Tag: oiseaux

  • [Entretien] Yannick Simonin : « L’année 2026 est un signal d’alarme par rapport au virus du Nil occidental »

    [Entretien] Yannick Simonin : « L’année 2026 est un signal d’alarme par rapport au virus du Nil occidental »

    La Marseillaise : Avec 161 humains infectés par le virus du Nil occidental en France, l’année 2026 marque un record…

    Yannick Simonin : Oui, c’est trois fois plus que le précédent qui datait de… 2025. Ce virus est un grand gagnant du changement climatique. D’abord parce qu’il se transmet par les moustiques qui bénéficient du réchauffement. Mais aussi car lors des canicules, les points d’eau se raréfient. Les oiseaux et les moustiques se concentrent autour de ceux qui restent, ce qui favorisent la transmission. L’année 2026 est un signal d’alarme.

    Doit-on s’en inquiéter ?

    Y.S. : Oui, sans pour autant paniquer. Les cas augmentent. Les formes sévères et les décès aussi. Mais nous n’attendons pas d’épidémie majeure. C’est une montée progressive avec parfois des pics importants. Il faut être vigilant, développer des programmes de surveillance, des traitements et des vaccins. Pour l’instant, il n’existe qu’un vaccin chez le cheval. Chez l’humain : aucun vaccin ni traitement.

    Par rapport à la dengue ?

    Y.S. : Les cas de dengue sont plus nombreux et plus largement répartis géographiquement. Mais le virus du Nil occidental provoque plus de formes sévères car il atteint le cerveau et entraîne des inflammations souvent fatales. Toutefois, une grosse différence avec la dengue est qu’un humain infecté par le virus du Nil occidental ne le transmet pas s’il est piqué par un moustique. Sa charge virale n’est pas suffisante. Cela freine la transmission. C’est plutôt une bonne nouvelle. Mais le virus peut se transmettre par don de sang ou d’organe.

  • [Sciences] En Camargue, des oiseaux largement infectés par le virus du Nil occidental

    [Sciences] En Camargue, des oiseaux largement infectés par le virus du Nil occidental

    Ils n’y peuvent rien, mais certains oiseaux sont plus infectés que d’autres par le virus du Nil occidental et son cousin le virus Usutu. Une étude menée entre la Camargue et l’aire péri-urbaine de Montpellier en 2024 et 2025 a cherché l’ARN de ces virus chez plus de 2 500 oiseaux. Soit en analysant leurs fientes, soit en les capturant et en leur faisant un prélèvement par écouvillon. Parmi les espèces résidentes, le moineau et la mésange charbonnière sont les plus infectés. Chez les espèces migratrices, l’hirondelle et le guêpier d’Europe occupent les premières places. « Cela confirme que les passereaux sont les plus infectés et précise quelles espèces », résume Yannick Simonin, professeur de virologie à l’Université de Montpellier et dernier auteur de l’étude parue dans PLOS Neglected Tropical Diseases.

    Ces virus sont très présents en Europe depuis au moins deux décennies. « Le sud de la France est un point chaud », assure Yannick Simonin. En cause : des habitats favorables aux oiseaux, comme la Camargue, et le passage d’oiseaux migrateurs. Car les oiseaux sont le principal réservoir de ces virus qui peuvent se transmettre aux humains et aux chevaux via le moustique commun et s’avérer parfois mortels. « Le virus Usutu est plus mortel que le virus du Nil occidental pour les oiseaux, mais c’est l’inverse pour les humains », note Yannick Simonin. Et les cas augmentent ces dernières années. « Il nous fallait mieux comprendre la circulation de ces virus », ajoute-t-il.

    Surveillance active

    « Les virus circulent largement », résume Yannick Simonin. Environ 12% des oiseaux étaient infectés par le virus Usutu et 4% par le virus du Nil occidental. « Et leur présence est précoce, notamment chez les oiseaux migrateurs », poursuit-il. Ils ont été détectés dès les mois de mars-avril alors que les premiers cas humains apparaissent généralement au cœur de l’été. « Une surveillance active dès le printemps permettrait d’anticiper un risque élevé de cas humains pendant l’été », estime le chercheur. Car la surveillance menée jusqu’alors se contente de chercher les virus chez des oiseaux morts. Encore faut-il les trouver avant leurs prédateurs. « Une surveillance active par captures est coûteuse, admet-il. Mais notre étude montre qu’analyser les fientes fonctionne. Et nous montrons dans une autre étude que nous pouvons aussi trouver des indices dans l’eau ».

