Technicatome, qui conçoit et développe les réacteurs nucléaires compacts et dont une partie de l’activité est basée à Aix-en-Provence, vient de signer une convention de partenariat avec le lycée professionnel les Iscles, basé, lui, à Manosque. Objectif de cet accord : renforcer « des liens entre l’entreprise et le monde étudiant pour faciliter l’intégration professionnelle », estime Technicatome, alors que l’établissement propose « plusieurs formations intéressantes » pour ses activités dont, depuis peu, un BTS Environnement Nucléaire. Dans le même principe, Technicatome avait signé, en 2025, un accord-cadre avec l’Université d’Aix-Marseille (AMU). Cette signature veut aussi marquer « l’engagement territorial » du groupe. « L’implication dans le tissu local (…) est une volonté forte de l’entreprise », poursuit Technicatome. « Nous travaillons depuis plusieurs années avec le lycée professionnel Les Iscles qui représente une source importante de recrutement de techniciens d’exploitation pour notre site de Cadarache. Nous allons aujourd’hui un cran plus loin dans nos relations école-entreprise », déclarait de son côté Marie Perrot, directrice des ressources humaines de Technicatome.
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Un festival fait fourmiller les initiatives contre l’extrême droite
Le nom résume l’esprit de la manifestation : les Fourmilières veulent fonctionner de manière collective, horizontale et décentralisée. Durant 17 jours, du 25 septembre au 11 octobre, des collectifs indépendants vont faire vivre, de Montpellier aux Cévennes en passant par l’Aude, l’Aveyron, la Lozère ou les Bouches-du-Rhône, un festival placé sous le signe de la solidarité et de l’antifascisme.
Une initiative impulsée par le Quartier généreux, café associatif montpelliérain. « L’idée était de fédérer un certain nombre d’acteurs autour de la défense d’un héritage : les conquis sociaux, de prendre de la place sur des sujets progressistes et d’ouvrir vers d’autres imaginaires », explique Thibaut, membre de la coordination du festival et de la batucada militante La Battante. L’appel a rencontré un écho au-delà des espérances : plus de 100 collectifs sont désormais impliqués et près de 200 événements recensés. Une dynamique qui prend une résonance particulière à l’approche d’une élection présidentielle où l’extrême droite est donnée favorite. « L’idée est également de sortir de nos entre-soi militants pour reprendre un peu de terrain face à l’extrême droite dans un territoire, le sud de la France, où elle est très présente », insiste Thibaut. « L’enthousiasme des collectifs investis vient aussi du fait que cette initiative prend un peu d’ampleur et que ça permet de peser sur cette année particulière. » Un espace de riposte qui fourmille de propositions dessinant un autre projet de société face à cette menace « réelle autant que croissante ».
« Un formidable moyen de convergence des luttes »Pour participer, chaque collectif doit adhérer à une charte commune, qui laisse toutefois chacun libre du choix de la thématique abordée : antinucléaire, féminisme, antiracisme, lutte contre les violences policières, écologie, solidarité avec la Palestine, critique du masculinisme ou encore questions carcérales. Une diversité qui se retrouve aussi dans les formats : conférences et rencontres littéraires côtoient ateliers d’éducation populaire, concerts, théâtre, cinéma, expositions, mobilisations dans l’espace public… « Cette charte et cette initiative des Fourmilières constituent un formidable moyen de convergence des luttes, qui est toujours appelée à gauche mais jamais atteinte », estime Thibaut.
De Montpellier
aux CévennesÀ Montpellier, l’un des temps forts aura lieu le 30 septembre à la Halle Tropisme. Le Quartier Généreux y proposera une journée familiale avec lectures jeunesse engagées, ateliers et kermesse antifasciste. Un arpentage autour de Décoloniser le dancefloor, d’Habibitch, précédera une rencontre avec l’autrice, avant une soirée musicale avec Planète Boum Boum et Habibitch.
