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  • À Istres, la majorité veut revoir la cantine et renforcer l’inclusion

    À Istres, la majorité veut revoir la cantine et renforcer l’inclusion

    Élue depuis mars dernier, la majorité vit sa première rentrée scolaire. Avec la volonté de voir certaines choses changer, à commencer par la restauration collective. Dès octobre, après les premières vacances scolaires, la municipalité engagera une réflexion globale à ce sujet, allant de la préparation des repas à l’organisation du temps méridien.

    « L’effet pervers de la cantine à un euro fait qu’il y a beaucoup d’élèves qui y mangent », commence le maire (LR) Robin Prétot. À ce jour, 2 637 enfants y sont inscrits, mais la mairie estime qu’ils seront 3 800 à y déjeuner en réalité. La cuisine centrale produit 4 300 repas par jour, puisqu’elle fournit aussi le collège Alain-Savary, le seul du département à être sous statut municipal. « C’est heureux, mais les services n’étaient pas préparés pour. On a une cuisine centrale qui est sous-dimensionnée et donc la qualité s’en retrouve dégradée. On fait peu de cuisson, beaucoup de décongélation et de réchauffement… C’est dommage, les enfants et leurs parents s’en plaignent derrière. Il y a aussi la question du temps méridien, avec des problèmes de discipline puisqu’il y a beaucoup d’élèves. »

    Concrètement, des groupes de travail seront créés sur les différentes thématiques liées à la cantine, associant les agents concernés, les parents d’élèves mais aussi l’opposition. Les premières conclusions sont attendues pour la rentrée 2027 mais d’ici la, la municipalité « réfléchit en interne à des pistes d’amélioration », précise l’adjointe au maire déléguée à l’éducation Sophie Declercq.

    Continuité des dispositifs

    Robin Prétot affirme : « Toutes les options sont sur la table. Je ne saurais pas dire s’il faut qu’on arrête la restauration pour préférer une délégation de service public, qu’on agrandisse la cuisine centrale, qu’on revoit l’organisation parce qu’il y a des problématiques au niveau de la réservation des repas, qu’on peut annuler 48h avant ce qui engendre du gaspillage. La problématique est globale, il faut qu’on se pose et qu’on parle de tout, du tarif, des agents, de la qualité des repas, des commandes, du budget… »

    Autre gros chantier, qui était une promesse de campagne pour cette équipe qui place son mandat sous le signe de l’inclusion : l’amélioration de l’accompagnement des élèves en situation de handicap. Cette rentrée, un Pass pôle d’appui à la scolarité a été ouvert au CEC des Heures Claires pour permettre aux familles d’obtenir des réponses plus rapidement face aux besoins de leurs enfants et de mieux coordonner leur accompagnement. Mais la majorité veut aussi renforcer les dispositifs qui relèvent de l’Éducation nationale.

    La conseillère municipale déléguée à l’inclusion et réussite éducative Céline Brull détaille : « Aujourd’hui, seules 3 des 27 écoles maternelles et élémentaires disposent d’une Ulis. Parmi nos collèges, seul Élie-Coutarel en bénéficie. Nous disposons aussi d’une unité d’enseignement maternelle autisme à Maurice-Gouin qui accueille jusqu’à 7 enfants de 3 à 6 ans, ce qui est très peu. Aucun dispositif équivalent n’existe ensuite à Istres en école élémentaire. Cette absence de continuité peut placer les enfants et leur famille face à une rupture de parcours. » Le maire a donc saisi le directeur académique pour demander de renforcer les Ulis et de créer un dispositif adapté aux enfants autistes dès la rentrée 2027. La Ville se dit prête à accompagner ces ouvertures en menant à disposition des locaux adaptés.

