Tag: oeuvres d’art

  • Des balades artistiques à la découverte de l’Archipel de Thau

    Des balades artistiques à la découverte de l’Archipel de Thau

    Les « balades artistiques en Méditerranée » ont été impulsées en 2023, à l’occasion des 20 ans de l’agglomération sétoise. « L’idée était de matérialiser et de donner un sens poétique à cet anniversaire en réunissant les 14 communes qui forment ce territoire dans 4 parcours différents jalonnés de créations contemporaines », explique Salvador Garcia, directeur artistique du projet. 20 ans, 20 œuvres pour célébrer à la fois le dynamisme culturel d’un territoire où vivent et travaillent plus de 200 artistes et la beauté des espaces naturels et du patrimoine historique qui le constituent.

    Trois ans plus tard, 16 œuvres contemporaines, confiées pour certaines à des artistes du cru, ont fait leur apparition dans le paysage, en résonance avec l’environnement dans lequel elles s’inscrivent. Quatre sont encore à venir, dont deux seront installées ce mois-ci ou le prochain. « Ces créations, en dialogue avec des sites naturels ou architecturaux emblématiques, révèlent la beauté de notre patrimoine, accompagnent des projets urbains ou offrent un nouveau regard sur nos paysages », se félicite Loïc Linares, président de Sète Agglopôle Méditerranée. D’un montant de 2 millions d’euros, le projet a été financé par la collectivité à hauteur de 800 000 euros et a bénéficié d’une aide de 200 000 euros de l’État.

    Une application dédiée

    D’ores et déjà, les visiteurs peuvent se lancer à la découverte de ce musée à ciel ouvert à travers 4 parcours (« les versants de Thau » : Villeveyrac, Poussan, Montbazin, Gigean ; « les étangs » : Frontignan, Vic-la-Gardiole, Mireval ; « les rivages de Thau » : Marseillan, Mèze, Loupian, Bouzigues, Balaruc-le-Vieux, Balaruc-les-Bains ; et Sète, ville-île). Pour guider les curieux, l’office de tourisme intercommunal a conçu une application gratuite pour Android et Apple, intitulée « BAM » (pour « Balades Artistiques en Méditerranée »). Elle permet « de se situer dans les parcours, de repérer les différentes œuvres et d’écouter des entretiens avec les artistes tout en découvrant ou redécouvrant le patrimoine de l’Archipel de Thau. L’idée étant de parcourir ces circuits en modes doux, à vélo ou à pied », précise Salvador Garcia.

  • [Entretien] Yannick Lintz : « Faire découvrir la Chine à travers ses plus grands chefs d’œuvre »

    [Entretien] Yannick Lintz : « Faire découvrir la Chine à travers ses plus grands chefs d’œuvre »

    La Marseillaise : Le musée Guimet dispose d’une des plus importantes collections d’arts asiatiques…

    Yannick Lintz : Oui, c’est le musée national consacré aux arts asiatiques. C’est un peu le Louvre de l’Asie. On y trouve les différentes cultures asiatiques depuis l’Afghanistan en passant par l’Asie du Sud, l’Inde, le Cambodge, la Thaïlande et tous les pays d’Asie du sud-est, mais aussi la Chine, le Japon, la Corée, le monde himalayen… Toute l’Asie à l’Est du Moyen-Orient. On a ainsi la chance d’avoir, à Paris, un des quatre plus grands musées au monde dédiés aux arts asiatiques.

    En quoi consiste le dispositif « Guimet + », dans le cadre duquel s’inscrit le partenariat noué avec le musée Fabre ?

    Y.L. : Tout le monde n’a pas les moyens de venir à Paris dans les musées. L’idée est donc de rapprocher des populations les trésors nationaux qu’ils contiennent. Nous avons entamé le dispositif « Guimet + » l’année dernière à Clermont-Ferrand et Digne-les-Bains. Et cette année, nous proposons un nouveau « Guimet + » à Montpellier, avant de continuer dans quelques autres villes. L’originalité de ce dispositif et son côté innovant, c’est qu’on ne veut pas s’installer juste le temps d’une exposition temporaire de 3 mois. On veut s’installer durablement, durant 4 ans. Cela permettra, avec une exposition chaque année : la Chine, le Japon, l’Inde et le monde himalayen, de développer au maximum le lien avec les écoles, les associations locales… D’avoir des projets à long terme et du coup, on l’espère, de proposer une vraie initiation à ces cultures d’Asie pour un maximum de gens.

