Tag: orages

  • 117 communes reconnues en catastrophe naturelle

    117 communes reconnues en catastrophe naturelle

    Par un arrêté publié ce jeudi au Journal officiel, un total de 184 communes, dans le quart Sud-Est de la France, ont été reconnues en état de catastrophe naturelle « pour les dommages causés par les inondations et coulées de boue », dix jours après les orages meurtriers qui ont frappé la région, les 19 et 20 octobre. Parmi elles, 117 communes de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, dont 72 dans les Bouches-du-Rhône, 19 dans le Var et 26 en Vaucluse. Aucune demande de reconnaissance n’a été refusée.

    À l’échelle régionale, il faut remonter aux inondations du 23 novembre 2019, qui avaient fait six morts dans le Var et les Alpes-Maritimes, pour dépasser ce nombre, avec 169 municipalités reconnues en catastrophe naturelle. Dans les Bouches-du-Rhône, il faut remonter au mois de décembre 2003 (84 communes reconnues), lorsque les digues du Rhône avaient cédé. Sept personnes avaient alors perdu la vie.

    Cette fois, la publication s’est faite « dans des délais record », apprécie le maire (DVD) de Saint-Mitre-les-Remparts, Vincent Goyet. Lors de son déplacement dans le département le 23 octobre, le ministre de la Transition écologique, Mathieu Lefèvre, avait promis une procédure accélérée pour ouvrir la voie aux indemnisations, face aux inondations qui ont fait trois morts dans les Bouches-du-Rhône. Désormais, les sinistrés disposent de trente jours pour déclarer les dégâts à leur compagnie d’assurance.

    La longue marche

    de l’indemnisation

    Cette indemnisation est en effet obligatoire pour les personnes qui possèdent une assurance de dommages, dès lors que les sinistres déclarés sont la conséquence directe de la catastrophe naturelle. Elle comprend les frais de pompage, de nettoyage, de désinfection. Après la déclaration de sinistre, les assureurs disposent d’un délai d’un mois pour saisir un expert, puis lorsque le rapport d’expertise est rendu, d’un mois supplémentaire pour faire une proposition d’indemnisation. Lorsqu’elle est acceptée, elle doit être versée dans un délai de 21 jours.

    « L’État devait concrétiser ses engagements sans perdre de temps. Nous avons été entendus », apprécie désormais le président (LR) de la Métropole Aix-Marseille, Nicolas Isnard. Mais alors que le ministre s’était heurté à la défiance des maires lors de sa visite, l’institution avertit : « L’accompagnement doit se poursuivre avec la même intensité. » « Les moyens financiers qui seront obtenus permettront de panser les trop nombreuses plaies que l’orage a laissées sur notre ville », souligne aussi le maire (PCF) de Port-de-Bouc, Laurent Belsola, en remerciant les habitants pour leur mobilisation qui a permis cette reconnaissance : « La force du nombre a, une nouvelle fois, permis de faire avancer les choses. » Désormais, ses services municipaux, comme dans de nombreuses autres villes touchées, restent mobilisés pour aider les habitants à accéder à leurs droits. Tandis que la Région et le Département ont déjà débloqué des aides exceptionnelles, le ministre Mathieu Lefèvre promettait, mercredi à l’Assemblée, que « l’État est mobilisé », avec des reports de charges pour les agriculteurs qui s’ajoutent aux dispositifs de calamité agricole et dotations de solidarité pour les communes.

    Reste désormais à faire face aux conséquences de long terme. Si les circulations ferroviaires ont pu reprendre en mode dégradé, « des travaux complémentaires se poursuivront pendant plusieurs semaines », avertit SNCF Réseau, « compte tenu de l’ampleur des dégâts constatés ». à Saint-Mitre, plusieurs dizaines d’arrêtés de mise en sécurité sont en cours d’envoi aux propriétaires « dont les ouvrages demeurent menaçants ». à Carry, le sentier du Lézard est fermé depuis lundi face aux effondrements et glissements de terrain. à Saint-Chamas, une étude globale doit être menée pour sécuriser les collines « encore gorgées d’eau et fragilisées », indiquait, mardi, la maire Magali Ramos. Certaines maisons ne peuvent toujours pas être habitées. De quoi illustrer l’ampleur des chantiers qui s’ouvrent, alors que le dérèglement climatique accroît les dangers : le coût des inondations devrait s’élever à 50 milliards d’euros entre 2020 et 2050, contre 18 milliards entre 1989 et 2019.

