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  • Les futures orientations de la CGT plébiscitées par son congrès

    Les futures orientations de la CGT plébiscitées par son congrès

    De notre envoyé spécial, Amaury Baqué

    L’avant-dernière journée du 54e congrès de la CGT, à Tours, a débuté sur les chapeaux de roues pour la suite des débats autour du document d’orientation, qui définit la stratégie de l’organisation pour les trois prochaines années. « Les débats vont être apaisés, sereins, vifs, animés tels que la CGT sait le faire », plante Laurent Brun, administrateur de l’organisation, à l’ouverture des débats.

    Après des discussions vigoureuses autour du 100% Sécurité sociale et de la sécurité sociale professionnelle, la veille, qui avaient provoqué un report du vote du thème 2 du document orientation , le cheminot vient tranquilliser la salle : « Pour apaiser les esprits d’entrée de jeu : l’amendement est intégré. » Une référence à un amendement porté, la veille, par une travailleuse de la fédération des organismes sociaux qui réaffirmait la place centrale du 100% Sécurité sociale au cœur de la démarche revendicative. De quoi satisfaire une partie des congressistes et ainsi passer sereinement au vote du thème 2. Lequel a été largement adopté avec 78,98% des suffrages exprimés, 21,02% de contre et 3,73% d’abstentions.

    Mais c’est l’examen du 3e thème du document d’orientation, autour des « stratégies des luttes », qui a concentré les débats de la journée. « La stratégie des luttes, c’est en réalité une question simple : comment faire pour gagner ? », introduit Kamel Brahmi, de l’Union départementale de Seine-Saint-Denis. Au sein du thème : les questions de rapport au politique, le combat contre l’extrême droite, mais aussi, et surtout, la question de l’unité syndicale. Avec en son sein l’objectif d’un rapprochement avec la FSU et la fameuse « maison commune », véritable serpent de mer de l’organisation depuis le précédent congrès.

    La maison commune agite le congrès

    Un point qui partage les congressistes. Louise Paternoster, secrétaire générale de la CGT Educ’Action 93, loue « la construction d’une maison commune, qui n’est pas la négation des différences, mais un dépassement dans un but commun. […] Avec la FSU, on partage la même vision, la même pratique de la camaraderie », développe-t-elle. Avis tout autre pour Véronique Dolot, de la CGT Aix-Marseille Métropole : « Dans mon syndicat, la FSU, on n’en veut pas. Sur cette question, on est pris en otage par des fédérations qui ne sont pas concernées par la maison commune. » Vincent Bohan, de la fédération des services publics de la Vienne, va dans le même sens : « Pourquoi la FSU, mais pas d’autres organisations ? Ça sera une maison vide de sens sur le terrain. C’est la CGT qui tire le wagon de l’intersyndicale. » De quoi faire écho à d’autres interventions questionnant plus globalement les stratégies intersyndicales de la confédération. « Nous ne sommes pas la CFDGT ! », tonne le Marseillais Yannick Van Biervliet. Quand la bordelaise Marie-Laure Charchar revient sur la stratégie d’intersyndicale lors de la réforme des retraites : « La stratégie choisie était celle de journées saute- mouton pour ne pas braquer la CFDT. »

    Un résultat sans appel

    Kamel Brahim temporise sur la fameuse « maison commune » : « Ce n’est pas une super structure, il n’y a rien dans les statuts. Il y a des liens historiques, des combats communs avec la FSU, elle sera sous le contrôle du CCN. »

    Si les débats ont été vifs, le résultat du vote du thème 3 est sans appel : 74,47% de voix favorables et 25,53% de voix contre, 3,69% d’abstentions. Le vote du document d’orientation dans sa globalité est dans la même veine : 74,74% pour de votes favorables et 25,26% de contre, 4,34% d’abstentions. En clair, les congressistes ont largement plébiscité les orientations établies par la direction sortante et affinée par les débats et autres amendements discutés en séance. « On peut être satisfaits du déroulé du congrès, notamment sur la stratégie des luttes qui a été voté à 75%, c’est encourageant », se félicite Sandrine Mourey, secrétaire confédérale sortante.