Le débat d’idées aura également sa place. Le sociologue Ugo Palheta interviendra notamment le 9 octobre à la Carmagnole, à Montpellier, autour de son travail consacré à la progression de l’extrême droite. La Carmagnole accueillera également trois formations – des conférences en ligne – proposées par StreetPress autour de la lutte contre l’extrême droite (les 1er, 7 et 15 octobre). Pauline Ferrari, autrice de Formés à la haine des femmes, sera pour sa part à La Mauvaise Réputation le 2 octobre pour parler des réseaux masculinistes et le théâtre Pierre Tabard proposera pour sa part Boxeur, une histoire antifasciste. Le cinéma sera également mobilisé, avec notamment à Sète, le 29 septembre, une projection consacrée au terrorisme de l’ultra-droite suivie d’un débat avec le journaliste d’investigation Ricardo Parreira et Sophie Mazas (LDH 34), puis, le 11 octobre, un rendez-vous autour du documentaire Main basse sur l’eau.
Du côté de Ganges, la programmation du 6 au 11 octobre mêlera lecture publique, théâtre, parade populaire et banquet autour d’un couscous préparé avec des légumes de récupération. À Lodève et sur le Larzac, la programmation sera particulièrement dense, avec 40 à 50 rendez-vous sur les trois week-ends : tables rondes, théâtre, concerts et conférences, dont une avec l’historienne Ludivine Bantigny (à Marcillac-Vallon) et une autre avec le sociologue Ugo Palheta (à Millau) le 10 octobre.
« L’éventualité
d’une seconde édition »Les Fourmilières essaimeront également dans le Gard. À Alès, un stage d’autodéfense féministe est prévu les 26 et 27 septembre. À Bagnols-sur-Cèze, où l’extrême droite réalise des scores importants, un pique-nique solidaire et antiraciste sera organisé le 3 octobre. À Sauve, une journée antifasciste est organisée par la librairie le même jour dans la cour des artisans. Au Vigan, les 29 et 30 septembre, les organisateurs misent sur l’éducation populaire dans le quartier des Arènes : football avec des équipes mixtes, bouturage, scène ouverte, expression artistique et réappropriation de l’espace public, avec également un four à pizza itinérant.
Les mobilisations dans l’espace public ne seront pas oubliées : marche pour le climat, la paix et les solidarités le 26 septembre, week-end de mobilisation contre le centre de rétention administrative (CRA) de Béziers les 3 et 4 octobre ou encore Fiertés vénères, la Pride radicale de Nîmes, le 10 octobre.
Au-delà de cette première édition, la coordination réfléchit déjà à la suite. « On fera d’abord le bilan, mais il y aura deux axes pour l’après : faire vivre ces réseaux, car ce sont des dizaines de collectifs qui ont travaillé ensemble, donc plein de rencontres et de partages, et l’éventualité d’une seconde édition. »
*Tout le programme sur : https://les-fourmilieres.org
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![[Entretien] Alain Rouy, secrétaire national du Mouvement de la Paix : « Il faut travailler la paix du quartier à la planète »](https://euapp01.newsmemory.com/lamarseillaise/news/wp-content/uploads/sites/2/2026/09/9114c300d8341fd358a6b292285e2aec.jpg)
[Entretien] Alain Rouy, secrétaire national du Mouvement de la Paix : « Il faut travailler la paix du quartier à la planète »
La Marseillaise : À quoi sert un événement comme le Village de la Paix ?
Alain Rouy : Cela répond à la Journée internationale de la paix, décrétée par l’ONU il y a 25 ans. C’est un moyen de sensibiliser les populations, les pouvoirs publics. Par exemple, la question de la défense, de la paix, est occultée en France, où toute la politique de défense est entre les mains du chef de l’État. Il peut déclencher une intervention militaire sans même consulter le Parlement avant 100 jours. Dans les autres pays d’Europe, le Parlement est étroitement associé. On a appris par un discours, sur la base des sous-marins nucléaires de l’Île Longue, l’an dernier, que la France changeait de doctrine militaire nucléaire, avec une nouvelle invention, la dissuasion avancée. Personne n’a été consulté, pas même les militaires. La France ne fera désormais plus la transparence sur son armement nucléaire, certaines bombes nucléaires vont être remplacées par de plus puissantes, par l’unique volonté du chef de l’État. C’est un problème. Mais presque tous les pays sont soumis à cette hausse inconsidérée des dépenses militaires au détriment des programmes sociaux, de santé, d’enseignement, d’où l’idée d’une convergence internationale.
