Tag: Nuisances sonores

  • À Avignon, un arrêté contesté contre l’occupation de l’espace public

    À Avignon, un arrêté contesté contre l’occupation de l’espace public

    Le maire d’Avignon Olivier Galzi a, dans un arrêté signé vendredi 31 juillet, décidé d’interdire, sous conditions, « l’occupation de manière prolongée en station debout, assise ou allongée des voies publiques » dans une trentaine de rues du centre-ville.

    De façon plus détaillée, le document, sur lequel aucune communication n’a été faite pour l’heure par la municipalité hors publication sur la page web listant les actes administratifs, vise l’occupation de l’espace public « lorsqu’elle est de nature à entraver la libre circulation des personnes, à porter atteinte à la sécurité publique, à la salubrité publique, notamment lorsqu’elle s’accompagne de nuisances sonores ». Mais aussi, dans un deuxième article, les « regroupements de plusieurs chiens en stationnement prolongé ou continu sur la voie publique, même accompagnés de leurs maîtres ou tenus en laisse ». Et ce globalement dans les mêmes conditions que les individus, à savoir s’ils « portent atteinte à la sûreté ou à la commodité de passage sur les voies pour une entrave à la libre circulation des autres usagers », s’ils sont « accompagnés d’un comportement agressif de nature à présenter un danger avéré pour les usagers ou les autres animaux » ou encore s’ils « sont accompagnés d’aboiements intempestifs de nature à troubler la quiétude et la tranquillité du voisinage ».

    Une interdiction limitée à la période « touristique et estivale », soit du 1er mai au 31 octobre, du lundi au samedi de 11h à 23h, ainsi que les jours fériés. Et dans un périmètre, comme évoqué précédemment, lui aussi limité à une trentaine de rues et places de l’intra-muros. Comme par exemple la rue de la République, la place Pie, la rue Carnot, la rue Bonneterie, la place de l’Horloge, le parvis de la cité administrative ou encore le square Agricol Perdiguier. Un recours est possible dans les deux mois suivant la publication de l’arrêté.

    « Pas de public visé »

    À quel besoin répond ici Olivier Galzi, lui qui qualifiait par exemple, durant la campagne, la rue de la République, concernée par l’arrêté, de « cour des miracles » ? Contactée par La Marseillaise, la municipalité assure qu’il fait suite « à des constats des forces de l’ordre, à des signalements de riverains, d’usagers et de commerçants, ainsi qu’à des actions préalables de prévention et de médiation ». Et que « dans sa mission première au service des Avignonnais, la Ville a la responsabilité de garantir à chacun un usage serein de l’espace public ». Tout en assurant que « l’arrêté réglemente des comportements susceptibles de constituer un trouble à l’ordre public » et « qu’il ne vise pas une catégorie particulière de population ».

    Une décision qui ne passe pas du côté de Rémy Blanc, élu d’opposition (PCF) du groupe Nouvelle Avignon Populaire. Auprès de La Marseillaise, il estime que « c’est bien un arrêté anti-mendicité » dont « la limitation dans le temps le rendrait malheureusement légal ». « Ce qui interpelle, c’est l’aspect répressif sans que derrière, rien ne soit mis dans la balance concernant la fragilité des personnes. Nombreuses sont celles en rupture de soins, touchées par des addictions. Certes, la mairie ne peut pas tout faire, mais elle doit apparaître comme volontariste en renforçant des dispositifs, en travaillant avec l’ARS ou en s’attelant à la question de la crise du logement. Et non pas déplacer ou cacher le problème », poursuit le conseiller municipal. Qui pointe également une atteinte « aux libertés fondamentales ». Des discussions sont en cours pour le dépôt d’un recours contre le texte.

