Tag: oncologie

  • IA et cancérologie : un mariage au cœur du débat

    IA et cancérologie : un mariage au cœur du débat

    « On ne peut pas avancer sur des sujets aussi complexes d’innovation sans mutualiser » défendait le professeur Norbert Vey, directeur général de l’Institut Paoli-Calmettes (IPC), en ouverture de la matinée de débat autour de l’intelligence artificielle (IA) dans la prise en charge des cancers. Ce nouveau rendez-vous, issu de la série de débats publics engagée depuis des années à l’IPC a rassemblé chercheurs, patients, professionnels de santé et curieux dans la salle de conférences de l’institut médical.

    L’objectif de cette matinée n’était pas d’être « pour ou contre » l’IA, dont l’ère a déjà débuté, mais d’en explorer collectivement les bénéfices, les risques et les perspectives d’amélioration. « On vise une prise de conscience sur des sujets qui collent à la réalité, qui puisse porter au-delà du cercle des professionnels » expose Elizabeth Belarbi, chargée des relations presse de l’institut.

    Un gain de temps et

    de performance encadré

    L’IA prend déjà place en cancérologie pour épauler les soignants. « C’est notre copilote » s’amuse Nicolo Mezzina, gastro-entérologue à l’IPC. Au quotidien, l’IA l’aide lors de dépistages du cancer du côlon, en identifiant les zones qui présentent des excroissances et des lésions de quelques millimètres seulement. « C’est une deuxième paire d’yeux pour ne rien louper mais le mot final nous revient », assure-t-il.

    De même du côté de l’imagerie médicale, où les scanners thoraciques s’affichent désormais en couleur grâce à l’intervention de l’IA qui détecte et colorise les nodules à vérifier. « C’est un vrai gain de temps » constate Gilles Piana, responsable de l’Unité de radiologie Interventionnelle. Mais de préciser : « l’utilisation d’IA seule induit une validation de tous les faux positifs : aux mains de radiologues peu expérimentés, elle ne les rend pas meilleurs ».

    La nécessité de garder

    un contact humain

    Un gain de temps vital salué unanimement par les soignants, mais que les patients espèrent dédié à l’amélioration de leur prise en charge. « Est-ce que le temps libéré par l’IA ne va pas pousser à plus de consultations ? », interroge Jacques, membre du comité des patients et des aidants de l’IPC. Il est rejoint par Sofia, inquiète à propos de la perte d’humanisation qu’elle trouve si importante dans son propre parcours de soins. Elle aime parler d’IH pour « intelligence humaine » et s’attache à dire que « l’excellence du soin se caractérise par l’accompagnement, le contact, et rien ne pourra le remplacer ».

    Chez les professionnels de santé, les avis divergent à propos des bénéfices de l’utilisation de l’IA générative par les patients. Infirmière de pratique avancée, Séverine Boulant observe de l’anxiété chez les patients qui consultent Chat GPT pour tenter de comprendre leur diagnostic et « se heurtent à une masse d’information et très peu de réponses à leurs questions ». Alexandre de Nonneville, oncologue, trouve au contraire l’accès à l’IA en amont d’une consultation bénéfique pour un patient : « ses questions sont plus concrètes », observe-t-il.

    Coûts réels et éthiques

    Sandrine De Montgolfier, professeure en éthique de soin et santé publique à la chaire de recherche de l’Institut National du Cancer, ébauche une solution : « il serait intéressant que l’IA soit une passerelle pour mieux communiquer entre patients et soignants, via une traduction plus explicite des données ». En clôturant cette matinée de débat à l’IPC, elle attire l’attention sur le coût réel de l’IA dans le domaine médical, pas encore bien évalué d’après elle. « Maintenance, systèmes de sécurisation des données, dépenses d’énergie, recrutement d’experts… Qui va endosser ce coût à l’échelle de notre système de santé ? Et contre quelle autre action de santé ? » La question reste en suspens.

    DANS LA RÉGION

    Dans les Bouches-du-Rhône, dépistage et sensibilisation

    Le département des Bouches-du-Rhône déploie plusieurs actions de sensibilisation et de dépistage des cancers féminins. Le Gynécobus, un dispositif itinérant offrant des consultations gynécologiques gratuites, fera escale à Arles le 14 octobre sur la place de la République. Tandis que les Centres de planification et d’éducation familiale (CPEF) de chaque ville du département organisent régulièrement des ateliers de sensibilisation jusqu’au 31 octobre.