  • Début de débats vigoureux sur les orientations de la GCT

    Début de débats vigoureux sur les orientations de la GCT

    De notre envoyé spécial, Amaury Baqué

    Entrée dans le dur des débats pour les congressistes du 54e congrès de la CGT, à Tours, ce mercredi. C’est le document d’orientation, qui doit définir les stratégies de l’organisation pour les trois années à venir, qui était mis sur la table.

    Le thème 1, « Nous organiser pour nous renforcer : faire des questions d’organisation une priorité », a été discuté toute la matinée avec plusieurs dossiers chauds au programme. Notamment s’attaquer aux « syndiqués isolés », des militants n’ayant pas les moyens de créer un syndicat dans leur entreprise. C’est ce sujet qui a concentré les interventions des congressistes, notamment avec la question de la « création de syndicats professionnels de territoire », une structure déjà utilisée à certains niveaux de la CGT, mais pas encore officiellement entérinée, et justement prévue dans ce document d’orientation. Ces syndicats professionnels territoriaux doivent « permettre aux syndiqués isolés de se regrouper par profession dans un territoire », résume Sandrine Mourey.

    « Il est important de rester ancré dans les boîtes, on ne veut pas d’une méga structure éloignée du terrain », juge pour sa part Patrick Rispal, pour la CGT RATP, qui plaide plutôt pour « un syndicat, une entreprise ». Carine Didia, travailleuse de la propreté dans les Bouches-du-Rhône et rattachée à la Fédération Ports et Docks, lui répond indirectement : « Notre force repose sur la coopération entre syndicats du client [en l’occurrence le port de Marseille Ndlr] et ceux de la propreté. Nous poursuivons la création de syndicats professionnels, cette proximité avec les travailleurs nous permet d’être la première organisation syndicale de la branche. »

    Vient ensuite le bras de fer autour des amendements, par exemple sur la question de l’intégration des ICTAMS (Ingénieurs, cadres techniciens et agents de maîtrise), le document d’orientation établissant la volonté de développer la CGT auprès de ces travailleurs. « On doit organiser et s’adresser aux Ictam, pour parler à tout le salariat », explique Sandrine Mourey pour la confédération.

    Le vote sur le thème 2 reporté

    Les congressistes approuvent majoritairement l’ensemble des propositions de la commission des amendements. Le préambule et le thème 1 sont d’ailleurs largement adoptés avec 74,6% des voix.

    Le thème 2, « Transformation du travail : quelles réponses syndicales pour peser », provoque aussi des interventions vigoureuses. Le développement de la prise en compte du « Nouveau statut du travail salarié (NSTS) » et donc d’une sécurité sociale professionnelle – deux thématiques travaillées de longue date par la confédération – n’est pas sans susciter des interrogations chez certains délégués. Des questionnements au regard d’une potentielle concurrence de ces concepts avec un autre cher à l’histoire de la CGT : celui du 100% Sécurité sociale.

    Patrizia Benezit, pour la fédération de la Santé et Action sociale de la Haute-Loire, tempête : « La place de la Sécurité sociale dans le document d’orientation n’est pas à la hauteur des enjeux. Le 100% Sécu, il faut en faire une priorité. » « Il n’y a pas d’opposition entre sécurité sociale professionnelle et NSTS, et pas d’opposition avec la Sécurité sociale, il faut déminer les appréhensions des camarades, ce sont deux concepts qui se complètent », rassure Boris Plazzi, secrétaire confédéral sortant.

    Reste que Sandrine Nosengo, des organismes sociaux, propose un amendement remplaçant carrément les notions de NSTS et de sécurité sociale professionnelle par le 100% Sécurité sociale uniquement. En clair, supprimer les deux premiers concepts au profit du troisième. Et, à l’inverse du thème 1, Cette fois, la commission des amendements, qui proposait un maintien du texte initial et le rejet dudit amendement, est mise en minorité, d’une courte tête. De quoi creuser la dualité entre sécurité sociale professionnelle et 100% Sécu ?

    Cela provoque tant de débats que les votes sur le deuxième thème sont décalés au lendemain. « Une nouvelle rédaction va être présentée, il faut plus de pédagogie sur ces deux concepts », rassure Boris Plazzi. De quoi animer les débats pour la suite de l’examen.

