Tag: parking

  • [Entretien] « Notre volontéest d’être inclusif pour tous les types de handicap »

    [Entretien] « Notre volontéest d’être inclusif pour tous les types de handicap »

    La Marseillaise : En 2026, vous avez obtenu le label Tourisme et Handicap. Qu’a-t-il permis dans la prise en charge des personnes en situation de handicap
    à la mer
     ?

    Sophie Guérard : Ils nous ont guidés dans les équipements à mettre en place et de mon côté, j’ai rencontré les usagers et les associations afin de connaître leurs besoins. Aujourd’hui, notre volonté c’est d’être inclusifs pour tout type de handicap, donc on a différentes prises en charge. Si vous êtes en perte de mobilité, c’est essentiellement de l’aide humaine, puis le tapis rigide posé sur la plage permet d’aller jusqu’à l’eau sans s’enfoncer dans le sable. Pour les utilisateurs de fauteuil roulant, il y a l’hippocampe quand le handicap est léger. Il permet de s’immerger, puis la personne peut se lever grâce à la légèreté qu’apporte l’eau. Si le handicap moteur est plus lourd, c’est le tiralo qui va être utilisé. Il flotte et permet donc de se baigner. Pour les personnes déficientes visuelles, on a un dispositif qui émet des sons afin de savoir quand on s’éloigne de la plage. C’est un dispositif mobile qu’on installe sur demande.

    « À nous la mer » a été lancé en 2022 à la Pointe Rouge. Quel bilan en tirez-vous aujourd’hui ? Envisagez-vous d’étendre le dispositif en dehors de la saison estivale ?

    S.G. : L’année dernière, on a tenté septembre et on a eu très peu de fréquentation. C’est un dispositif très coûteux donc cette année, on a préféré se concentrer sur les moments où on a vraiment du public. Le budget « À nous la mer » est de 360 000 euros pour cette saison. On a concentré les efforts sur juin, juillet et août, avec une augmentation de fréquentation très importante par rapport à l’année dernière. En juin, on a fait 76% d’augmentation avec 172 utilisateurs sur les trois plages, particuliers et établissements confondus. En juillet, on a eu une augmentation de 300% avec 623 personnes qui ont bénéficié du dispositif. On n’a que des retours positifs, les gens sont contents de pouvoir se baigner et aussi de pouvoir venir en groupe. Les saisonniers qui les accueillent sont formés au levage, au transfert, à la prise en charge des différents types de handicap. La plupart sont des étudiants, une grande partie en école de kiné. Ils font ça sur plusieurs années, donc ils sont vraiment investis sur le sujet. Les agents peuvent rester dans l’eau et donner leur main pendant 40 minutes si besoin. J’étais présente lors d’une visite d’un IME à Corbière en juillet. Ils étaient douze adolescents en situation de handicap. Ils ont été accompagnés au cas par cas dans l’eau. C’est rassurant pour eux d’être accompagnés humainement, sinon, ils ne se baignent pas. Cet été, on s’est aussi rendu compte, que ceux qui viennent pour la première fois se régalent et reviennent. Par exemple, une dame de 93 ans qui est venue en juillet avec sa petite-fille, en partant, elle a dit : « Je vais venir tous les jours. »

    Aujourd’hui, seulement trois plages sont équipées pour tout
    le littoral marseillais, d’autres ouvertures sont-elles prévues
     ?

    S.G. : On tente de mettre à disposition gratuitement toutes les aides dont les personnes en situation de handicap ont besoin pour pouvoir se baigner comme tout le monde. Pour l’instant, on est sur ces trois plages-là parce qu’il y a énormément de contraintes pour installer le dispositif et qu’on a pu le faire que sur ces plages. Il faut qu’il y ait un parking PMR, que ce soit facile d’aller jusqu’au dispositif, que ce soit des plages surveillées… Pour l’instant, on se concentre sur ces trois-là et on va renforcer leur capacité d’accueil au vu de la fréquentation importante de cet été.