    LES VILLES CONCERNÉES

    Bouches-du-Rhône

    Aix-en-Provence ; Alleins ; Arles ; Aureille ; Aurons ; La Barben ; Beaurecueil ; Belcodène ; Berre-l’Étang ; Bouc-Bel-Air ; Cabriès ; Carnoux-en-Provence ; Carry-le-Rouet ; Ceyreste ; Charleval ; Châteauneuf-les-Martigues ; La Ciotat ; Cornillon-Confoux ; Éguilles ; Ensuès-la-Redonne ; Eyguières ; La Fare-les-Oliviers ; Fontvieille ; Fos-sur-Mer ; Fuveau ; Gignac-la-Nerthe ; Grans ; Gréasque ; Istres ; Jouques ; Lamanon ; Lambesc ; Lançon-Provence ; Mallemort ; Marignane ; Marseille ; Martigues ; Meyrargues ; Meyreuil ; Mimet ; Miramas ; Mouriès ; Noves ; Paradou ; Pélissanne ; Les Pennes-Mirabeau ; Peyrolles-en-Provence ; Port-Saint-Louis-du-Rhône ; Port-de-Bouc ; Le Puy-Sainte-Réparade ; Puyloubier ; Rognac ; Le Rove ; Saint-Andiol ; Saint-Cannat ; Saint-Chamas ; Saint-Étienne-du-Grès ; Saint-Marc-Jaumegarde ; Saint-Martin-de-Crau ; Saint-Mitre-les-Remparts ; Saint-Rémy-de-Provence ; Saint-Victoret ; Salon-de-Provence ; Sausset-les-Pins ; Sénas ; Septèmes-les-Vallons ; Simiane-Collongue ; Tarascon ; Velaux ; Venelles ; Ventabren ; Vitrolles.

    Var

    Les Arcs ; Bandol ; Cabasse ; Le Castellet ; Claviers ; Correns ; Gonfaron ; Grimaud ; Lorgues ; Montfort-sur-Argens ; Le Plan-de-la-Tour ; Roquebrune-sur-Argens ; Saint-Antonin-du-Var ; Saint-Cyr-sur-Mer ; Saint-Tropez ; Sainte-Maxime ; La Seyne-sur-Mer ; Le Thoronet ; Vidauban.

    Vaucluse

    Apt ; Caromb ; Carpentras ; Caumont-sur-Durance ; Cheval-Blanc ; Courthézon ; Entraigues-sur-la-Sorgue ; Lourmarin ; Mazan ; Ménerbes ; Mérindol ; Monteux ; Mormoiron ; Murs ; Oppède ; Pernes-les-Fontaines ; Pertuis ; Puget ; Puyméras ; Robion ; La Roque-sur-Pernes ; Saint-Saturnin-lès-Avignon ; Uchaux ; Vacqueyras ; Vedène ; Visan.

  • Inondations : le bilan s’alourdit, la vigilance demeure

    Inondations : le bilan s’alourdit, la vigilance demeure

    Le bilan s’alourdit. Les forts orages de lundi et mardi ont fait deux nouvelles victimes, à Lançon-Provence. Une femme de 86 ans et sa petite-fille de 26 ans, originaire d’Ariège, ont été retrouvées sans vie, mercredi soir, dans la cave inondée d’une maison située au bord de la RD19.

    La maire (DVD) Julie Arias se dit profondément touchée, et regrette la fuite de ces informations par les services de la préfecture avant même que les proches ne soient avertis. « Quelque chose de dramatique s’est joué hier, la vie entière de toute une famille a basculé pour toujours. […] Au nom de la commune et des Lançonnais, je leur adresse toutes mes condoléances. »

    Mardi matin, un homme de 75 ans avait déjà perdu la vie, emporté par les eaux qui ont dévasté le quartier de Massane, à Saint-Mitre-les-Remparts. Le colonel Franck Briend, directeur adjoint du Sdis 13, réagit : « J’ai une pensée pour les familles des trois personnes décédées depuis le début de l’événement, c’est dramatique. Nous n’avons heureusement pas d’autre personne pour le moment, mais on ne peut pas exclure qu’il n’y ait pas d’autre victime en allant découvrir maison par maison si tout le monde va bien. J’en appelle à la prudence, le phénomène n’est pas terminé, l’électricité présente un risque et il y a encore des zones inondées. Chacun doit prendre ses précautions pour éviter de se mettre en danger. La priorité, c’est la vie humaine. »

    Plus de communication,

    ni d’électricité

    Depuis lundi soir, les pompiers ont réalisé près de 2 700 opérations de secours, principalement « axées sur le sauvetage et les mises en sécurité qui ont concerné plus de 1 000 personnes », souligne le colonel. À l’heure actuelle, 1 200 sapeurs-pompiers sont toujours déployés dans les Bouches-du-Rhône, épaulés par les moyens de la Sécurité civile et l’appui d’une dizaine de départements venus en renforts, pour « aider les populations » et permettre un « retour à la normale » après les inondations. « On a aussi un objectif d’accompagner la remise en œuvre des circulations principales pour désengorger les communes », poursuit Franck Briend. Les secteurs d’Arles et Saint-Martin-de-Crau préoccupent encore le Sdis 13.

    Dans cette commune de l’Ouest des Bouches-du-Rhône, près de 400 habitants ont dû être secourus et évacués mardi, avant d’être accueillis dans un espace mis à disposition par la mairie. Dans la nuit de mercredi à jeudi, Saint-Rémy-de-Provence a ouvert les portes de sa salle communale aux 180 sinistrés restants. Si la situation s’améliore, Saint-Martin-de-Crau revient de loin. La ville a été « coupée du monde », raconte le premier adjoint au maire, Julien Besançon. « C’est devenu une île pendant 48h. » Les principales voies d’accès ont été inondées, le poste d’alimentation électrique des 6 500 foyers également, et les communications ont été coupées pendant 4 heures, mercredi, en raison de la panne d’Orange. Mercredi soir, 3 500 logements ont pu retrouver le courant. Jeudi midi, le reste des habitants attendaient encore l’arrivée de 20 groupes électrogènes d’Enedis, dont l’acheminement a été retardé par l’état des routes. La situation a été rétablie dans la soirée.