  • Des lycéens à la découverte de la police et de la justice

    Des lycéens à la découverte de la police et de la justice

    Magistrats, avocats, scènes de crime, armes… Des lycéens de filière professionnelle de Martin Bret à Manosque ont pu découvrir lundi les coulisses et les rouages de la justice et de la police nationale. Le matin, ils se sont rendus au tribunal d’instance, où ils ont reconstitué un procès. L’après-midi, ils sont allés au commissariat, où les policiers leur ont montré une fausse scène de crime, les cellules de garde à vue ou encore leurs armes.

    Casser la barrière

    entre jeunes et policiers

    L’objectif de cette journée en immersion était de susciter des vocations et de « casser la barrière qu’il peut y avoir entre les jeunes et les policiers », explique Caroline Paolasso, vice-présidente à la politique de la ville de l’agglomération Durance Luberon Verdon, qui organisait l’événement avec le CDAD 04 (conseil départemental d’accès aux droits).

    « Il faut passer l’examen du barreau, c’est très difficile, il faut s’accrocher », raconte aux jeunes Me Julie Okon, avocate à Manosque. Mais, « il ne faut pas se laisser effrayer par le travail. Quand on a envie, on y arrive », les rassure Me Emmanuelle Orta.

    « Pourquoi on a pas le droit d’aller en boîte de nuit quand on est avocat ? », demande un lycéen, étonné de la remarque de la bâtonnière qui leur a expliqué que, lorsqu’on était avocat, on ne pouvait pas « danser sur les tables en boîte de nuit ». « Notre attitude doit être irréprochable, nous représentons la justice partout, en toutes circonstances », lui répond Me Orta.

    « Est-ce que vous avez le droit de porter des armes à feu ? », « vos vitres, elles sont blindées ? », « est-ce que vos gilets arrêtent les balles de fusil à pompe ? », ont ensuite demandé les lycéens aux policiers manosquins.

  • Femmes de steel, un réseau pour féminiser l’industrie à Arcelor

    Femmes de steel, un réseau pour féminiser l’industrie à Arcelor

    Dans une petite salle en rez-de-chaussée du bâtiment DB27, sept collégiennes en cercle se font passer un cri. D’abord crispées, secouées de rires nerveux, elles finissent par se prendre au jeu, guidées par Christine Hinque. L’exercice peut avoir l’air loufoque, mais l’intervenante, spécialisée en théâtre d’improvisation, explique : « Ça donne l’autorisation aux filles de prendre le pouvoir en faisant tomber les barrières ».

    Et des barrières, dans l’orientation ou le monde du travail, il y en a pléthore. Qu’elles soient réelles ou intériorisées. C’est pour les faire tomber que la direction de la communication du site fosséen d’ArcelorMittal a créé, en 2015, le réseau Femmes de steel qui organise chaque année une journée de découverte des métiers industriels. Depuis son lancement, le collectif a touché 780 jeunes filles. Ce mardi 27 janvier, c’était au tour de 131 collégiennes et lycéennes de six établissements de Fos-sur-Mer, Istres, Martigues, Châteauneuf-les-Martigues et Arles de visiter les installations et d’expérimenter les postes de l’aciérie.

    Des représentations genrées

    Emy et Chloé, en 3e au collège des Amandeirets, n’avaient jamais vu de près les hauts-fourneaux. Fascinées par les EPI (équipements de protection individuelle), elles se font tirer le portrait devant une immense photo de la coulée continue. Les deux élèves apprécient l’événement, bien qu’elles sachent ce qu’elles veulent faire plus tard : « Criminologue et organisatrice d’événements, plus particulièrement de mariages ». « On n’a pas le cerveau pour faire des sciences techniques », justifient-elles.

    Un préjugé qui a la peau dure. La référente égalité du collège Alphonse Daudet, à Istres, témoigne : « J’ai réalisé l’an dernier à quel point les représentations sont genrées. Je suis hyper attentive en conseils de classe et je me rends compte que beaucoup de filles partent dans le social et l’esthétique, tandis que les garçons pensent plutôt à des filières techniques de niche ». Géraldine Dautheribes, professeure de technologie dans le même établissement, glisse : « Ce n’est pas vraiment un choix qu’elles font, puisque l’aide à la personne et l’esthétique ça n’a rien à voir. On ne leur propose que ça, alors que plein de choses existent, à nous de leur montrer ».