    Les arts et cultures asiatiques sont-ils méconnus du grand public ?

    Y.L. : Il y a une ferveur populaire pour la cuisine asiatique, le côté zen, les médecines douces et les jeunes sont passionnés de mangas ou de K-pop. La culture populaire asiatique est donc très présente, et de plus en plus. En revanche, alors que tout le monde pourrait citer un chef-d’œuvre du Louvre, comme la Joconde ou la Vénus de Milo, personne, je pense, n’est capable de citer un chef-d’œuvre du musée Guimet. L’art asiatique est donc moins connu. C’est tout l’enjeu de ces expositions durant 4 ans : faire connaître ces trésors.

    Combien d’objets sont présentés dans cette exposition autour de la Chine et quelles en sont les pièces maîtresses ?

    Y.L. : On ne veut pas assommer le public en présentant 150 œuvres d’un coup. On préfère choisir 30 chefs-d’œuvre, qui balayent toute l’histoire de la Chine depuis le Ier millénaire avant J.-C. jusqu’au XIXe siècle. On essaie également de balayer aussi tous les types de matériaux. Parmi les pièces significatives, je citerais les très rares porcelaines de Chine, des vases aux Mille-fleurs ou bien des très belles sculptures anciennes en jade, matériau beaucoup plus précieux que l’or en Chine. Nous avons voulu faire découvrir la Chine à travers ses plus grands chefs-d’œuvre.

    Par ailleurs, on ne veut pas simplement apporter les œuvres, les déposer dans des vitrines et dire : débrouillez-vous. Elles sont accompagnées de tout un dispositif éducatif : des cartes géographiques, des chronologies, des sortes de jeux interactifs. Des dispositifs sensoriels aussi, pour faire découvrir les parfums de la Chine, la poésie, la musique… On a également un grand écran immersif qui fait rentrer le visiteur dans le jardin et la maison d’un lettré, l’initie à la cérémonie du thé. L’idée est de recréer au maximum le contexte culturel des objets qu’on présente.

    Afin d’offrir des clés d’accès aux œuvres plus faciles, on les aborde à travers des thèmes universels, qui parlent à toutes les sociétés : le prestige, la transgression, le sacré, la beauté…

  • Nouvelle œuvre œcuménique à Paoli-Calmettes

    Nouvelle œuvre œcuménique à Paoli-Calmettes

    Vingt-cinq ans après la création du lieu de recueillement multiconfessionnel de l’Institut Paoli-Calmettes (IPC) (9e), Michelangelo Pistoletto, son fondateur, ajoute à sa création une nouvelle œuvre d’art. Au rez-de-chaussée de l’IPC 1, suspendu au plafond au milieu d’un étage balcon, trône désormais un signe du « troisième paradis », constitué d’une suite de tissus multicolores. Considérée comme « le symbole universel de la création au service l’humain », l’œuvre comprend les deux boucles du signe infini, au centre desquelles est ajoutée une troisième, symbolisant une « nouvelle harmonie de vie ». « Ce lieu avant-gardiste de recueillement a été crée pour que les patients qui rencontrent le cancer aient accès à un lieu de paix, qu’ils croient ou non en Dieu, détaille Dominique Maraninchi, ex directeur de l’IPC. Vingt-cinq ans plus tard, nous nous sommes rendus compte que le lieu était encore très fréquenté, donc on a voulu étendre le projet. » L’idée est donc, grâce à cette nouvelle structure artistique, de rendre cet espace plus visible, tout en lui apportant une nouvelle dimension « d’espérance ». Car « quoi qu’en disent les défaitistes, la lutte contre le cancer a progressé », s’enthousiasme Dominique Maraninchi.