    Néanmoins, la maire Séverine Dellanegra (SE) détaille : « Il y a encore des quartiers qui ont jusqu’à 80 cm d’eau, notamment au Mas Boussard et au Cabrau, mais le nombre précis d’habitations est encore difficilement chiffrable ». Des méga-pompes ont commencé les opérations d’absorption. La zone industrielle a également été affectée. « Il y aura un impact économique, affirme l’édile. Nous mettrons des dispositifs en œuvre dès la semaine prochaine, en lien avec la Chambre de commerce et d’industrie et la Chambre d’agriculture, pour pouvoir évaluer les dégâts et accompagner les entreprises et les commerces concernés. »

    LES ÉLUS EN PREMIÈRE LIGNE

    Gaby Charroux, maire (PCF) de Martigues

    « La préfecture m’a assuré que nous aurons la reconnaissance de catastrophe naturelle, qui passera en commission le 27 octobre. Des habitants m’ont dit que l’expert de leur assurance ne paissait que fin novembre. Mais des gens sont à la rue ! J’ai demandé à resserrer le calendrier de passage des experts et qu’on ouvre un guichet unique d’aide aux sinistrés, dès la semaine prochaine, à l’hôtel de ville. »

    Propos recueillis par Antonin Maja

    Frédéric Bolano, adjoint (PCF) à la prévention et à la sécurité de Port-de-Bouc

    « La solidarité port-de-boucaine a encore une fois montré sa force : des agents sont revenus de vacances à leur initiative, la SNSM, la Réserve communale étaient présentes, le Secours populaire a séché et habillé les réfugiés de Gagarine, deux étudiantes se sont occupées des enfants, les commerçants ont offert des pizzas… Nous faisons le tour des sinistrés depuis deux jours pour les aider à déclarer leur sinistre. »

    An. M.

    Séverine Dellanegra, maire de Saint-Martin- de-Crau

    « On a largement dépassé le scénario catastrophe du schéma des crues de la Crau qui a été élaboré il y a dix ans. Avec cet épisode, on est plus du tout à jour. La pluviométrie record, la nappe phréatique exceptionnellement pleine et le phénomène très territorialisé ont empêché un drainage optimal. Il va falloir avoir une réflexion sur les causes détaillées qui nous ont menés à cette situation et en tirer les conséquences. »

    A.M.

    Vincent Goyet, maire de Saint-Mitre- les-Remparts

    « On a eu un événement exceptionnel, qu’on n’avait pas connu depuis 1938. Face à ça, on va recalibrer nos installations pour qu’on soit correctement organisé, même face à des orages de moindre ampleur. On ne peut pas se contenter de roubines agricoles avec une activité agricole en déprise totale. Il faut pouvoir restructurer le réseau pour mieux gérer ces risques avec l’aide de la Métropole au titre de la compétence inondation Gemapi. »

    A.M.

  • Intempéries : une personne retrouvée décédée à Saint-Mitre-les-Remparts

    Intempéries : une personne retrouvée décédée à Saint-Mitre-les-Remparts

    L’importante mobilisation des pompiers des Bouches-du-Rhône n’aura pas suffi. Les violents orages de la nuit ont fait une victime. Portée disparue, une personne a été retrouvée décédée par les services de secours en milieu de matinée à Saint-Mitre-les-Remparts. « Une importante opération de recherche, mobilisant notamment l’hélicoptère Dragon 131, a été engagée », détaillent-ils dans un communiqué. Les circonstances de l’accident restent encore à préciser.

    Des pluies diluviennes se sont abattues sur le secteur de la Côte Bleue et de l’Étang de Berre pendant la nuit. Sur Martigues, pas moins de 220 mm sont tombés en 24h, soit « 40% de ce qu’il tombe en une année », selon l’antenne locale de Météo-France.

    Les pompiers sont à pied d’œuvre. Entre hier et aujourd’hui, ils ont réalisé plus de 200 interventions directement liées aux intempéries, ce qui a nécessité l’engagement de moyens spécialisés supplémentaires, représentant 112 Pompiers13, en complément des 500 personnels habituellement de garde.

    Si l’essentiel de l’épisode météorologique est désormais passé, la vigilance orange reste maintenue, à ce stade, jusqu’à 12h ce mardi 20 octobre. Des précipitations modérées devraient se poursuivre jusqu’à la mi-journée, tandis que de nouvelles précipitations sont attendues dans l’après-midi et en soirée.

  • Seul le département du Var reste en vigilance orange

    Seul le département du Var reste en vigilance orange

    Les fortes pluies persistent encore sur la moitié est des Bouches-du-Rhône, mais avec une intensité moindre qu’en début de matinée, d’où la redescente en vigilance jaune. Le département du Gard observe aussi la fin de la vigilance orange.

    Par ailleurs, des orages parfois violents ont concerné en fin de nuit et début de matinée la Camargue et l’étang de Fos, ainsi que le littoral varois (56 mm à Marignane en une heure, et 61 mm à Fréjus à 3 heures).