    Sa collègue reprend : « On a l’impression que les filles choisissent par dépit dans le petit univers qu’on leur donne. Il faut faire venir des représentations de femmes dans plein de métiers différents, pour qu’elles aient des modèles ».

    29% des embauches

    en 2025

    Pour Chloé Gros, responsable du service maintenance électro-mécanique du département logistique d’Arcelor, cette journée Femmes de steel permet aux élèves de se faire une image réelle de l’industrie, parfois fantasmée, et d’avoir « des points de contact dans l’usine avec un ancrage féminin ». « Les rencontres, ça change tout, ça peut susciter un intérêt et être une porte d’entrée dans le secteur », poursuit-elle. Fanny en sait quelque chose. Elle est venue découvrir l’aciérie il y a quelques années dans le cadre du réseau et travaille désormais dans la préparation de travaux en maintenance.

    Isabelle Cristini, directrice des ressources humaines du site, perçoit une dynamique positive dans la course à la parité. « Le comité de direction compte 50% de femmes, tout comme le conseil d’administration », affirme-t-elle. L’entreprise s’impose l’égalité pour ce qui relève des jobs d’été et des contrats GEIQ de réinsertion.

    Certaines disparités persistent néanmoins, notamment sur les postes techniques. À Fos, les femmes représentent 10% des effectifs dans l’usine, 30% des contrats de stage et 29% des embauches en 2025. Une part qui atteint les 40% concernant les recrutements de cadres. « On a ces chiffres car on a très peu de candidates », explique Isabelle Cristini.

    D’où l’intérêt du réseau Femmes de steel. Et cette journée porte ses fruits ! Selon une enquête menée par ArcelorMittal à la fin de chaque édition, 56% des participantes affirment que l’événement les a aidées à faire un choix dans leur orientation. 22% disent avoir envisagé un métier technique avant de mettre les pieds dans l’aciérie, un chiffre qui augmente de 8 points à la fin de la découverte, les secteurs de la digitalisation, de la chimie ou de l’ingienérie étant les plus cités.

  • Un million de candidats face à la machine Parcoursup

    Un million de candidats face à la machine Parcoursup

    Depuis 2018, Parcoursup est présenté comme un outil au service de l’égalité des chances dans l’accès à l’enseignement supérieur. La plateforme centralise, organise et affecte les vœux des candidats, qui peuvent en formuler jusqu’à dix.

    Près de 14 000 licences sont proposées sur un total d’environ 25 000 formations. Comme l’explique Nagui Bechichi, économiste de l’éducation rattaché à l’Institut des politiques publiques et cofondateur de l’outil en ligne gratuit SupTracker. « Il y a de la place pour tout le monde, mais pas nécessairement au même endroit. » Les chiffres le confirment : en 2025, 18% des lycéens ont dû recourir à la phase complémentaire, faute de places dans les filières en tension.

    Critères de sélection

    Mais comment la machine classe-t-elle un million de candidats ? Chaque formation dispose de sa propre « recette » pour classer les dossiers, aidée par un algorithme. C’est sur la base de ce classement pédagogique que les propositions d’admission sont ensuite envoyées aux candidats. Sur Parcoursup, les établissements s’appuient généralement sur plusieurs critères : les résultats scolaires de première et de terminale, l’avis du lycée, et la fiche Avenir. Remplie lors du conseil de classe du deuxième trimestre, cette dernière indique si les vœux formulés sont en adéquation avec le profil du candidat. Les rubriques « projet de formation motivé » et « activités et centres d’intérêt » permettent également d’évaluer cette adéquation entre les vœux et le projet de l’élève et sont très importantes.

    Une sélection contestée

    Plusieurs élèves pointent un manque de concertation et d’information à ce sujet. « On ne parle pas du tout de ça en cours », rétorque Samia, lycéenne en ST2S à Montpellier. Avant même l’ouverture de la phase d’admission, les règles du jeu sont posées. Les rectorats imposent aux établissements plusieurs critères qui pèsent directement sur l’accès aux formations. Un taux minimal de boursiers, d’abord. Les élèves bénéficiant d’une bourse de lycée plus sélective que celle du supérieur sont favorisés sur Parcoursup. Un taux maximal de non-résidents, ensuite. La proximité géographique est privilégiée. À dossier équivalent, un candidat hors académie part avec un handicap. Résultat : un candidat moins bien classé peut être appelé avant un autre pourtant mieux noté, simplement pour respecter ces taux.

