet de ce territoire. C’est une question qui ne peut être prise qu’à l’échelle métropolitaine.

    Léo Purguette : Sur les transports, attaque contre la gratuité, augmentation des tarifs, ce n’est pas vraiment une politique de gauche qui y est menée.

    Quand on fait une tarification juste et sociale, oui je trouve que c’est une politique de gauche. Nous avons besoin de cette mobilité pour développer le territoire d’un point de vue économique, pour que les jeunesses puissent avoir une formation, trouver un travail. Développer les transports, c’est ce à quoi s’attelle Mme Samia Ghali avec le vice-président en charge des transports, Frédéric Vigouroux. Cette tarification permet que les familles les plus modestes puissent se déplacer dans les meilleures conditions et que l’on puisse continuer à investir pour désenclaver les pôles économiques et d’enseignement supérieur.

    Didier Gesualdi : La gouvernance partagée pourra-t-elle tenir ?

    Je crois. Un État qui pratique des coupes budgétaires injustes, ça génère aussi de la solidarité territoriale. Elle s’est manifestée cette semaine avec le vote du budget métropolitain qui a en effet été difficile parce qu’il ne revenait pas à une commune plutôt qu’une autre de supporter ces coupes budgétaires. Nous avons trouvé une voie de sortie collective. C’était celle que souhaitait le maire de Marseille. Nous sommes donc très satisfaits.

    Léo Purguette : Tout cela nous renvoie au budget de l’État. Faut-il censurer le gouvernement ?

    Cette semaine, il y a un vote de rejet de ce budget. Je crois qu’il fallait voter ce rejet. Le décalage est immense entre ce que dit le RN à l’Assemblée et son projet.

    Léo Purguette : Avez-vous parlé avec Benoît Payan des prochaines échéances ? Il a récemment déclaré à La Marseillaise que la primaire ne l’intéressait pas.

    Je crois que le maire de Marseille s’occupe de la Ville de Marseille, il s’occupe des politiques publiques que mène notre large majorité qui s’appelle le Printemps marseillais et qui est composite. Je comprends la préoccupation qui est la sienne de préserver cette majorité et s’occuper en priorité du sort de la Ville dans une période budgétaire difficile.

    L’éducation

    Léo Purguette : Contrairement aux lycéens, les écoliers ne sont pas en mesure de manifester. Où en sommes-nous du plan écoles ?

    J’étais dans une école il y a quelques jours et c’est la période d’élection des délégués de classe. Il y avait toute une série d’affiches où certains candidats portaient l’ambition d’écouter leurs camarades notamment pour lutter contre le harcèlement, d’autres faisaient des rimes, étaient un peu poètes. Donc je crois que sans manifester, dès le plus jeune âge on se saisit de ces questions. La démocratie s’apprend très tôt. Sur le plan écoles dont ma collègue Mme Nasséra Benmarnia a la charge, il y a 81 écoles qui vont sortir durant ce mandat. Toutes les deux, sur toutes les questions qui concernent les écoles, elle sur le bâti, moi sur la communauté éducative, nous nous mobilisons pour faire en sorte que chaque enfant puisse s’émanciper et devenir un citoyen de demain.

    le RN

    Léo Purguette : Avez-vous été surprise par l’éviction du collaborateur de Franck Allisio pour des écrits jugés racistes, antisémites ou misogynes mis en lumière par une enquête de Libération ?

    Surprise ? Pas du tout.

    Le vernis du Rassemblement national a encore craqué. Mais pas seulement sur des posts Facebook. On l’entend dans l’hémicycle, où le RN montent les uns contre les autres, parle de la solidarité comme si elle supposait un acte de naissance, parle de « submerssion migratoire », des mots qu’on ne voudraient plus entendre. Vous savez, ça ne me surprend pas. J’étais candidate aux législatives contre Monique Grisetti qui a supprimé de Facebook tous les propos racistes qu’elle pouvait avoir tenus. Franck Allisio non plus ne doit pas être surpris. C’était son collaborateur principal qui travaillait avec depuis des années. Je suis élue des 11-12 où le RN est en gestion et va jusqu’à prendre le micro à l’un de mes collègues pendant qu’il parlait.