    Ode au vivre ensemble

    Pensé comme espace accessible à tous, le lieu de recueillement comprend quatre espace de prière, respectivement destinés aux croyants bouddhistes, musulmans, juifs et chrétiens. Chaque case de méditation est séparée d’une paroi trouée, marque d’un dialogue continu entre les différents cultes. « Ça n’est pas anodin qu’un tel lieu existe à Marseille. On se taquine mais cela fait 2 600 ans qu’on vit tous ensemble. D’autant que dans la maladie, croyant ou non, on est tous pareil », note l’ex directeur. Et Norbert Vey, actuel directeur de l’institut d’ajouter : « C’est un grand moment de fierté pour nous, d’apporter un projet innovant et créatif. »

  • [Tribune] Halte au saccage du métro de Marseille ! Marseillaises et Marseillais, sauvegardons notre patrimoine commun

    [Tribune] Halte au saccage du métro de Marseille ! Marseillaises et Marseillais, sauvegardons notre patrimoine commun

    Le saccage a commencé à Saint-Charles en 2023, il s’est poursuivi à la Joliette en 2024, puis à Noailles et Estrangin-Préfecture cette année. Sous couvert de « modernisation », le coûteux programme « Rénov’ Stations » de la RTM et de la métropole Aix-Marseille-Provence efface peu à peu les œuvres qui ornaient depuis près d’un demi-siècle les stations du métro : mosaïques, tôles émaillées et décors originaux cèdent la place à des revêtements uniformes, salissants et sans âme.

    Réalisées entre 1977 et 1986 par des tandems artistes-architectes, les stations du métro de Marseille possédaient une identité forte et colorée, avec des œuvres liées à l’identité et à l’histoire des quartiers desservis. Le plan « Rénov’ Stations », censé « améliorer le confort et la sécurité » des usagers, transforme aujourd’hui ces espaces en lieux aseptisés, interchangeables, où tout se ressemble. Les nouveaux aménagements, mal conçus et fragiles, produisent des espaces illisibles aux ambiances d’hôpital et brouillent les repères des voyageurs.

    Pourtant, ces décors relèvent du patrimoine architectural et artistique du XXᵉ siècle, protégés par le droit français (Code du patrimoine et Code de la propriété intellectuelle), ainsi que par la Convention de Faro, qui reconnaît le droit des citoyens à participer à la valorisation de leur patrimoine. Leur destruction sans concertation bafoue ce double statut et efface une mémoire collective. Certaines œuvres ont purement disparu, comme Les Ports d’Albert Jaubert à la Joliette, évoquant le passé ouvrier et portuaire, remplacée par une photographie du quartier Euroméditerranée, représentant une image lisse et marchandable de la ville.

    Ce chantier illustre la fragilité du regard porté sur le patrimoine marseillais. Dans la plus vieille ville de France, il est dommage que le patrimoine soit si peu considéré et perpétuellement détruit. Alors que les stations Castellane et Désirée-Clary s’apprêtent à subir le même sort, il est urgent d’ouvrir un débat public sur notre métro. Dénonçons collectivement cette modernité rétrograde, et retrouvons l’enthousiasme et l’avant-garde qui faisaient l’essence du métro de Marseille à son inauguration. Le temps est venu de nous rassembler pour construire la suite de l’histoire de notre métro !

    Par Liam McCORLEY et Sandro PISCOPO de l’Université HLM (hors les murs) de marseillologie

