Tag: Pamar

  • Les salariés de Pamar attendent leur reprise après mille jours sans travail

    Les salariés de Pamar attendent leur reprise après mille jours sans travail

    Voilà deux ans et demi qu’on se bat pour retourner travailler. On ne cédera pas aux intimidations. Nous faisons confiance à la justice française ! », a déclaré Kalathoumi Ibouroi, déléguée syndicale CGT à la sortie de l’audience.

    En 2023, les salariés dénoncent des conditions de travail et d’hygiène inacceptables dans la blanchisserie Pamar qui gère le linge des cliniques Vert-côteau, Beauregard et Sainte-Marguerite (GIE Sainte-Marguerite, repris par le groupe Almaviva). Suite à quoi ils sont menacés de mort par des proches de leur cheffe de service (jugement de la cour d’appel du 12 décembre 2025). Démarre un droit de retrait et une procédure juridique pour retrouver leur poste en toute sérénité qui durent depuis 31 mois. « Un record ! C’est inédit », commente Me Steve Doudet, leur avocat. À chaque passage devant les tribunaux, les salariés gagnent leur droit au respect. Leur réintégration dans la filiale est ordonnée.

    Le grand mépris

    Après avoir joué la montre, la direction du groupe les replace sous l’autorité de la même responsable… En proposant une aide psychologique. Une décision justifiée par le fait que la personne a endossé, un peu avant le passage en cour d’appel, une délégation syndicale et se trouve protégée. « Quand ils nous ont envoyé les lettres de licenciement, ils s’en moquaient qu’on soit sous mandat syndical », déplore la déléguée syndicale CGT. « C’est usant, fatiguant moralement, mais on ne peut pas abandonner, martèle Kalathoumi, on n’a rien fait de mal. On demande juste le droit de travailler dignement et en sécurité. » Le dernier mot de ce trop long combat reviendra au juge le 3 septembre.

  • Pamar : même lutte, nouvelle direction

    Pamar : même lutte, nouvelle direction

    « On a eu des rencontres et ça, c’est le grand changement », reconnaît Kalathoumi Ibouroi. Pourtant, la déléguée syndicale CGT des salariés de Pamar ne désarme pas : « Les Pamar ne refusent jamais le dialogue, mais ces discussions ne nous mènent nulle part. »

    Entourés de nombreux soutiens venus des UL CGT Saint-Lazare, Centre, Quartiers Nord, Martigues, Cheminots, Croix Rouge et Indecosa, les huit salariés sont venus demander, devant la clinique Beauregard-Vert Coteau, leur réintégration dans des conditions de sécurité garanties. Mais, après une victoire au tribunal des prud’hommes de Marseille, puis une autre devant la cour d’appel d’Aix-en-Provence, il y a encore un hic à la reprise : « La cheffe de service à l’origine du conflit, est restée en poste », précise Kalathoumi Ibouroi.

    Pour rappel en 2024, les salariés de la blanchisserie avaient interpellé l’inspection du travail pour alerter de manquements graves à l’hygiène dans le procédé de traitement du linge et d’un management agressif. Quelques jours plus tard, ils déposaient une plainte au commissariat contre la cheffe de service suite à des menaces de mort à l’encontre des salariés.

    Il y a quatre mois le groupe Almaviva, 4e plus important groupe de cliniques privées en France, détenu à 60% par le fonds koweïtien Wren House Infrastructure, a repris le groupement des huit cliniques privées Sainte-Marguerite. Il hérite également du contentieux qui dure depuis plus de deux ans avec les salariés de sa filiale Pamar.