    Une fois à la plage, l’accès est pensé pour les personnes en situation de handicap, mais ce n’est pas toujours le cas pour les transports en commun qui y mènent. Est-ce un sujet sur lequel vous travaillez ?

    S.G. : On sait que c’est éminemment compliqué quand on est une personne en situation de handicap moteur d’utiliser les transports en commun aujourd’hui. C’est un des axes d’amélioration prioritaire. On a déjà fait une réunion sur ce sujet avec Samia Ghali, la présidente de la RTM, pour mettre Mobil Métropole en corrélation avec le dispositif « À nous la mer » pour l’été prochain.

    Entretien réalisé
    par Andréa Goyard de Castro

  • [Entretien] « On avance mais il manquait de la main-d’œuvre saisonnière dans l’Hérault cet été »

    [Entretien] « On avance mais il manquait de la main-d’œuvre saisonnière dans l’Hérault cet été »

    La Marseillaise : Qu’éprouvez-vous au moment de succéder à Jacques Mestre ?

    Yves Soria : Je ne pourrai pas le remplacer. C’était un personnage avec un tel charisme qui a présidé l’Umih durant 43 ans. Jacques Mestre m’a appris ce que je sais. On va continuer à travailler dans le bon sens, en discutant avec les autorités, pour améliorer les conditions de la profession.

    Quels seront vos principaux combats ?

    Y.S. : On va continuer notre travail sur les saisonniers pour leur trouver des points d’accueil à des prix raisonnables. On a travaillé avec le Crous pour la mise à disposition d’appartements pas trop chers. On est en discussion avec la mairie de Pérols. J’ai rendez-vous avec l’Agglo de l’Étang de l’Or (Mauguio). On leur demande s’ils ont des bâtiments disponibles pour loger les saisonniers. Logement et transports sont les deux problèmes des saisonniers. Avec la Grande Motte, Mauguio et Palavas, on a investi 5 000 euros pour avoir une navette jusqu’au tramway de Pérols jusqu’à 2h du matin pour juillet-août. On avance, mais il manquait de la main-d’œuvre saisonnière cet été.

    Comptez-vous vous attaquer à la concurrence déloyale des locations type AirBnB ?

    Y.S. : Nous sommes contre bien sûr mais il existe déjà une réglementation en vigueur qui limite le nombre de nuitées (plafond de 120 jours que les Villes peuvent baisser à 90 jours). Le sujet c’est qu’elle soit respectée. L’Umih vient d’ailleurs de recevoir une décision favorable de la Cour d’appel de Paris [qui reconnaît AirBnB comme un éditeur et non un hébergeur, ce qui rend la plateforme responsable du contenu posté, Ndlr.]. On dit que c’est une concurrence déloyale parce que ces plateformes ne sont pas soumises aux mêmes règles (sécurité, fiscalité…) que les professionnels de l’hôtellerie, qui accusent des pertes de chiffre d’affaires.

    À Montpellier, avez-vous
    des requêtes particulières
     ?

    Y.S. : On a pris rendez-vous, on doit bientôt être reçus par le maire Michaël Delafosse. On a un problème de prix de stationnement trop élevé. On va voir si on peut faire revenir du monde en ville avec des tarifs de parking plus attractifs, comme au Polygone. On a déjà vu les élus Jean-Louis Gély et Michel Aslanian. La mairie veut renouer le dialogue.

    Quel premier bilan touristique faites-vous ?