    Pour la Ville d’Avignon, l’arrêté « ne se substitue pas à l’action sociale ». La mairie évoque le travail mené avec le CCAS, le SIAO, les maraudes, ou encore les médiateurs municipaux. Le tout coordonné par le Plan local des Solidarités. Et rappelle que « chaque année, environ 2 000 personnes bénéficient de la domiciliation auprès du CCAS, plus de 400 personnes d’un accompagnement social global et près de 250 ménages sont accompagnés dans le cadre du dispositif « Logement d’abord », notamment pour prévenir les expulsions. »

  • Le tribunal suspend le couvre-feu estival pour les moins de 16 ans à Meyrargues

    Le tribunal suspend le couvre-feu estival pour les moins de 16 ans à Meyrargues

    Parmi les rares passants croisés à Meyrargues, ce mardi matin estival, ils ne sont qu’une poignée, dans cette commune de 4 000 habitants, à savoir que l’arrêté municipal signé par le maire, Fabrice Poussardin (DVC), instaurant un couvre-feu pour les mineurs de moins de 16 ans, pour le quatrième été consécutif, vient d’être suspendu par ordonnance du 24 juillet 2026, par le tribunal administratif de Marseille.

    Renouvelé en juin, l’arrêté municipal interdisant aux mineurs non accompagnés de sortir entre 22h et 6h du matin, du 18 juin au 1er septembre, était en place depuis quatre ans. Saisie par le groupe d’opposition Meyrargues Citoyenne et Solidaire, la Ligue des Droits de l’Homme a, à son tour, saisi la justice, qui a donné raison à l’association.

    « On en voit fleurir un peu partout et régulièrement, ils sont annulés ou suspendus, contextualise Philippe Sénégas, pour la Ligue des Droits de l’Homme. C’est étrange de la part d’un village où, manifestement, les troubles à l’ordre public sont, semble-t-il, mineurs. C’est évident qu’il y a bien d’autres mesures qui peuvent être imaginées. »

    « Liberté d’aller et venir »

    Au sujet des nuisances et du désordre public mis en avant par la municipalité, le tribunal estime que « la commune de Meyrargues n’apporte aucun élément à l’appui de ces allégations » et « ne démontre pas davantage le risque de voir ces événements se réitérer, justifiant qu’une telle mesure de prévention soit adoptée ». Le point le plus inquiétant, dans cet arrêté, pour la LDH, reste l’atteinte à la « liberté d’aller et de venir. On ne va pas confiner les enfants au domicile de leurs parents et transformer les parents en gardiens », conclut Philippe Sénégas.

    Le groupe d’opposition Meyrargues Citoyenne et Solidaire (DVG) se réjouit de la décision. « On nous disait le reconduire pour la quatrième année parce que (l’arrêté) avait fait ses preuves. On lui a demandé de nous dire quel était l’état de la baisse de la délinquance nocturne (…), on n’a jamais eu d’élément concret, palpable, autre qu’une appréciation générale », note Christian Salque, à la tête du groupe. Il préconise l’instauration d’une « politique jeunesse ».

    Sollicité, le maire n’a pas pu nous répondre dans les délais impartis. Dans La Provence, il a indiqué ne pas faire appel.

    Eva Bonnet-Gonnet

  • Benoît Payan se rallie au tramway des Catalans en posant des conditions

    Benoît Payan se rallie au tramway des Catalans en posant des conditions

    Dans une lettre adressée au président de la Métropole, Nicolas Isnard (LR), le maire de Marseille, Benoît Payan (DVG), se rallie au projet d’extension du tramway vers la place du 4-Septembre émettant, comme pour le commissaire enquêteur, un avis favorable sous conditions.

    « Nous considérons que cette extension du tramway peut contribuer à améliorer les déplacements du quotidien dans un secteur particulièrement fréquenté, à offrir une solution de transport plus fiable et à renforcer les alternatives de mobilité à disposition des habitants », écrit le maire, qui émet « un avis favorable conditionné aux réponses à nos demandes complémentaires relatives aux enjeux de circulation, de stationnement et de préservation du patrimoine arboré ». Benoît Payan rappelle que 7,5 millions ont d’ores et déjà été engagés par la Métropole sur un investissement de 76 millions d’euros, soutenu par l’État à hauteur de 19 millions d’euros sanctuarisés dans le plan Marseille en Grand.

