Tag: navires

  • Des réfugiés pris pour cible en Méditerranée

    Des réfugiés pris pour cible en Méditerranée

    L’ONG SOS Méditerranée a déploré ce lundi 24 août dans un communiqué une « intensification des menaces » en Méditerranée centrale, pointant des interceptions « de plus en plus violentes » d’embarcations de « personnes en détresse » et des poursuites des navires de sauvetage, qu’elle attribue à des « acteurs libyens » et des « groupes armés ».

    Voilà un an, son bateau l’Ocean Viking avait essuyé « des tirs des garde-côtes libyens » assure-t-elle alors qu’il transportait 87 personnes rescapées même si « les responsables de l’attaque n’ont pas été identifiés », convient l’ONG.

    SOS Méditerranée estime que « cet environnement opérationnel, de plus en plus hostile en Méditerranée centrale, n’aurait pas pu perdurer sans l’élargissement de la coopération européenne avec les acteurs libyens en matière de dissuasion migratoire ». « Un phénomène nouveau et préoccupant » a également été recensé par l’ONG entre juin et juillet. Cette dernière affirmant qu’à sept reprises au moins, des navires « liés à des acteurs libyens », certains « non identifiés », se sont approchés « à grande vitesse » de bateaux de sauvetage, ou les ont suivis des heures durant – des « poursuites » jusque dans les eaux internationales.

    Un premier trimestre meurtrier

    Elle souligne également une « augmentation significative de la présence de vedettes rapides non identifiées, liées à différents groupes armés en Libye ». Des embarcations qui « ont été observées (…) percutant délibérément des embarcations transportant des personnes en détresse et en effectuant des manœuvres mettant leur vie en danger », poursuit SOS Méditerranée.

    Pour Soazic Dupuy, directrice des opérations au sein de l’ONG, « cette attaque aurait dû marquer un tournant ». Mais avec ce harcèlement, « le message envoyé est dangereux : la violence en mer peut se poursuivre en toute impunité », alerte-t-elle.

    SOS Méditerranée réitère également un appel pour « une enquête complète et indépendante afin d’établir les responsabilités autour de cette attaque ». Et Soazic Dupuy réaffirme son intention de continuer à « sauver des vies, documenter les violations et veiller à ce que la Méditerranée demeure un espace où s’applique le droit international, la transparence et les principes les plus élémentaires d’humanité ».

    Dans le bilan de ses dix ans d’activité publié en juin, l’ONG s’inquiétait déjà d’un premier trimestre 2026, « le plus meurtrier jamais enregistré », la Méditerranée centrale étant « devenue un cimetière à ciel ouvert non par fatalité, mais du fait de choix politiques de non-assistance à personne en danger ».

    REPÈRES

    821

    C’est le nombre de personnes disparues ou décédées en Méditerranée centrale au cours des quatre premiers mois de 2026, selon l’Organisation internationale pour les migrations, soit une augmentation de 111 % par rapport à 2025.

    43 485

    C’est le nombre de personnes auxquelles SOS Méditerranée a porté secours depuis le 7 mars 2016. Un quart d’entre elles étaient mineures, dont 80 % non accompagnées. Dans le même temps, entre janvier et juin 2026, 35 000 personnes ont disparu en mer.

    27 116

    C’est le nombre de personnes qui ont été interceptées par les gardes-côtes libyens en 2025, d’après l’organisation internationale pour les migrations. Ramenés en Libye, les migrants font face à un système d’exploitation décrit par l’ONU comme brutal et profondément enraciné.

    75,7 %

    C’est la part des décès en Méditerranée qui ont eu lieu en Méditerranée centrale, sur cette route migratoire entre la Libye et l’Italie, une des plus mortelles au monde, du fait, notamment, de la très grande distance qui sépare les côtes des deux pays.

  • En mer, les forces de police veillent à la sécurité de tous

    En mer, les forces de police veillent à la sécurité de tous

    Police nationale et municipale, gendarmerie, affaires maritimes, parc national des calanques… Tout le monde s’est mobilisé ce mercredi 12 août sous la houlette de l’État pour une vaste opération de sécurité en mer. La 3e depuis le début de la saison estivale. Le but : sensibiliser les usagers aux comportements adéquats. Dans le viseur notamment, les excès de vitesse des plaisanciers mais pas que…

    Au départ du Fort Saint-Jean, sur un des deux bateaux armés par la brigade maritime de la police municipale, Guillaume, Anis et Carine font dans la prévention et la pédagogie. « Au remous que les navires laissent dans leur sillage, on est capable d’évaluer la vitesse… » explique Anis. Vitesse limitée à 5 nœuds à 300 mètres des côtes.