    Les passereaux sont les plus infectés. « Nous l’avions déjà constaté », indique Yannick Simonin. Ils sont aussi largement les plus nombreux : 90% des oiseaux capturés. Les autres sont trop peu nombreux pour offrir des statistiques robustes. « Mais il se peut que les passereaux aient aussi un système immunitaire moins efficace contre ces virus », abonde le chercheur. Il semblerait également que ces virus puissent se maintenir chez les oiseaux résidents pendant l’hiver. Il reste à savoir comment.

    REPÈRES

    1937

    C’est l’année au cours de laquelle le virus du Nil occidental a été identifié en Ouganda. Le premier cas humain d’infection en Europe remonte à 1962. C’était en Camargue. Le virus Usutu a été identifié pour la première fois en 1959 en Afrique du Sud. Le premier cas humain en France date de 2016, à Montpellier.

    1086

    C’est le nombre d’infections humaines au virus du Nil occidental en Europe pour l’année 2026 (chiffres de début septembre). Les hommes de plus de 65 ans sont les plus touchés. Dans 78% des cas, une hospitalisation a été nécessaire. Dans 60% des cas, des symptômes neurologiques étaient présents. Le taux de décès est de 6%.

    Culex pipiens

    C’est le nom scientifique du moustique commun, qui transmet le virus du Nil occidental et le virus Usutu après avoir piqué des oiseaux infectés. Pour une fois, le moustique tigre n’est pas en cause.

  • [Week-end] À Hyères, la santé au soutien de la nature

    [Week-end] À Hyères, la santé au soutien de la nature

    Existe-t-il, en France, un hôpital doté d’un plus beau cadre que l’hôpital Renée-Sabran de Hyères ? Situé sur la presqu’île de Giens, au cœur d’un domaine de 30 hectares en bord de Méditerranée, encerclé par les pins, les plages et les espaces marins, l’établissement, consacré, en majeure partie, à la réadaptation physique, psychologique, se revendique « héritier de la tradition de la cure marine », et fait « la nature un outil thérapeutique. [Cela] nous confère une responsabilité particulière en termes de réservation et de restauration de cet environnement d’exception et de notre territoire », affirme Karine Hamela, directrice de l’Hôpital Renée Sabran.

    L’hôpital s’y engage depuis plusieurs années à travers son plan stratégique 2035, qui porte un axe lié à la préservation de la biodiversité. C’est à ce titre qu’il est engagé, depuis 2022, dans le programme « Refuges LPO » de la Ligue pour la Protection des Oiseaux. Cette collaboration, basée sur des inventaires réguliers et sur la sensibilisation des soignants et des patients, permet de mieux connaître la faune et la flore du site et d’adapter la gestion en conséquence. Son impact est non-négligeable, puisqu’en quatre ans, le nombre d’espèces recensées est passé de 77 à 127.

    Projet CARET : protéger la tortue caouanne

    Dans la même optique, l’hôpital Renée-Sabran est également lié au Parc National de Port-Cros, puisqu’il fait partie du territoire. Déjà effective depuis plusieurs années à travers des prospections floristiques sur le domaine, cette collaboration vient d’être appuyée par la signature d’une convention entre les deux entités, jeudi.

    Le principe directeur : une approche dite « one health » qui regroupe santés humaine, environnementale et animale. « Toutes sont étroitement liées », appuie Karine Hamela, pour qui « on ne peut penser la santé humaine sans les autres. Cette alliance permet de combiner et d’associer les expertises et les compétences ». Celle-ci implique quatre axes de travail, dont le plus important est le projet Caret (Conservation et actions de restauration des écosystèmes de la tortue caouanne). Porté par le Parc national avec le soutien de l’Office français de la biodiversité, il vise à restaurer et protéger les littoraux sableux des cinq communes adhérentes du Parc (La Garde, Le Pradet, Hyères, La Croix-Valmer et Ramatuelle), où de nouveaux sites de ponte de tortue caouanne sont apparus. Sur la plage de la Vignette, qui borde l’hôpital, seront menés un chantier de restauration de l’arrière-plage, la sensibilisation du personnel et des patients à la protection des pontes, ainsi que des actions de suivi.