    L’épisode continue encore quelques heures sur le Var, avec des intensités pluvieuses parfois fortes, surtout sur le littoral (40 à 60 mm supplémentaires en 1 à 2 heures).

    Ces orages sont également susceptibles de donner, outre une forte activité électrique, de la grêle et des rafales de vent, voire des phénomènes tourbillonnaires en zones littorales.

  • Pluies, inondations : alerte rouge dans le Gard et l’Hérault

    Pluies, inondations : alerte rouge dans le Gard et l’Hérault

    Les messages d’alerte de la Préfecture sur les smartphones ont réveillé plus d’un habitant du Gard et de l’Hérault, ce mercredi 30 septembre. Depuis 8h et jusqu’à nouvel ordre, les deux départements sont placés en alerte rouge « pluies inondations », compte tenu des prévisions de Météo France.

    Dans le Gard mais aussi le nord, l’est héraultais et les plaines littorales, des orages stationnaires vont provoquer des cumuls de 50 à 300 millimètres d’eau (jusqu’à 100 mm en 1 ou 2h).

    Des débords de cours d’eau sont à craindre également. Depuis la veille, le secteur amont du fleuve Hérault était en alerte orange (jaune pour le secteur aval ainsi que le Lez et l’Orb amont) pour les risques de crues. Dans le Gard, le Gardon d’Alès et d’Anduze, ainsi que la Cèze amont ont été placés en vigilance orange. Les autres cours d’eau sont en vigilance jaune.

    Face à cet épisode méditerranéen de grande ampleur, les préfets de l’Hérault et du Gard invitent à la plus grande vigilance. Il est fortement conseillé d’annuler ou à défaut de limiter ses déplacements. En aucun cas de descendre dans les sous-sols ou parkings souterrains. Il est recommandé de s’éloigner des cours d’eau, des ponts, des berges de ne pas utiliser sa voiture, ni s’engager sur des passages à gué en véhicule ni à pied. Il est conseillé de rester chez soi et de privilégier le télétravail quand cela est possible.

    Dans le Gard, les établissements scolaires sont fermés toute la journée ce mercredi 30 septembre. C’est aussi le cas de certains établissements de l’est héraultais, autour de Montpellier. Les transports scolaires sont annulés dans le Gard et l’Hérault. A Montpellier, le réseau de tramway a été interrompu en milieu de matinée (les bus circulent encore). Tous les parcs et jardins ont été fermés à Montpellier, de même que les points bas (Verdanson, quai du Pirée…). De même à Nîmes où tous les équipements publics de la Ville et de la Métropole sont fermés.

    La situation ferroviaire est aussi fortement perturbée. La ligne TER entre Nîmes et Alès a été suspendue. La SNCF a fait savoir qu’à compter de la mi-journée, les TER entre Marseille et Montpellier ou Avignon ainsi que vers Avignon, Sète, Nîmes et le-Grau-du-Roi seront arrêtés. Les Intercités ne circuleront pas davantage entre Marseille et Bordeaux.

  • Face à des risques naturels accrus, les habitants ont un rôle à jouer

    Face à des risques naturels accrus, les habitants ont un rôle à jouer

    Au cœur du PC de sécurité de la Ville de Montpellier, l’atmosphère est à la vigilance absolue. C’est ici que se coordonnent les forces opérationnelles dès qu’un événement majeur frappe la cité (voir article ci-dessous). Après un été 2026 de tous les records, marqué par six vagues de chaleur successives, des incendies historiques en Gironde et dans le Var et de violents orages qui ont frappé l’Aude mais aussi le Gard
    et l’Hérault, le maire de Montpellier tire la sonnette d’alarme. « Cet été, rien ne nous a été épargné… Face aux nombreux aléas auxquels nous sommes de plus en plus confrontés, il est essentiel de rappeler les enjeux de la culture du risque », insiste Michaël Delafosse.

    L’équation météorologique est implacable : « Qui dit canicules dit épisodes méditerranéens. Quand il fait chaud ; la mer se réchauffe et cela produit ce phénomène qui, d’un seul coup, conduit à des précipitations de très forte intensité et entraîne des ruissellements d’une grande violence », rappelle l’élu.

    « Toute l’Europe

    de l’ouest a été touchée »

    Les données scientifiques confirment l’urgence. Selon Alix Roumagnac, président de la société Predict, l’année 2026 marque un tournant climatique à l’échelle européenne (voir entretien page 5). « Toute l’Europe de l’ouest a été touchée par ces séquences de canicules. Actuellement, la Méditerranée est aussi chaude que le golfe du Mexique, avec des eaux proches de 30 degrés », prévient-il. Un réservoir d’énergie thermique qui favorise la formation de « Médicanes », ces puissants ouragans méditerranéens. Plus inquiétant encore, la saison à risque ne cesse de s’allonger : « Cette année, les canicules ont débuté dès le mois de mai et nos épisodes cévenols ou méditerranéens, qui avant se cantonnaient à l’automne, peuvent désormais survenir jusqu’en décembre », souligne Alix Roumagnac.