    Cosignataires : François AVEROUS (architecte), Alain BARLATIER (documentariste), Pascale BARTOLI (architecte), Joël BARTOLOMEO (artiste), Arthur BATTESTI (architecte), Mariam BENBAKKAR (artiste), Claire BENIT-GBAFFOU (urbaniste), Jean-Daniel BERCLAZ (artiste), Aurore BIZE (artiste), Julien BLAINE (poète), René BORRUEY (historien), Jean-Noël BRET (historien de l’art), Christine BRETON (conservatrice du patrimoine), Guillaume CALAS (architecte), Roland CARTA (architecte), Clément CHAFFAIE (architecte), Jean-Marc CHANCEL (architecte), Julie DE MUER (guide urbaine), Sylvie DENOIX (historienne), Anke DOBERAUER (artiste), Paul DOMELA (curateur), Elisabeth DORIER (géographe), Thierry DUROUSSEAU (architecte), Mary FITZGERALD (journaliste), Anne-Valérie GASC (artiste), Teodoro GILABERT (écrivain), Milan GIRAUD (artiste), Benoît GUILLAUME (illustrateur), Stéphane HERPIN (architecte), Pierre-Alain HUBERT (artiste), Albert JAUBERT (artiste), André JOLLIVET (architecte), Baptiste LANASPEZE (éditeur), Carole LENOBLE (architecte), Sylvain MAESTRAGGI (auteur), Éric MAILLET (artiste), Nicolas MAISETTI (sociologue), Nicolas MÉMAIN (urbaniste), André MÉRIAN (photographe), Gilbert ORSONI (juriste), Matthieu POITEVIN (architecte), Garance POUPON JOYEUX (artiste), Justine PRUVOT (cheffe), Tilman REICHERT (architecte), Rudy RICCIOTTI (architecte), Suzel ROCHE (réalisatrice), Jean RODET (architecte), Sandrine ROLENGO (Déléguée Sites & Monuments Paca), Ana RUBIO (architecte), Jacques SBRIGLIO (architecte), Oliver SALWAY (artiste), Loévan SICARD (architecte), Alexis STEINMAN (journaliste), André STERN (architecte), Bernard TARAZZI (architecte), Paul-Elias TOURNÉ (architecte), Stephan ZAUBITZER (photographe)

    Pour signer la pétition « Stop à la rénovation moche des stations du métro de Marseille ! », c’est ici.

  • La 20e Fête de la Chèvre du Rove célébrée en beauté

    La 20e Fête de la Chèvre du Rove célébrée en beauté

    Le soleil, complice de la journée, a brillé sur la 20e édition de la Fête de la Chèvre du Rove, samedi dernier. Une célébration empreinte d’unité, d’émotion et de solidarité. La récente dénomination de la place Georges-Rosso, cadre de cette journée festive, prenait tout son sens dans cette ambiance chaleureuse partagée par des centaines d’habitants et de visiteurs comme l’a souligné le maire, Paul Sabatino, lors de la traditionnelle allocution.

    Cette année, la fête s’est également teintée de rose : la mairie, le maire, les élus et de nombreux participants arboraient un ruban rose en soutien à la campagne Octobre Rose, rappelant l’importance de la prévention et de la lutte contre le cancer du sein.

    Organisée par La Cabro d’Or, avec le soutien actif de la municipalité, la fête a proposé un programme riche et varié. Tout au long de l’après-midi, les visiteurs ont profité d’animations ludiques et culturelles, allant du jeu de la pesée du bouc à un quizz aux accents historiques locales, en passant par de nombreuses expositions, dont celle des œuvres des écoliers de la maternelle (six magnifiques chèvres à la Wharol) et de l’école élémentaire ou de l’atelier d’art municipal.

    Des notes musicales et un troupeau très attendu

    Côté musique, le public a vibré au rythme du groupe Brass Koulé, aux accents créoles, engagé grâce au dispositif Provence en scène du Conseil départemental, et de la fanfare marseillaise Les Tropical Raclette, débordante d’énergie. Le point d’orgue de la journée fut, sans nul doute, l’arrivée du troupeau sur la place. Près de 400 chèvres du Rove, menées par les bergers Franck et Marc Gouiran et leur père André, figure emblématique du village, berger pendant 41 ans et président fondateur de La Cabro d’Or. Un moment toujours chargé d’émotion, autant pour les anciens que pour les nouveaux habitants, réunis autour de ce symbole vivant du patrimoine local. On pouvait noter avec joie la présence parmi la foule de nombreux résidents de la maison de retraite du Rove, qui avaient fait une sortie spéciale pour ne pas rater cet événement.

    Une fresque pour célébrer la mémoire rovenaine

    L’un des temps forts de cette édition fut aussi le dévoilement d’une fresque retraçant l’histoire de la chèvre du Rove. Réalisée collectivement sous l’impulsion du maire par la céramiste Virginie Leroux et Maurice Gouiran (pour le texte), Thierry Chauvelot (pour la Line des chèvres et du berger) ainsi que Franck Gouiran et Francis Montalban, cette œuvre en céramique illustre la mémoire, la fierté et l’attachement du village à son identité caprine. « Elle rappellera durablement aux Rovenains, comme à nos visiteurs, ce que représente la chèvre du Rove dans notre identité commune », a déclaré le maire, ému, lors de la présentation.