    La Ville demande que soient revues les boucles de circulation pour éviter de saturer les quartiers environnants et garantir un accès fluide à la rampe Saint-Maurice et aux tunnels. Sur le stationnement et les mobilités douces, elle veut que « le nombre de places de stationnement soit dimensionné à la hauteur des besoins des habitants et une continuité des pistes cyclables ». Sur l’environnement, elle exige le respect strict des études phytosanitaires pour préserver les arbres d’alignement et veiller à la végétalisation. Quant à l’impact des travaux, elle demande que les nuisances du chantier soient limitées pour les habitants et que la RTM soit dès à présent associée pour organiser l’offre de transport durant le chantier.

  • Les voisins d’un rooftop illégal obtiennent sa fermeture en référé

    Les voisins d’un rooftop illégal obtiennent sa fermeture en référé

    L’exploitation commerciale du toit-terrasse constitue un trouble manifestement illicite » a tranché, vendredi, le juge des référés. Le tribunal judiciaire de Marseille ordonne à Benjamin Honnorat, gérant du bar Le Pigment, 237 Corniche Kennedy, 7e, « de mettre fin à l’activité commerciale exercée sur les terrasses ». L’ordonnance prononce une astreinte de 500 euros par jour de retard.

    à l’audience, jeudi, Me Hinde Kalai, l’avocate du syndicat des copropriétaires de l’immeuble avait plaidé avec énergie « l’illégalité de l’activité commerciale » exercée sur deux terrasses réunies en une seule à la suite de travaux non déclarés par les gérants du fonds de commerce autorisé en rez-de-chaussée. « Cette terrasse de 100 m2 constitue une partie commune de l’immeuble mais elle reçoit certains soirs jusqu’à 50 personnes simultanément », a-t-elle expliqué, ajoutant que si les gérants du bar ont la jouissance privative de cette terrasse suite à l’acquisition de deux appartements en dessous, cela ne les autorise pas à se livrer à une exploitation commerciale prohibée par le règlement de copropriété.

    « L’accueil de public

    est strictement interdit »

    « Des travaux d’ampleur ont eu lieu sans autorisation préalable de la copropriété. Ils ont percé, mis des garde-corps. Les copropriétaires vivent un cauchemar, a insisté Me Kalai, les clients du bar utilisent le hall d’entrée qui est évidemment une partie commune réservée à l’habitation pour monter. Tout cela génère des nuisances sonores. »

    Créé sans autorisation d’urbanisme, le toit-terrasse a ouvert en septembre 2025, sans même avoir reçu un avis de la commission communale de sécurité. Cette situation a fait l’objet d’un PV d’infraction de la Ville transmis au parquet de Marseille qui a convoqué cette semaine le gérant. La Ville nous a confirmé d’ailleurs (LM du 15 mai) avoir mis en demeure le bar le 25 septembre 2025 lui signifiant « l’interdiction d’accueillir du public sur le toit-terrasse ». « L’accueil de public sur le toit-terrasse est strictement interdit » avait rappelé la conseillère municipale déléguée à la commission communale de sécurité et des périls, Laure Rovera, dans un courrier du 5 mai, faisant suite à une nouvelle alerte de la maire de secteur : « L’absence de réaction des services à la situation de cet établissement produit, selon ce que nous remontent les habitants du quartier, un effet d’entraînement : d’autres exploitants commencent à s’autoriser des occupations comparables de l’espace public, invoquant le précédent. Une réponse claire et rapide des services municipaux s’impose donc, au-delà même du cas particulier » a écrit Sophie Camard le 21 avril dernier aux élus en charge de l’urbanisme, des emplacements et de la sécurité civile. Force est de constater que la mise en demeure municipale de septembre dernier est restée sans effet à ce jour.