    La République c’est quoi ?

    Pascaline Lécorché : « La République c’est laïc, c’est social, c’est une et invisible, c’est l’école. L’école de la République est le berceau de notre société, elle doit permettre à chaque enfant, quelle que soit la famille dans laquelle il grandit, quel que soit son code postal, d’avoir les mêmes possibilités de construire son avenir. »

    Chaque semaine posez vos questions à nos invités sur lamarseillaise.fr l’une d’entre elles sera tirée au sort comme celle de Gérard :

    Je trouve que c’est très bien d’entourer les lycéens pour leurs manifs mais ce sont des travailleurs en formation, il faut leur proposer quelque chose pour être acteurs de leur vie

    Pour moi, l’éducation ce n’est pas encore un travail. On vient plutôt recevoir une formation, un savoir. Je crois qu’ils sont déjà acteurs de leur vie quand ils vont dans la rue et qu’il faut leur faire confiance, écouter ce dont ils ont envie. La crispation qu’il y a dans la rue, la tension avec cette répression policière qui est très politique, il faut dire les termes, c’est une forme de mépris, un manque de confiance. Il leur a fallu 10 jours pour être reçus par le ministre.

    Je trouve que ce mouvement lycéen est très dur et aussi très beau dans la manière dont les lycéennes et les lycéens s’emparent de leur avenir. Ça dit beaucoup de la manière dont nous nous préoccupons du sort des jeunes. Je les soutiens pleinement. J’étais avec eux mardi, nous les avons accueillis avec le maire de Marseille Benoît Payan et les autres élus en charge des politiques publiques de la jeunesse. En tant qu’adjointe à l’Éducation, je soutiens leurs revendications : plus de moyens humains qui sont à la charge de l’État mais aussi des conditions d’accueil dignes. La Région Sud finance à peu près deux fois moins par an et par lycéen que la Région Bourgogne-Franche-Comté. On est avant-dernier. Nous croyons à cette jeunesse, il lui faut des moyens.

  • L’eurodéputé Renaissance Grégory Allione soutient Édouard Philippe

    L’eurodéputé Renaissance Grégory Allione soutient Édouard Philippe

    « Je suis convaincu que la France a besoin d’un leader d’expérience et d’une majorité de gouvernement capable de guider notre pays sur le chemin d’une France forte, souveraine, protectrice et confiante en son avenir », justifie celui qui affirme se reconnaître dans « une ligne de droite républicaine, sociale, exigeante et profondément attachée à l’autorité de l’État » et qui avait rejoint en 2025 le mouvement Populaires fondé par Gérald Darmanin, lequel s’est rallié le 17 août au maire du Havre. Et de former le vœu que ses idées « soient présentes au second tour de l’élection présidentielle et qu’elles puissent l’emporter ».

  • Candidate, Marine Le Pen va se pourvoir en cassation

    Candidate, Marine Le Pen va se pourvoir en cassation

    « Mains propres et tête haute » : c’était l’un des slogans phares du Front national lors des législatives de 1993. Sur les affiches, le père fondateur du parti d’extrême droite français, Jean-Marie Le Pen, pose tout sourire. Trente-six ans plus tard, sa fille, Marine Le Pen sort, tête baissée, de la cour d’appel de Paris. Dans l’affaire des assistants d’eurodéputés du Front national, la députée a été condamnée à trois ans de prison dont deux avec sursis et un an ferme sous bracelet électronique ce mardi. Sa peine d’inéligibilité de 45 mois dont 30 avec sursis, a déjà été exécutée.