    L’expertise floristique sera aussi poursuivie, grâce au Conservatoire botanique national méditerranéen, avec lequel le Parc national poursuivra l’inventaire et le suivi de la flore, en particulier du genêt à feuilles de lin et du Sérapia d’Hyères. L’aspect pédagogique sera renforcé, avec des interventions de l’institution dans les événements de l’hôpital. Enfin, ce dernier participera à la concertation sur le milieu marin, afin de transformer les sentiers sous-marins de l’Aire marine adjacente du Parc national en Zones de protection forte, statut juridique qui permet de supprimer ou limiter les pressions des activités humaines d’un espace naturel pour en préserver les enjeux écologiques.

  • Des kilos de plastique aux abords du lac de Serre-Ponçon

    Des kilos de plastique aux abords du lac de Serre-Ponçon

    « Avant, je ne me préoccupais pas du plastique que je voyais en me baladant », se souvient Jean-Paul Coulomb, bénévole à la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO) Écrins-Embrunais. Mais il y a dix ans, alors qu’il venait observer les oiseaux dans la zone humide du Liou, lieu riche en biodiversité le long du lac de Serre-Ponçon, il trouve « un champ de déchets » et décide de les enlever. Depuis, le retraité organise régulièrement des ramassages, mobilisant parfois des dizaines de personnes. Avec à leur actif plus de 110 000 litres de déchets plastiques extraits du lac, depuis janvier 2017 : « De quoi ériger une colonne de 1 mètre carré de base et 110 mètres de haut, soit deux fois la hauteur de la cathédrale de Notre Dame de la Garde à Marseille, statue de la Bonne Mère comprise ! ».

    Depuis la zone du Liou, lieu de passage pour de nombreuses espèces d’oiseaux migrateurs, « on se prend le vent plein pot », explique le retraité. Le lac ramène donc régulièrement des déchets plastiques, accrochés sur les centaines de bouts de bois portés par le courant. « Les vents et les courants les concentrent pour l’essentiel en amont du pont de Savines-le-Lac mais aussi, plus loin en aval en rive droite, jusqu’à l’anse du Riou Bourdou, sans oublier l’arrivée de l’Ubaye », explique la LPO. Il suffit de marcher quelques mètres à peine sur la berge et de fouiller le sol du bout de la chaussure pour observer des dizaines de morceaux de plastique en tout genre. « La plupart ne proviennent pas d’incivilités », note le bénévole. Pour comprendre la provenance de ces déchets, il faut plutôt se tourner vers d’anciennes décharges communales, implantées à proximité immédiate des cours d’eau dans les vallées. Quand des orages violents éclatent, les torrents emportent ces déchets, dont certains ont plusieurs décennies. « Une fois, j’ai trouvé une bouteille de lait dont l’année de péremption était 1978 », lance Jean-Paul Coulomb. Avec les années, il a l’œil : un instant lui suffit pour reconnaître l’origine d’un bout de plastique. Ici, un briquet, là une capsule de bouteille de gaz. Plus curieux, des dizaines de petits cylindres transparents sont visibles. « Il s’agit de biomédias, utilisés pour ceux-là par la station d’épuration d’Abriès, à plusieurs kilomètres d’ici, qui a fuité en avril 2025 ».

    Macro et microplastiques

    Au-delà de la pollution visuelle, c’est surtout les risques pour la santé humaine qui inquiètent les bénévoles de la LPO. « Les impacts sur le paysage et le tourisme, on s’en fiche presque. Ces macroplastiques se dégradent en microplastiques, explique Jean-Paul Coulomb. On en retrouve partout dans l’organisme humain. » Face à cette « bombe à retardement », les bénévoles regrettent que la puissance publique ne s’implique pas d’avantage.

    Agathe Di Lenardo

  • Rouvrir les garrigues pour la pie-grièche à Lançon-de-Provence

    Rouvrir les garrigues pour la pie-grièche à Lançon-de-Provence

    Cinq espèces de pie-grièche sont présentes dans le pays, et toutes sont en voie de disparition. Au sein de ce cortège, la Pie-grièche méridionale, endémique de la péninsule ibérique et du sud de la France, est menacée d’extinction au niveau mondial. Dans l’Hexagone, sa population est estimée entre 750 et 1 250 couples nicheurs. La région Provence-Alpes-Côte d’Azur, qui accueille à elle seule plus de la moitié de ces effectifs, « détient une responsabilité majeure dans la conservation de cette espèce », affirme la Ligue de protection des oiseaux PACA (LPO).