    Aux abords du Frioul, ce couple un poil trop véloce et qui le reconnaît volontiers. « Je suis passé rapide, il y avait la navette », argumente le pilote pas franchement soutenu par son épouse. « Je lui ai dit qu’il allait trop vite, il y a des gens là sous l’eau », indique-t-elle. Gilets de sauvetages, deuxième coupe-circuit, fusées de détresse, extincteur, les policiers lui demandent de tout sortir. Il s’en tirera avec des recommandations. « J’ai été négligent », convient-il, « ça lui fera une piqûre de rappel », poursuit sa femme.

    Les paddlers présument de leurs forces

    Direction la petite plage du Morgiret. « On vérifie que les navires mouillent dans les zones délimitées par les bouées, cela évite d’arracher les posidonies », précise Guillaume. Et en cas de manquement, « cela peut coûter plusieurs milliers d’euros », ajoute Anis. Entre deux baigneurs, un paddler se fraie un chemin. Une vraie problématique cet été pour les garants de la sécurité en mer. « Depuis le début de la saison, nous avons aidé 30 personnes » se désole Carine, « les gens partent et ne regardent pas la météo, le vent tourne, ils n’arrivent pas à revenir et s’épuisent ».

    Il y a aussi ce père de famille qui saute avec son fiston et sa gamine depuis les rochers. « Monsieur, vous êtes champions de saut ? Non hein c’est bien ce qu’il me semblait », l’interpelle Anis qui rappelle que se jeter des rochers est interdit par arrêté municipal sur tout le littoral marseillais. Quelques jours auparavant, deux jeunes Grenoblois qui ont passé outre sur la digue des Catalans, ont été hospitalisés. « L’un d’entre eux saignait à la tête et ne sentait plus ses jambes », raconte Carine.

    À quelques encablures, un navire arrive à fond. Il faudra que la brigade le prenne en chasse pour qu’il coupe les gaz. Sur les genoux d’un des passagers, une petite fille sans gilet de sauvetage. La mauvaise grâce du pilote, pourtant cadre dans les chantiers navals, finit d’agacer les policiers qui ne laissent pas passer. Il sera convoqué à la DDTM (Direction départementale des territoires et de la mer). Pris à 18 nœuds pour 5, soit environ 33 km/h pour 10, il risque une amende voire un retrait de permis…

  • Fos-sur-Mer : le navire Deliver condamné pour défaut de pavillon

    Fos-sur-Mer : le navire Deliver condamné pour défaut de pavillon

    L’armateur a été condamné par le tribunal judiciaire de Marseille à une peine pécuniaire de confiscation pour avoir omis de justifier de la nationalité du navire.

    Le Deliver battait pavillon camerounais, bien qu’il figurait sur une liste de « navires radiés du pavillon camerounais » établie le 29 mai par le ministère des Transports de ce pays.

    Il est également sur la liste des navires sous sanctions de l’Union européenne depuis février 2025, et est le cinquième pétrolier soupçonné de faire partie de la flotte fantôme russe arraisonné depuis septembre 2025 par la France.

  • Dix ans de sauvetage en mer : SOS Méditerranée fait le bilan

    Dix ans de sauvetage en mer : SOS Méditerranée fait le bilan

    Dans le droit maritime international, le devoir de porter assistance à toute personne en détresse en mer est obligatoire. C’est au nom de cette exigence que depuis dix ans, l’ONG SOS Méditerranée mène des missions de sauvetage en Méditerranée centrale, l’une des routes migratoires les plus mortelles au monde. Au cours des 453 opérations menées depuis 2016, les membres de l’association ont témoigné du démantèlement progressif des opérations de recherche et sauvetage (SAR) dirigées par les États européens, de l’externalisation du contrôle des frontières européennes et de la criminalisation croissante de l’action humanitaire.

    Après avoir affrété l’Aquarius de 2016 à 2018, SOS Méditerranée poursuit désormais sa mission à bord de l’Ocean Viking depuis 2019. Le 19 juin 2026, l’ONG a publié un rapport anniversaire intitulé En pleine tempête, dans lequel on peut lire : « Entre janvier 2016 et décembre 2025, au moins 19 655 personnes sont décédées ou ont disparu en tentant de traverser cette portion de mer à la recherche d’un lieu sûr. »

    La violence des garde-côtes libyens

    Hélène est bénévole à SOS Méditerranée et co-référente du pôle évènements de l’antenne Hérault-Gard. Elle explique : « Entre la Libye et l’Italie, il y a cinq jours de navigation. Les personnes qui fuient leur pays par cette route sur des embarcations de fortune ont donc rarement assez d’essence pour traverser, et une chance sur deux d’être repérées et sauvées. »