    Ces trois jours de festivités et de partage débutés avec l’assemblée générale de La Cabro d’Or*, se sont clôturés, dimanche, dans les collines, sur le site remarquable de la chapelle Saint-Michel, où les adhérents se sont retrouvés pour un pique-nique convivial avant un concert du duo Bakus. Le maire Paul Sabatino et l’association La Cabro d’Or ont remercier chaleureusement l’ensemble des bénévoles, mais aussi les services municipaux, les exposants, les écoliers et leurs professeurs, les artistes, les secouristes ou encore les habitants pour leur participation active et leur enthousiasme qui ont fait de cette édition une belle réussite collective !

    * marquée par la reconduction du bureau : Franck Gouiran (président), Maurice Gouiran (trésorier) et Thierry Chauvelot (secrétaire).

  • La 20e Fête de la Chèvre du Rove célébrée en beauté

    Le soleil, complice de la journée, a brillé sur la 20e édition de la Fête de la Chèvre du Rove, samedi dernier. Une célébration empreinte d’unité, d’émotion et de solidarité. La récente dénomination de la place Georges-Rosso, cadre de cette journée festive, prenait tout son sens dans cette ambiance chaleureuse partagée par des centaines d’habitants et de visiteurs comme l’a souligné le maire, Paul Sabatino, lors de la traditionnelle allocution.

    Cette année, la fête s’est également teintée de rose : la mairie, le maire, les élus et de nombreux participants arboraient un ruban rose en soutien à la campagne Octobre Rose, rappelant l’importance de la prévention et de la lutte contre le cancer du sein.

    Organisée par La Cabro d’Or, avec le soutien actif de la municipalité, la fête a proposé un programme riche et varié. Tout au long de l’après-midi, les visiteurs ont profité d’animations ludiques et culturelles, allant du jeu de la pesée du bouc à un quizz aux accents historiques locales, en passant par de nombreuses expositions, dont celle des œuvres des écoliers de la maternelle (six magnifiques chèvres à la Wharol) et de l’école élémentaire ou de l’atelier d’art municipal.

    Des notes musicales et un troupeau très attendu

    Côté musique, le public a vibré au rythme du groupe Brass Koulé, aux accents créoles, engagé grâce au dispositif Provence en scène du Conseil départemental, et de la fanfare marseillaise Les Tropical Raclette, débordante d’énergie. Le point d’orgue de la journée fut, sans nul doute, l’arrivée du troupeau sur la place. Près de 400 chèvres du Rove, menées par les bergers Franck et Marc Gouiran et leur père André, figure emblématique du village, berger pendant 41 ans et président fondateur de La Cabro d’Or. Un moment toujours chargé d’émotion, autant pour les anciens que pour les nouveaux habitants, réunis autour de ce symbole vivant du patrimoine local. On pouvait noter avec joie la présence parmi la foule de nombreux résidents de la maison de retraite du Rove, qui avaient fait une sortie spéciale pour ne pas rater cet événement.

    Une fresque pour célébrer la mémoire rovenaine

    L’un des temps forts de cette édition fut aussi le dévoilement d’une fresque retraçant l’histoire de la chèvre du Rove. Réalisée collectivement sous l’impulsion du maire par la céramiste Virginie Leroux et Maurice Gouiran (pour le texte), Thierry Chauvelot (pour la Line des chèvres et du berger) ainsi que Franck Gouiran et Francis Montalban, cette œuvre en céramique illustre la mémoire, la fierté et l’attachement du village à son identité caprine. « Elle rappellera durablement aux Rovenains, comme à nos visiteurs, ce que représente la chèvre du Rove dans notre identité commune », a déclaré le maire, ému, lors de la présentation.