  • La rentrée frappée par des fermetures de classes

    La rentrée frappée par des fermetures de classes

    « Avez-vous le chiffre des fermetures de classes cette année et à venir, notamment en milieu rural ? À cette question posée, mardi 25 août à Paris, lors d’une rencontre avec des titres de la presse régionale (La Marseillaise n’a pas été conviée), le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, a préféré botter en touche. « Pour cette rentrée, nous avions tablé sur 150 000 élèves de moins. En fait, c’est 161 000 élèves de moins dans le système éducatif à la rentrée. Nous sommes à peine à 11,6 millions d’élèves contre 12,3 millions en 2017. Nous sommes sur une baisse démographique majeure. Moi, je ne veux pas qu’un maire découvre en mars ce qu’il fait en septembre. » Pour la précision de la réponse, on repassera. Les chiffres sont pourtant connus, département par département, commune par commune. Et le constat est sec : la baisse de la démographie sert de prétexte au gouvernement pour faire des économies budgétaires.

    Dans les départements du Gard et de l’Hérault, en cette veille de rentrée scolaire, mardi 1er septembre pour les élèves (la veille pour les enseignants), les suppressions de classes dans le premier degré (maternelle et primaire) se comptent par dizaines. Le Gard perd 58 classes pour seulement 15 ouvertures. Le département voisin de l’Hérault paie le prix fort avec 100 classes fermées pour seulement 60 ouvertures. 20 postes d’enseignants sont aussi supprimés.

    Les directeurs académiques des services de l’Éducation nationale, les Dasen, appliquent les directives du ministère et les rencontres avec les syndicats au sein des CSA (comités sociaux d’administration) se sont considérablement tendues au fur et à mesure que les projets de suppressions de classes se confirmaient.

    Pour le SNUipp de l’Hérault, principal syndicat dans le premier degré, « les syndicats font l’amer constat que ce sont des écoles de même profil, dans les mêmes quartiers, qui sont impactées par ces décisions injustes, sans prendre en compte les difficultés du terrain. Ce qui exacerbe le sentiment d’iniquité ressenti par les habitants et les collègues. » Dans le Gard, la quasi-totalité des syndicats a voté fin juin contre les 58 fermetures de classes dont 20 classes en éducation prioritaires, près de la moitié d’entre elles étant situées à Nîmes, détaille le Syndicat des enseignants Unsa. « La parole des parents et des organisations syndicales représentant les personnels n’est pas entendue » renchérit le SUipp34.

    Dans ce contexte, les résultats du dernier baromètre du Syndicat des enseignants Unsa n’ont rien d’étonnant. Ils sont ainsi trois sur quatre à se déclarer inquiets sur leur avenir, et 71% ne se sentent ni respectés ni reconnus dans l’exercice de leur métier, selon cette enquête à laquelle ont répondu plus de 42 000 agents et rendue publique à la veille de la rentrée.

    « Le salaire, fatigue majeure des personnels »

    « Ça dit quelque chose de très important de la défiance qui s’est installée entre les personnels et entre les politiques éducatives qui ont été conduites ces dernières années », souligne la secrétaire générale du syndicat enseignant, Élisabeth Allain-Moreno. « Le salaire est devenu la fatigue majeure des personnels de l’Éducation nationale », ajoute Julie Duhamel, secrétaire nationale du SE-Unsa. Pour 48% des répondants, le mot qui vient spontanément à l’esprit lorsqu’ils pensent à leur travail est celui de « salaire », soit une hausse de 14 points par rapport à 2024. « Pour nombre d’entre eux, le salaire de base n’est plus suffisant pour vivre correctement de son métier », a-t-elle déploré. Le syndicat réclame une revalorisation générale des rémunérations, plutôt qu’un recours accumulé aux primes qui ne rentrent pas dans le calcul de la retraite. Pour Élisabeth Allain-Moreno, le malaise est le résultat de choix politiques accumulés depuis plusieurs années. « Le désengagement du gouvernement dans le service public » depuis l’arrivée d’Emmanuel Macron au pouvoir en 2017 « à des conséquences dramatiques », a-t-elle jugé.