    À l’issue de plusieurs heures de réunion au QG du parti aux côtés de ses affidés dont Jordan Bardella, Marine Le Pen annonce sa décision au 20 heures de TF1 : « je suis candidate à l’élection présidentielle », confirmant qu’elle va se pourvoir en cassation pour « suspendre les effets » de cette décision et ainsi « faire campagne sans bracelet électronique ». C’était la condition qu’elle s’était elle-même fixée pour mener cette quatrième campagne pour l’Élysée. « Vous imaginez bien que si la cour suit le tribunal qui m’a condamné au port d’un bracelet électronique je ne pourrais pas faire campagne ! », assurait l’héritière Le Pen dans une interview à BFMTV le 25 février 2026. « On ne peut pas faire campagne dans ces conditions ! Vous pouvez faire campagne sans aller le soir rencontrer vos électeurs dans des meetings ? Ce serait une autre manière de m’empêcher d’être candidate », poussait-elle alors.

    Mais le parti, fondé par des Waffen SS et des néonazis, n’est pas à une contradiction près. Le 5 avril 2013, interviewée sur le plateau de Public Sénat, sa championne réclamait « l’inéligibilité à vie » pour les élus condamnés pour « détournement de fonds publics ». Heureusement pour Marine Le Pen que ses propres propositions ne s’appliquent pas.

    La cour de cassation devrait statuer début 2027. Si la haute juridiction confirme l’arrêt de la cour d’appel, celui-ci s’appliquerait immédiatement. Quelques semaines seulement avant le premier tour. Pour la secrétaire nationale des Écologistes, Marine Le Pen est une « privilégiée » qui a « bénéficié d’une grande mansuétude » de la part de la justice, « notamment en passant aussi rapidement en appel », tempête Marine Tondelier.

    « Elle est une délinquante »

    « Elle est une délinquante, voilà la seule conclusion qu’on peut tirer de cette décision de justice », tacle le chef des députés socialistes Boris Vallaud, interrogé dans la matinée. « Après, c’est à elle de poser la question de savoir si quand on est une délinquante, on se présente aux électeurs ». « J’ai ma réponse », glisse-t-il.

    « Une telle condamnation, quel que soit l’aménagement de la peine, ne peut permettre de se présenter devant les Français. Il n’y a rien d’autre à dire », tranche le secrétaire national du PCF, Fabien Roussel. Et pour cause, dès le début de l’audience qui s’est ouverte à 13h30, la présidente de la cour d’appel de Paris répète : « les faits sont graves ». À la sortie, l’avocat du Parlement européen souffle : « ils ont volé l’argent du contribuable et ça a été confirmé pour la deuxième fois ». Le préjudice est estimé à quelque 2,9 millions d’euros.

  • Marine Le Pen déclarée coupable mais éligible pour 2027

    Marine Le Pen déclarée coupable mais éligible pour 2027

    Dans l’affaire des assistants d’eurodéputés du Front national, Marine Le Pen a été condamnée à trois ans de prison dont deux avec sursis et un an ferme sous bracelet électronique ce mardi par la cour d’appel de Paris. Sa peine d’inéligibilité de 45 mois dont 30 avec sursis, a déjà été exécutée.

    La triple candidate à l’élection présidentielle pourrait théoriquement se présenter pour une quatrième campagne mais celle ci avait exclue de la mener avec un bracelet électronique.

    «Les faits sont graves» a répété la présidente de la cour d’appel de Paris, dès le début de l’audience qui s’est ouverte à 13h30.

    Marine Le Pen avait été condamnée en première instance, l’an dernier, à cinq ans d’inéligibilité avec exécution immédiate pour détournement de fonds du Parlement européen. Elle voit donc sa peine réduite.

