Tag: parcs

  • Le jardin du Rocher des Doms bientôt prêt à rouvrir

    Le jardin du Rocher des Doms bientôt prêt à rouvrir

    J’ai redécouvert ce séquoia. » En remontant l’allée principale conduisant au jardin du Rocher des Doms, la maire (PS) Cécile Helle constate d’entrée le changement de paysage de ce site emblématique du centre-ville d’Avignon, surplombant le Rhône et dominant le palais des Papes. Depuis un peu plus d’un an, la Ville a lancé un important chantier en deux phases (10 millions d’euros au total) « dans le cœur historique du patrimoine mondial de l’Unesco », insiste Cécile Helle, qui participait ce mardi à une visite des travaux.

    Fermé au public depuis octobre 2024 [hormis une esplanade accessible depuis le Rhône], le jardin doit rouvrir d’ici à début mars. Une seconde phase aura ensuite lieu de septembre 2026 à juin 2027, afin de restaurer et végétaliser l’esplanade minérale mais aussi de rénover la montée de l’accès principal. « C’est un beau mais lourd projet qui va permettre de repartir pour
    150 ou 200 ans
     », estime la maire en rappelant l’impérieuse nécessité de ce chantier. « Le diagnostic a montré que les sols s’asphyxiaient, si on n’avait pas réagi le patrimoine naturel aurait disparu », rappelle-t-elle.

    Ainsi, 30% des arbres et 90% des arbustes ont été renouvelés. En déambulant dans les allées, une nouvelle perspective dénote. « L’idée est de remettre le jardin dans sa forme d’origine comme l’a pensé Jean-Pierre Barillet-Deschamps [architecte paysagiste qui a créé ce parc en 1865, concepteur également du parc Borély à Marseille ou les Buttes-Chaumont à Paris] en dégageant la vue sur le palais des Papes, on a ainsi enlevé les végétaux morts ou les bambous qui gâchaient la vue », fait valoir Juliette Hafteck, architecte-paysagiste du cabinet Alep en charge du projet. « Il fallait continuer le rêve de Barillet-Deschamps qui avait réussi à créer ce parc pittoresque sur un rocher, c’était un visionnaire qui avait compris les enjeux de l’écologie urbaine », complète Philippe Deliau, second architecte-paysagiste du projet.

    Toilettes, buvette et aire de jeux

    Le bassin a été repris dans sa forme originelle, de nouvelles toilettes publiques seront aussi installées. Le nombre de bancs et tables de pique-nique ne variera pas non plus. Tous les socles des statues ont été nettoyés. La buvette rouvrira également mais qu’à l’issue de la seconde phase des travaux. Au sol, « le sable stabilisé est en train d’être refait afin d’être moins poussiéreux et sera beaucoup moins tassé car le petit train touristique et les camions poubelles ne passeront plus, ce qui permettra une meilleure perméabilité », développe Juliette Hafteck. Une grande pelouse, « façon Stade de France », sera engazonnée avant la réouverture mais pas accessible dans l’immédiat. Enfin, une nouvelle aire de jeux en bois de 4 mètres de haut va faire son apparition. Réalisée à Nantes, elle symbolisera un dragon sortant du Rhône.

  • L’hommage de Payan à Jean-Claude Gaudin

    L’hommage de Payan à Jean-Claude Gaudin

    Ils sont venus, ils sont tous là, ce mercredi matin, face à la fontaine de l’Espérance qui marque l’entrée du parc du XVIe centenaire, dans le 6e arrondissement de Marseille. Un an après la décision du conseil municipal de donner le nom de Jean-Claude Gaudin au parc qu’il avait lui-même créé, il y a près d’un quart de siècle, les élus et personnalités de tous bords sont venus nombreux pour l’inaugurer, et en particulier les très proches de l’ancien maire, son directeur de cabinet Claude Bertrand et son adjoint Jean-Pierre Chanal. Sur le premier rang protocolaire, de Martine Vassal à Sabrina Agresti-Roubache, ne manquait que le président (Ren.) de Région Renaud Muselier, représenté par son vice-président Ludovic Perney (LR).

    « Éviter les fractures »

    « Ce parc, il me le disait souvent, c’était l’une de ses plus belles satisfactions, parce qu’il s’agissait de planter un poumon vert en cœur de ville, revitaliser des quartiers en déshérence », salue, sur l’estrade installée, Philippe Girard, qui lui a succédé à la tête de l’association Marseille Espérance. Et de rappeler la gare en déshérence qu’était cet espace, les négociations avec le ministre communiste des Transports de l’époque, Jean-Claude Gayssot, pour l’aménager. « Penser un parc urbain là où d’autres imaginaient béton, centre commercial et autres projets rémunérateurs, tout est dit de sa volonté de préférer le geste qui rassemble à celui qui fracture », insiste-t-il face aux représentants des cultes et de l’Académie des Sciences, lettres et arts de Marseille.