    À Montpellier, le souvenir du dernier grand épisode de 2015, qui avait coûté la vie à deux personnes, reste vif. Depuis, la ville a été relativement épargnée, mais le danger a frappé ses voisins : l’Aude, la vallée de la Roya, la Grèce, ou encore Valence. Pour Sébastien Cote, premier adjoint en charge de la sécurité, le constat est lucide : « La question n’est pas de savoir si nous allons être frappés, mais quand. »

    Si la collectivité a, depuis plusieurs années, massivement investi dans des aménagements urbains pour lutter contre les inondations, l’implication de la population laisse encore à désirer dans une métropole qui accueille chaque année entre 8 300 à 8 600 habitants supplémentaires. La Ville s’est pourtant dotée d’outils pratiques en accès libre, comme le Document d’information communal sur les risques majeurs (Dicrim), qui incite notamment chaque foyer à préparer un kit d’urgence. Mais l’enjeu crucial repose sur le dispositif de téléalerte. Cet outil gratuit, sur lequel il suffit de s’inscrire en ligne sur le site internet de la Ville, permet à la collectivité, lors d’un événement météorologique majeur, d’envoyer des SMS en temps réel pour diffuser les consignes de sécurité. Or, selon Michaël Delafosse, « moins de 30% » des Montpelliérains seraient aujourd’hui abonnés au système municipal de téléalerte, quand son adjoint à la sécurité, Sébastien Cote, évoque, lui, la barre des 10%… « De notre côté, nous sommes prêts. Les moyens et les investissements sont là, mais il faut que nos concitoyens se donnent les moyens de disposer des informations de prévention », insiste le maire de Montpellier. Face à l’imprévisibilité et à la soudaineté des épisodes méditerranéens, la téléalerte est un outil qui peut sauver des vies. Qui plus est, « le respect des consignes de sécurité facilite grandement le travail des secours », souligne Michaël Delafosse.

    Du côté des sapeurs-pompiers, le message est limpide : « La meilleure intervention, c’est celle qu’on ne fait pas. » Les professionnels du secours rappellent une règle fondamentale : lors d’un épisode intense, « l’abri en dur reste le rempart le plus efficace ». Le danger majeur réside dans les déplacements. Qu’on soit à pied ou en voiture, la vulnérabilité est maximale. Quelques centimètres d’eau courante suffisent à emporter un véhicule. « Se déplacer, c’est se mettre en danger et mettre en danger les personnes que l’on va chercher », insistent les pompiers, rappelant que les écoles disposent de leurs propres plans de mise en sécurité pour protéger les enfants. « L’objectif n’est pas de céder au catastrophisme », rappelle Alix Roumagnac, mais d’acquérir des réflexes de sauvegarde : s’informer, s’abonner aux alertes et, le moment venu, obéir aux consignes de sécurité.

  • [Entretien] « J’espère que 2026 sera un tournant dans les états d’esprit »

    [Entretien] « J’espère que 2026 sera un tournant dans les états d’esprit »

    La Marseillaise : Après cet été marqué par les canicules et les incendies, peut-on parler d’un tournant face aux risques naturels ?

    Alix Roumagnac : De manière large, je dirais que 2026 toute entière a marqué un tournant. On a commencé l’année avec de nombreuses tempêtes et inondations dans l’ouest de la France, puis nous avons connu une succession de canicules dès la fin du printemps. Predict fête ses 20 ans cette année. Tous les jours, notre travail consiste à observer les événements en région, en France et même à l’international. Objectivement, on constate une augmentation assez généralisée de leur fréquence et de leur gravité.

    Le Gard et l’Hérault ont été un peu des lanceurs d’alerte. L’idée de Predict est née après les événements qui ont touché l’Aude en 1999, puis le Gard en 2002 et 2003. Depuis, on observe une accélération. Et on prend conscience que cela ne concerne plus seulement le Gard et l’Hérault, mais l’ensemble du bassin méditerranéen.

    On vit dans un monde où les extrêmes se succèdent : on passe de sécheresses absolues, avec des incendies violents, à des inondations majeures. C’est pourquoi j’espère que 2026 sera aussi un tournant dans les états d’esprit. Quand nous nous éloignerons de ces chaleurs, de ces incendies et de ces orages, il ne faudra pas oublier que cette route vers les événements extrêmes est écrite. On ne s’en sortira pas si nous ne prenons pas des décisions fortes.

    Peut-on parler d’un système
    de risques en cascade ?

    A.R. : Tout est lié, en effet. Le dérèglement climatique renforce les extrêmes et génère des effets en cascade. Les canicules provoquent des sécheresses, qui favorisent les incendies violents. Elles contribuent aussi aux canicules marines. Aujourd’hui, la température de la Méditerranée bat tous les records, avec une valeur médiane supérieure à 29,5°C sur l’ensemble du bassin. C’est une énorme énergie disponible pour les épisodes méditerranéens.

    Pour le moment, les modèles que nous suivons ne voient pas de dépression susceptible de déclencher un tel phénomène dans les jours ou les semaines à venir. Mais la saison va être longue : plus la Méditerranée est chaude, plus le potentiel est important en septembre, octobre, novembre, voire décembre.

    Comment votre travail évolue-t-il face à cette accélération des risques ?