    Y.S. : Je dirais qu’on est entre -10 et -20% d’activité. À la Grande Motte, il y a des touristes étrangers, des Belges et des pays de l’Est mais sans euphorie, le chiffre d’affaires est en baisse. À Palavas, il n’y a pas grand monde. Au camping des Roquilles c’est catastrophique, personne au bar ni au restaurant. Il manque les Américains, Néerlandais… La clientèle française qui se déplace quelques jours sur le littoral a réduit ses vacances. Les touristes présents font attention : ils font les courses avec leur glacière et mangent à la maison plutôt qu’au restaurant ou ne prennent qu’un seul plat. C’est le résultat d’une baisse du pouvoir d’achat. Le prix de l’essence pèse lourd. La chaleur a pu aussi en décourager certains. On verra le bilan global en octobre avec la fin de saison, mais un chiffre d’affaires perdu ne se rattrape jamais.

  • Quand le soleil s’éclipse, la tournée d’été prend la scène

    Quand le soleil s’éclipse, la tournée d’été prend la scène

    Double spectacle, pour les touristes et habitants de Carro. Ce mercredi, les familles, couples et groupes d’amis commencent à installer leurs chaises et serviettes le long de la mer dès 18h. À 19h30, la côte est bondée. Impossible de distinguer la roche sous les installations colorées. La luminosité va commencer à baisser pour atteindre l’éclipse quasi totale autour de 20h20. Les spectateurs sont prêts.

    Juste derrière, sur le parking des Ragues, les artistes de la tournée de La Marseillaise se préparent à monter sur scène pour continuer d’enchanter la foule. Le show débute avec le groupe de reprises Sabotaaaage, se poursuit avec un Tribute Queen par MagicQueen avant de s’achever avec DJ Bobzilla.

    Marine et ses amis sont venus profiter de cette soirée d’exception. « Le spot est trop bien : la vue est dégagée, le soleil se couche sur la mer, y’a de quoi se baigner et on a de la musique live en prime, se réjouit-elle. En plus on connaît le groupe [Sabotaaaage, ndlr], on soutient l’association du coin qui tient la buvette et les artistes locaux ! Et puis on se plaint toujours qu’il se passe rien dans le coin, alors quand il y a un concert gratuit on peut pas se permettre de le louper ! » De son côté, Robb, le chanteur du groupe Sabotaaaage, a peur que sa prestation soit éclipsée par le spectacle de la lune et du soleil. « C’est la première et dernière fois qu’on joue pendant une éclipse, donc c’est stylé, mais un show c’est un échange avec le public et là les gens risquent d’être dos à nous… » Pourtant, le band du sud a une histoire particulière avec le phénomène astral : « On fait des mash-ups et on a fait un clip à partir de Lose yourself d’Eminem où une éclipse rend les gens fous ».

    Ce soir, elle aura laissé les gens sans voix, et c’est bien Sabotaaaage qui aura semé un grain de folie dans le public.

  • Le Roucas de Vitrolles, un piton qui nécessite d’être conforté

    Le Roucas de Vitrolles, un piton qui nécessite d’être conforté

    Pour l’atteindre, il faut accepter de gravir pas loin de cent marches taillées dans l’imposant piton rocheux qui domine le vieux village de Vitrolles. À l’arrivée, c’est une double récompense : d’abord cette vue imprenable et contemplative sur l’étang de Berre et jusqu’à la Sainte Victoire. Ensuite deux monuments chargés d’histoire à découvrir : la Tour Sarrasine et la chapelle Notre-Dame-de-Vie.

    « Dès le Ve siècle, la situation privilégiée du Roucas de Vitrolles en fait un lieu de refuge et d’observation afin de se protéger des invasions barbares ou sarrasines. Mais la chapelle Notre Dame de Vie et la Tour Sarrasine n’ont été bâties toutes deux qu’entre le Xe et XIe siècles probablement après le départ des Sarrasins de Provence » décrit la Fondation du Patrimoine qui avec la Mission Patrimoine de Stéphane Bern soutient les travaux de sauvegarde et de restauration portés depuis plusieurs années par la mairie.

    Pour l’heure, la commune programme des travaux de confortement de son rocher pour réduire le risque de chutes de blocs. Le rocher qui culmine à 25 m de hauteur fait jusqu’à 75 m de long et 20 m de large, bénéficie déjà d’ouvrages de protection. Pour autant, de nombreuses instabilités ont été relevées sur les faces du rocher, notamment de gros pans de falaise décomprimés.

