Tag: occitan

  • Au Rove, un grand banquet populaire célèbre le pastoralisme

    Au Rove, un grand banquet populaire célèbre le pastoralisme

    Il est 19h58, la chef Marie-José Ordener livre les dernières consignes, coté coulisses, aux serveurs en dresscode noir et rouge. « On fait deux groupes de quatorze. Les premiers rentrent par la droite, les seconds par la gauche, et au retour on change… », détaille-t- elle à l’aide de schéma représentant les cinq tablées portant le nom de lieux-dits du Rove. Autour d’elle, ça fuse : « Là, les enfants, on va rigoler 5mn ! » Ce service orchestré comme un ballet nécessite la plus grande concentration pour cette équipe pourtant rodée aux festivités. « C’est énormément stressant », confie Nima, la responsable du comité des fêtes, qui reste déterminée.

    Enfant du pays, exilé à Forcalquier, le chef Manuel Barthélémy dispose des pétoules (sic) de pain autour de mottes de beurre cuisinées à l’huile d’olive maturée. Le boulanger- pizzaiolo, qui a fait le tour du monde, avoue : « Lier la gastronomie, le chant, la poésie, c’est tout ce qui fait que la vie est belle. »

    Les convives se placent dans la bonne humeur, fiers de tester ce nouveau concept qui pour 20 euros comprend entrée, plat, fromage, dessert et vins avec la promesse d’une balade dans le temps. « C’est un repas d’amitié et de berger qui célèbre l’année internationale du pastoralisme et des journées européennes du patrimoine. Le premier qui ouvre une voie qui raconte des histoires de transhumance et de chants régionaux », détaille Emmanuel Perrodin, chef de cuisine et directeur artistique de la soirée.

    L’allocution du maire communiste Paul Sabatino salue « l’esprit d’un banquet populaire qui, grâce à Emmanuel, permet de vivre des moments de bonheur et de vivre ensemble » et donne le top départ. Le ballet des plats démarre.

    « Ici, tout le monde

    a payé sa place »

    Le beurre maturé interroge deux jeunes ados attablés : « Il est bizarre ce beurre, non ? » S’ensuit le chant du Rove par l’ensemble Bram, chants occitans et une lecture en hommage aux fainéants et aux gourmands. Et la soirée passe trop vite. Les convives à 90% Rovenains échangent : « C’était délicieux ! Pour autant de personnes, c’est un véritable gage de qualité », « C’était populaire et chaleureux. Manger et être servi aussi bien avec le sourire, c’était waouh », « Et pour un prix dérisoire ! » Les commentaires des deux Anne, Michèle et Chantal jaillissent. Tandis qu’un des maris interroge : « Mais dans la glace ? y avait quoi avec le melon ? » Il est 23 heures, le maire sourit « Ici tout le monde a payé sa place. Personne ne m’a demandé d’invit’. C’est une réussite. »

  • À Montpellier, un Bal’lumé autour des danses et musiques trad’

    À Montpellier, un Bal’lumé autour des danses et musiques trad’

    Pas besoin d’être un danseur aguerri pour rejoindre la piste. Le programme a été pensé pour tous les âges et tous les niveaux, avec notamment un bal familial et une initiation pour les débutants.

    Dès 16 h, les Petits Crins Sauvage ouvriront les festivités avec un bal gratuit pour les petits comme pour les grands. Une entrée en matière ludique et accessible pour découvrir les danses traditionnelles en famille.

    À 17h45, place à l’initiation. Les débutants pourront apprendre quelques pas.

    À 19 h,Laurent Cavalié, poète occitan, musicien et fondateur de Du Bartàs, également auteur et compositeur pour La Mal Coiffée, ouvrira le bal au son de sa voix, avec peut-être quelques invités… Il sera suivi du duo Krinkrin, composé d’un violon et d’un violoncelle, dont le set est très apprécié des danseurs. Entre les différents temps forts, La Grive, menée par Thomas Georget, assurera les inter-plateaux avec ses chants. Le bal s’achèvera en douceur avec une jam.

    * Maison pour tous Léo-Lagrange,155 rue de Bologne. 12 euros plein tarif, 10 euros tarif réduit et 15 euros en tarif soutien. Le bal est gratuit pour les enfants. Buvette et petite restauration sur place.