    L’association a donc lancé le Programme de restauration écologique des garrigues ouvertes (PREGO), un projet pilote destiné à préserver les habitats favorables à la pie-grièche méridionale et à toute la biodiversité qui lui est associée. Car cette espèce typique des paysages méditerranéens semi-ouverts dépend étroitement des maquis entretenus par le pastoralisme ou par les perturbations naturelles comme les incendies. « Mais avec la déprise agricole débutée dans les années 1970, l’abandon progressif du pâturage a favorisé la fermeture des
    milieux
     », relate la LPO.

    Pâturer pour pérenniser

    François Jeanne, responsable territorial Ouest-Provence de l’association, détaille : « La dynamique naturelle, qu’on observe dans tous les milieux, c’est la colonisation des garrigues et leur emboisement, avec une évolution vers le stade de jeune pinède, puis de forêt. »

    À ce stade du programme, la LPO identifie les secteurs à rouvrir. Concrètement, 132 hectares seront restaurés au cœur de la zone Natura 2 000 des garrigues de Lançon-de-Provence, notamment par girobroyage mécanique, d’ici juin 2029. Des opérations de brûlage dirigé menées par le Service départemental d’incendie et de secours concerneront 12 hectares « qui ne sont pas encore cartographiés », note François Jeanne, qui précise : « On croise ça avec toutes les opérations de Défense des forêts contre l’incendie (DFCI), l’idée c’est de venir en complément. » Car au-delà de leurs bienfaits pour la biodiversité, ces actions renforcent la résilience des écosystèmes face au changement climatique et contribuent à la limitation du risque incendie.

    Le pâturage sur les sites restaurés sera ensuite encouragé afin de maintenir durablement ces milieux ouverts. Le Centre d’études et de réalisations pastorales Alpes Méditerranée (CERPAM), sans être partenaire direct, est associé au programme. « Ils étaient présents à la réunion de lancement et suivent le projet avec intérêt », assure le responsable territorial LPO. « On a une réflexion pour garantir la pérennité des travaux, poursuit-il. Une expérience sur la commune de la Barben montre que lorsqu’on rouvre les milieux, l’écosystème est favorable pour une période de 5 à 7 années après les travaux. Le pâturage freine la fermeture. » Les actions opérationnelles seront réalisées à l’automne ou à l’hiver. « On espère pouvoir entamer les premiers travaux au début de l’an prochain, après avoir obtenu les autorisations environnementales », confie François Jeanne.

  • Monieux met les vautours à l’honneur

    Monieux met les vautours à l’honneur

    C’est au belvédère du Castelleras à Monieux, et plus particulièrement sur la route touristique des Gorges de la Nesque, face au rocher du Cire, que les naturalistes du groupe local Ventoux de la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO) Paca vous donnent rendez-vous ce samedi, de 9h à 17h.

    « Nous attendons le public sur ce belvédère face à une formation géologique extraordinaire que l’on ne soupçonne pas et qui surplombe les gorges de la Nesque dans un paysage à couper le souffle, précise Cécile Boule, bénévole du groupe local Ventoux de la LPO Paca. Cette journée de découverte que nous proposons s’inscrit dans le cadre des Journées mondiales des vautours. Le point de rendez-vous est parfait, car il abrite toute une faune de vautours fauves, qui sont des oiseaux sédentaires, revenus s’installer naturellement sur le site entre 2022 et 2023, alors que c’est une espèce qui a été réintroduite par l’homme dans d’autres endroits de la région. »

    Un animal indispensable

    à l’aide de jumelles et d’outils d’observation fournis par les bénévoles, les curieux, petits et grands, pourront admirer ces oiseaux sur les falaises ou en vol. « C’est un oiseau dont le plumage se confond avec la roche. Ainsi, les jumelles sont nécessaires pour les observer s’ils sont à l’arrêt, mais lorsqu’ils volent, le spectacle est magique. Et on peut les voir à l’œil nu car c’est une espèce majestueuse qui peut atteindre les 2,80 mètres d’envergure dans les airs », continue-t-elle.