  • La députée européenne Chloé Ridel avec Nîmes en commun

    La députée européenne Chloé Ridel avec Nîmes en commun

    Elle avait prévenu ne pas vouloir laisser Nîmes à l’extrême droite. Après avoir ouvert sa permanence d’eurodéputée dans la préfecture du Gard et occupé le terrain à chaque cérémonie officielle où elle est disponible, Chloé Ridel a décidé de s’engager sur la liste de Vincent Bouget. « Je voulais marquer mon soutien politique pour une démarche exemplaire, une démarche d’union de la gauche hors LFI mais surtout une démarche avec une campagne construite avec les Nîmois. Il y a eu des dizaines de réunions publiques organisées depuis un an. Un questionnaire largement partagé et à la fin un programme coconstruit avec les habitants. La dynamique que l’on voit aujourd’hui n’est pas le fruit du hasard », explique-t-elle.

    Donnée favorite par les sondages, la liste « Nîmes en commun » est en effet jugée aujourd’hui comme l’alternative la plus crédible après vingt ans de gestion par la droite. Un soutien populaire que la socialiste a ressenti lors des tractages effectués avec Vincent Bouget ces derniers jours : « On sent un vrai désir d’alternance. L’élection à Nîmes sera très regardée au niveau national. Dès que Nîmes en commun organise une réunion, il y a plusieurs centaines de personnes. Il y a aussi des signaux favorables des milieux économiques. On entend souvent des critiques sur le retour de la gauche qui produirait des catastrophes mais ce n’est pas le retour des milieux économiques que j’ai rencontrés. L’ambition de réunir la ville, qui est profondément balkanisée en quartiers, est aussi un message qui porte ».

    Être le lien avec l’UE

    Pour cette élection municipale, la députée européenne retrouve un visage connu du Parlement européen avec Julien Sanchez (RN) qui avait organisé son exfiltration de Beaucaire en rejoignant la liste de Jordan Bardella pour les dernières élections européennes. Et comme au Parlement européen, Chloé Ridel constate à Nîmes une porosité de plus en plus évidente entre la droite dite républicaine et l’extrême droite : « Au Parlement européen je vois que les groupes de M. Sanchez et M. Proust votent main dans la main. Cette fusion est aussi en cours à Nîmes. Il y a une guerre des clans à droite et des personnes qui étaient avec M. Fournier partent avec M. Sanchez. On voit bien la confusion. Je ne veux pas ça pour ma ville parce que cette union des droites se fait sur un logiciel idéologique extrémiste qui prône l’exclusion et défend les grandes entreprises et pas leurs salariés ».

    Dans ce contexte, l’eurodéputée espère être élue pour « faire le lien entre l’Union européenne et Nîmes » à travers « le financement des fonds européens et le soutien à l’activité économique ». « L’UE fait plein de choses pour notre ville mais elle pourrait faire beaucoup plus. Elle finance pour 7 millions d’euros de projets à Nîmes comme les pistes cyclables, le soutien à des TPE et PME, l’adaptation d’écoles au réchauffement climatique. Mais on peut aller en chercher encore plus », soutient Chloé Ridel.

  • [Entretien] Nika Kovac : « 20 millions de femmes en Europe n’ont pas accès à l’IVG »

    [Entretien] Nika Kovac : « 20 millions de femmes en Europe n’ont pas accès à l’IVG »

    La Marseillaise : Vous êtes la coordinatrice du mouvement citoyen « My voice, my choice ». En quoi consiste ce mouvement ?

    Nika Kovac : My Voice, My Choice [ma voix, mon choix, Ndlr.] est une initiative citoyenne qui appelle à une réponse concrète de l’Union européenne sur l’inégal accès à l’avortement. Le cœur de ce mouvement My Voice, My Choice vient d’un simple constat : l’accès facile et sans danger à l’avortement est une question de santé publique qui ne devrait pas dépendre de son code postal, de ses revenus ou de la politique. L’idée m’est venue en 2022, après que la Cour suprême des états-Unis a aboli la jurisprudence Roe v. Wade [qui garantissait l’avortement au niveau fédéral, Ndlr.]. Je vivais à New York à ce moment et j’ai vu comment des droits pouvaient être repris en une seule nuit. Je ne voulais que ce qu’il s’est passé alors arrive en Europe. Avec mon équipe, on a décidé que la protection de l’accès à l’interruption volontaire de grossesse (IVG) ne pouvait pas être qu’un combat national. Il y a, en ce moment, plus de 20 millions de femmes en Europe qui n’ont pas un vrai accès à un avortement sans danger. Et parce que nous croyons que le changement vient des mobilisations démocratiques, nous avons décidé d’utiliser le seul outil disponible pour les citoyens européens : l’intiative citoyenne européenne.