    Chère cantine à Béziers

    Alors que l’État met fin à l’expérimentation de l’uniforme à l’école, le maire d’extrême droite de Béziers le généralise au frais des Biterrois. En revanche, dénoncent les communistes, Robert Ménard n’a pas vanté la hausse des tarifs de la cantine de 20cts par repas. « C’est un coup dur pour les familles les plus précaires. » Le PCF demande l’annulation de la mesure et la création d’un échelon de gratuité « pour les familles les plus modestes. »

  • La rentrée solidaire d’Emmaüs Pointe-Rouge

    La rentrée solidaire d’Emmaüs Pointe-Rouge

    « Ils sont sympas, je viens souvent leur rendre visite. Aujourd’hui j’ai acheté 35 feutres pour 3,50 euros », détaille Laura trentenaire ravie de son gros paquet de feutre. Pour le matériel de type cahier, feuilles Canson, classeurs, trousses, règles ou ardoises, le prix de 50 centimes est unique. Mais pour les stylos, les feutres et les crayons, l’affaire est encore plus belle. « Je les fais à 50 centimes les cinq », déclare Hervé, compagnon de la communauté en mode « maître d’école » du stand. « Les livres, manuels scolaires, ou les dictionnaires, ça part super bien. Je les choisis moi-même dans notre bibliothèque », poursuit-il joyeusement. Sur le côté du stand, Nora et Aïcha trouvent 4 jolis sacs à dos à trois euros chacun, inespéré avant la rentrée.

    Inquiétudes

    Le stand fournitures scolaires est en plein air et jamais vide. Nouara Bernou explique : « C’est à la demande des clients que nous avons commencé la vente il y a une semaine. Il n’est pas rare de trouver une maîtresse en quête de matériels pour les élèves que les parents n’auront pas pu fournir. » Et de poursuivre « Cette année, c’est un peu particulier. On sent les gens inquiets des factures qui vont arriver, des taxes, de la politique en général. » La clientèle d’Emmaüs a beaucoup évolué ces dernières années, un retour des jeunes par éthique mais surtout par nécessité est observé. « La classe moyenne a de plus en plus de mal à faire face, la précarité est en constante hausse. Les équipements coûtent de plus en plus cher avec l’engouement des marques » observe-t-elle. Elle réfléchit, puis reprend « comment demander à son enfant de bien travailler, si on n’est pas en mesure de bien l’habiller ? » Cerise sur le gâteau, aucun don de grandes surfaces cette année…

    Emmaüs Pointe-Rouge
    110 Trav. Parangon, Marseille 8e.

  • [C’est l’été] Derniers voyages dans l’espace de l’été

    [C’est l’été] Derniers voyages dans l’espace de l’été

    Accompagnés d’écureuils astronautes ou de vrais médiateurs scientifiques, cette semaine, les astres de notre système solaire révèlent leurs secrets aux plus jeunes. Du lundi au vendredi, l’association Andromède propose deux séances commentées par jour : à 14h et 16h. Au programme, des projections et spectacles adressés aux enfants à partir de 5 ans, suivis de présentations des astres par les astronomes et selon la météo, d’observations commentées du ciel et du Soleil.

    Lundi 24 août, toute la famille est invitée à découvrir la Voie lactée à travers le spectacle « La petite étoile sans nom ». Pour les passionnés d’histoire, le film « Voyager » sera projeté directement sur la voûte du planétarium mercredi. Il retracera la mission spatiale de 1977. Puis dès 16h, petits et grands partiront en quête de la planète idéale aux côtés de Nino et Lili, les écureuils astronautes du film « Noisette ». Pour finir la journée, direction l’exposition « Les couleurs dans l’univers » et le télescope de Foucault. Le dernier temps fort de l’été se déroulera au planétarium mardi 25 août, de 21h à 23h, pour une soirée d’observation au télescope de Vénus et de la Lune.

    Andréa Goyard-de Castro

  • [C’est l’été] Un festival gratuit pour préparer la rentrée à Marseille

    [C’est l’été] Un festival gratuit pour préparer la rentrée à Marseille

    « Régalez les jeunes avant la rentrée. » Saïd Sardi répète inlassablement cette formule pour résumer l’esprit du festival Back to School, dont la troisième édition se tient ce lundi, de 13h à 23h, au Parc Mistral, à l’Estaque (16e).