    « J’ai un diagnostic structure »

    « Où est l’urgence dans ce dossier, je ne la vois pas » a d’ailleurs contesté à l’audience Me Axel Daurat, avocat du bar Pigment qui dénonce un tohu-bohu médiatique, soutient qu’« il n’y a aucun trouble de jouissance anormal ». « La terrasse et la cage d’escalier sont des lots privatifs exclusifs. Il n’y a pas besoin de changement de destination. J’ai un diagnostic structure qui dit que tout va bien. Où est le trouble anormal du voisinage ? Démontrez-moi un préjudice collectif ! » D’expliquer in fine que son client est « engagé dans une démarche de régularisation complète et de bonne foi ». D’ailleurs un avis favorable a été émis ce 8 juin par la commission communale de sécurité à sa demande d’autorisation de travaux déposée en mars.

    Quand bien même la Ville accordait une autorisation de travaux en ERP, elle ne serait délivrée que « sous réserve des droits des tiers » et ce ne serait toujours pas une « autorisation d’ouverture au public ». Le parquet reste saisi d’infractions pénales et l’ordonnance du juge est exécutoire de plein droit.

  • Des contrôles avec des sonomètres pour « aller vers la tranquillité sonore »

    Des contrôles avec des sonomètres pour « aller vers la tranquillité sonore »

    Vroum, vroum », les motos défilent sur le rond-point de l’escale Borély (8e) ce vendredi 10 juillet. Certaines se font arrêter et contrôler par la police municipale dans le cadre de leur première opération équipée de sonomètres contre les nuisances sonores. La Ville de Marseille vient d’investir 12 000 euros dans ces dispositifs « pour apaiser la vie des Marseillais et aller vers la tranquillité sonore », explique Pierre-Marie Ganozzi, adjoint (PM) au maire en charge de la sécurité.

    Ces appareils permettent de vérifier que le niveau sonore des pots d’échappement n’est pas supérieur aux normes de leur véhicule, et donc que les appareils ne sont pas débridés, auquel cas les conducteurs s’exposent à une amende de 135 euros.

    Ces six sonomètres ont pour but de répondre à un double enjeu, à la fois de sécurité routière mais aussi de santé publique. « L’escale Borély est le théâtre des pratiques de rodéo vers le littoral sud. Lorsqu’un véhicule qui ne respecte pas les normes part d’ici et roule trop vite jusqu’à Callelongue, il réveille plus de 20 000 habitants sur son passage », accuse Olivia Fortin, maire de secteur (Mad Mars) des 6e et 8e arrondissements de Marseille. « C’est un début » qui cible des lieux et des véhicules de manière stratégique, selon Céline Lefléfian, directrice de la police municipale de Marseille. Une première phase de test, vouée à être approfondie. Le but, à terme, est d’automatiser ces contrôles à l’aide de radars méduses, qui ne sont pas encore autorisés mais en cours de discussion à l’échelle nationale.

  • Tranquillité publique : régler les problèmes ensemble au commissariat

    Tranquillité publique : régler les problèmes ensemble au commissariat

    Dans la petite salle du commissariat du 12e arrondissement, c’est un peu l’effervescence ce mercredi matin. C’est là que tous les 15 jours se tient le « GPO » pour Groupe de Partenariat Opérationnel. Représentants des CIQ, des collectivités, de l’Éducation nationale, de la RTM et bien sûr police nationale et municipale se retrouvent pour évoquer les problèmes du quotidien rue par rue. Depuis la mise en place en 2018 de ces structures dans les Bouches-du-Rhône, pas moins de 7 600 réunions de ce type se sont tenues. « C’est un des départements qui fonctionnent le mieux », se félicite la préfète de police déléguée, Corinne Simon. Après une visite de terrain à la Viste (15e), elle est venue prendre la température dans les quartiers Est de la ville. Là encore, l’objectif reste le même : aller chercher l’information à la source, détecter les « signaux faibles » précise la préfète pour agir en conséquence sur la tranquillité et la sécurité publique.