Le thème de la journée est : « Investir dans la paix pour tous, partout, tous les jours ».
Qu’est-ce que cela évoque ?A.R. : Ça incarne ce que promeut l’ONU, c’est-à-dire que l’armement est surfinancé alors que les œuvres de paix et les grands défis existentiels tels que le réchauffement climatique sont sous-financés. L’ONU a établi les objectifs du développement durable, en 2015, à la suite des objectifs du millénaire pour le développement (OMD). Certains ont été obtenus, notamment sur le plan de l’alphabétisation, de la santé… Mais on est loin du compte parce qu’il manque des financements. Avec moins de la moitié du budget militaire, on règle quasiment tous les problèmes des OMD et on peut commencer à s’attaquer à la transition écologique. Au lieu de ça, on prépare la mort de la planète avec l’accumulation des armes et le risque d’un conflit nucléaire.
Comment parvient-on à se mobiliser dans un monde bouleversé par les guerres et les génocides ?
A.R. : Comme le disent certains slogans, il faut travailler à la paix du quartier à la planète. Ça commence par la culture de paix, grand chantier lancé par l’ONU en 2000, parce que la paix s’apprend dans les comportements, dans une culture tournée vers l’autre qui doit abreuver la vie publique. Les gouvernements ont aussi un rôle à jouer. Par exemple, le traité sur l’interdiction des armes nucléaires de 2017 est venu d’une convergence de l’ONU, des ONG et d’États qui en ont été les relais diplomatiques. Mais pour que ces relais existent, il faut faire évoluer l’opinion publique.
À un an de l’élection présidentielle, quelle devrait être, selon vous,
la position du futur gouvernement en matière internationale ?A.R. : On craint que ces questions de défense soient occultées de la campagne. Beaucoup de candidats vont parler du pouvoir d’achat sans faire le lien avec la hausse des dépenses militaires. La France, sous Macron, a fait le choix de résoudre les problèmes par la guerre, en soutenant les dérives bellicistes de l’UE, sans proposer d’action diplomatique. On pourrait prendre la tête, en tant que puissance nucléaire, d’un mouvement de désarmement, puis aller vers une nouvelle manière d’envisager les relations internationales, à savoir la coopération, un mode de sécurité collective ou de sécurité commune, notion apparue dans les années 1980 avec le Premier ministre suédois de l’époque, Olof Palme. Celle-ci implique que je ne suis en sécurité que si mon voisin, ou mon ennemi, se sent lui-même en sécurité. Donc, nos sécurités sont interdépendantes.
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Carole Delga acte un cluster nucléaire pour « préparer l’avenir »
À Laudun-l’Ardoise, le vieux bassin industriel gardois entend ouvrir un nouveau chapitre. Autour de Marcoule, près de 70 ans de nucléaire ont façonné un bassin de sous-traitants, d’ingénieurs, de chercheurs et d’ouvriers qui reste, avec près de 160 entreprises, le deuxième pôle industriel d’Occitanie. Vendredi 4 septembre, Carole Delga (PS) est venue y défendre une ligne claire : faire de cet héritage un levier de réindustrialisation et de souveraineté énergétique.
« Nous avons besoin d’être de nouveau un pays producteur », a martelé la présidente de Région devant les représentants de Cyclium et du Collectif. Pour elle, « le débat pro ou anti-nucléaire est derrière nous ». Dans un contexte géopolitique tendu, elle assume son soutien aux EPR2 de Tricastin et de Golfech comme au développement des petits réacteurs modulaires. « Notre indépendance énergétique ou la dépendance au gaz russe » : elle pose le choix en ces termes, tout en appelant à ne plus opposer nucléaire et renouvelables.