  • Montpelhièr l’Occitana : une force pour faire vivre la langue

    Montpelhièr l’Occitana : une force pour faire vivre la langue

    Faire de l’occitan autre chose qu’un patrimoine figé. C’est le sens de la démarche portée par le nouveau collectif Montpelhièr l’Occitana, officiellement lancé lors d’une conférence de presse organisée le 5 février. Pour la première fois à cette échelle, près d’une vingtaine d’associations occitanistes – culturelles, éducatives, sportives et médiatiques – ont décidé d’unir leurs forces pour interpeller publiquement les candidats aux élections municipales de mars 2026.

    « La langue est un ensemble cohérent »

    Coordonné par Pierre-Luc Angles, membre de la Calandreta dau Clapàs et du Cercle Occitan dau Clapàs, le collectif revendique une indépendance totale vis-à-vis des partis politiques. « Nous tenons à cette indépendance. Nous sommes dans une politique d’ouverture », insiste-t-il, rappelant que l’objectif n’est pas de créer un mouvement partisan, mais de peser sur le débat public. En toile de fond, un constat partagé : l’occitan est classé « en danger de mort » par l’Unesco, alors même que les sondages récents montrent un attachement fort de la population aux langues régionales. Le texte destiné aux candidats pose les bases d’une politique transversale en faveur de la langue occitane. Six axes structurent les propositions : développement de l’enseignement public et associatif, reconnaissance institutionnelle, soutien au tissu associatif, présence de l’occitan dans l’espace public, programmation culturelle dédiée et formation des agents territoriaux.

    Sur la question scolaire, les prises de parole ont souligné l’importance d’une politique d’offre. Marie-Jeanne Verny, présidente du Creo Lengadòc, défend l’idée que « tous les enfants de Montpellier ont droit à la connaissance de la langue du pays », y compris ceux dont les familles ne la demandent pas spontanément. À ses côtés, les représentants des Calandretas rappellent que plus de 550 élèves sont aujourd’hui scolarisés en immersion occitane sur le territoire montpelliérain, preuve d’une demande sociale bien réelle. Mais pour le collectif, l’école ne suffit pas. « Si les enfants ne rencontrent pas la langue dans la société, ils font du latin », résume Marie-Jeanne Verny. D’où la nécessité de sortir de ce qu’elle appelle le « syndrome de la langue dans le bocal » : une langue cantonnée aux salles de classe, aux associations ou aux événements ponctuels.

    Cette critique traverse l’ensemble des propositions. Signalétique bilingue, annonces sonores dans les transports, communication municipale, noms de rues : autant de leviers jugés sous-utilisés à Montpellier, en comparaison avec d’autres territoires comme le Pays basque ou Toulouse. « Il faut que les enfants entendent et voient que c’est une langue vivante », martèle Alain Bessière, président du Cercle occitan de Montpellier. Le volet culturel occupe également une place centrale. Théâtre, musique, littérature, sport traditionnel : le collectif plaide pour une programmation régulière et visible, inscrite dans les cahiers des charges des équipements subventionnés.

    Au-delà des moyens financiers, les associations réclament une reconnaissance politique claire : un service dédié à la langue occitane, une délégation identifiée, un chargé de mission à temps plein, et un rendez-vous annuel avec la municipalité pour évaluer les engagements pris. « La langue, ce n’est pas un événement, c’est un ensemble cohérent », résume Marie-Jeanne Verny. Reste désormais à voir comment les candidats aux municipales répondront à cette interpellation collective, inédite par son ampleur, à quelques semaines du scrutin.

  • Marie Rouanet, une vie pour la langue et la culture occitanes

    Marie Rouanet, une vie pour la langue et la culture occitanes

    Dans les années 70, cette jeune femme bien dans son temps est d’abord une chanteuse et compositrice occitane, aux côtés des Marti et autres Mans de Breish. Mais interpréter « Lous esclops »* ne suffira pas à celle qui, née d’une famille modeste – son père était mécanicien – est devenue professeure de lettres classiques. Quand elle s’engage en 1977 sur la liste du communiste Paul Balmigère, c’est aussi – surtout ? – pour défendre la culture occitane qui peu à peu s’éteint. Elle poursuivra son mandat de déléguée au patrimoine avec le maire socialiste Alain Barrau jusqu’en 1989, puis restera dans l’opposition.

    Marie Rouanet est de celles et ceux qui ont redonné ses lettres de noblesse à la langue occitane, qui, interdite dans les écoles au début du XXe siècle, risquait de disparaître. Une noblesse et un lieu fabuleux pour lequel, avec son mari, le grand écrivain occitan Yves Rouquette disparu en 2015, elle s’est battue bec et ongles : le Cido, centre international de documentation occitane (il a changé depuis son nom en Cirdoc).