    Dans le Vaucluse, un documentaire sur le périple à vélo de femmes malades

    Le film documentaire Résilientes, racontant l’épopée à vélo de l’association les Roses du Sud, sera projeté à Cavaillon, Sauveterre, Apt, L’Isle-sur-la-Sorgue, Cucuron et Saint-Rémy-de-Provence pendant le mois d’octobre. Réalisé par Olivier Meissel, il revient sur le dépassement de soi des 19 femmes touchées par le cancer du sein qui ont parcouru 260 km à vélo entre Cavaillon et Sète.

    Dans le Var, activités sportives et stands de sensibilisation

    À Toulon, des stands d’information seront installés les 7, 13 et 15 octobre pour proposer des dépistages gratuits, sensibiliser avec des casques de réalité virtuelle et apprendre les zones à surveiller régulièrement grâce à des bustes d’autopalpation. Du 2 au 14 octobre, plusieurs activités d’aquagym, de music-entretien, d’aqua-zen et de circuit training seront organisées dans des gymnases et piscines de la ville.

    Dans les Alpes-de-Haute-Provence, parcours de marche et bien-être

    Ce samedi 3 octobre, la mairie d’Oraison annonce un programme chargé : parcours de marche de 8 et 11 km, divers ateliers de bien-être, repas dansant, concert… Les bénéfices seront remis à la recherche contre le cancer du sein.

  • L’hôpital de Pont-Saint-Esprit élargit son offre de soins

    L’hôpital de Pont-Saint-Esprit élargit son offre de soins

    Après la mise en place d’une direction commune en début d’année entre l’hôpital de Bagnols-sur-Cèze et celui de Pont-Saint-Esprit, l’offre de soins s’élargit dans le Gard rhodanien.

    En effet, le centre hospitalier de Pont va ouvrir deux nouvelles spécialités en consultation externe à partir de septembre : la gynécologie et l’oncologie. Avant la fin de l’année, la spécialité ORL complétera cette offre. La prise de rendez-vous pour ces consultations externes est déjà possible par téléphone*. Elles s’ajoutent aux spécialités déjà présentes dont la chirurgie viscérale, la gastro-entérologie, la médecine physique et de réadaptation, les consultations plaies et cicatrisation, la chirurgie orthopédique, la médecine interne, la diabétologie ou encore la cardiologie.

    Un nouveau centre d’imagerie

    Dans le cadre du groupement de coopération sanitaire (GCS) avec Bagnols, l’hôpital de Pont va également ouvrir, à partir du 7 septembre, un nouveau centre d’imagerie qui « permettra de réaliser des examens de radiologie générale, de sénologie avec dépistage organisé, d’échographie et de scanner ». Depuis le 24 août, les patients peuvent déjà prendre rendez-vous **.

    « À travers le développement de son activité d’imagerie et l’élargissement de son offre de consultations spécialisées, le centre hospitalier de Pont-Saint-Esprit poursuit son engagement en faveur de l’accès aux soins et du parcours de santé des patients et contribue à renforcer le rôle du centre hospitalier labellisé de proximité », précise la direction de l’hôpital.

    * Au 04.66.33.40.25.

    ** ou au 04.66.33.42.90.

  • [Série 3/3] Les soins de support, maintenir la nutrition et la qualité de vie

    [Série 3/3] Les soins de support, maintenir la nutrition et la qualité de vie

    Les soins de support permettent de soutenir le patient en parallèle de la prise en charge médicamenteuse ou chirurgicale de sa pathologie cancéreuse. « Il existe neuf soins de supports définis comme la nutrition, l’activité physique, ou encore la douleur, entre autres », explique le docteur Braticevic gériatre et directrice du Comité de liaison en alimentation et nutrition au sein de l’Institut Paoli-Calmettes. « Les soins de support sont les mêmes que l’on soit jeune ou moins jeune. Par contre, il y a un aspect supplémentaire à prendre en compte pour les personnes âgées, ce sont les comorbidités, c’est-à-dire d’autres pathologies qui auraient pu se développer avec l’avancée en âge. »