    Cambriolages en baisse de 31%, nuisances sonores, stationnement plus qu’approximatif, jets de cailloux sur une école, dépôts de poubelles, barbecues nocturnes… On ne peut pas dire que le secteur soit franchement impacté par la délinquance reconnaît le responsable du commissariat qui mène les débats de main de maître. Mais cette approche microscopique trouve justement tout son intérêt dans la capacité à faire en sorte que tout le monde vive ensemble.

    « S’ils le pouvaient les gens iraient avec leur voiture dans la salle de sport ou sur le terrain de boules mais c’est vrai qu’en même temps se garer dans cette ville est devenu insoluble », commente un président de CIQ. Plus de ronde de la police municipale, PV dressés avec « discernement » sont autant de solutions évoquées.

    Éteindre le feu qui couve aussi. Quand un autre représentant des habitants signale l’installation d’un nouveau point de deal, le patron du commissariat prend de minutieuses notes. « Poursuivez ce travail de fourmi », incite la préfète, soulignant les bienfaits de toutes ces « interactions. »

  • Le Petit Pavillon et son festival d’infractions en site classé

    Le Petit Pavillon et son festival d’infractions en site classé

    Le patron du « Petit Pavillon », un bar-restaurant situé 54, corniche Kennedy, 7e, a comparu mardi en correctionnelle pour une série de travaux non autorisés sur le domaine public maritime et de surcroit en site classé. Entre juillet 2020 et novembre 2023, l’exploitant a créé un escalier en béton alors qu’il était prévu dans sa déclaration préalable en bois brut et plus petit, il a démonté l’ancienne terrasse de 308m2 qui n’était plus conforme aux règles de sécurité et créé sans autorisation une nouvelle avec percement des fondations dans les rochers, il a créé une véranda, ajouté des baies vitrées, fait un ravalement de façade, bouché au béton l’appareillage du mur côtier, etc,. tout cela en infraction.

    « Qui êtes vous pour vous permettre cela ?! »

    « Les plans, c’est pas moi qui les fait. Je suis restaurateur, pas maçon, pas charpentier. Il y avait plein d’anomalies, alors j’ai changé d’architecte », se retranche Georges Jacomino, 66 ans, gérant de la SAS les Bains de Mer à qui la Ville loue depuis 2017 la parcelle principale, une autre partie étant sous autorisation d’occupation temporaire de l’Etat.

    « C’est vous le donneur d’ordre », lui rappelle vertement la présidente Margaux Kennedy. « Cela fait six ans que vous devez régulariser. Vous êtes sur un lieu d’exception, un site emblématique en zone naturelle stricte, en site classé qui requiert une protection forte du fait des enjeux écologiques, paysagers sur le trait de côte. C’est une zone inconstructible », lui détaille la magistrate. « Ça va être régularisé bientôt. On va tout remettre aux normes… », répond mollement le prévenu. « La terrasse, elle m’a coûté 700 000 euros.» D’expliquer qu’avant son chiffre d’affaire était de 1,2 million d’euros et qu’avec la terrasse exploitée depuis septembre dernier il fait 1 million d‘euros de plus.

    « C’est une personne qui ne s’arrête jamais. Il n’est pas chez lui », intervient la directrice du service de l’urbanisme de Marseille qui rappelle qu’il a crée 106 m2 de surface, ce qui agrandit considérablement son restaurant. « Il ne peut pas dire qu’il ne savait pas. On lui a tout expliqué à quatre reprises et durant des heures que tous ces travaux étaient soumis à autorisation. Il nous répond qu’il n’a pas que ça à faire.» Une astreinte de 50 euros par jour ordonnée en janvier 2025 pour avoir bétonné le mur côtier, doit bientôt être liquidée.

