Tag: nuisances urbaines

  • À Nîmes, un projet contesté de parking-silo stoppé net

    À Nîmes, un projet contesté de parking-silo stoppé net

    C’est un premier signal politique envoyé depuis l’hôtel de ville. À peine installée, la nouvelle majorité municipale de Vincent Bouget a décidé de suspendre le projet de parking-silo prévu rue de l’Hôtel-Dieu, dans le quartier de la Placette à Nîmes. Porté par la Holding Tissot et GGL, ce programme devait faire sortir de terre un bâtiment de quatre niveaux, pour environ 318 places de stationnement, à l’emplacement de l’ancien Vaisseau 3008. Un projet validé dans les derniers jours de l’ancienne municipalité.

    « Comme nous nous y sommes engagés, la voix des Nîmoises et des Nîmois sera écoutée et guidera nos décisions. […] Je ne souhaite aucun passage en force », a tranché Vincent Bouget. Le maire de Nîmes a estimé que ce parking « entraînerait des nuisances insolubles pour les habitants » et demande désormais à son adjoint à l’urbanisme, Pierre Jaumain, de retravailler le dossier avec les riverains et le promoteur. La formule marque une rupture assumée avec la séquence précédente, accusée d’avoir imposé le projet sans écoute suffisante.

    Car à la Placette, la mobilisation ne date pas d’hier. Le comité de quartier, accompagné d’un syndicat d’immeuble et de requérants individuels, avait déposé en mars un recours contentieux puis un recours gracieux. En cause : un parking jugé « surdimensionné », susceptible d’entraîner « bruit, pollution, encombrement » et risques accrus autour de la sécurité de l’école. « Par son ampleur, ce projet dédié essentiellement au stationnement est défavorable au respect du cadre de vie des résidents », alertait le comité.

    Un premier test pour

    la méthode Bouget

    Pour le comité de quartier, le changement de ton est déjà notable. Après plusieurs mois d’alerte, ses représentants estiment désormais être davantage entendus par la nouvelle municipalité que par l’ancienne équipe. La mairie, elle, marche sur une ligne de crête. Pierre Jaumain affirme vouloir éviter l’affrontement juridique. « Nous ne sommes pas dans un esprit de contentieux. Je suis pour le respect de la parole des porteurs de projet ainsi que des habitants du quartier. » L’adjoint reconnaît aussi qu’il faudra composer avec un terrain privé et avec certains besoins de stationnement dans ce secteur proche du centre des congrès H2 et des hôtels haut de gamme. « Tout est question de proportion », souligne-t-il.

    Côté promoteur, la prudence domine. Propriétaire du terrain, Romain Tissot rappelle que l’opération relève d’un projet immobilier privé, autorisé après instruction par les services compétents. Sans détailler d’éventuelles évolutions, il se dit disposé à poursuivre les échanges avec la Ville pour chercher une solution équilibrée dans ce quartier en pleine mutation. Une réunion avec la municipalité doit permettre d’ouvrir cette nouvelle séquence. Après des années d’urbanisme mené au nom de l’attractivité, la nouvelle majorité affiche avec cette décision une autre boussole : l’écoute et le dialogue.

  • Un mois pour mieux étudier le contournement routier

    Un mois pour mieux étudier le contournement routier

    Un mois d’enquête publique s’ouvre pour recueillir les avis, remarques et observations de toute personne concernée par le projet de contournement autoroutier de Martigues et Port-de-Bouc. Cet aménagement, attendu depuis cinquante ans sur le territoire, a vu son financement bouclé fin juin. La dernière étape avant le démarrage des travaux est celle de l’enquête publique. Elle a démarré, ce lundi, en ligne et en physique, avec une permanence du commissaire enquêteur désigné par les services de l’État pour mener cette enquête.

    Car les interrogations sont nombreuses, alors que l’on parle d’un tronçon d’autoroute neuf de près de 7 kilomètres, de l’entrée de Croix-Sainte à Martigues jusqu’aux Salins de Fos-sur-Mer, à la sortie de Port-de-Bouc, en passant le Vallon du pauvre homme et le futur échangeur du Réveilla. Certains cas particuliers sont à étudier dans le détail, comme par exemple chez Jean Garcia de la Rosa, venu à la rencontre du commissaire enquêteur lors de la permanence de ce lundi matin, à l’hôtel de Ville de Martigues.

    « J’habite à proximité de la future autoroute, au-dessus de Saint-Jean. Ma propriété est coupée en deux depuis 1987 pour les besoins du projet », explique le retraité. « J’ai vu la carte globale du projet et je voudrais donc connaître le tracé exact, pour savoir si ma parcelle est finalement impactée ou non par l’emprise de la route », se demande Jean Garcia de la Rosa.

    Mais, outre le cas individuel, l’impact général et particulièrement l’impact écologique, font partie des interrogations soulevées. « Je ne suis pas contre le projet et l’association dont je fais partie, l’Association de défense et de protection du littoral du golfe de Fos (ADPLGF), non plus. Mais il faut savoir par où passera exactement la route et quel est son impact écologique. Combien de gens seront impactés ? De même pour la surface agricole », ajoute le retraité martégal devant la porte de la permanence.

    Des impacts multiples

    La biodiversité est également au cœur des questionnements de l’association France nature environnement (FNE). Suite au rapport de l’autorité environnementale d’avril 2025, l’association pointe « des impacts environnementaux, des destructions d’habitats, de l’artificialisation des sols majeurs et insuffisamment compensés ». L’association nuance en reconnaissant « de réels objectifs de réduction des nuisances urbaines et de soutien à la dynamique industrielle ».

    La suite de l’enquête publique permettra de mettre en lumière la façon de répondre à ces deux enjeux. Le prochain rendez-vous est donné à la permanence du commissaire enquêteur, mercredi 8 octobre de 9h à 12h, à la mairie de Port-de-Bouc.

    Le QR-code ci-contre permet d’accéder aux documents de l’enquête publique.