    Organisé par le créateur de contenu originaire de la Castellane et son association Castelife, en partenariat avec la Ville de Marseille et l’association humanitaire Life Ong, le rendez-vous entend d’abord soulager les familles avant la rentrée. « Le but, c’est d’aider les parents pour la rentrée en leur donnant un gros coup de main avec la distribution gratuite des fournitures scolaires », rappelle Saïd Sardi.

    Au total, 750 kits scolaires complets seront offerts, tandis que stands de coiffure, village aquatique, maquillage, jeux, espace bien-être, rencontres avec des entrepreneurs et restauration gratuite rythmeront l’après-midi. « Ce festival, ce n’est pas que la distribution de fournitures scolaires, c’est une vraie préparation complète à la rentrée pour régaler les jeunes et leurs parents », résume-t-il.

    Favoriser l’insertion professionnelle des jeunes

    Cet événement s’inscrit pleinement dans la mission quotidienne de l’association : « Accompagner la jeunesse des quartiers populaires sur l’insertion professionnelle, précise le fondateur de Castelife. Avec cet événement, on incarne cette mission de faire le pont entre la jeunesse et les structures d’insertion ».

    Après deux éditions à La Castellane, le festival s’installe cette année à l’Estaque. « J’ai reçu tellement de demandes de jeunes d’autres quartiers que je me suis dit que l’Estaque était le lieu adapté car il est au carrefour de plein de quartiers populaires », justifie Saïd Sardi.

    Plusieurs personnalités connues et des créateurs de contenu, dont Bengous, Johan et Racha ou encore Houria Les Yeux Verts, sont attendus. De quoi nourrir les ambitions de Saïd Sardi : « En 2024, 1 000 personnes sont venues, l’année dernière 1 500 et cette année on en attend encore bien plus ! », conclut-il.

    De 13h à 23h. Réservations pour les kits via le lien disponible sur la page Instagram Castelife

  • [Vidéo] Reportage sur les pas de Jean Moulin en Provence

    [Vidéo] Reportage sur les pas de Jean Moulin en Provence

    Reportage

    Entré au Panthéon en 1964, honoré en Provence, Jean Moulin est le grand oublié de la cité phocéenne. Marseille a bien consacré au chef de l’armée des ombres le nom d’un collège, d’une avenue, mais rien du niveau de « la première capitale de la résistance » suivant la formule de Maurice Chevance-Bertin (1910-1966) dirigeant du mouvement Libération Nationale né rue de Rome à l’été 1940.

    Dans les Bouches-du-Rhône, l’unificateur de la Résistance, enfant du midi né à Béziers en 1899, est surtout commémoré dans les lieux phare de son épopée. D’abord, le berceau familial à Saint-Andiol dans la maison de ses parents, 55, Route Nationale, pavoisée de drapeaux tricolores. Après son parachutage le 1er janvier 1942, il avait installé au fond du jardin une échelle en cas d’urgences et confié à sa sœur Laure un double de son ordre de mission microfilmé et signé De Gaulle qu’elle avait caché dans un tube d’aspirine dans l’interstice d’un mur du cimetière.

    Fausse moustache

    et lunettes fumées

    Un musée Jean Moulin installé dans son école rend hommage à l’enfant du pays propulsé à 25 ans sous-préfet d’Albertville. Il a été inauguré en juillet 2018 par Daniel Cordier, son secrétaire et biographe avec les descendants de Jean Moulin. Des photographies, ses lettres, ses dessins car c’est un artiste aussi, des documents racontent comment après un séjour chez sa mère et sa sœur à Montpellier, le préfet d’Eure-et-Loir limogé le 2 novembre 1940 par Vichy, s’installe comme agriculteur à Saint-Andiol. Le haut fonctionnaire a 41 ans et mûrit son départ clandestin pour Londres. « Il circule beaucoup dans la région, sous sa fausse identité de Joseph Mercier, un chapeau rabattu sur les yeux, affublé d’une moustache et de lunettes fumées » écrit l’historien Robert Mencherini.