    « Un aléa très élevé

    de chute de pierres »

    « La face ouest la plus affectée présente 44 instabilités identifiées dont 15 à aléa élevé à très élevé. 4 des instabilités potentielles identifiées sont des pans de falaises volumineux et problématiques » énonce un rapport d’étude géotechnique qui a conclu en novembre 2025 à « un aléa très élevé de chute de pierres au droit de toutes les falaises. Un aléa variable, au cas par cas, d’écroulement de blocs, chandelles, voire de pans de falaise de volume important ».

    Ces risques exposent à des degrés divers la stabilité de la tour sarrasine, de la chapelle, la route en pied de falaise, quatre habitations, les piétons, le parking. Le rapport prescrivait d’interdire l’accès aux talus, de renforcer les mesures d’information « en insistant bien sur le risque accru pendant les périodes pluvieuses ». Il était demandé une surveillance instrumentée pour s’assurer de l’absence d’évolution d’un pan rocheux représentant une masse de 344 tonnes d’aléa élevé.

    C’est pourquoi la commune a lancé un marché public de réalisation de travaux de « réduction du niveau de risques » afin de conjurer ces risques liés à l’érosion naturelle de la falaise. Il prévoit la réalisation d’études géotechniques, l’exécution de mesures préventives telle que la pose de 5 fissuromètres électroniques connectés à des balises d’alerte au droit des instabilités critiques. Les premiers travaux consisteront en des opérations de débroussaillage, de purges manuelles et mécanisées par des cordistes des éléments les plus instables et les plus déconsolidés. Il est prévu la projection de béton projeté fibré et teinté et l’entretien des ancrages déjà installés. Des nappes de grillages et des barres d’ancrage seront posées. Des filets à haute limite élastique viendront recouvrir les falaises de la face sud et une partie de la face est du rocher de Vitrolles pour stopper les chutes de pierres et de blocs de faible volume et d’être le moins visible.

    Le risque résiduel de chutes de pierres et de blocs de faibles volumes reste encore possible après les travaux. C’est pourquoi sur la base de scénarii trajectographiques de chutes simulées, il est prévu de construire des parois de soutènement en béton cloué, de poser des écrans pare-blocs au pied du talus en face nord.

  • Neoness lance son développement régional

    Neoness lance son développement régional

    Dans les espaces, du matériel flambant neuf. Sur les murs, des néons colorés renforcent l’esthétique résolument moderne du lieu et en fond, une playlist électro inonde les différents espaces. Dans la salle Neoness qui a ouvert ses portes en juin, avenue du Club Hippique, des sportifs de tous les âges passent le portique électronique, usent des rameurs et vélos et dans les zones de cross-training ou s’entraînent sur les sacs de frappe. Le flux d’abonnés se poursuit dans ce premier club Neoness de la région. Tout comme Métabolik et Keecool, elle est une marque du groupe ICM Wellness, dont le siège est installé aux portes d’Aix, à Ventabren, et cherche à se développer sur la région. Proposant une surface sportive de 1 000m², l’enseigne a pris la place d’une salle Métabolik. « Nous appartenons au même groupe, il n’y a donc pas eu de changement si ce n’est des améliorations au club. En termes de praticité, ça n’a pas changé quoi que ce soit pour les clients », précise Lucille Fermaud, responsable de la salle aixoise. Une particularité, pourtant, dans cette nouvelle salle et la marque Neoness en général : « C’est un club social, puisqu’ici, l’on donne pas mal de cours. Les gens se connaissent beaucoup, il y a d’autant plus cette ambiance familiale, déroule Lucille Fermaud. On est aussi plus axés sur la performance, il y a un côté plus challenge, plus poussé, sur les cours, tout particulièrement (…) Dans tous les Neoness, les cours sont donnés par des coachs, il y a aussi un aspect personnalisé dans la pratique, un accompagnement, c’est ce qui plaît. » D’autant plus qu’un « engouement particulier » autour des salles de sport est à noter, selon cette coach professionnelle. « La salle s’est beaucoup démocratisée, les gens se rendent compte que ce n’est pas réservé à certaines personnes, estime Lucille Fermaud. Surtout, ça a des bénéfices très intéressants. C’est important de faire du sport au quotidien. » Autre avantage du lieu, sa praticité, avec des horaires longue durée, notamment de 6h à 22h en semaine, et un parking gratuit en souterrain : « Ça s’insère donc facilement dans un planning quotidien », résume la coach.