    Après avoir dressé le portrait, vendredi en conseil municipal, d’un maire trompé par son entourage sur l’état des écoles de Marseille, le maire (DVG) Benoît Payan lui rend aussi hommage. « Jean-Claude Gaudin n’aura hérité de rien, il aura tout gagné, tout arraché à sa propre condition, au jugement de sa propre famille politique comme aux combats électoraux qu’il aura menés », salue l’ancien opposant. Il rappelle ses réalisations, le Mucem, le stade Vélodrome, ce parc du XVIe centenaire, « un de ses premiers rêves ». « Il n’a pas eu que des mots d’amour pour Marseille, il a eu aussi des actes d’amour », lance-t-il. Avant de rappeler : « Il nous a souvent dit que la première mission d’un maire, c’était de rassembler, pour éviter les fractures. C’est cela que je veux retenir. » Un message adressé à la candidate de la droite Martine Vassal ? « Dans une matinée d’hommages, je ne vais pas commencer à porter des coups, répond-il à la presse. Ce qui m’inquiète, c’est d’abord le Rassemblement national, pas sa copie. » Au premier rang, l’intéressée, privée de parole, ne cachait pas sa colère. « Faire de ce moment de recueillement un instant de récupération politique est une erreur », partageait-elle à travers un communiqué de presse en amont, confiant sa « profonde déception » de n’avoir pu parler. Une demande des proches de l’ancien maire, qui souhaitaient l’hommage le plus sobre possible, indique la municipalité. « Je crois que Jean-Claude Gaudin aurait été heureux que cette inauguration se soit passée comme ça, et très fier que ce parc porte son nom », partage, parmi ses fidèles, Jean-Pierre Chanal. La politique, disait l’ancien maire, n’est pas tout.

  • Le plan régional contre les incendies porte ses fruits

    Le plan régional contre les incendies porte ses fruits

    Prévenir, combattre et reconstruire. Voici les trois piliers du programme régional baptisé « Guerre du Feu ». Sept ans après son lancement, Renaud Muselier, président (Ren.) de la Région Sud, accompagné des acteurs du dispositif, en a présenté les résultats. « On a divisé par cinq les dommages entre 2017 et 2025 » se targue l’élu.

    C’est en 2017, après l’incendie ravageur de Bormes-les-Mimosas, que l’idée de ce programme a germé. « On s’est dit “plus jamais ça” », se souvient François de Canson, vice-président de la Région en charge de la prévention des risques majeurs. Quelques mois plus tard, en février 2018, la Région lance son plan « Guerre du feu ». L’objectif est clair : réduire les risques incendies, répondre plus efficacement aux départs de feu et permettre la reconstitution des forêts incendiées en coordonnant les différents acteurs et en apportant un financement.

    Depuis 2018, 40 millions d’euros ont été versés par la Région pour lutter contre les flammes. « Sur le territoire, nous avions les compétences humaines et techniques. Mais j’avais l’impression que chacun travaillait dans son coin », explique Renaud Muselier.

    L’une des premières actions a notamment été le déploiement de la garde régionale forestière. En 2025, 250 écogardes ont été mobilisés, entre juin et septembre, dans les massifs et parcs régionaux, pour sensibiliser aux risques et aux bons gestes. « De plus en plus de personnes sont au courant des gestes parce qu’ils croisent des écogardes », explique Manon Quezl-Ambrunaz, coordinatrice du Parc naturel régional du Mont Ventoux. Une prévention importante, puisque 9 incendies sur 10 sont d’origine humaine.

    Ce travail nécessaire en amont, pour limiter les départs de feu, est associé au développement de meilleurs moyens pour combattre les flammes. La Région a notamment soutenu certaines communes pour l’entretien des pistes de défense de la forêt contre les incendies (DFCI).

    Des rotations plus rapides

    La Région a également financé en partie la rénovation du pélicandrome, où les avions réservoirs peuvent venir se ravitailler en eau ou en produit retardant, à Hyères. Inauguré en juillet 2024, sa rénovation a permis d’améliorer la vitesse de remplissage, passant de 20 à 6 minutes. « Cela permet des rotations beaucoup plus rapides et de réduire les délais de réaction », insiste le lieutenant-colonel Michel Seitz, chef du groupement de conduite opérationnelle.

    Enfin, ce plan « Guerre du feu » a permis le déploiement du fonds de dotation Respir, dédié au financement du reboisement de territoires incendiés, notamment accompagné par l’office national des forêts, « pour retrouver rapidement une captation de carbone et le maintien du sol », explique Hervé Houin, directeur territorial Midi-Méditerranée de l’ONF. L’institution a aussi développé, avec la Région, des fiches réflexes à destination des maires pour gérer l’après-incendie.

    Un plan qui a porté ses fruits et « repris comme base de réflexion nationale », se félicite François de Canson.