    Créée en 1978, une route « Jean Moulin, chemin de la liberté », suit ses pas depuis le Mémorial de Salon-de-Provence inauguré en 1969, quatre ans après son entrée au Panthéon et l’oraison d’André Malraux qui ont définitivement inscrit Jean Moulin dans l’histoire de France. Il a 41 ans, multiplie les contacts et rencontres à Marseille, devenue la plaque tournante des premiers noyaux d’organisations clandestines. Il repère ainsi le mouvement de Libération nationale de Henri Frenay, Libération-Sud d’Emmanuel d’Astier de la Vigerie et Franc-Tireur de Jean-Pierre Lévy.

    Durant six mois, Jean Moulin parcourt la région, va d’Orgon à Miramas en bicyclette, ausculter les réseaux naissants. « Je me souviens de cette rencontre à Avignon car il portait toujours un grand foulard » écrit Emmanuel d’Astier de la Vigerie (1900-1969). Un tissu qui cache le coup de rasoir qu’il s’est donné à Chartres pour ne pas signer un écrit des Allemands accusant à tort des tirailleurs sénégalais de massacres. Il multiplie les séjours à Marseille (page suivante) qui grouille de réfugiés, d’exilés en attente de visa. Jean Moulin rencontre les hommes des premiers réseaux émergents dont Henri Frenay qui à l’été 1940 avec Berty Albrecht (1893-1943) a créé le Mouvement de Libération Nationale (Combat). Il observe le bouillonnement contestataire qui se traduit par la première manifestation hostile à Vichy. Elle a lieu le 28 mars 1941 au bas de la Canebière en face de l’hôtel où il descend.

    « Je vous garantis, j’en ai eu les larmes aux yeux »

    De cette exploration, Jean Moulin fera à De Gaulle le portrait de cette résistance intérieure qui s’invente. Le 9 septembre 1941, il prend le train en gare Saint-Charles pour aller à la rencontre du chef de la France libre. Un périple clandestin de Barcelone à Lisbonne, avec un faux passeport au nom de Joseph Mercier. Il touche l’Angleterre en hydravion le 20 octobre 1941 et reçu par De Gaulle à qui il remet un « rapport sur l’activité, les projets et les besoins des groupements constitués en France en vue de la libération nationale ». De Gaulle, 50 ans, voit un préfet de 42 ans « rempli jusqu’au bord de l’âme de la passion de la France ». Il en fait son représentant et délégué du Comité national français pour la zone sud. « M. Moulin a pour mission de réaliser dans cette zone l’unité d’action de tous les éléments qui résistent à l’ennemi et à ses collaborateurs. M. Moulin me rendra compte directement de l’exécution de sa mission ». La Mission Rex est lancée.

    Le musée de Saint-Andiol a reconstitué la carlingue du bombardier de la RAF d’où Jean Moulin a sauté dans la nuit du 1er au 2 janvier 1942 à 300 mètres d’altitude. « Rex » saute en premier et atterri dans un marais, puis ses deux officiers et enfin le parachute bleu pour la valise radio. Le « point de tombé » a été identifié en 2022 par les historiens Jean-Marie Guillon et Benoit Senne (page suivante). « Quand Benoît est venu m’annoncer ça dans mon bureau, je peux vous garantir que, pour quelqu’un de ma génération et jeune maire d’Aureille, j’en ai eu les larmes aux yeux. C’était historique. La mission Rex avait démarré à Aureille ! » se souvient encore ému Lionel Escoffier. L’itinéraire de la mémoire commence désormais par la borne du kilomètre zéro inaugurée en janvier 2025, et se poursuit à la bergerie d’Eygalières où « Rex » a trouvé refuge.