  • Un nouveau projet déminé dans le bunker de l’Escalette

    Un nouveau projet déminé dans le bunker de l’Escalette

    Le permis de construire mijote depuis six mois au service de l’urbanisme. Cette fois, c’est pour aménager des logements dans la « batterie basse de L’Escalette », chemin des Goudes, 8e. Après un refus d’autorisation d’un restaurant en 2018 puis d’un appart hôtel en 2024, Jean Levakis, le gérant de la SCI Calanques, a tenté une « rénovation extérieure avec changement destination en deux logements pour de la location saisonnière ». Saisie en avis conforme de ce dossier sensible, la commission départementale de la nature, des paysages et des sites (CDNPS) a mis un veto.

    M. Levakis caressait l’espoir d’être enfin entendu, à la faveur d’une sympathique modification du PLUI qui autorisait ce changement de destination rêvée avec le soutien de la mairie et de la métropole. Une révision qui n’est pas du tout du goût de l’État à en juger par le déféré préfectoral pour la faire annuler. Il faut dire que ce projet de meublés faisait peu cas de l’identité du bunker et ce d’autant qu’il prévoyait de redimensionner les ouvertures, de le recouvrir d’épais parements en pierre « pour atténuer l’impact paysager ». Pour rappel, ces trois blockhaus et le tobrouk (lire ci-contre) sont protégés au PLUI : « Les ouvrages ne devront pas être dénaturés. Ils devront conserver leur composition et leurs matériaux. Seuls sont autorisés des aménagements permettant la mise en valeur l’ouvrage. »

    « Un chef étoilé

    pour 40 couverts »

    Interrogé, Jean Levakis, 71 ans, prend acte du refus. « Mon projet s’arrête, je suis déçu. C’était deux habitations, ni plus ni moins. » Déterminé, il annonce « redemander des autorisations pour refaire un restaurant sous les conditions d’exploitation du parc des calanques puisque c’est la seule destination possible ». La batterie a abrité une discothèque dès 1956 puis un restaurant. « Il s’appelait “Le Schtroumpf” et il a fermé en 1997 un an avant qu’on achète », se souvient Jean Levakis qui dit avoir obtenu en 2010, en dépit des recours de trois associations, une autorisation d’ouverture reconduite jusqu’en 2018. « Elle n’a servi à rien car je n’ai pas trouvé d’investisseurs et ensuite j’ai eu un retrait d’autorisation de la Ville qui nous a demandé de faire de l’habitation. Là, on n’a pas le choix, on ne peut pas laisser le site comme ça. L’an dernier, on a eu une rave party avec 200 personnes et le tag se développe. » À présent, il dit consulter des « chefs médiatisés ». « Du fait qu’on est restreint en place de parking, pour que l’exploitation soit viable, il faut un chef étoilé pour 40 couverts. » Confiant, il se donne « a minima deux ans » pour ouvrir.