    Aujourd’hui, la Commission européenne va se prononcer sur votre initiative citoyenne pour permettre l’accès à l’avortement. Pouvez-vous détailler ce texte ?

    N.K. : Notre proposition ne pourrait pas changer les lois nationales sur l’IVG. Nous demandons la création d’un mécanisme de financement européen qui pourrait aider les états qui aident à avorter, les femmes qui ne peuvent pas y avoir accès dans leur propre pays. Si une femme doit voyager , elle ne devrait pas supporter le poids financier de cette opération seule.

    Ces deux dernières années, plus de 1,2 million de citoyens ont signé cette initiative. C’est un nombre très important. Le parlement européen a d’ailleurs examiné cette proposition et l’a soutenue avec une large majorité. Ce qui a commencé comme une idée est devenu une très large mobilisation féministe à travers l’UE. Le vote d’aujourd’hui n’est donc pas juste sur une question technique, mais de savoir si la Commission européenne respecte le processus qu’elle invite les citoyens à utiliser et si elle est prête a agir quand la santé et la vie des femmes est en danger.

    Pourquoi cette initiative est-elle nécessaire ?

    N.K. : Parce que la santé et la vie des femmes sont en danger à cause de manques d’accès à la santé sexuelle et reproductive de base. Prenez la Pologne, après une abolition presque totale de l’IVG en 2020, des femmes comme Izabela sont mortes car les médecins avaient peur de réaliser un avortement, par crainte d’être criminalisés. Aujourd’hui, les Polonaises voyagent à l’étranger pour avoir accès à ces soins. Elles dépendent des ONG, certaines commandent des pillules abortives en ligne parce qu’elles n’ont pas d’autre choix. En ce moment, il y a Lela, enceinte de 15 semaines, avec un diabète de type 1 qui vomit du sang et qui voit sa santé se détériorer, qui demande un avortement pour sauver sa vie qu’on lui refuse. Et ça se passe aujourd’hui. Ou encore en Croatie, où Mirela Avajda portait un enfant avec une tumeur. L’avortement est légal dans son pays, mais on lui a quand même refusé l’opération et elle a dû se rendre en Slovénie, à ses frais, pour être avortée. La loi existe, l’accès non. Regardez en Italie. L’IVG est autorisé depuis 1994, mais 70 à 80% des médecins sont objecteurs de conscience [peuvent refuser de pratiquer l’avortement, Ndlr.]. Donc l’accès dépend de là où vous habitez. C’est pour ça que cette initiative est importante, elle pourrait créer un filet de securité pour aider ces femmes et leur éviter souffrances et anxiétés. C’est une petite proposition légale qui pourrait faire la différence entre la vie et la mort pour certaines femmes. Ce n’est pas optionnel, c’est nécessaire.

    Il y a une montée des mouvements conservateurs et en particulier anti-avortement, en Europe et dans le monde. Cela vous inquiète-t-il ?

    N.K. : Oui, nous devrions être tous concernés. Car nous savons que quand la politique va vers l’autoritarisme, ce sont les corps des femmes qui deviennent le premier champ de bataille. Faire de ce monde un endroit plus juste et plus solidaire est donc la seule façon de protéger les droits que nous avons.