    A.R. : Notre métier évolue en permanence. L’alerte précoce, ce n’est pas simplement de la prévision météorologique ou l’envoi de messages. Elle repose sur quatre piliers : connaître le risque, s’y préparer, le monitorer et diffuser les messages le plus en amont possible pour permettre de prendre les bonnes décisions.

    La mobilisation s’intensifie. Nous suivons les événements près de 250 jours et nuits par an. Les collectivités nous demandent également de plus en plus de les accompagner sur les feux de forêt : détection des départs de feu, simulations de propagation, messages de sécurité, analyse d’images satellites… Nous devons adapter en permanence nos méthodes et nos outils. Mais les événements restent anticipables : les modèles et les outils d’observation deviennent de plus en plus précis.

    Les collectivités sont-elles aujourd’hui mieux préparées
    pour faire face aux risques ?

    A.R. : En 20 ans, nous avons vraiment observé un changement d’état d’esprit. La prise de conscience des risques et des problèmes climatiques par les élus n’a plus rien à voir. Nous avons également progressé sur les outils. La spécificité cette année, c’est qu’avec les élections municipales, de nombreuses nouvelles équipes sont en place. Nous avons donc dû aller à leur rencontre pour qu’elles prennent rapidement conscience des risques et des moyens d’agir.

    Nous avons par ailleurs mis en place les « Mercred1 » : tous les premiers mercredis du mois, les sirènes sonnent dans les communes de France. À 10 heures, nous organisons, avec les communes partenaires, un exercice de crise jusqu’à midi. Beaucoup d’élus participent et viennent s’entraîner avec leurs équipes municipales pour être prêts le jour J. Plus de 80% des communes travaillent avec nous dans le Gard et l’Hérault. À l’échelle nationale, ce sont plus de 25 000 communes sur les 35 000 existantes qui utilisent les outils de Predict.

    Et les habitants ? Sont-ils suffisamment préparés ?

    A.R. : Pour qu’il y ait une bonne gestion de crise, il faut que tout le monde joue la même partition. Le citoyen doit donc être acteur de sa propre sécurité. Dans l’Hérault, nous sommes dans un département qui accueille beaucoup de nouveaux arrivants, notamment dans la métropole de Montpellier. Lorsqu’ils voient ce beau ciel bleu, ils ne s’imaginent pas forcément qu’en passant à côté du Lez ou du Verdanson, une crue peut survenir en deux heures. D’où l’importance de l’acculturation et de l’information en début de saison (lire p6).

    Que faut-il attendre des prochaines décennies dans nos départements ?

    A.R. : Je ne souhaite absolument pas dramatiser. Mais, de manière très factuelle, l’Hérault détient le record national de température, avec 46°C à Vérargues en 2019. Les 50°C sont écrits dans les modèles comme pouvant être dépassés d’ici 2050, mais ça peut aussi bien avoir lieu l’année prochaine, compte tenu de l’accélération actuelle. Il ne faut pas effrayer, mais il faut se préparer. Avec une Méditerranée à 29 ou 30°C, si une dépression arrive, il peut y avoir la formation de « medicanes », des sortes de cyclones méditerranéens. Ce n’est pas de la science-fiction. Cela peut signifier des vents très importants, des tempêtes, des submersions marines et de fortes inondations. Mon message est simple : nous vivons dans un beau pays, donc ne cédons pas à la panique. Face à ces scénarios de peur, je crois que la bonne façon de prendre le dessus sur la peur, c’est d’être dans l’action. C’est ce que nous essayons de faire à Predict. Chaque citoyen, à son niveau, peut avoir la même démarche.

  • Les caprices du ciel sèment le chaos dans le Gard et l’Hérault

    Les caprices du ciel sèment le chaos dans le Gard et l’Hérault

    Onze départements d’Occitanie avaient été placés en vigilance orange aux orages par Météo-France. L’accumulation d’air chaud liée aux canicules successives de cet été a servi de carburant aux orages qui ont balayé la région ce 24 août, avec un épisode particulièrement violent dans l’Aude (lire aussi P.22), où une tornade dévastatrice s’est abattue vers 17h30 sur le village de Pomas, faisant 39 blessés et de nombreux dégâts matériels (300 habitations impactées).

    Ces pluies torrentielles, accompagnées de grêle et de fortes rafales de vent, ont ensuite frappé l’Hérault, où les intempéries ont débuté vers 17h30 pour traverser le département d’ouest en est. Vers 20h30, les orages avaient filé vers le Gard voisin. Un phénomène relativement rapide, mais très intense. Les stations météorologiques ont en effet enregistré des vents d’une violence rare, avec des pointes à 121 km/h mesurées à Pézenas-Tourbes et 112 km/h à Murviel-lès-Béziers. Couplées à des précipitations pouvant atteindre 50mm dans le Biterrois et 20 à 30 mm à Montpellier en quelques minutes, ces rafales ont causé d’importants dégâts.

    Dans l’Hérault, où plus de 500 sapeurs-pompiers ont été mobilisés pour 150 interventions d’urgence, « 35 communes ont subi des dégâts matériels lors de cet épisode, majoritairement liés aux fortes rafales et aux chutes d’arbres », indique la préfecture dans un communiqué qui dresse le bilan de l’épisode.