    Pas sûr que le Parc national des calanques (PNC) le suive sur un site habité d’espèces végétales à enjeu fort de protection dont la phrygane littorale en « dynamique de reconquête » sur la parcelle. La Ville, elle, voudrait « désengager ces espaces déjà anthropisés de la contrainte de la loi Littoral afin de permettre des évolutions compatibles avec le patrimoine ». D’où le toilettage du PLUI qui viole frontalement la loi Littoral. Toute construction, hors continuité d’urbanisation, est interdite dans la bande des 100 mètres, de surcroît en espace naturel classé, mais également tout changement de destination, et sans dérogation possible.

    « Tout projet est voué

    à l’échec »

    « Tout projet sur ce site somptueux est voué à l’échec. Rien ne se fera, tout sera contesté. Quand des noms apparaissent, tout le monde est frileux. À un moment donné, il faut savoir se faire oublier. Toute cette agitation aujourd’hui, c’est pour amuser la galerie. Mais leur objectif, c’est de vendre », sourit une source proche du dossier judiciaire. Car l’autre associé à 50% avec M. Levakis au sein de la SCI Calanques s’appelle Jean-Claude Pietrotti. Depuis juin 2010, ce promoteur de 67 ans est mis en examen pour extorsion du fabricant cannois de yachts de luxe et blanchiment en bande organisée aux côtés du gratin du milieu marseillais, les frères Michel et Gérald Campanella et Bernard Baresi. Depuis quinze ans, l’instruction est aux oubliettes, encapsulée dans un autre bunker, celui de la JIRS de Marseille.

  • Callelongue, le site de scories du littoral marseillais le plus conséquent à dépolluer

    Callelongue, le site de scories du littoral marseillais le plus conséquent à dépolluer

    Treize nouveaux dépôts prioritaires de scories, sur les vingt en tout de l’opération globale de dépollution, entreront en chantier à la rentrée, annonce la préfecture. Cette dernière phase débute le 1er septembre 2026 pour s’achever fin mars 2027.

    Le bilan de la première étape de dépollution des dépôts historiques de résidus industriels des calanques est jugé « satisfaisant » en dépit d’un retard conséquent (notre édition du 5 mai 2026). Quatre sites ont été intégralement traités. Trois autres seront achevés lors de la deuxième phase compte tenu de leur complexité technique : il s’agit des sites de Saména, de l’Escalette et de la Calanque des Trous.

    Circulation alternée

    Lors de la réunion publique du 3 juillet au centre municipal à la Madrague de Montredon, la préfecture a rappelé avec les élus « les caractéristiques exceptionnelles de ce chantier et la très grande qualité de la maîtrise d’ouvrage assurée par l’Ademe ». Cette phase 1 démontre, à leurs yeux, « la maîtrise des émissions de poussières tout au long du chantier », « aucun dépassement des normes dû aux travaux » n’ayant été constaté.

    La seconde phase qui débute à la rentrée s’attaque « au plus conséquent des spots à traiter, celui de Callelongue » et perturbera circulation et stationnement. Une circulation alternée sera mise en place entre les Goudes et le village de Callelongue pendant sept mois, y compris le week-end. « Les visiteurs sont encouragés à privilégier les transports en commun ou les mobilités douces pour accéder au secteur », préviennent les autorités. Un demi-giratoire sera provisoirement aménagé à l’entrée du parking Napoléon, où la barrière de filtrage de Callelongue sera de ce fait remontée. Pour faciliter la circulation les week-ends, les alternats de circulation nécessaires au chantier de Calanque des Trous et de l’entrée des Goudes seront levés à partir du vendredi 17h et réinstallés le lundi matin suivant.

    Le belvédère de Callelongue est très complexe à traiter. Ce site accidenté présente un intérêt patrimonial et paysager remarquable avec la dalle du bathyscaphe et la végétation rase typique des Calanques. C’est l’un des dépôts les plus importants, les plus sensibles et les plus coûteux à traiter (plus de 2 millions d’euros) avec des concentrations en plomb à 17 300mg/kg en contrebas du belvédère dans des remblais sur 4 mètres d’épaisseur et sur 300 mètres de longueur. Dans un souci d’insertion paysagère, il est prévu, selon les spots, d’engager un dispositif d’étanchéité et de recouvrement par de la roche calcaire concassée, de poser du béton projeté sculpté ou d’aspirer les scories sur les zones les plus basses de ce « bout du monde » marseillais.