    La mission de Jean Moulin accomplie jusqu’au sacrifice suprême a permis de fédérer les forces combattantes, de créer les Mouvements Unis de la Résistance (MUR) et une Armée secrète. Le 27 mai 1943, « Rex » réussit le tour de force de convaincre les représentants de 8 mouvements de Résistance, de 6 partis politiques et de 2 centrales syndicales, de se réunir au 48, rue du Four à Paris. Le Conseil National de la Résistance (CNR) est né. C’est l’« embryon de la représentation nationale » qui allait légitimer De Gaulle auprès des Alliés. On connaît la suite, la trahison de Caluire le 21 juin 1943, son supplice dans les mains du SS Klaus Barbie à Lyon, le dernier souffle de Jean Moulin, le 8 juillet 1943, dans un wagon à Metz qui partait en Allemagne. Les lèvres du « chef d’un peuple de la nuit » n’avaient pas parlé.

  • L’allocation de rentrée victime de son succès

    L’allocation de rentrée victime de son succès

    « Sans cette aide, on n’y arriverait pas. » Safia, accompagnée de ses deux minots, Naël et Naïl, écume le rayon bureau du magasin Action du Centre Bourse à Marseille, ce mardi. Dans son caddie, on retrouve des cahiers, des stylos, des classeurs… En bref, l’ensemble de l’attirail nécessaire pour équiper les petits écoliers. « Avec mes deux enfants, j’en ai pour plusieurs dizaines d’euros juste en cahiers… Et je ne parle même pas du sac et des livres ! », développe la Marseillaise.

    Autour d’elle, plusieurs familles font de même et il faut parfois un peu jouer des coudes pour se frayer un chemin dans les travées. D’un côté, une mère questionne sa fille qui a la liste de courses à la main : « C’est bien un classeur avec 4 anneaux qu’il faut ? » De l’autre, un minot tire la manche de son père en direction des casques et autres souris pour jeux vidéo du rayon adjacent. Pas de chance, c’est bien pour la rentrée scolaire qu’ils sont venus et le petit polisson est vite rappelé à l’ordre.

    70 millions d’euros

    dans le département

    Car si le magasin fait le plein en ce 18 août, c’est notamment car l’allocation de rentrée scolaire (ARS) a été versée ce jour. Dans les Bouches-du-Rhône plus de 94 000 familles éligibles ont reçu cette aide qui oscille entre 426 et 466 euros par enfant, selon les chiffres de la CAF (Caisse d’allocations familiales) publiés ce mardi. Cette dernière rappelle justement qu’à « chaque rentrée scolaire, les familles font face à un surcroît de dépenses qui peut mettre en difficulté les plus modestes » et évoque une « aide indispensable aux familles modestes ».

    Safia, mère célibataire au petit salaire confirme : « C’est déjà compliqué de finir le mois en temps normal. Si l’allocation n’était pas là, on ne pourrait pas acheter tout ce qu’il faut pour l’école, ou alors il faudrait taper dans d’autres dépenses. » La CAF fait d’ailleurs écho aux propos de la Marseillaise dans son analyse : « Pour faire face à cette dépense supplémentaire les familles adoptent diverses stratégies comme la réduction des autres dépenses du foyer. Si elles n’avaient pas perçu l’ARS, elles auraient dû diminuer encore plus leurs autres dépenses. »

    Rappelons que l’ARS est versée, sous conditions, pour les enfants scolarisés de 6 à 18 ans selon les revenus de leurs parents. Dans le département, le montant total de l’aide s’élève à 70 548 129 euros. C’est dire les besoins… Et sur le terrain, elle est visiblement victime de son succès vu l’affluence au Centre Bourse. Juste à côté du magasin Action, on retrouve Chaussea d’où sort également une famille avec une paire de chaussures neuves pour sa minote. À l’étage du dessus, le rayon pour la rentrée scolaire de la Fnac attire aussi quelques familles. Bien loin donc des fantasmes d’achats de télé et smartphone relayés par certains médias…