    Un seul blessé léger

    dans l’Hérault

    « Des dégâts ont notamment été constatés sur des toitures, des routes et les réseaux électriques, ainsi que dans plusieurs parcelles viticoles avec des rangs de vignes couchés et des arbres fruitiers brisés ». Une quarantaine de maisons ont été endommagées sur l’ensemble du département. Paulhan, à mi-chemin entre Béziers et Montpellier, a été particulièrement touchée par les intempéries. De même que Saint-Georges d’Orques, dans l’agglo montpelliéraine, qui offrait elle aussi, au lendemain de ce violent épisode orageux, un paysage de désolation avec une centaine d’arbres déracinés, dont certains se sont abattus sur des voitures en stationnement. Les lignes électriques (au plus fort de l’épisode, 22 000 clients ont été privés d’électricité dans l’Hérault) et le réseau routier ont particulièrement souffert. À Montpellier, les pluies torrentielles ont inondé certaines rues, rendant le passage des bus et des trams difficile. Fort heureusement, le bilan humain reste très limité : « Une seule personne a été légèrement blessée lors des intempéries à la suite d’une chute de branche, tandis qu’à Capestang, une famille dont le véhicule avait été touché par la chute d’un arbre a été secourue et est indemne », relate la préfecture. L’événement n’est pas classé en état de catastrophe naturelle, informe-t-elle : « les particuliers ayant subi des dommages sont invités à se rapprocher de leur assurance dans les plus brefs délais ». Un classement toutefois réclamé publiquement par le sénateur PS de l’Hérault Hussein Bourgi et la députée PS héraultaise Fanny Dombre-Coste.

    Dans le Gard, que les orages ont atteint vers 20h30 avec un peu moins d’intensité, une centaine de pompiers ont réalisé une vingtaine d’interventions, dont trois pour des débuts d’incendie liés à la foudre dans des maisons à Alès, Sauve et Bernis. Sur le plan humain, « un motard a été légèrement blessé après avoir percuté une branche sur la route à Nîmes », relate Ici Gard-Lozère. Le 25 août au matin, 300 foyers étaient toujours privés d’électricité dans le département, selon la radio locale. À noter que la journée du 24 août a été « la plus foudroyée de l’année », avec 26 000 impacts de foudre recensés, selon l’observatoire des tornades et orages Keraunos. Un phénomène immortalisé par l’agroclimatologue et chasseur d’orages héraultais Serge Zaka, qui a saisi et publié sur son réseau social X des images spectaculaires. Amélie Goursaud

  • À Pra Loup, les habitants privés d’eau potable

    À Pra Loup, les habitants privés d’eau potable

    Privés d’eau potable depuis plus de deux semaines à la suite d’intempéries d’une ampleur exceptionnelle, les vacanciers de la station de ski de Pra Loup et les habitants d’Uvernet-Fours vont encore devoir tenir une semaine avant de retrouver l’eau courante « en fin de semaine prochaine », selon la Saur, la compagnie des eaux.

    « Il y a eu des épisodes de sécheresse en amont, couplés aux événements orageux qui en montagne sont assez violents. Là, ils ont été très violents et très localisés. Ça a contribué à cette situation qui est exceptionnelle. On ne l’a jamais observée dans cette ampleur dans la région Paca », souligne Mélanie Teyssier, directrice régionale des exploitations Saur. « Il y a eu des intempéries d’une ampleur exceptionnelle et de très grosses crues, qui ont modifié le lit du Bachelard, qui a descendu de plus d’1m50. Cela a fait descendre les niveaux des nappes, et donc on n’arrivait plus à pomper », détaille Stéphane Bertin, chef de secteur pour la Saur. Le 9 août, au moment de l’orage, s’inscrit dans une période où la station de ski est particulièrement fréquentée par les touristes et les propriétaires de maisons secondaires marseillais, aixois ou encore parisiens. « On devait avoir entre 10 000 et 15 000 personnes sur Pra Loup, donc on avait une consommation journalière énorme. Les sources n’ont pas suffi », ajoute le chef de secteur.

    L’interdiction de boire l’eau du robinet « est une préconisation. Suite aux événements pluvieux, nous n’avions plus d’eau sur les forages, sur lesquels nous avons fait des travaux depuis. Pour pouvoir pallier le manque d’eau, on a ouvert un lac de retenue. Comme ce n’est pas la ressource habituelle qui est surveillée et maîtrisée, c’est un principe de précaution que l’ARS a mis en place », explique Mélanie Teyssier. Les habitants peuvent ainsi utiliser l’eau du robinet pour se doucher ou tirer la chasse, mais ne doivent pas la boire ou l’utiliser pour laver des nourrissons. « Pour pallier cette restriction, nous avons fourni des eaux en bouteille et mis des points de distribution pour que les gens puissent disposer d’une eau pour leur alimentation », détaille Mélanie Teyssier. Le taux de chlore a été augmenté pour dissuader de boire l’eau du robinet.

