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  • Il marche pour faire reculer la grossophobie

    Il marche pour faire reculer la grossophobie

    Pascal Speter, accompagné de sa fille de 9 ans, donne rendez-vous au Café de la Gare. De la fenêtre, il pointe l’esplanade : c’est ici que s’achèvera, le 22 mai, sa traversée à pied et en solo de la montagne Sainte-Victoire. Il s’élancera le 19 mai depuis la carrière de Bibémus, à Aix.

    Agent de la Protection judiciaire de la jeunesse (PJJ) à Marseille, Pascal Speter est un habitué de la randonnée. Une pratique qu’il a reprise après son premier accident vasculaire cérébral (AVC) : « Quand j’étais sur mon lit à l’hôpital, ma fille avait à peine un an. Je me suis dit “si je ne me soigne pas, qu’est-ce que je vais lui laisser ?” Alors j’ai commencé à marcher, faire un retour à la montagne. » Six mois plus tard pourtant, Pascal Speter est victime d’un second AVC. « Là, j’ai tout fait pour entreprendre des soins, j’ai suivi une multitude d’examens et opérations. »

    « Ce devrait être une

    des causes nationales »

    Si Pascal Speter s’apprête aujourd’hui à gravir seul la Sainte-Victoire en quatre jours, ce n’est pas pour sensibiliser aux AVC. Il s’agit d’attirer l’attention sur l’obésité et les comportements grossophobes. Depuis ses accidents, il souffre de cette « maladie », conséquence, en partie, de longs mois d’hospitalisation et de traitements médicaux.

    Plus jeune, Pascal Speter était sportif de haut niveau. Dès l’âge de 7 ans, il s’entraîne intensivement à la boxe et participe à des compétitions. Après sa carrière professionnelle, il prend la direction d’un club de boxe à Frais Vallon, dans le nord de Marseille. « Maintenant, c’est en montagne que je retrouve un espace de liberté. C’est dur, je transporte mon poids, lorsque je fais un pas, les collègues en font dix. Chaque marche me fait mal, mais quand je suis en haut ou que j’arrive en bas, je me dis que je l’ai fait. »

    L’idée de ce périple, qu’il relayera sur ses réseaux sociaux, est de rendre visible la question de l’obésité : « Ce devrait être une des causes nationales. On en parle souvent, mais elle n’est jamais réellement prise en considération. Dans la tête des gens, obésité signifie malbouffe, paresse… Alors qu’il y a de multiples facteurs (…). Cette maladie peut toucher tout le monde. Même si quelqu’un n’a pas pris soin de lui ou d’elle : et alors ? L’obésité peut aussi être une conséquence psychique. » Le projet est porté par l’association Aventure Santé Montagne 13, présidée par son épouse, Cynthia, Cynthia Lombard Speter, et dont il est le coordinateur. Ce quadra est habitué des randonnées, qu’il pleuve, qu’il vente, et intègre cette pratique dans l’accompagnement des jeunes qu’il suit.

    Pour autant, il « sait » et « sent » que les séquelles des AVC sont toujours présentes. Suivi par des médecins, Peter Speter doit prévoir une « logistique » : hébergements, lieux de restauration, ravitaillement. « Physiquement, je ne peux pas transporter quatre jours de denrées, une tente… J’ai aussi besoin d’être surveillé, bien que mes médecins soient tous au clair. Ils ne seront pas sur le parcours, mais ma femme exige des rencontres en relais, pour surveiller les constantes. » Le randonneur tient à un point essentiel : marcher seul. Pour ne pas que cette marche soit associée au « pèlerinage » ou à un « élan sportif » : « C’est aussi un défi pour moi-même. » L’objectif est clair : « Si demain, je peux encourager ne serait-ce qu’une personne à se dépasser, alors c’est réussi. Donner envie d’agir, d’aller mieux, c’est ça l’essentiel. Le message dépasse largement celui de l’obésité. Si ma maladie peut porter un message, tant mieux. »