    Au-delà des moments privilégiés d’observation proposés, vous pourrez en apprendre davantage sur ces rapaces à qui l’on peut parfois mener la vie dure à cause des préjugés qui leur collent au plumage. « Il y a beaucoup d’idées reçues sur les vautours, car ce sont des charognards, mais peu de gens savent à quel point ce sont des animaux au caractère pacifique. Nous voulons mettre à mal ces idées reçues pour que le grand public connaisse mieux ces oiseaux, précise Cécile Boule. Nous présenterons leur vie, leurs mœurs, leurs habitudes mais nous expliquerons aussi aux visiteurs à quel point ils sont utiles dans la nature et la biodiversité, car ils nous débarrassent des animaux morts et permettent ainsi d’éviter la propagation de maladies par exemple. »

    Vautours et passereaux

    Mais les vautours fauves ne seront pas les seuls oiseaux à observer. Des vautours percnoptères pourraient également être de la partie. « Les vautours percnoptères sont des oiseaux migrateurs, ils ne sont pas sur les falaises tout au long de l’année, mais si nous avons de la chance, le couple qui revient chaque année sera peut-être encore là. Cette espèce est quant à elle beaucoup plus rare et vulnérable. Les observer serait une chance », conclut la bénévole de la LPO Paca.

    Sans oublier les autres oiseaux et passereaux qui viendront se joindre à eux.

    Mail : ventoux@lpo.fr

  • Deux jeunes calaos papous sortent du nid dans le Var

    Deux jeunes calaos papous sortent du nid dans le Var

    Si le parc accueille régulièrement des naissances de calaos, mener deux jeunes à l’âge de l’envol lors d’une même reproduction est plutôt rare. Avec une particularité cette année, une aide inattendue : leur grande sœur, née au parc en 2025, a participé au nourrissage aux côtés de son père, apportant de la nourriture à la femelle et aux oisillons. Une véritable histoire familiale sur deux générations. Le parc
    varois accueille aujourd’hui sept espèces de calaos et plusieurs couples qui se reproduisent régulièrement. Le résultat d’un suivi attentif des couples et d’installations adaptées. Originaire de Nouvelle-Guinée, le calao papou joue également un rôle essentiel dans la dispersion des graines et le renouvellement des forêts tropicales.

  • Cinq associations réclament un moratoire sur la chasse

    Cinq associations réclament un moratoire sur la chasse

    Depuis plusieurs jours, les pétitions en ligne se multiplient en Gironde, à Fontainebleau ou dans le Var pour réclamer l’arrêt de la chasse après l’été apocalyptique qui a touché l’Hexagone. L’une d’elles, « Pas de fusils sur les cendres »*, portée par un particulier, cumule déjà près de 470 000 signatures. Si elle demande que des mesures soient prises dans les zones concernées par les 116 085 hectares partis en fumée en 2026 (record absolu en France), cinq associations souhaitent aller plus loin et réclament un moratoire sur l’ensemble du territoire.

    « On peut imaginer que les populations d’animaux sauvages ont un petit peu dégringolé, voire beaucoup, puisqu’avec la canicule, les incendies et la sécheresse, elles n’ont pas augmenté pendant l’été », avance Christian Perrenot, délégué régional de l’Aspas, l’Association pour la protection des animaux sauvages. Face à cette inquiétude, l’Aspas s’est associée avec l’Aves (Agir pour le vivant et les espèces sauvages), Focale pour le sauvage, One Voice et le Pôle Grands Prédateurs pour réclamer la suspension de la chasse le temps qu’une étude sur l’état des populations sauvages soit réalisée.

    « Aujourd’hui, nous n’avons aucune information précise sur l’état de la faune, même si nous pensons qu’il y a eu de gros dégâts », prévient Christian Perrenot. « Cette étude pourrait être réalisée par les services de l’État. La DDTM [Direction départementale des territoires et de la mer] et l’OFB [Office français de la biodiversité] ont des experts qui pourraient rapidement réaliser ce travail. Selon les conclusions, il faudrait adapter la chasse. S’il y a eu zéro dégâts, il n’y a pas de raison que la chasse soit modifiée mais nous avons de gros doutes. »

    Dialogue difficile

    L’Apsas a également envoyé un courrier pour renouveler sa demande de moratoire à 45 préfectures dont celles du Gard et de l’Hérault. Pour l’heure, elle n’a reçu aucune réponse. Contactées, la préfecture du Gard indique avoir « sollicité l’Office Français de la Biodiversité pour avis » et « qu’une fois le retour de l’OFB reçu, les services de l’État analyseront les éléments et une décision sera prise ». « Un article du Code de l’environnement précise qu’à l’occasion d’événements exceptionnels, par exemple un tsunami, un tremblement de terre, des gros gels ou des canicules, la chasse peut être suspendue par les préfets pendant des périodes de 10 jours renouvelables. Les préfets pourraient donc y recourir le temps qu’une étude scientifique sérieuse soit réalisée », précise Christian Perrenot.