    Dernier point de blocage

    Devant la clinique ce jeudi, le tractage des militants était tout juste en cours. Deux représentants de la direction d’Almaviva et une de la clinique Beauregard-Vert Coteau sont venus à la rencontre des manifestants. La dernière s’est dite « désolée » ne voyant « pas de lien avec Beauregard ». Pour les salariés, le lien est pourtant évident : « C’est grâce à notre travail que votre établissement et tous ceux du groupe peuvent fonctionner. C’est grâce à notre lutte que vous avez obtenu l’assurance que le linge et les tenues de travail des soignants sont impeccablement traîtés parce que des contrôles ont obligé Pamar à respecter le bon process. »

    La direction d’Almaviva précisait : « Il y a des choses que nous proposons de mettre en place, mais ce ne sont pas les solutions qu’ils souhaitent. » Pour les salariés, la reprise ne tient qu’à une condition : « Nous avons accepté de travailler sous la direction de l’ancienne directrice qui, pourtant, n’a rien fait pour protéger ses salariés. Mais il est inacceptable que nous, victimes de ses menaces de mort, reprenions le travail sous le management de cette cheffe de service. » Sonia, salariée, insiste : « Nous voulons retourner travailler, mais il reste ce point de blocage qui est notre principale revendication : sa mutation ! » Or, dans cette déjà trop longue lutte, l’ultime levier semble difficile à actionner. « Sous mandat », en tant que représentante de section syndicale FO, « cette salariée est protégée », souligne la direction. Contacté, le syndicat n’était pas joignable à l’heure où nous écrivions ces lignes. Manu Roux, secrétaire de l’UL CGT Centre, lance en signe de revoyure : « Le temps passe, il y a urgence. Nous serons toujours là pour nos camarades. »

  • La CGT alerte sur les points chauds du département

    La CGT alerte sur les points chauds du département

    L’Union départementale CGT des Bouches-du-Rhône commence l’année sur les chapeaux de roues. L’organisation syndicale a mené sa première action d’ampleur, ce vendredi dans la matinée, avec un rassemblement devant le siège de la chambre de commerce et d’industrie métropolitaine (CCIAMP) à Marseille. « Unis rien n’est inéluctable. Aujourd’hui, nous sommes réunis et tous issus d’entreprises et de secteurs d’activités différents pourtant complémentaires et essentiels à la vie dans le département », tempête Marc Pietrosino, secrétaire général de l’organisation. À ses côtés, on retrouve les militants et représentants syndicaux de plusieurs secteurs clés de l’activité économique locale : agents du Grand port maritime, des industries métallurgiques du pourtour de l’Étang de Berre comme Arcelor ou encore des travailleurs de l’énergie. Mais aussi des figures des « dossiers » du syndicat, à l’instar de Kalathoumi Ibouroi, déléguée syndicale de Pamar, Nicolas Guglielmacci pour la Coopérative de presse et de messagerie méditerranéenne (CPMM) ou encore une délégation de la Centrale de Gardanne. Il faut aussi compter sur la présence des cheminots de Marseille, de postiers ou encore d’agents territoriaux et de la santé. « Nous sommes tous dépendants des uns des autres. La convergence existe entre la métallurgie, l’énergie, la santé, les activités maritimes, le rail, la distribution de la presse ou le commerce », développe Marc Pietrosino, insistant sur le fait « qu’il n’y a pas de petits ou grands dossiers ». Et certains sont particulièrement sensibles : par exemple, la CPMM fait face à une diminution de taux de rémunération des messageries. De quoi « mettre en péril à court terme la viabilité même des coopératives ».

    « D’autres rencontres

    à venir »

    Concrètement, l’objectif du jour est d’alerter la chambre consulaire sur les différentes problématiques, et conflits, rencontrées sur les différents « dossiers sensibles et stratégiques ». « On porte ensemble nos revendications directement auprès des décideurs économiques et politiques », explique le secrétaire général. Avant de préciser que cette initiative est « le début d’un nouveau cycle ». Le tout en vue « d’obtenir des investissements pour nos infrastructures, pour nos industries, dans les transports ».

    L’organisation syndicale a d’ailleurs été reçue par des représentants de la CCI. « La rencontre était plutôt positive, il y a eu une écoute attentive pour certains dossiers, plus partielle pour d’autres », relate Marc Pietrosino. Avant de conclure : « Il va y avoir d’autres rencontres. »