Sur ce territoire présenté comme le « berceau du nucléaire français » par Patrick Palisse, vice-président de la Communauté d’agglomération du Gard rhodanien, les projets se multiplient. Hexana et Otrera travaillent sur des réacteurs de nouvelle génération autour de Marcoule. À quelques kilomètres, MGH Energy prévoit sur l’ancienne friche ArcelorMittal de L’Ardoise une usine de carburants de synthèse, avec un investissement annoncé d’un milliard d’euros et quelque 200 emplois permanents à terme. Des projets encore soumis à des calendriers, financements et autorisations, mais qui redonnent des perspectives à un bassin marqué par plusieurs abandons industriels.
C’est dans ce contexte que Carole Delga a acté la création d’un cluster nucléaire, destiné à donner davantage de visibilité au tissu local et à coordonner entreprises, recherche, innovation et formation. Ses contours et son articulation avec les réseaux déjà existants restent à préciser. Mais derrière l’outil de structuration, une question demeure : quelle réindustrialisation et pour quels emplois ?
Des milliards, mais quels emplois ?Car les milliards annoncés ne suffiront pas à eux seuls à faire vivre le territoire. Les industriels alertent déjà sur les départs à la retraite et le manque de salariés qualifiés. « La question de la formation initiale et continue est essentielle », insiste Carole Delga. Le CEA de Marcoule, l’INSTN, le Campus des métiers ou encore le futur dispositif Invictus doivent permettre de transmettre des savoir-faire parfois longs à acquérir et d’éviter que la relance industrielle ne se heurte à une pénurie de compétences.
Encore faut-il que ces emplois soient suffisamment attractifs pour retenir les salariés. Salaires, conditions de travail, logement, services publics et transports pèseront autant que les investissements industriels dans une filière largement structurée par la sous-traitance. Carole Delga place elle-même le travail au cœur de son discours. « Nous avons besoin de créer des emplois qui rémunèrent et de garantir la dignité à tous nos habitants », affirme-t-elle. Une promesse qui donne aussi une mesure à l’ambition affichée : la réindustrialisation ne pourra être jugée seulement au nombre de milliards investis ou de réacteurs annoncés, mais à sa capacité à créer des emplois durables, qualifiés et correctement rémunérés sur le territoire.
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Le collectif « Halte aux nucléaires Gard » entre en campagne
C’est par un communiqué envoyé fin août que le Collectif a posé la première pierre de sa nouvelle campagne pour dénoncer les dangers du nucléaire civil. L’objectif est annoncé : le but est bien de peser sur l’élection présidentielle en tentant de porter de nouvelles informations à la connaissance des électeurs. Et pendant que prenait fin la quatrième vague caniculaire de l’été, le Collectif Halte aux Nucléaires Gard a souhaité s’appuyer sur les nombreux réacteurs à l’arrêt pour souligner l’inefficacité de cette énergie.
« Le 12 août par exemple, un cinquième du parc, soit 20,4% de sa capacité de production, était indisponible, soit à cause du débit insuffisant des fleuves ou de leur température trop élevée, mais aussi comme à Gravelines à cause de la multiplication de méduses s’écrasant contre les prises d’eau de mer et les bouchant », écrit-il. Pierre Peguin, l’un des porte-parole du collectif explique la démarche : « Par cet exemple, nous voulions montrer que les réacteurs construits au bord des fleuves ont une production plus aléatoire, ce qui est souvent reproché aux énergies renouvelables. »
L’objectif est également de montrer l’impact du nucléaire civil sur l’environnement qui dépasse le problème de la gestion des déchets radioactifs. « L’État a décidé la construction de trois paires de réacteurs, deux à Penly (Seine-Maritime), deux Gravelines (Nord) et deux à Bugey (Ain). Ces derniers nous concernent puisque l’Ain est un affluent du Rhône qui refroidit déjà un certain nombre de réacteurs. Ces nouveaux réacteurs vont donc à nouveau fragiliser le fleuve. »