  • Investie par le RN à Montpellier, France Jamet veut « sortir de la dictature écologiste »

    Investie par le RN à Montpellier, France Jamet veut « sortir de la dictature écologiste »

    Invisible à Montpellier depuis 2017, l’actuelle députée européenne d’extrême droite France Jamet est de retour. Plus revancharde que jamais 12 ans après son échec en 2014 (13,8% au 1er tour puis 9,18% au 2e tour), l’héritière du co-fondateur du Front national vient d’annoncer avoir été investie aux municipales par le Rassemblement national (RN) avec la bénédiction de l’Union des droites pour la République (UDR) d’Eric Ciotti.

    Une investiture obtenue de Paris au nez et à la barbe de Thierry Tsagalos qui s’autoproclamait candidat du RN depuis plusieurs semaines. « Il s’est obstiné, il a préféré jouer une carte personnelle. C’est dommage, il va être exclu. Quand on a une machine de guerre comme la nôtre, on doit mettre nos forces en commun », tranche France Jamet.

    Fille d’Alain Jamet (décédé récemment), le co-fondateur du FN aux côtés de Jean-Marie Le Pen , France Jamet a de solides appuis au sommet de l’état major du RN. Le député pro-Eric Ciotti, Charles Alloncle (UDR), l’a bien compris. Opportuniste, il sera en bonne position sur la liste RN au contraire de son suppléant Thierry Tsagalos. De même que Flavia Mangano, ancienne candidate RN aux législatives sur la 2e circonscription de l’Hérault. Un troisième colistier a été dévoilé : Alex Frederiksen, collaborateur de la députée Manon Bouquin (RN).

    Le RN qui n’a jamais scoré à Montpellier ambitionne moins de rafler la ville que d’y gagner en influence. Comme les autres opposants déclarés, France Jamet s’inscrit dans une « volonté de rupture » avec la politique municipale actuelle. A l’instar de Mohed Altrad, déclaré candidat la veille ou de l’ancien maire (2014-2020) Philippe Saurel (qui pourrait lui aussi se dévoiler dans les prochains jours), elle fustige les 2 milliards de dette de la Ville (un audit des finances sera réalisé) et promet de faire des « économies ». La solidarité devrait trinquer. « On supprimera les subventions à SOS Méditerranée », illustre-t-elle. En revanche, au vu du succès populaire, pas question de faire marche arrière sur la gratuité des transports en commun.

    A l’image d’Isabelle Perrein, autre candidate divers droite soutenue par l’UDI, France Jamet cible la circulation embouteillée en ville. Elle promet de rouvrir le tunnel sous la Comédie et l’avenue Albert Dubout. « Le tout vélo ne marche pas, il faut plus de parkings. On doit en finir avec cette politique répressive des automobilistes et sortir de cette dictature écologiste ».

    Alors même que son parti prône le repli sur soi (protectionnisme, frontières, droit du sang…), elle trouve que « Montpellier s’est trop renfermée sur elle-même. Rien n’a été fait vis-à-vis de Toulouse. Montpellier doit retrouver sa place en s’ouvrant ».

    Enfin, sans surprise, elle compte axer sa campagne sur la sécurité. Tandis que l’actuelle majorité a déjà créé des brigades des transports et du logement social, elle joue la surenchère avec « plus de caméras, de policiers municipaux équipés ». « On doit abandonner le laxisme ». France Jamet, elle, n’a rien perdu de sa hargne.

  • [Entretien] Renaud Muselier : « Laisser aux Régions leur capacité d’action »

    [Entretien] Renaud Muselier : « Laisser aux Régions leur capacité d’action »

    La Marseillaise : Quel est l’objet de cette visite de 48 heures à Bruxelles ?

    Renaud Muselier : J’y vais pour rencontrer les commissaires européens, l’ambassadeur représentant la France, présenter mon dossier, son évolution. Là, je leur ai remis le tome 11 du recueil de projets soutenus en novembre, c’est 500 millions investis dans la région sur différents dossiers, comme la communauté du Guillestrois, la gestion intégrale des risques incendie dans les baronnies provençales… J’ai rencontré la présidente du Parlement, Mme Metsola, et je me suis exprimé en ouverture du comité européen des régions sur les coopérations territoriales, avant de m’entretenir avec M. Fitto, vice-président chargé de la politique de cohésion, du développement régional, des Villes.