    « J’ai eu peur

    pour mon bébé »

    « J’ai eu peur quand, lors d’une distribution d’eau, on m’a dit de faire attention pour mon bébé et de ne pas le laver avec l’eau du robinet », confie Marion Marchetti, vacancière aubagnaise venue avec son mari et ses trois enfants, dont l’un n’a que 4 mois. « C’est quand même fou que cela dure autant », lance son compagnon, Luc Marchetti. Un avis partagé par une famille venue du Var dans leur maison secondaire : « On a du mal à comprendre pourquoi cela dure autant, et comment, en trois semaines, ils n’ont pas trouvé de solution. Tous les ans, il y a des orages, mais jamais de coupure d’eau potable aussi longue ».

    Malgré ces premières inquiétudes et incompréhensions, habitants et vacanciers restent relativement sereins et se sont habitués aux restrictions et aux allers-retours quotidiens pour se fournir en bouteilles d’eau à l’office de tourisme ou à la mairie.

    Patrick Beau, vacancier parisien venu avec sa compagne pour l’été, s’inquiète lui pour sa santé. « J’ai des problèmes rénaux, et, comme on n’a le droit qu’à un pack d’eau par jour, pour cuisiner, se laver et boire, je dois me restreindre et boire moins. Heureusement, on part dimanche ! », s’impatiente-t-il. « Ce qui est terrible, c’est qu’il n’y a pas de visibilité. J’ai l’impression que cela va durer », déplore le sexagénaire : si la Saur dit prévoir un retour à la normale en fin de semaine prochaine, ni les habitants, ni les élus n’en étaient informés jeudi. « Ce qui fait qu’on en parle, c’est que c’est arrivé le week-end du 15 août, un week-end d’affluence », pendant lequel la population a été estimée à 12 000 habitants par la préfecture, constate Arnaud Gaston, conseiller municipal. « Il y a vraiment un élan de solidarité », se réjouit-il, alors que de nombreux bénévoles ont prêté main-forte pour les distributions de bouteilles d’eau.

    Pour tenter de réalimenter la nappe phréatique, la Saur a construit une digue provisoire, « dans l’urgence », explique Stéphane Bertin. C’est ce type d’installations qui devrait permettre de rétablir l’eau potable la semaine prochaine. Sa consommation pourra à nouveau être autorisée ou pas en fonction des résultats des analyses de l’ARS, qui doit donner son feu vert. Le niveau du cours d’eau du Bachelard, qui alimente la commune, est pour l’instant encore très bas, et garde un aspect très trouble, couleur béton.

  • Les eaux de l’étang de Berre de mauvaise qualité suite à l’orage

    Les eaux de l’étang de Berre de mauvaise qualité suite à l’orage

    Ce sont « des fermetures
    préventives
     », explique Raphaël Grisel. Suite à l’orage qui a éclaté lundi soir, le Gipreb, le syndicat mixte en charge de la réhabilitation de l’étang de Berre qu’il dirige, a préconisé l’interdiction à la baignade des plages de la lagune. Les plages d’Istres, de Vitrolles, de Saint-Chamas, de Marignane et de Martigues ont donc été fermées jusqu’à ce mercredi matin.

    Dans les Bouches-du-Rhône, les cumuls indiquent qu’il est tombé entre 15 et 25 mm en seulement 10 minutes lundi 24 août au soir. « On sait que la fin de l’été fait partie des périodes les plus à risque, où il n’a parfois pas plu depuis plusieurs mois et les orages violents produisent un lessivage des sols et du ruissellement des eaux de qualité dégradées vers l’étang, détaille Raphaël Grisel. Ça peut aller du résidu de pneu, qui est plus un problème d’écologie, aux excréments des chiens, qui, pour le coup, posent plus problème pour la baignade. » Un point positif néanmoins : les pluies liées à l’orage de la semaine dernière ont déjà permis un premier lavage des sols, limitant les dégâts de ce second épisode.

    Des coups de vent qui permettent de brasser

    « On a des situations très contrastées sur l’étang de Berre, poursuit le directeur du syndicat mixte. On a Vitrolles, Rognac ou Marignane, qui ont des bassins-versants très urbanisés, avec des activités économiques importantes, mais on a aussi Figuerolles à Martigues où il n’y a rien, donc les risques de dégradation sont très faibles en période d’orage. » Néanmoins, pour « plus de lisibilité », le Gipreb préfère préconiser l’interdiction de baignade à chaque ville avant d’obtenir les résultats des analyses, qui peuvent arriver après 48h.

    « On a une courbe de restauration de qualité de l’eau qui s’est dessinée au fil des données accumulées depuis dix ans », précise le directeur. Dans 95% des cas, le retour à la normale s’observe 24 heures après l’épisode pluvieux.

    Si l’orage engendre un risque de contamination bactériologique, il est aussi, en certains points, salvateur pour l’étang de Berre qui est en mode survie face aux fortes chaleurs de la saison estivale. « On observe des dégradations majeures sur certains sites, avec une mortalité importante de palourdes, note Raphaël Grisel. Lors de la dernière canicule, la température de l’eau excédait 32 degrés au niveau des plages. Heureusement, depuis quelques jours, les températures baissent et on a des coups de vent qui permettent de brasser, donc d’oxygéner. On espère retrouver des taux qui permettent à la vie de se maintenir, soit 2/3 mg par litre. Là, on y est pas dans les couches profondes. »