Peser sur le débatPour convaincre, Pierre Peguin souhaite montrer que le nucléaire est une énergie « dangereuse, qui coûte cher, qui met du temps à être déployée entre la prise de décision et la réalisation ». Une démonstration qu’il compte renouveler pendant les huit prochains mois. « On sent bien qu’on n’a pas gagné la bataille idéologique. L’État et le lobby du nucléaire sont arrivés à convaincre la population que le nucléaire est une énergie décarbonée, ce que nous contestons. On espère que la présidentielle va permettre de mettre ce sujet dans le débat, sachant que les partis qui remettent en cause le nucléaire ne sont pas les plus nombreux. »
Le physicien tente notamment de convaincre les militants du Parti communiste, dont le parti continue de soutenir le déploiement du nucléaire : « Le PCF s’oppose au nucléaire militaire mais il soutient le nucléaire civil. Nous défendons aussi l’idée, qui s’appuie sur des faits avérés, que le nucléaire civil soutient le nucléaire militaire. Pour exister en France en particulier, le nucléaire militaire a besoin d’un nucléaire civil actif qui permet d’élaborer les matériaux nécessaires à l’armement qui sont l’uranium, le plutonium, mais aussi le tritium. Ils forment les cadres scientifiques et techniques qui permettent de faire fonctionner les installations et ces cadres peuvent passer du civil au militaire. On cherche donc à montrer la contradiction qu’il y a entre souhaiter la relance du nucléaire civil et s’opposer au militaire. »
Le collectif souhaite également que le prochain gouvernement s’appuie « sur la sobriété » et développe en même temps les énergies renouvelables dont notamment la captation solaire avec des panneaux installés « sur tous les bâtiments industriels et commerciaux ».
Une stratégie loin d’être mise en place par les derniers gouvernements macronistes vis-à-vis de qui Pierre Peguin reste très critique : « L’État est à contre-courant du raisonnable, à contre-courant de la réalité économique, parce que le nucléaire coûte de plus en plus cher. L’État est en difficulté financière et pourtant il choisit la solution onéreuse. Mais il est aussi à contre-courant au niveau technologique puisqu’il veut construire des réacteurs et relancer une industrie qui fut efficace un temps mais qui ne l’est plus et qui est aujourd’hui menacée par le climat, la montée des eaux, le réchauffement des fleuves et la diminution des débits. »
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La visite exceptionnelle des hibakushas
Les témoignages des derniers survivants des bombardements atomiques d’Hiroshima et de Nagasaki sont précieux, et leur combat, juste. « L’arme nucléaire n’a pas sa place dans l’humanité », appuyait ainsi Hideto Matsuura, 80 ans, qui était encore dans le ventre de sa mère au moment où l’enfer a été largué sur le Japon.
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Le gendarme du nucléaire livre un bilan globalement satisfaisant
L’antenne marseillaise de l’Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection (ASNR) dressait mardi le bilan 2025 de ses contrôles en région PACA, Occitanie et Corse. Elle couvre 22 installations nucléaires de base dont 20 à Cadarache, mais aussi de nombreux sites d’activités nucléaires dans le champ médical avec notamment 13 services de radiothérapie externe, 16 services de médecine nucléaire, de radiothérapie, 96 scanners, 8 200 appareils de radiologie médicale et dentaire. Elle surveille 400 établissements industriels et de recherche et 600 cliniques vétérinaires.
En 2025, l’ASNR a procédé à 216 inspections dont 106 en sûreté nucléaire et 95 relevant du nucléaire de proximité. 6 incidents significatifs de niveau 1 (mineur) sur l’échelle INES ont été relevés notamment des vols d’appareils de mesure embarquant une source radioactive. On notera pour l’aspect insolite, la découverte fortuite en octobre dernier de 163 sources radioactives scellées dans un local d’entreposage de déchets contaminés du service de médecine nucléaire de l’hôpital de la Timone. Dans ce fatras radioactif qui n’était pas référencé, on retient pour les plus redoutables 6 sources d’américium 241, 3 sources de césium 137 et 1 source de plutonium 239 !
Cadarache et ses sites et sols polluésLe bilan est globalement « satisfaisant ». Pour ne prendre que le centre CEA de Cadarache, l’ASNR considère que « le niveau de sûreté nucléaire se maintient à un niveau satisfaisant dans l’ensemble ». « La stratégie de gestion des démantèlements et des déchets reste “un sujet majeur de vigilance” ». La découverte de défauts de génie civil sur l’INB 37-A a également mis en évidence « la fragilité de la filière de traitement des déchets de moyenne activité à vie longue du CEA ».
