C’est une dénomination pleine de sens. Alors que la Maison de Carro souffle sa 30e bougie sous les couleurs de Noël et que les enfants de ce village de pêcheurs s’émerveillent devant la gigantesque crèche lumineuse érigée à l’occasion, l’équipement municipal prend le nom d’Anita Conti, pionnière de l’océanographie, première femme à embarquer sur un navire scientifique en 1935, décédée le 25 décembre 1997. La boucle est bouclée.
Pour Marguerite Simoes, directrice de la maison de quartier, prendre le patronyme de la « dame de la mer » était une « évidence » : « Elle représente bien le village et a un parcours de vie exceptionnel, elle s’est engagée dans la protection de la mer et a dénoncé la pêche abusive pendant l’entre-deux-guerres. » Écologiste avant l’heure, Anita Conti affirmait : « On ne sauvera pas les terres sans sauver les mers. »
Le maire de Martigues (PCF) Gaby Charroux affirme : « Anita Conti avait travaillé aux côtés du commandant Cousteau, pourtant, elle n’a pas bénéficié de la reconnaissance qu’elle méritait. Aujourd’hui, il est temps de lui rendre sa juste place. (…) Cette dénomination s’inscrit dans la démarche engagée par la Ville et sa commission extra-municipale des égalités afin d’œuvrer à la féminisation des espaces publics. Corriger cela ce n’est pas réécrire l’histoire, c’est la compléter, la rendre plus juste. »
D’autres dénominations en hommage à des femmes historiques auront lieu avant la fin du mandat, comme celle de l’école de La Couronne, de l’ancien bâtiment de la Poste et de la placette en face de celui-ci. L’édile assène : « Nommer un lieu n’est jamais un geste anodin. c’est inscrire une histoire dans l’espace public. C’est faire vivre une mémoire collective. C’est transmettre des valeurs aux générations présentes et à venir. »