    Car si la chasse sera ouverte dans le Gard et l’Hérault le 13 septembre, plusieurs espèces peuvent déjà être chassées comme le sanglier, le chevreuil ou encore le renard, considéré comme une Espèce susceptible d’occasionner des dégâts (Esod). Depuis, le 21 août, la chasse est également autorisée pour le gibier d’eau comme les canards. « Avec la sécheresse, les surfaces d’eau se réduisent et les gibiers d’eau ont beaucoup moins d’espace. La chasse va donc être un massacre, car ces espèces n’ont plus que le tiers, la moitié ou le quart des étangs pour se réfugier. C’est pour cela que la LPO [Ligue pour la protection des oiseaux, Ndlr] demande que la chasse soit décalée d’un mois », s’inquiète le délégué de l’Aspas dans l’Hérault.

    Si ces organisations environnementales souhaitent ouvrir le débat au vu de la situation exceptionnelle de l’été, elles regrettent le manque d’écoute de la part de l’État. « On n’a pas eu de réponse de la part des préfectures et on ne sait pas si on en aura une. Chaque fois, on reste scotchés par la mauvaise foi des chasseurs et par une forme de quasi-soumission des pouvoirs publics à ce monde de la chasse », fustige Christian Perrenot qui invite tous les amoureux des animaux « à venir les aider à l’Aspas » et espère surtout que la pétition fasse bouger les lignes.

  • [C’est l’été] Les Gorges de Trévans à Estoublon

    [C’est l’été] Les Gorges de Trévans à Estoublon

    Elles sont accessibles depuis le village d’Estoublon, à une trentaine de kilomètres au sud de Digne-les-Bains. Vous pouvez y faire une randonnée au fil de l’eau, au bord de la rivière. Le torrent a creusé un étroit canyon haut de 200 mètres, dans un espace à la biodiversité remarquable. Vous pouvez y trouver une quarantaine d’espèces d’oiseaux et de chauves-souris, ainsi que des chamois. De nombreux vestiges vous attendent également le long du sentier.

  • Épidémie de botulisme à l’étang de Capestang

    Épidémie de botulisme à l’étang de Capestang

    Situé à la frontière avec l’Aude, l’étang de Capestang est une des plus grandes zones humides d’eau douce de l’Hérault. Classée Natura 2000, elle est la 3e plus importante roselière de la région et joue un rôle fondamental dans la conservation de certaines espèces d’oiseaux. Pourtant, cette année, depuis le début du mois de juillet, la difficulté à maintenir un niveau d’eau acceptable dans l’étang, conjuguée aux fortes chaleurs et à la baisse du taux d’oxygène, a mené à la prolifération de la bactérie responsable du botulisme. Résultat : des tonnes de poissons et des centaines voire des milliers d’oiseaux sont décédés, dont des espèces protégées. « Ce n’est pas la première fois que ça arrive, raconte Benjamin Granel, président de l’Association syndicale autorisée (ASA) de l’étang de Capestang, chargée de la gestion, de l’entretien et des ouvrages liés au desséchement et aux réseaux de l’étang. Nous avons connu des épidémies similaires en 2022 et l’année dernière. »

    Gestion de l’eau

    Malgré le classement du site, sa situation géographique à cheval sur deux départements complique les démarches administratives pour demander des apports en eau de l’extérieur. L’ASA, Sud Hérault et les fédérations de pêche et de chasse ont tenté d’endiguer le phénomène et se sont récemment réunis avec les sous-préfets de l’Hérault et de l’Aude afin de demander un apport d’eau en urgence. « Nous avons essuyé une fin de non-recevoir, déplore Benjamin Granel. On ne demande pas de prendre de l’eau aux agriculteurs, mais simplement un petit apport, qui pourrait venir des barrages de l’Aude par exemple. Il faut noter pourtant que d’un point de vue réglementaire, la biodiversité prime sur l’agriculture. Donc, théoriquement, l’État est obligé de protéger les espèces de l’étang. » Pour continuer les démarches, l’ASA monte actuellement un dossier avec un avocat spécialisé dans le droit de l’environnement.