    * site dédié de l’Ademe : calanques-de-marseille.ademe.fr

  • Les riverains vent debout contre un parking dans un parc à Aix

    Les riverains vent debout contre un parking dans un parc à Aix

    à l’entrée du parc de la Torse, une barrière « normalement fermée, puisque c’est un accès piéton » est désormais ouverte. Elle laisse accéder les voitures d’une association d’insertion par les espaces verts, installée quelques mètres plus haut, sur le terrain dont le bail lui a été cédé par la Ville et communément appelé Legs Constant. Soumis à des aménagements, les bénéficiaires de l’association viennent donc garer leurs véhicules sur une parcelle du parc. Une situation qui crispe les riverains.« Avec ces chaleurs, on se dit que c’est une aberration d’enlever un espace de nature pour l’ouvrir aux voitures (…) c’est un parc hyper fréquenté, et de plus en plus », se désole Catherine, membre du CIQ la Torse-Cézanne et membre du Conseil syndical de la Tour d’Aygosi. Fin juin, le sujet commence à faire couler de l’encre, lorsque ce même conseil fait paraître une pétition en ligne contre « la transformation du parc arboré de la Torse en parking ».« Nous avons obtenu près de 3 500 signatures », estime Catherine. Un courrier a également été envoyé dans la foulée au premier adjoint, le 13 juillet et évoque un dossier « devenu le révélateur d’une préoccupation plus profonde : la place accordée à la nature en ville, la qualité du dialogue entre les élus et les citoyens, et la cohérence des choix publics face aux défis environnementaux ».

    Débat municipal

    Clément Frel-Cazenave, élu d’opposition municipale Les écologistes au sein du groupe Aix Avenir (DVG), un peu plus tôt dans la semaine, estimait que « cet espace utilisé par les véhicules est bien plus qu’un simple terrain », mais un lieu « fréquenté chaque jour par de nombreux habitants ». Pour l’élu, « autoriser le stationnement de voitures sur cette pelouse pourrait entrainer la dégradation d’un patrimoine arboré naturel précieux ». Une décision d’autant plus « difficile à comprendre » alors que « le parking Carcassonne, situé à seulement une centaine de mètres, dispose de nombreuses places. » Du côté de la municipalité, on rappelle que la parcelle concernée était « laissée en friche, initialement fermée par un portail » et que « cette solution a été mise en place dans un contexte particulier. Jusqu’à présent, les véhicules de cette association étaient stationnés sur un terrain situé en face sur lequel, la Ville vient d’engager des travaux d’aménagement destinés à créer un nouvel espace vert ouvert au public.(…) Il a donc été nécessaire de trouver une solution alternative permettant à l’association de poursuivre ses activités. » Sollicitée, l’association concernée n’a pas pu nous répondre.

  • Tramway des Catalans : un avis favorable avec réserve

    Tramway des Catalans : un avis favorable avec réserve

    La commissaire enquêtrice, Clairette Gatineau, a émis un avis favorable à la réalisation du projet d’extension du tramway reliant la rue de Rome à la place du 4 septembre, l’estimant d’utilité publique. L’avis fait suite à l’enquête publique qui s’est tenue du 4 mai au 10 juin 2026. L’avis est toutefois assorti d’une réserve majeure sur un parking et de recommandations.

    En matière d’intermodalité et d’accessibilité, l’avis retient une amélioration nette de l’offre de transports dans le 6e arrondissement avec quatre arrêts prévus. S’agissant de l’environnement et du cadre de vie, le projet aura un impact positif sur la qualité de l’air et une baisse globale du bruit par la réduction de 10% des kilomètres parcourus en voiture. Le bilan quantitatif sur le patrimoine arboré est positif, passant de 366 à 470 arbres au total dont 137 plantés.