En matière de protection de l’environnement, « le niveau de maîtrise reste satisfaisant mais des améliorations sont attendues, notamment pour la gestion des eaux pluviales et des sols historiquement marqués ». Le suivi des nappes phréatiques, la réhabilitation des ouvrages et la prévention des pollutions connaissent des progrès. Le gendarme du nucléaire dit « attendre encore des améliorations sur la politique de gestion des sites et sols pollués » sur Cadarache. « La conformité des 400 piézomètres de surveillance des nappes répartie sur le site est un sujet à Cadarache », développe Pierre Juan. « L’exploitant nous doit des dossiers de dépollution dans sa gestion des sites et sols pollués historiques. On a aussi un sujet de gestion des réseaux des eaux pluviales et des eaux industrielles. L’exploitant a régulièrement des écarts avec des fuites dans les réseaux d’eaux industrielles. Il y a des kilomètres de tuyaux sur le site. L’enjeu, c’est de surveiller leur bonne étanchéité. »
L’impact des épisodes caniculaires ?Interrogé sur l’impact des canicules répétées sur les installations, Pierre Juan, le chef d’antenne de l’ASNR, rassure : « Les installations les plus sensibles sont les réacteurs d’EDF. On n’en a pas dans la région. Un épisode caniculaire n’a pas de conséquences sur les installations nucléaires de la région. Il n’y a pas de sujet d’évacuation de puissance. On a la capacité d’arrêter nos installations qui sont conçues pour tenir sur des plages de températures extrêmes “grand chaud-grand froid”. » Pierre Bois, directeur général adjoint de l’ASNR, confirme : « ce n’est pas un enjeu de sûreté mais un enjeu de modulation de production de l’électricité. L’enjeu pour EDF est de moduler la production thermique pour limiter des rejets d’eau de refroidissement dans les rivières les plus exposées. »
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Le projet Iter veut ouvrir la voie aux filières régionales
« Iter n’est pas seulement un projet essentiel pour le territoire, c’est un projet majeur pour l’avenir énergétique de la France et même, de la planète », déroule Jean-Luc Chauvin, président de la CCI Aix-Marseille-Provence face à un amphithéâtre bondé d’acteurs régionaux de la filière industrielle.
Rassemblés à l’Ensosp, École nationale supérieure des officiers de sapeurs-pompiers, ils sont près de 400 à s’être retrouvés autour de la seconde édition des Rencontres Iter, impulsées par le réseau CCI Provence-Alpes-Côte d’Azur et l’agence Iter France. Dans le viseur, « transformer une ambition mondiale en opportunité locale », précise Jean-Luc Chauvin. L’événement, bénéficie du « haut patronage » du ministère de l’Économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique. La première et plus récente des éditions avait été tenue en septembre 2023, à un moment où le projet Iter connaissait des ralentissements, en partie liés à des défaillances techniques. En 2026, « on est en avance sur le projet et l’on continue à avancer en marche forcée », soutenait de son côté Yves Belpomo, responsable du programme construction des bâtiments et du management du site pour Iter.
Vers des partenaires
« locaux »Au cours de cette journée, sept ateliers thématiques sont notamment prévus pour expliquer et décrypter le projet Iter, ses enjeux. Le rendez-vous, ébullition de petites et moyennes entreprises et industries investies dans l’ingénierie, la robotique, la cybersécurité, l’usinage et autres domaines, les encourage à aller à la rencontre de primo contractants en vue de favoriser une du projet Iter, eux-mêmes activement en recherche de « partenaires locaux », pour des contratsde sous-traitance, comme de cotraitance. Le format des Rencontres permet donc de « favoriser des collaborations, des coopérations, des partenariats, créer des conditions ou les entreprises peuvent se connecter, échanger, se présenter », précise-t-on du côté de l’agence Iter, qui précise que l’événement s’intercale avec les International Iter Business Forum. Pour Marie-Delphine Louveau, chargée de mission innovation pour Nuclear Valley et la Gifen (groupement des industriels français de l’énergie nucléaire), l’idée est, depuis sa position, « d’avoir une offre française, défendre l’Europe, Iter est peut-être le plus grand projet mondial qui existe encore international mais il y a les couleurs de la France, la souveraineté française et européenne » et d’ajouter : « nous avons les compétences, il faut les fédérer, se faire connaître et se rapprocher des primo contractants pour que l’on soit mieux identifiés d’Iter org, ou F4E. » Précisément les enjeux de la journée.