    Les établissements établissent bien un classement pédagogique. Mais l’ordre d’appel final, lui, propose une autre lecture. Une critique portée également par le Scum (Syndicat de combat universitaire de Montpellier). « Pourquoi est-on sélectionné, et sur quelle base ? » Pour le syndicat, cette sélection repose sur des inégalités systémiques, économiques et culturelles, une logique qu’il qualifie de « sociale et raciste ». Selon le Scum, si cette sélection existe, c’est avant tout parce qu’il n’y a pas assez de places et que les universités ne disposent pas des moyens nécessaires pour en créer davantage. Malgré 25 000 formations, les universités, sous-dotées (environ 10 500 euros par étudiant), réduisent parfois leurs places en L1 de 5 à 10% faute de moyens, un contraste avec le discours « place pour tous ».

  • Des lycéens inquiets avant l’ouverture de Parcoursup

    Des lycéens inquiets avant l’ouverture de Parcoursup

    Ils sont venus nombreux, ce vendredi 16 janvier. Les élèves de classe terminale se sont donné rendez-vous devant les grilles du Parc Chanot à 10h. Accompagnés de leur professeur pour la plupart, les élèves s’engouffrent dans les allées du Salon de l’étudiant pour découvrir les 188 exposants, dernière ligne droite pour se renseigner au mieux en vue de leur orientation. « On est venu pour se repérer », confie une lycéenne de 17 ans. À quelques heures de l’enregistrement des vœux, pour beaucoup, des idées oui, des certitudes, beaucoup moins.

    L’inévitable confrontation avec Parcoursup, à 48h de l’ouverture de la plateforme, « c’est angoissant, j’ai peur de faire un métier qui ne me plaît pas », campe lycéenne, venue avec ses amis. Face aux 25 000 formations proposées chaque année sur la plateforme, difficile de faire son choix. « Il y a beaucoup de formations aux intitulés similaires et je ne sais pas quoi sélectionner », explique une élève du lycée Thiers.

    À l’heure où l’avenir de ces étudiants est suspendu au bon vouloir de l’algorithme, l’accompagnement est jugé insuffisant pour certains, mais la pression, elle, est bien présente : « On nous en parle depuis le début du lycée, mais on ne sait pas ce que l’on souhaite faire », confie une lycéenne. Difficile donc de se projeter. Face au slogan « liberté de choix » affiché par Parcoursup, de nombreux jeunes perçoivent une réalité plus brutale, dictée par les classements automatisés.

    « J’ai peur de ne pas trouver d’école »

    Les dossiers sont passés sous scanner et « il n’y a pas d’empathie, c’est dérangeant », s’agace une autre lycéenne. Les élèves sont sur le point de confier leur avenir à un algorithme. Pour certains d’entre eux, l’inquiétude se fait ressentir. « J’ai peur de ne pas trouver d’école, c’est du hasard [en évoquant Parcoursup, Ndlr.] », soupire la lycéenne du lycée Saint-Michel.

    Pour certains, la plateforme ressemble à une loterie anxiogène. « Ça me fait peur, je trouve que ce n’est pas égal, en fonction de ton parcours scolaire et du milieu d’où on vient, le classement varie », déplore ce lycéen en filière agricole, à Gardanne. Pour contourner l’appareil algorithmique, les subterfuges sont de mise. « Il suffit de mettre les bons mots qui intéressent l’algorithme », juge d’un ton moqueur une élève de terminale.