    Notamment sur la renationalisation des fonds européens ?

    R. M. : L’enjeu est simple : est-ce que ces fonds sont recentralisés par les États membres ou est-ce qu’ils restent organisés en proximité et en territorialité ? L’association des Régions de France, que je copréside, plaide pour laisser aux Régions leur capacité d’action. Nous sommes très inquiets, nous ne voulons pas que l’état français récupère ces fonds et les engloutisse dans le budget national sans les reventiler comme nous savons le faire. Les Régions espagnoles et allemandes sont sur la même ligne, mais d’autres pays en mauvaise santé aimeraient les récupérer au profit de l’État central. C’est un lobbying important pour rappeler que la politique de cohésion est absolument indispensable.

    Ce n’est pas l’orientation prise sur le prochain plan quinquennal ?

    R. M. : Oui, surtout qu’aujourd’hui, compte tenu de ses difficultés de gouvernance, la position de la France n’est pas claire. Il faut qu’elle le devienne dans le premier trimestre 2026 pour peser. Pour notre région, qui est la première de France et la 10e région d’Europe en termes de captation de fonds, on parle de 10 milliards.

    D’autres sujets sont évoqués ?

    R. M.: Il y a tout le volet stratégie militaire, avec en la matière tout ce qui est déplacements civil et militaire sur la vallée du Rhône : entre Istres et Salon, le ferroviaire jusqu’au port de Marseille pour les marchandises et de Toulon pour les militaires. C’est co-finançable à 100% par sa commission (transports et tourisme), selon M. Tzitzikostas (commissaire européen), dans le cadre de stratégies d’aménagements de déplacements mixtes. Il y a un intérêt majeur à avoir un portage stratégie par stratégie, dossier par dossier : la sécurité, les transports, l’aménagement des territoires, Erasmus sport, les clubs amateurs, les bénévoles…

    Avez-vous un exemple concret ?

    R. M. : Un exemple qui nous concerne directement. Avec le travail que nous avons fait au Costa Rica, qui organise une scannérisation de la totalité des conteneurs portuaires, nous avons demandé avec les douanes, dans le cadre du contrat de plan, un scanner éligible aux Fonds européens à hauteur de 60%. C’est concret dans le cadre de la lutte contre le narcotrafic en amont de l’entrée des marchandises suspectes.

    Ça se discute comment ?

    R. M. : On est une région très représentée à Bruxelles et plus de 140 personnes à Marseille transforment des dossiers techniques pour les rendre éligibles. Après, c’est une validation politique avec des interlocuteurs qui savent que je défends l’Europe et me connaissent comme le loup blanc. Je fais ce travail de présentation d’évolution des dossiers tous les 4 à 6 mois. M. Tzitzikostas m’a par exemple donné des pistes sur la ligne nouvelle parce que les Italiens font la même chose de leur côté. Donc, les gares sont éligibles comme ce qu’on appelle le « RTMS », le volet technique… Là, il y a 90 millions d’euros pour nous.

    Les JO sont-ils facilitateurs à l’échelle européenne aussi ?

    R. M. : Dans le cadre de l’accélération de la validation des décisions. Comme pour le contournement Fos-Martigues, la zone industrielle de Fos… Ces fonds européens représentent 20 à 40% des investissements. C’est d’autant plus facile que je suis dans le contrat de plan, que ça a été validé grâce aux Jeux, que j’ai été intégré dans le budget qui, j’espère, sera voté. Tout est prêt, ensuite, il faut faire le lobbying nécessaire pour que la signature arrive en bas de la feuille.

    Vous les avez eues ?

    R. M. : En tout cas, ils m’ont dit qu’ils le faisaient. Donc, je pars plutôt content de mes rendez-vous. Très content.