    « Il fait celui qui ne comprend pas. Il se maintient sciemment et de mauvaise foi en infraction sur cet endroit stratégique et lucratif en se retranchant derrière une pseudo ignorance. Qui êtes vous pour vous permettre cela ?! », lui lance la procureure Marion Chabot. Elle requiert 20 000 euros d’amende contre lui, 75 000 euros pour sa société et la remise en état des lieux dans un délai d’un an, conformément au permis de construire du 2 août 2023 qui neutralise les constructions illicites, le tout sous astreinte de 150 euros par jour de retard.

    « Les entreprises sont entravées dans des imbroglios administratifs avec des régimes complexes d’autorisations, des règles qui se chevauchent. C’est l’enfer et il a été entièrement débordé ! », plaide Me Olivier Burthez-Doucede. Délibéré le 4 septembre.

    Avis défavorable de la commission de sécurité

    Interrogée, la Ville de Marseille indique à La Marseillaise, qu’à la suite d’un contrôle inopiné de l’établissement, jeudi 18 juin, la commission communale de sécurité a émis « un avis défavorable pour des problématiques de carence en dégagement ». « Le jour du contrôle, le second escalier de dégagement ne permettait pas d’accéder à l’espace public. Un courrier de mise en demeure va être transmis à l’exploitant pour lui rappeler la nécessité de se mettre en conformité. » La dernière jauge autorisée en 2022 est de 50 personnes. Bien loin des centaines de clients que l’ont peut voir agglutinés les soirs sur cette terrasse illicite. La préfecture de police est d’ailleurs saisie de nombreuses plaintes sur les nuisances sonores certains soirs.

  • Le maire de La Ciotat mise sur le renforcement de la sécurité pendant la saison estivale

    Le maire de La Ciotat mise sur le renforcement de la sécurité pendant la saison estivale

    Le maire de La Ciotat, Alexandre Doriol (DVD), a annoncé, ce jeudi, la mise en place de dispositifs sécuritaires supplémentaires pour anticiper l’affluence estivale sur les littoraux et l’ensemble de la ville.

    « Cette stratégie repose principalement sur trois piliers fondamentaux, la prévention, la présence sur le terrain et la réactivité. Nous mettons en place un système répressif pour à la fois rassurer, réconforter, orienter et sensibiliser tous ceux qui viennent sur nos plages afin qu’ils puissent en profiter pleinement », explique-t-il, aux côtés de Karine Henry, adjointe déléguée à la sécurité et Nali Fouad, directeur de la police municipale. Les contrôles seront plus réguliers grâce à l’augmentation des effectifs. « 25 policiers municipaux, 15 agents saisonniers, 4 ATPM, 4 ASVP, 13 agents dédiés à la surveillance des principaux parkings du littoral seront mobilisés, ainsi que 363 caméras de vidéoprotection, et un renforcement de la sécurité de proximité grâce notamment au poste de police municipale de Saint-Jean, inauguré il y a quelques jours de cela », ajoute Alexandre Doriol.

    Une organisation rodée

    Le dispositif s’organise désormais sur trois périmètres. Le premier volet se concentre sur les plages, afin de garantir la tranquillité des usagers. Le second couvre le centre-ville et les promenades qui longent tout le littoral. Le troisième, enfin, se déploie en périphérie, dès la sortie d’autoroute, pour lutter contre les comportements jugés déviants : excès de vitesse ou nuisances sonores. Des CRS nageurs sauveteurs seront également présents sur des plages du Mugel et Cirnos.

    Grâce à ce dispositif mis en place depuis trois ans, la ville connaitrait un taux zéro de rixe pendant la saison, un taux atteignant jusqu’à 12 rixes, chaque été, avant 2023 assure le maire. Par ailleurs, la cité avant-gardiste en matière de lutte contre le tabac depuis 2011, continue d’assurer des contrôles sur les plages pour veiller au respect de l’interdiction de la consommation de cigarettes et produits dérivées.