    Un sentiment d’injustice s’invite pour beaucoup, surplombant le calendrier épineux des épreuves du baccalauréat. « Parcoursup tombe en même temps que nos épreuves blanches, on se demande comment on va faire », soupire une future bachelière. Devant le lycée Thiers de Marseille, jeudi, Zoé, lycéenne en classe terminale, se montre désemparée. « Ça nous fait peur », campe-t-elle, évoquant Parcoursup et la difficulté de s’y préparer : « On ne sait pas quoi faire l’année prochaine, pourtant, cela détermine notre futur. Le fonctionnement de Parcoursup n’est pas dans notre intérêt. »

    Au pied du mur, les élèves essaient tant bien que mal de se rassurer. « Si je ne suis prise nulle part, je ferai fille au pair et je reviendrai sur Parcoursup l’année d’après », s’exclame une lycéenne du lycée Saint-Michel. Des solutions de secours sont envisagées, pour bon nombre d’entre eux. L’entrée dans l’enseignement supérieur semble se jouer, aux yeux de beaucoup, à pile ou face.

    A savoir

    Une sélection qui diffère selon les pays européens

    De l’ouverture totale en Italie, où il suffit d’avoir l’« esame di maturità » pour avoir une place à l’université, à la double sélection en Espagne avec l’équivalent du bac puis un examen spécifique pour entrer à l’université, les règles d’accès à l’enseignement supérieur diffèrent. En Allemagne, les vœux sont limités à 12, mais près de la moitié des élèves optent dès le départ pour une formation professionnelle.

    Des étudiants qui choisissent le public

    En 2024-2025, 3 millions d’étudiants étaient inscrits dans l’enseignement supérieur, en France. Une hausse de 1,4 % par rapport à l’année précédente, avec une part plus importante dans les établissements publics, indique une note publiée fin décembre par le service statistique du ministère de l’Enseignement supérieur.

    3 500

    visiteurs sont attendus pour la 37e édition du salon de l’Étudiant de Marseille, organisée avec la région académique Paca et Aix Marseille Université. Près de 180 acteurs proposent, ce samedi encore, des formations, de 9h à 17h au parc Chanot. Entrée gratuite.

    4,12 %

    Selon la dernière enquête du syndicat l’Unef, le coût de la vie étudiante a augmenté de 4,12 % en un an, ce qui porte le reste à charge moyen à 1 226 euros par mois en 2025. Depuis 2017, la hausse cumulée atteint 31,88 %, un chiffre qui illustre « la progression continue de la précarité étudiante ». Le logement demeure le premier poste de dépense.

  • Une entreprise éphémère pour aider 40 demandeurs d’emploi à Brignoles

    Une entreprise éphémère pour aider 40 demandeurs d’emploi à Brignoles

    Une initiative pour encourager le retour à l’emploi des chômeurs longue durée et/ou qui ont des difficultés à s’engager par elles mêmes sur le marché du travail (bénéficiaires du RSA, travailleurs handicapés, peu ou pas diplômés, ou seniors). Du 3 novembre au 5 décembre, 40 demandeurs d’emploi du territoire brignolais participent à l’opération « Entreprise éphémère », pilotée par la société de mission éponyme créée à Arles en 2015, avec le soutien de France Travail. Depuis son lancement, une cinquantaine d’opérations similaires ont été menées à travers le territoire national, dont sept dans le Var. En 2024, 395 demandeurs d’emploi ont bénéficié de ce dispositif.

    Le principe : réunir ces derniers au sein d’une structure fictive éphémère, encadrée par des coachs, autour de secteurs d’activité définis en amont avec les entreprises partenaires sur le territoire, et en adéquation avec les besoins répertoriés. « On ne produit rien, mais on appelle ça une mini-entreprise car on organise des groupes de demandeurs d’emploi par intérêt au service. Par exemple, il peut y avoir le service RH. Quand on y appartient, on va faire des simulations d’entretien. C’est comme une entreprise, avec ses différents services. Ils intègrent un cadre de travail proche de celui qu’ils pourraient avoir, ce qui permet d’illustrer l’interdépendance entre chacun, dans une entreprise comme dans la recherche d’emploi », détaille Maxime Mery, directeur des opérations des Entreprises éphémères.