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À Tricastin, un des plus gros chantiers industriels prend forme
C’est un chantier bien moins visible et symbolique que celui de la destruction des tours Eurodif (notre édition du 12 avril 2025) mais d’une forte ampleur industrielle qui est en train de s’opérer sur le site nucléaire de Tricastin. Alors qu’après une grosse année de travail, les trois tours de refroidissement de l’ex-usine George-Besse ont définitivement disparu du paysage, Orano s’attelle à l’extension de l’usine George-Besse II. Un projet industriel hautement stratégique pour l’un des leaders de la fabrication de nucléaire, qui a ouvert ses portes à la presse ce lundi pour une visite de chantier.
Inaugurée il y a plus de 15 ans, l’usine George-Besse II a pris le relais de sa grande sœur spécialisée dans l’enrichissement d’uranium. « C’est un savoir-faire unique au monde depuis plus de 60 ans, on transforme de l’uranium pour permettre de fournir en énergie bas carbone les centrales nucléaires », resitue Pascal Turbiault, directeur d’Orano Tricastin. Actuellement, l’usine couvre l’équivalent des besoins électriques de 90 millions de foyers par an, soit la France, l’Allemagne et la Grande-Bretagne confondues.
Plus de la moitié
du chantier achevée« Le projet d’extension va permettre d’augmenter notre capacité de 30% », précise le directeur et ce afin de répondre à la demande croissante en la matière. Orano, qui exporte 70% de sa production, a d’ailleurs été retenu pour construire une usine d’enrichissement aux États-Unis. À Tricastin, le chantier s’élève à 1,7 milliard d’euros et mobilise jusqu’à 1 000 personnes (lire les chiffres). « C’est l’un des cinq plus gros chantiers industriels actuellement en France », s’enorgueillit Christophe Mei, chef du projet d’extension de George-Besse II. Après la pose de la première pierre en octobre 2024, « 55% des travaux ont été réalisés dont déjà 98% de génie civil », précise-t-il. L’usine agrandie donnera sa pleine mesure d’ici à 4 ans. Actuellement, 14 modules d’enrichissement d’uranium composent l’usine, 4 nouveaux sont en phase de construction.
« Dès le début de George II, le site a été pensé pour une future extension, ce qui permet de construire sans interruption d’activité, on ne pourrait pas se le permettre car les carnets de commandes sont pleins », fait valoir Christophe Mei. Preuve « du dynamisme », selon Pascal Turbiault, Orano doit embaucher 1 000 personnes dans tout le Sud-Est et quelque 1,3 milliard d’euros doivent encore être investis à Tricastin « pour renouveler et moderniser nos installations ».
« Pour enrichir l’uranium, on utilise la technique de l’ultra centrifugation, un peu comme un panier à salade où les éléments les plus lourds sont plaqués contre les parois », vulgarise Christophe Mei. Entre la dalle surélevée par 480 plots ou 60 km de tuyauterie à poser, la visite passe par l’immense salle des centrifugeuses en travaux, où les photos ne sont pas autorisées. Mais on peut s’imaginer le grand champ des tulipes de Jonquières en floraison. En moins « instagrammable ».
CHIFFRES
800
kilomètres de câbles vont être intégrés dans cette extension mais aussi 60km de tuyauterie (acier et aluminium) et 1 400 tonnes de charpente.
180
entreprises au total participent au chantier, mobilisant 300 à 500 personnes en moyenne avec des pics à 1 000.
2030
sera l’année de mise en service complète de l’usine étendue. Dans deux ans, une partie des nouveaux modules seront opérationnels.
![[Nucléaire] Renforcer l’accès à l’emploi](https://euapp01.newsmemory.com/lamarseillaise/news/wp-content/uploads/sites/2/2026/10/c599ba840bab797bd492472b74eb7467.jpg)