    Interrogé sur le coût de ce dispositif, Alexandre Doriol a refusé de communiquer un chiffre précis : « Je refuse de chiffrer les investissements pour la sécurité de notre ville, puisque c’est la priorité de ce mandat. On ne peut porter de prix, seulement un résultat ». Le maire assure que les impôts n’ont pas été augmentés, des économies ayant été réalisées sur d’autres postes budgétaires.

  • La politique environnementale du circuit pointée du doigt

    La politique environnementale du circuit pointée du doigt

    Le sport automobile se retrouve régulièrement sous le feu des critiques concernant ses nuisances écologiques. C’est pourquoi les institutions tentent, depuis plusieurs années, de décarbonner cette industrie à travers différents moyens : promotion de l’usage électrique et du biocarburant, développement de l’hydrogène, ainsi que de lignes de transports en commun pour les déplacements des spectateurs, principal facteur de pollution des compétitions de sport mécanique (82%).

    Des politiques sur lesquelles s’engage le Circuit Paul-Ricard, notamment au travers du compostage de ses biodéchets, l’installation de ruches et de panneaux photovoltaïques, la réduction et la surveillance des nuisances sonores, ou encore l’usage de voitures électriques pour ses équipes techniques. À cet égard, un comité consultatif environnemental est censé se tenir deux fois par an, pour présenter « les projets réalisés pour l’environnement, les résultats des études scientifiques commentées par des spécialistes, les innovations technologiques mises en œuvre afin de garantir la tranquillité publique », indique la direction du circuit.

    Problème : aucun ne se serait tenu depuis plus de deux ans, comme le rapporte l’association Groupe Vigilance 83. « C’est la seule rencontre où nous, voisins du circuit, pouvons faire valoir nos avis et ressentis sur la tranquillité publique, auprès des responsables du circuit, des maires, et des organismes d’État », affirme son président Michel Lahuet dans une lettre adressée au préfet du Var.

    Un comité prévu le 7 juillet

    Un signe, pour le Groupe Vigilance, que « la concertation environnementale n’est plus une priorité pour le nouveau directeur du circuit [Nicolas Deschaux, Ndlr.]. Les nuisances sonores et les troubles environnementaux s’amplifient avec (…) des roulages avec des nuisances sonores de 80 db ». Sur ce constat, l’association invite le préfet à se faire « témoin, du respect ou non, des voisins du Circuit ».

    De son côté, la direction du circuit informe qu’un comité « prévu le 10 mars a notamment dû être reporté au 7 juillet en raison de la période de réserve liée aux élections municipales », précisant qu’une réunion de concertation s’était tenue le 30 avril « en présence des représentants de la préfecture, ainsi que de membres des associations environnementales locales ».

  • Les communes face au défi de la voiture

    Les communes face au défi de la voiture

    Au rayon des sujets épidermiques, le stationnement figure en tête de gondole. Tarif prohibitif en surface ou en parking souterrain, galère pour trouver la seule place disponible du quartier quand les communes en réduisent sans cesse le nombre dans les rues… Ce sujet du quotidien soulève en creux des problématiques bien plus vastes quand il s’agit, de fait, de questionner la place de la voiture en ville. Le stationnement devient ainsi un levier de poids dans les politiques d’aménagement de la ville.

    D’abord parce que l’automobile reste « un objet de clivages et de polarisation », note une en quête menée par Roole et l’Institut Bona Fidé auprès de 1 500 Français et plus de 500 maires, rendue publique le 12 février. Pas moins de 70% des sondés et 63% des maires considérant que la voiture sera un enjeu « important » des élections municipales.