    Rééquilibrer le rapport

    de force avec l’employeur

    à Brignoles, les métiers concernés sont ceux de la préparation de commande, chauffeur de bus, commis de cuisine et employés à domicile. « L’idée est d’articuler les besoins de main d’œuvre du territoire et le projet professionnel des personnes accompagnées. On a donc fait un gros travail en amont pour contacter les entreprises du territoire », précise Maxime Mery. Pour autant, les projets personnels de chacun ne sont pas laissés en jachère : « En parallèle, il y a tout le travail qui est fait sur le projet professionnel. Nous priorisons donc certains secteurs, mais chacun reste libre de son orientation. Pour ceux qui voudraient rester dans la voie choisie, nous permettons de gagner en autonomie sur la recherche d’emploi. On peut aussi mettre en relation avec des employeurs potentiels. Notre objectif est le retour à l’emploi, quel que soit le projet professionnel de la personne. »

    à la fin des cinq semaines, l’objectif est que ces demandeurs d’emplois rejoignent une structure partenaire, continuent de se former au métier découvert pendant cette période, ou bien s’orientent vers le secteur dans lequel ils se projetaient au préalable. Avec, jusque lors, un taux satisfaisant de 63% de réussite.

    Mais, derrière cela, l’objectif est également de faire changer la dynamique du marché du travail, en effaçant les mécanismes d’offre et de demande, ainsi que le profilage, trop souvent discriminant.

    « Le rapport de force est en faveur de l’entreprise. Et, dans ce cadre là, certains demandeurs d’emplois approchent l’entretien avec fébrilité. Notre combat est de faire en sorte de rééquilibrer, en faisant venir des entreprises partenaires qui partagent nos valeurs et en devenant leur tiers de confiance, car nous voyons l’évolution de chaque personne durant ces semaines de formation. Nous créons une ambiance bienveillante qui fait que les entreprises viennent à nous et sont reçues par les demandeurs d’emploi et pas l’inverse. Tous nos recrutements se font sans CV. Nous recrutons des personnes motivées, qui ont envie de s’insérer, des personnalités, pas des diplômes. Et, quand elle se déplace, l’entreprise le voit, et c’est cela qui, je crois, inspire confiance », conclut le directeur des opérations.

  • Worldskills : la Région championne en industrie

    Worldskills : la Région championne en industrie

    Ce samedi soir, deux événements ont fait vibrer le quartier de Sainte-Marguerite : la victoire de l’OM face au Havre (6-1), mais aussi la cérémonie de clôture des Worldskills, les « Jeux olympiques des métiers ».

    À proximité du Vélodrome et du Palais des sports, le mélange des genres est burlesque. Coincés par les CRS sur le trottoir en raison de l’arrivée des bus des joueurs, les compétiteurs et les supporters discutent. « On est 800 participants issus de toutes les régions de France et on s’affronte dans des épreuves de 67 métiers qui vont du BTP à l’industrie en passant par le service, l’alimentation, le numérique, le bien-être… », explique une jeune compétitrice de Haute-Aquitaine à un fan de l’OM descendu de Haute-Loire pour le match. « Ah mais c’est pas un petit truc en fait », lui répond-il.

    Il n’y a qu’à voir l’ambiance dans les gradins de la salle pour se rendre compte de l’ampleur des Worldskills : 5 000 spectateurs et participants brandissent les drapeaux de leur territoire, tapent des pieds, entament des chants et font la ola.

    Le dispositif Orientis

    « C’est la suite d’un long travail pour développer l’apprentissage avec les lycées professionnels et les CFA, se félicite le président de Région (Ren) Renaud Muselier. On a réalisé à quel point il était important pour ces branches de développer une orientation positive de leurs métiers. »

    En Paca, 70 étudiants avaient été sélectionnés pour leur savoir-faire. Cette année, 34 médailles, dont 8 médailles d’or, 11 médailles d’argent, 3 médailles de bronze et 12 médailles d’excellence, ont été remportées par les jeunes de la région. Et le territoire a survolé la compétition dans le pôle industrie, avec six médailles sur 15 métiers. « On avait beaucoup de branches qui n’arrivaient pas à trouver des professionnels, que ce soit dans la métallurgie autour de Manosque, dans la sidérurgie autour d’Airbus Helicopter ou dans l’Opération d’intérêt régional des métiers de la mer, poursuit Renaud Muselier… On a la chance d’avoir beaucoup de jeunes ici, beaucoup d’industrie, et donc du travail. »

    La Région a profité de la compétition Worldskills pour lancer le bus Orientis, un dispositif mobile imaginé pendant le Covid-19 pour aller vers les jeunes. Le véhicule sillonnera le territoire pour mener des actions d’information sur les secteurs clefs de l’économie régionale.