    Emmaüs démonte les clichés

    Dans une enquête publiée ce mardi, Emmaüs France questionne « À quoi sert l’allocation de rentrée scolaire ? », en réponse aux clichés nauséabonds distillés dans certains médias relayant l’idée que l’ARS serve à payer des « abonnements Netflix ». Avec une série d’une vingtaine d’entretiens auprès de familles modestes, Emmaüs montre la réalité de l’utilisation de l’ARS : « Elle permet d’acheter des fournitures, des vêtements ou des équipements neufs, plus solides ou de meilleure qualité que ceux auxquels ces familles ont habituellement accès. » Et insiste : « Les enquêtes statistiques convergent sur un point : les dépenses supportées par les familles à la rentrée sont proches du montant de l’allocation. » Un lien direct entre rentrée scolaire et cette allocation donc.

    A.B.

  • [C’est l’été] Visite ludique d’une ferme marseillaise

    [C’est l’été] Visite ludique d’une ferme marseillaise

    Tous les mercredis, samedis et lundis, en fin de journée, la ferme pédagogique du Roy d’Espagne, dans le 9e arrondissement de Marseille, organise un marché durant lequel le site est ouvert au public. Il est possible de visiter la ferme gratuitement en famille et le site est accessible aux personnes en fauteuil roulant.

    Enfants et parents peuvent rencontrer les animaux de la ferme : poules, brebis, chèvres, oies, canards, et les ânes. Il est également possible de découvrir le jardin et le rucher pédagogique. Au marché sont en vente la production des champs, des œufs et des produits d’agriculteurs locaux.

    La ferme organise également des séjours de deux à cinq jours pour les enfants. Le but : leur faire découvrir la vie de la ferme en prenant soin des plantes et des animaux. Les inscriptions se font lors de certains marchés, les informations sont communiquées sur la page Facebook de la ferme.

    Gabrielle Cartellier

  • Des Olympiades aquatiques pour se réapproprier la mer à tout âge

    Des Olympiades aquatiques pour se réapproprier la mer à tout âge

    À vos maillots de bain ! Après l’édition 2024 des « JO des Corbières », Le Grand Bleu renouvelle ses Olympiades ce samedi 8 août, de 13h à 17h. « On a vécu un moment très intense en 2024 avec les familles, les jeunes et les moins jeunes », se rappelle Brahim Timricht, fondateur et directeur du Grand Bleu. Évènement concomitant à l’accueil des épreuves olympiques de voile à Marseille.

    L’association, fondée en 2000, souhaite « rendre accessible l’éducation à la natation, la formation aux métiers de l’eau et l’offre d’activités nautiques à tous ». Pour son fondateur, lui-même né dans la cité phocéenne, « savoir nager, c’est aussi important que de savoir lire et écrire. On apprend à nager à 2 500 enfants par an à Marseille et on fait naviguer 16 000 pratiquants à travers diverses activités », se félicite-t-il. Le Grand Bleu, actif toute l’année, est installé au stade nautique Florence-Arthaud ainsi qu’à la base nautique des Corbières, où se dérouleront les Olympiades de ce samedi. La journée commencera par « un échauffement le matin, pour pouvoir pratiquer les activités en toute sécurité. Puis, autour de 13h, ce sera le départ des Olympiades ! », annonce Brahim Timricht. Au programme, « on a des challenges de paddle géants, des relais en kayak, des pirogues polynésiennes… », énumère l’organisateur du challenge. « On a aussi un tournoi de water-polo en mer. Ça, ça n’existe que chez nous, à Corbières ! », s’impatiente-t-il.

    L’accès à la mer démocratisé

    « Le projet est né en 2021, d’une volonté de la préfecture pour l’égalité des chances, de mettre en place des activités pour les familles qui ne partaient pas en vacances », explique le directeur de l’association. « Il a été pensé pour inclure les parents, composés à 95% de mamans qui accompagnent leurs enfants. Elles font partie intégrante du projet depuis 6 ans. Maintenant, elles savent nager et le plaisir est partagé entre les enfants et les parents. » Brahim Timricht prévoit près de 200 participants cette année, « encadrés par des moniteurs et maîtres-nageurs diplômés, salariés à l’année ou vacataires du Grand Bleu ».