    Une femme libre

    et combattante

    Marie Rouanet avait infiniment de tendresse pour les petites gens et la capacité d’écrire leur vie, comme on peint. Elle était une sorte d’ethnologue poétique. Du Béziers populaire qu’elle connaissait si bien à Camarès dans l’Aveyron, où le couple s’était installé il y a une trentaine d’années, elle a tiré de nombreux ouvrages. Sur la cuisine, notamment, pour celle qui raconte comme personne les goûts et les odeurs. C’est à Camarès qu’elle écrit La cuisine amoureuse, courtoise et occitane (Ed Loubatières), première version du Petit traité romanesque de la cuisine. La flore, la musique et la culture occitane sont au menu de ses œuvres. Elle écrira aussi sur ses compagnons de la « nova cançon » en les présentant comme des « chanteurs de la décolonisation » des pays occitans.

    Dans les années 90, Nous les filles (Payot) lui amène une reconnaissance nationale. Mais d’autres de ses ouvrages ont dressé un panorama fin et poétique du XXe siècle dans le Midi. Du côté des hommes (Albin Michel), par exemple, où elle s’interroge sur cette fraternité qui les unit, sans les femmes. Marie Rouanet avait une connaissance profonde de la vie et des idées des petites gens. Ici c’était Les enfants du bagne (Payot), qui montre sa profonde sollicitude pour ceux qui souffrent. Elle y raconte la vie des petits martyrisés d’Aniane, dans l’Hérault, en puisant dans les archives du pénitencier pour enfants. Là, c’était Apollonie, reine du monde » (Plon), qui rapporte avec pudeur le rôle des veuves de 14-18 à travers la vie d’un hameau de l’Aubrac à partir des souvenirs d’un petit-fils d’Apollonie, Henri Jurquet.

    Marie Rouanet laisse les Occitans orphelins d’une femme libre, progressiste et combattante, chanteuse engagée, écrivaine prolifique, éternelle amoureuse de la vie. Ses obsèques auront lieu vendredi 30 janvier à 10h30 en l’église de Camarès, puis au cimetière de ce village où elle sera inhumée aux côtés d’Yves son mari et de son fils cadet.

    À son fils Laurent Rouquette, à sa famille, à toutes les personnes que ce deuil afflige, La Marseillaise présente ses plus sincères condoléances.

    Annie Menras

    * Les sabots

  • Les Écologistes soutiendront Pascal Cabras et la liste Six-Fours à Gauche

    Les Écologistes soutiendront Pascal Cabras et la liste Six-Fours à Gauche

    La liste « Six-Fours à Gauche, Écologiste, Régionaliste et Citoyenne » a réuni une partie de ses soutiens, mercredi, pour une conférence de presse destinée à présenter les grandes lignes de son projet municipal. Cette liste rassemble de nombreuses forces progressistes (PC, PS, GRS, Parti occitan, Génération.s, Régions et Peuples Solidaires et l’Après).

    Elle a récemment été rejointe par les Écologistes, qui apportent leur soutien, sans y compter, pour l’instant, de colistiers. « Ça a pris du temps, car on voulait voir si le programme était vraiment écologiste. On a été rassuré », explique Claudie Cartereau, tête de liste de l’union des gauches à Ollioules.

    Le programme sera présenté prochainement. Il reposera sur plusieurs axes forts : respect des 25% de logements sociaux de la loi SRU, transports gratuits, création d’un tramway et d’un centre de santé, souveraineté alimentaire, police de proximité…

    Autre priorité : la lutte face à la droite et au maire (LR) Jean-Sébastien Vialatte, qui « se dilue dans l’extrême droite », soutient la tête de liste Pascal Cabras, citant notamment « le partenariat conclu entre la mairie et la maison d’édition Fayard » détenue par le milliardaire Vincent Bolloré. « C’est un acte militant de la part de M. Vialatte », dénonce-t-il. Le RN aura de son côté pour candidat, pour la quatrième fois, le député Frédéric Boccaletti, « une personne sulfureuse. Un repris de justice, condamné pour violences en réunion il y a des années », rappelle Laurent Gilbert, de l’Après 83. Alors, pour vaincre « ces deux menhirs, notre potion magique, c’est l’union », martèle Pascal Cabras.