  • Carole Drucker-Godard fait sa rentrée

    Carole Drucker-Godard fait sa rentrée

    Après quatre mois comme nouvelle rectrice
    de l’académie de Montpellier, Carole Drucker-Godard s’apprête à vivre sa toute première rentrée occitane. Et va notamment inaugurer deux écoles -à Montpellier- ainsi que deux collèges (Juvignac et Maraussan). « Tous les recteurs doivent m’envier car la démographie française fait que nous sommes plutôt en train de fermer des écoles mais pas ici, dans l’académie de Montpellier », s’enthousiasme Carole Drucker-Godard. En effet, l’académie compte pas moins de 532 000 élèves et apprentis, un chiffre en légère baisse par rapport à l’année dernière.

    Hormis ces inaugurations en cascade, la rectrice affiche trois priorités pour cette rentrée. « Une école qui fait réussir tous ses élèves, qui protège et qui permet de se projeter », liste-t-elle. La réussite pour tous passe notamment par « un personnel mieux formé » grâce à la réforme de la formation des professeurs permettant de passer le concours à partir de la licence. Une manière d’attirer dans une profession qui connaît une crise de la vocation.

    Pour faire réussir leurs élèves, les professeurs du premier degré devront composer avec un nouveau programme en français et en maths. Côté second degré, le fiasco des groupes de niveaux ou besoins -porté par l’éphémère ministre de l’Éducation d’alors Gabriel Attal et décrié par l’ensemble des professionnels- se poursuit. « Le rapport de l’Inspection générale sur les groupes de niveaux a des points positifs et négatifs. Parfois l’organisation des groupes de besoins dans certains établissements a été très bénéfique, les professeurs le disent. Dans d’autres cas, cette organisation a été tellement complexe qu’on ne voit pas réellement le bénéfice. Auquel cas, les principaux de collège pourront réajuster la manière et la composition de ces groupes », souligne Carole Drucker-Godard. Ou comment reconnaître à demi-mot l’échec d’une mesure.

    Qui dit tous les élèves dit école inclusive. En ce sens, cinq classes Ulis et cinq Pôles d’appui à la scolarité (PAS, ex-Pial, structure pour accompagner les élèves en situation de handicap) ouvriront à la rentrée.

    Sécurité et orientation

    De plus, l’initiative « mixité excellence » devrait permettre de favoriser la mixité sociale. Ce label sera décerné aux établissements respectant certains critères, à savoir : un projet porté par une collectivité, une « coloration » du périscolaire (par exemple le périscolaire en langue étrangère) et le renforcement de l’indice de position sociale. À Montpellier, l’école primaire Hypathie – qui ouvre cette année – est le premier établissement « mixité excellence ».

    L’autre priorité de Carole Drucker-Godard est la sécurité. « Tolérance zéro face aux atteintes à la laïcité, aux valeurs de la République, toute contestation des enseignements », martèle-t-elle. Les opérations de contrôle des sacs des élèves -dont l’efficacité reste encore à prouver- seront amplifiées. « On a beaucoup parlé de sécurité l’an dernier et on va malheureusement continuer. Nous avons mis en place un service défense et sécurité académique qui est piloté par le directeur de cabinet avec trois pôles : sécurité, sûreté et prévention ; tranquillité scolaire. Grâce à ce service, les interlocuteurs du rectorat vont être directement au contact des personnels dont la sécurité serait mise à mal », insiste la rectrice.

    Enfin, en ce qui concerne l’orientation des enfants, « on va continuer à ouvrir les élèves à la culture, au monde, à l’esprit critique », fait valoir Carole Drucker-Godard. Notamment via l’éducation artistique et culturelle ou encore l’éducation aux médias. « Aussi, à partir de la 5e, il est prévu un programme d’éducation à l’orientation qui sera mis en place sur le temps de classe, à savoir quatre demi-journées dans l’année obligatoires. On va apprendre aux élèves comment s’informer, comment réfléchir à l’orientation avec des visites d’entreprises, des découvertes de métiers… »