    En attendant samedi, tout le monde semble impatient, enfants comme adultes… « Il y a déjà des invitations qui sont parties vers les associations et les centres de la ville qui sont venus s’entraîner toute la saison. Les Olympiades du 8 août, c’est le point d’orgue de ce projet ! Moi, je vis ces Olympiades avec autant d’enthousiasme que je les prépare », se réjouit Brahim Timricht.

    Olympiades du Grand bleu, samedi 8 août, plage de Corbières, à partir de 13h. Gratuit.

  • Cinquante ans de droit aux vacances à Martigues

    Cinquante ans de droit aux vacances à Martigues

    Un peu plus de 200 kilomètres séparent Martigues de la commune d’Ancelle et pourtant, le centre de vacances La Martégale qui s’y trouve n’a jamais été loin du cœur pour des générations de martégaux qui y sont passés en classe de neige ou en colonies de vacances d’été.

    Il y a cinquante ans, les premières colonies de vacances d’été s’y déroulaient, après les premières classes de neige à l’hiver 1976 et l’inauguration le 18 janvier de la même année. Un an et demi et la modique somme de 945 millions d’anciens francs ont été nécessaires pour réaliser ce projet selon les élus de l’époque, lors d’une visite de chantier en août 1974. Cela représenterait 8 742 000 euros de 2025 selon le convertisseur Insee.

    « Ce centre a un caractère social » affirmait le maire (PCF) Paul Lombard, dans La Marseillaise du 20 janvier 1976. Et il l’a conservé. « La Ville avait un projet très précis pour les vacances » explique Joëlle Fabre, ancienne animatrice au début des années 1980 puis responsable du service vacances de la Ville. « Le but est de sortir de Martigues, de connaître d’autres horizons et de vivre la vie collective dans le partage et la camaraderie », détaille-t-elle, assurant que c’est encore le cas aujourd’hui. Un projet éducatif mené de concert avec la Fédération des œuvres laïques du Rhône (FOL 69).

    « Nous avons tenu bon »

    Il n’y a pas que le côté camp de scouts dans les séjours à Ancelle. « On y propose depuis toujours des découvertes d’activités que les enfants ne peuvent pas faire chez eux », reprend Joëlle Fabre. Par exemple, la via ferrata ou le rafting, typiques de la montagne. Chacun s’entraide en activité et dans les tâches du quotidien. « On est complètement à contre-courant de ce qu’on peut voir dans certains catalogues, avec parcs d’attractions, façon tourisme de consommation », précise celle qui programmait les activités des années durant.

    Si la journée type des colos n’a « fondamentalement pas changé » selon la retraitée, les comportements oui. « Le rapport à la colo, l’inquiétude des parents font que j’ai l’impression qu’ils ne voient plus les bénéfices d’une séparation avec l’enfant alors que ça les fait grandir », estime Joëlle Fabre. « C’est un reflet des difficultés à se projeter dans l’avenir et des angoisses de tout le monde » complète-t-elle. Mais comme souvent, Martigues donne dans la résistance. « Les colonies de vacances ont connu une forme de désaffection et beaucoup de villes y ont renoncé », rappelle Gaby Charroux, maire (PCF) de Martigues. « Mais nous avons tenu bon et continué à les proposer. Nous avons même retrouvé un certain engouement après le Covid », poursuit-il.

    Cela s’inscrit dans une certaine conception du droit aux vacances pour tous selon l’édile, « comme le droit aux congés payés », compare-t-il. « C’est un choix. Nous tenons à permettre à ceux qui sont les moins bien nantis d’exercer ce droit », reprend Gaby Charroux, « cela fait partie de l’épanouissement personnel que nous faisons commencer dès la crèche, et que l’on veut offrir comme pour la culture, le sport… pour grandir et s’épanouir comme citoyen ».