    Si plus de 70% des personnes interrogées et des maires considèrent que les politiques de réduction de la voiture en ville « constituent des leviers efficaces pour réduire la pollution de l’air, les nuisances sonores et favoriser la promotion des mobilités douces », que 55% approuvent cette politique dans les grandes métropoles, c’est tout l’inverse dans les villes moyennes et petites. Et ce qui peut être considéré comme positif pour les autres ne l’est pas forcément pour soi. Testée à l’échelle de la vie quotidienne, la volonté de réduire la place de l’auto en ville est considérée comme négative par 57% des personnes interrogées. Ces dernières pointant notamment l’absence de mode de transports et de déplacement alternatifs. Un sondé sur deux estimant que, là où il habite, il n’y a pas assez de transports en commun et de pistes cyclables, que ce soit à la campagne (87%), dans les villes moyennes (75%) ou les grandes villes (53%).

    Penser global

    « Pour que les gens lâchent leur voiture, il n’y a pas d’autre solution qu’une offre importante, de qualité, confortable… », rappelait dans nos colonnes Florence Sautejeau, déléguée générale de l’UTPF (Union des transports publics ferroviaires), les transports s’avérant être un sujet phare pour 94% des personnes interrogées par l’UTPF en Paca.

    Opposés « largement à toutes les mesures de restriction du stationnement », les sondés réclament aussi des mesures d’accompagnement pour se passer de leur voiture. Des mesures « incitatives » plutôt que « punitives ». On se souvient, par exemple, de la tentative de mise en place des ZFE (Zone à faibles émissions) dans les grandes villes de la région. Une mesure jugée discriminatoire par certains, qui pointent la relégation des classes populaires en périphérie, ces dernières n’ayant d’autre choix que la voiture pour se déplacer. Effective à Marseille pour les véhicules munis de vignettes Crit’Air 3 et davantage, mais uniquement en cas de pic de pollution sous peine d’amende, minimaliste dans le Grand Avignon car elle ne concerne que les poids lourds, reportée à Toulon… Le gouvernement a repoussé le vote définitif sur cette mesure sine die, faute de majorité assurée à l’Assemblée nationale.

    Reléguer la voiture aux abords des villes reviendrait aussi à tuer le petit commerce pour bon nombre des sondés. Une préoccupation qu’ils placent, pour 60% d’entre eux, devant celle de la pollution de l’air. Les maires suivent leurs administrés : 68% estiment que ne plus permettre l’accès au cœur de ville en voiture est dangereux pour l’attractivité commerciale… Une idée reçue. Le Cerema, établissement public pour la transition écologique et la cohésion des territoires, qui a analysé les déplacements des ménages, a établi que 74% des clients des commerces de centre-ville dans les grandes agglomérations s’y rendent à pied, à vélo ou en transports en commun. Mieux, la création de parkings relais judicieusement placés pouvant même faciliter la vie des habitants, estime le Cerema, qui cite l’exemple du P+R Krypton à Aix-en-Provence, avec 900 places et une mini-gare routière de 12 quais.

    « Pour les élus, il s’agit donc d’être en mesure de faire bouger les lignes pour créer davantage d’espaces publics de proximité dans leurs centres, et de déplacer du stationnement plutôt que d’en créer », notent, dans un article du Cerema, Nicolas Pelé, responsable d’études foncier et territoire, et Sylvain Michelon, chef du groupe aménagement urbain. Aménagement du territoire, mobilité, cadre de vie, lutte contre la pollution… Réfléchir à la place du stationnement, c’est finalement « changer de système de pensée », résume le Cerema.

    En chiffres

    1,5

    euro de l’heure à Marseille,

    1 euro dans le centre d’Avignon, 3,8 euros de l’heure à La Ciotat après deux heures gratuites… Les tarifs varient du simple au double dans les grandes villes de Paca.

    8, 3

    millions d’euros. C’est ce qu’ont rapporté, en 2024, les forfaits de post-stationnement (FPS), en clair les PV, à la Ville de Marseille. Depuis 2018, ce sont les communes qui décident du montant du FPS.

    15

    fois plus cher… Selon les professionnels du secteur, le prix d’une place de parking en surface était de 2 000 euros en 2025, hors acquisition du terrain, contre 30 000 euros en parking souterrain.