    Activité physique et maintien de la nutrition sont essentiels

    C’est au moment du diagnostic que les évaluations ont lieu, au début donc de la prise en charge pour ensuite adapter au mieux les soins de support en fonction des besoins du patient soigné. « Lors d’un bilan oncogériatrique nous faisons particulièrement attention à l’activité physique et à la nutrition », souligne-t-elle. « Une personne qui a une activité physique – à ne pas confondre avec du sport – tolérera mieux les traitements, sera moins fatiguée et cela permet, pour certains types de cancer, d’éviter le risque de récidives. » Et de continuer, « L’aspect nutritionnel ne doit également pas être négligé car on sait que la plupart des médicaments dans le sang se fixent sur les protéines. Sauf que, quand on maigrit on baisse son taux de protéines, donc les médicaments se fixent moins bien et de fait fonctionnent moins bien. » Les professionnels de santé proposent donc aux patients traités pour un cancer un enrichissement de l’alimentation en calories et en protéines. L’objectif étant de maintenir l’état nutritionnel pour que les traitements fonctionnent au mieux tout en préservant un bien-être global. « L’essence même de notre métier c’est de soigner au mieux un patient tout en préservant sa qualité de vie parce que souvent quand on avance en âge c’est ce qui importe le plus. Il ne faut donc pas sous-traiter quelqu’un sous prétexte qu’il est âgé mais il ne faut pas le surtraiter non plus. Tout l’enjeu étant de prendre la juste mesure », ajoute Cécile Braticevic.

    En somme, un patient qu’il soit âgé ou non ne doit pas perdre de poids au cours de son hospitalisation. Ce poids perdu correspondant à de la masse musculaire surtout chez un sujet âgé. « Les personnes âgées sont davantage touchées car quand on vieillit, on a tendance à diminuer sa masse maigre au profit de sa masse grasse. Pour donner un exemple, quelqu’un de 80 ans qui perd un kilo perd en fait 800 g de muscles, la dénutrition est donc la bête noire du patient », renchérit-elle. « 40% des patients hospitalisés chez nous sont dénutris et pour certains types de cancers, cela monte à 70% il y a donc une nécessité d’assurer un suivi tout au long du processus de soins avec si besoin, un partenariat pour des hospitalisations à domicile. »

  • L’Hôpital Privé de Provence innove en soin oncologique

    L’Hôpital Privé de Provence innove en soin oncologique

    L’hôpital Privé de Provence (HPP) est l’un des seuls en France à disposer de ce dispositif. Début novembre, l’établissement hospitalier s’est doté d’un pôle entier dédié à la rééducation oncologique. Ici, dans cet espace dessiné en quatre box, d’une superficie de 100 mètres carrés, ce sont une trentaine de patients par jours qui sont suivis et accompagnés dans le traitement des effets secondaires liés aux chimiothérapies et autres interventions endurées par les personnes atteintes de cancers. Exemple, la neuropathie. Les praticiens intégrés au pôle interviennent également jusque dans les services de chimiothérapie. « Pour faire simple, les soins permettent aux patients de garder une autonomie et une activité pendant leur soins. On dispose d’une salle de kinésithérapie et d’un matériel d’innovation plus technique qui permet de prendre en charge l’apparition de divers symptômes [liés aux effets secondaires des traitements, Ndlr.], très peu pris en charge jusqu’à présents », explique Pierre Lavignotte, 27 ans, masseur kinésithérapeute libéral au sein de l’HPP. Lui est à l’origine du projet. Au nom d’une société dont il poursuit la création, soutenu par la direction, il a investi près de 100 000 euros dans le matériel nécessaire. Parmi les thérapies de pointe intégrées au pôle : la photobiomodulation, thérapie laser aux propriétés antalgiques, cicatrisantes, anti-inflammatoires et l’endermologie pour réduire, entre autres, les lymphœdèmes, améliorer la mobilité et réduire tensions et de douleurs. « Il n’y avait quasiment aucune prise en charge, a part médicamenteuse sur les neuropathies, poursuit Pierre Lavignotte. On traitait le symptôme, pas la cause de perte de sensibilité. En intervenant rapidement on permet d’éviter cette dégradation parfois permanente. » En janvier, une quatrième kinésithérapeute rejoindra l’équipe.

  • Un nouveau service oncologie a ouvert ses portes à l’hôpital d’Hyères

    Un nouveau service oncologie a ouvert ses portes à l’hôpital d’Hyères

    Les patients en oncologie hyérois et des communes alentours n’auront plus besoin de faire la route jusqu’à Toulon. Face aux demandes malheureusement croissantes et une capacité de prise en charge qui s’essouffle, un nouveau service a ouvert ses portes au centre hospitalier (CH) de Hyères, en vertu d’un projet commun de coopération territoriale avec le centre hospitalier intercommunal Toulon – La Seyne-sur-Mer, à destination des patients de l’est de la métropole.

    Un lancement réalisé en deux temps puisque les premiers patients – en hospitalisation – ont pu bénéficier de ses services cet été, alors que l’accueil de jour a été mis en place début septembre, occasionnant l’ouverture officielle du service, marquant une étape importante dans l’élargissement de l’offre de soins sur le territoire.