    Ces trois jours de festivités et de partage débutés avec l’assemblée générale de La Cabro d’Or*, se sont clôturés, dimanche, dans les collines, sur le site remarquable de la chapelle Saint-Michel, où les adhérents se sont retrouvés pour un pique-nique convivial avant un concert du duo Bakus. Le maire Paul Sabatino et l’association La Cabro d’Or ont remercier chaleureusement l’ensemble des bénévoles, mais aussi les services municipaux, les exposants, les écoliers et leurs professeurs, les artistes, les secouristes ou encore les habitants pour leur participation active et leur enthousiasme qui ont fait de cette édition une belle réussite collective !

    * marquée par la reconduction du bureau : Franck Gouiran (président), Maurice Gouiran (trésorier) et Thierry Chauvelot (secrétaire).

  • 112 œuvres de Vasarely de retour à la Fondation

    112 œuvres de Vasarely de retour à la Fondation

    Un chapitre de l’affaire Vasarely se clôt. La juge fédérale de Porto-Rico confirme, ce 15 septembre « la saisie et le transfert en France de 112 œuvres originales de Victor Vasarely, retrouvées au domicile de Porto Rico de Michèle Taburno », résume un communiqué de presse de la fondation Vasarely, paru ce 17 septembre. Une étape dans le dossier judiciaire massif qui oppose cette dernière, belle-fille du plasticien à Pierre Vasarely petit-fils de l’artiste, aussi président de la Fondation Vasarely. Depuis près de trente ans, la Fondation Vasarely s’oppose judiciairement à Michèle Taburno, veuve de Jean-Pierre Vasarely, l’un des deux fils du peintre, autour de la propriété de centaines d’œuvres originales. En 1997, un arbitrage contesté attribue le patrimoine de la fondation Vasarely aux deux fils, les intérêts patrimoniaux sont gérés par Michèle Taburno, avant d’être annulé par la justice française en 2015. Pierre Vasarely st reconnu comme unique légataire universel et seul détenteur du droit moral de l’artiste. Malgré ces décisions, Michèle Taburno conserve et déplace de nombreuses pièces, notamment vers Porto Rico.

    Un « soulagement »

    S’enclenche alors une longue série de procédures. En 2023, le FBI a saisi 112 œuvres à sa résidence de Porto Rico à la demande de la justice française. Si la mise en examen de Michèle Taburno est annulée en 2025, la justice américaine confirme cette semaine le transfert de ces œuvres. À ce stade de l’affaire, quatre avocats et un notaire restent poursuivis dans la même information judiciaire, ouverte en 2019. Un mandat d’arrêt international a lui été délivré en 2018 contre Michèle Taburno. « Je le vis comme une délivrance après tant d’années de procédures que nous a fait subir Madame Taburno, réagit Pierre Vasarely, au sujet du retour des œuvres acté. Le coût financier pour notre institution reste toutefois énorme sans rien dire de la privation durant toutes ces années dans laquelle la Fondation s’est trouvée de ces œuvres majeures. » Le stockage des pièces, même déportées à Porto Rico, coûte près de 3 000 euros par mois à la Fondation. « C’est un soulagement. On ne peut voler impunément une institution reconnue d’utilité publique depuis 1971, devenue Musée de France en 2020 », ajoute Pierre Vasarely, qui rappelle que les œuvres saisies avaient été données à la fondation « de manière aliénable » par Victor Vasarely ainsi que son épouse, Claire Vasarely, dans les années 70-80. À ce stade, la date et les conditions de retour des 112 œuvres ne sont pas établies. « Nous attendons la décision du Tribunal de Porto Rico. Il s’agit d’une procédure qui oppose Mme Taburno à la justice américaine (…) Nous attendons que soit éventuellement purgé le recours ouvert contre ce jugement. Nous entreprendrons alors ce retour, précise Pierre Vasarely. Elle détient de très nombreuses autres œuvres, sans doute à Porto Rico, qui appartiennent à la famille et la Fondation. Une procédure en recel successoral est pendante, sur laquelle il doit être statué d’ici la fin de l’année. » Au retour des œuvres, un constat d’état devra également être effectué pour chacun d’entre elles, permettant d’évaluer leur état de conservation. « Elles ont vocation à être présentées dans nos espaces », assure le Pierre Vasarely.