    La réserve de la commissaire porte sur l’utilité collective du projet de parking souterrain Dessemond de 220 places (12,6 millions d’euros). Il représente 30% des émissions de gaz à effet de serre en phase chantier et les subventions de « Marseille en Grand » ne couvrent pas ce parking. C’est pourquoi il est demandé à la Métropole de lancer une étude détaillée sur les besoins réels en stationnement. Le rapport entend les inquiétudes légitimes des riverains sur le report de trafic vers les rues adjacentes.

    Il est demandé des aménagements cyclables et de planter une seule essence par place, des faux-poivriers place Estrangin, et des tilleuls place du 4 septembre, de veiller à des mesures strictes de protection des platanes existants contre le chancre coloré. Il est recommandé à la Métropole de nouer un dialogue en amont avec les écoles, les commerçants et les professions médicales en vue de planifier les impacts du chantier.

  • Les grandes orientations pour redynamiser le centre-ville

    Les grandes orientations pour redynamiser le centre-ville

    Ce n’est pas un hasard si le plan « Phénix » a été présenté à la population, jeudi, dans la cour du musée du centre ancien. Pour revitaliser son centre-ville, la majorité de Robin Prétot (LR) mise sur plusieurs piliers, parmi lesquels : révéler. « Nous voulons restaurer la beauté de notre patrimoine », affirme le maire, et redonner au musée archéologique René-Giroussens « toute sa place ».

    La présidente de l’association des Amis du vieil Istres, Frédérique Weisseldenger, précise : « Le musée est reconnu pour son exceptionnelle collection d’archéologie sous-marine issue du port antique de Fos. Il abrite l’une des plus prestigieuses collections d’inscriptions peintes sur amphores au monde. »

    Après avoir été classé « Musée de France » par le ministère de la Culture en 2003, l’établissement avait fermé suite à l’effondrement du plafond en 2012. Il n’a jamais rouvert ses portes au public, malgré l’annonce faite par François Bernardini, en 2024, « de lancement d’études visant à le réhabiliter et l’agrandir ». La Ville compte désormais aller chercher des financements pour mettre aux normes et rouvrir cet équipement métropolitain. Le musée René-Giroussens n’est qu’une des propositions de la mairie pour embellir son centre.

    Recentrer les commerces

    Pour « retrouver une véritable harmonie architecturale », la Ville mise sur la végétalisation, l’accompagnement des propriétaires pour la restauration de leurs façades et de leurs volets en intégrant le cœur de ville dans le périmètre de la subvention départementale, ou encore la réalisation de fresques sur les murs de l’avenue de la République ou le forum des Carmes, dont elle a récemment obtenu la concession.

    Pour redynamiser le centre, la majorité fait un choix clair : « Aucune nouvelle grande surface, aucune nouvelle zone commerciale ne sera créée à l’initiative de la Ville, assure Robin Prétot. Notre objectif n’est plus d’étendre l’offre commerciale en périphérie. » Le maire dit explorer toutes les options pour mettre fin à Istropolis. Porté par l’ancienne majorité de François Bernardini, ce projet consiste en un espace imaginé dans la zone du Tubé mêlant commerces, loisirs, restauration et lieux de vie sur 30 000 m2. Après plusieurs avis négatifs, les recours avaient été tous purgés, conduisant à une autorisation de la Commission nationale d’aménagement commercial. Robin Prétot, lui, y voit un « projet funeste ».

    Enfin, la nouvelle majorité entend aussi améliorer l’accessibilité du cœur de ville, « la principale problématique remontée par les clients » selon la présidente de l’association de commerçants Valérie Coquelet. « Nous explorons en ce moment des pistes foncières pour créer un nouveau parking plus pratique pour amener du flux en centre-ville », révèle Robin Prétot.