    Doté d’une capacité de dix lits en hospitalisation et de dix lits en hôpital de jour (soit vingt patients quotidiens), il permet d’accueillir jusqu’à trente personnes à la journée. Il réunit trois médecins, ainsi qu’une équipe pluridisciplinaire (infirmiers, aide-soignants, assistante médico-administrative, pharmaciens, psychologue, assistante sociale et diététicienne) sous l’égide du Docteur Philippe Bernard, et est rattaché au pôle Médecine et spécialités Hépato-gastro piloté par le Docteur Amandine Chollet.

    Trois unités de soin

    Avec l’ouverture de ce nouveau service d’oncologie, conformément aux recommandations du Plan national cancer, le patient du CH d’Hyères bénéficie d’une prise en charge personnalisée et proche de son domicile. Le traitement administré est discuté en réunion de concertation pluridisciplinaire (RCP). Il est ensuite administré par du personnel formé aux soins oncologiques en unité spécifique et encadré par des soins de support (prise en charge de la douleur, nutritionnelle, psychologique, sociale).

    Le service d’oncologie s’articule autour d’une offre de soins qui se décompose en trois parties. D’abord, les consultations externes réalisées par les deux médecins oncologues. Lors de la consultation initiale, le traitement est explicité au patient, complété par un temps infirmier. Le patient est régulièrement suivi tout au long de son parcours de soins et accompagné en fin de traitement. Ensuite, l’hôpital de jour, situé au rez-de-chaussée, qui s’inscrit dans le prolongement des consultations externes. Il est ouvert du lundi au vendredi de 8h à 18h. Il accueille les patients en ambulatoire pour leurs traitements (chimiothérapies, immunothérapies, thérapies ciblées…). Enfin, l’unité d’hospitalisation, installée depuis l’été au deuxième étage, dédiée à la prise en charge en hospitalisation complète des patients les plus fragiles, notamment en situation de soins palliatifs.

  • « On n’est pas venus en grands sauveurs d’emplois »

    « On n’est pas venus en grands sauveurs d’emplois »

    La Marseillaise : En 1999, vous cofondez l’entreprise Ipsogen de diagnostic in vitro, qui devient HalioDx, avant d’être rachetée en 2021 par Veracyte. Lorsqu’en 2025, cette entreprise américaine lâche le site, que se passe-t-il pour vous ?

    Stéphane Debono : Avec l’autre cofondateur d’Ipsogen, Vincent Fert, on voulait créer une société pour aider les innovateurs du diagnostic en santé humaine à concevoir, industrialiser, produire et expédier à leurs clients leurs innovations. On avait ce projet en tête quand on a vu que Veracyte cherchait un repreneur pour le site marseillais. Ça nous semblait une très bonne idée de reprendre une partie de l’activité de notre ancien site. On n’est pas revenus en grands sauveurs d’emplois, mais parce qu’on a un projet qui fait sens. Avoir pu récupérer une équipe avec 25 ans de réalisation nous permet de démarrer avec des fondations solides.

    Ce sont donc 38 postes, sur les 164 que comptait Veracyte, que votre offre a permis de préserver ?

    S.D. : Oui, c’est l’offre faite au tribunal : 38 immédiatement avec un engagement d’embaucher six personnes supplémentaires et créer deux postes de direction.

    Pourquoi ne pas avoir repris toute l’activité ?

    S.D. : Après le rachat en 2021 par Veracyte, les activités sur le site à Marseille ont évolué. Notamment avec une grosse activité de développement de produits pour des sociétés pharmaceutiques ou spécifiques à cette entreprise. Ce sont ces activités qu’on ne reprend pas parce qu’elles sont trop formatées pour Veracyte. Le projet d’Hélio Diagnostics, c’est de proposer notre savoir-faire de 25 ans d’expérience pour aider à développer des diagnostics en oncologie, mais aussi en maladies infectieuses, dans le domaine du vétérinaire ou l’agroalimentaire. Il n’y a pas de limite à ce projet.

    Pourquoi reprendre le site marseillais ?

    S.D. : D’abord, pour hériter d’une expérience de 25 ans. Puis, c’est bien de pouvoir renforcer l’image européenne de l’innovation et de l’industrie du diagnostic. On est impliqués dans l’écosystème marseillais depuis 25 ans et cet impact local est important. Et puis c’est beau ce qui a été construit à Marseille, cette dynamique du pôle santé régional. Si on peut contribuer à tout ça, on en est fiers.