    Avec d’autres bénévoles, Hélène organise des interventions de SOS Méditerranée dans de nombreux festivals en Occitanie, notamment au festival de Thau ou à Fiesta Sète. « Sur les stands, on explique que les États de l’UE financent la Libye pour intercepter les embarcations et les ramener d’où elles viennent. Seulement la Libye n’est pas un pays sûr. Elle ne respecte pas les droits humains et certains groupes armés y pratiquent l’esclavage. Les témoignages de nos sauveteurs montrent que les garde-côtes libyens sont armés, et nous avons désormais une mission aérienne qui témoigne de leur violence lors des opérations. Certains rescapés préfèrent donc sauter à l’eau et mourir, plutôt que de retourner en Libye. » Les embarcations auxquelles vient en aide SOS Méditerranée comptent parfois une centaine de personnes, dont des enfants, des femmes enceintes et souvent des grands brûlés, à cause des fuites d’essence mélangées à l’eau de mer.

    Mary a 20 ans et a été secourue par l’Ocean Viking en janvier 2024 alors qu’elle fuyait l’Erythrée. « Il y a tellement de risques quand on monte [sur ces embarcations] pour traverser la mer, témoigne-t-elle dans le rapport de SOS Méditerranée. Plus que de la mort, on a peur de se faire arrêter par les garde-côtes libyens. »

    Le tournant Salvini

    « Avec l’arrivée de Matteo Salvini au ministère de l’Intérieur italien en 2018, l’Italie a fermé ses portes au sauvetage humanitaire. C’est là que tout a commencé à se dégrader », se rappelle Hélène. Avant cette date, les opérations de sauvetage en Méditerranée étaient coordonnées depuis Rome. Cependant, après avoir secouru 630 personnes en juin 2018, l’Aquarius s’est vu refuser leur débarquement en Italie et à Malte. Et après plusieurs blocages administratifs et judiciaires, le navire a dû cesser ses opérations de sauvetage.

    « On a retrouvé un bateau, l’Ocean Viking, en 2019, raconte Hélène. Mais il y a eu ensuite la décision de l’UE de remettre graduellement la mission de sauvetage et de repérage aux mains des Libyens. » Entre décembre 2022 et décembre 2025, l’Ocean Viking a passé au total 239 jours à naviguer depuis ou vers des ports éloignés, des jours qui auraient dû être consacrés à sauver des vies en mer. Les garde-côtes libyens se sont également livrés à plusieurs reprises à des actions hostiles envers les navires humanitaires de sauvetage. Ainsi, le 24 août 2025, l’Ocean Viking a essuyé les tirs d’un patrouilleur de la Garde côtière libyenne dans les eaux internationales alors qu’il transportait 87 rescapés. Plus de 100 impacts de balles ont été recensés sur le navire. « Il n’y a eu aucune réaction européenne, s’insurge Hélène. L’UE continue d’équiper, de financer et de former la Garde côtière libyenne. » Une illustration supplémentaire de la responsabilité des États européens dans la facilitation d’actes de violence et d’intimidation à l’encontre des travailleurs humanitaires et des personnes en détresse en mer.

    « Si SOS Méditerranée est toujours debout après dix ans, c’est grâce aux dons, conclut Hélène. De nombreux citoyens refusent que les règles de droit international soient bafouées. Lorsqu’on entrave des opérations de sauvetage et qu’on laisse des personnes mourir en mer, c’est un pan de l’humanité toute entière qu’on efface. »

  • Des bateaux en feu sur le Vieux-Port, le pire évité

    Des bateaux en feu sur le Vieux-Port, le pire évité

    Une catastrophe majeure a été évitée grâce au professionnalisme du bataillon des marins-pompiers (BMPM). Ce dimanche 5 juillet vers 10h30, sur le Vieux-Port, une vedette d’une dizaine de mètres, amarrée en parallèle de la scène de l’Été marseillais, a pris feu, propageant l’incendie au navire voisin, de 20 m de long. Malgré l’intervention rapide des marins-pompiers, des panaches de fumée noirâtre et malodorante se sont élevés dans le ciel, entraînant l’évacuation de plusieurs terrasses de cafés et de restaurants.

    Le périmètre a été bouclé par la police municipale et nationale. Après plus d’une heure et demie d’intervention, mobilisant 150 hommes et 37 engins dont 6 moyens en mer, avec un gros bateau-pompe, le bataillon est venu à bout du sinistre. Les deux bateaux ont coulé. Une quinzaine de blessés légers étaient à déplorer, la plupart pour inhalation des fumées.

    « On a évité le pire grâce à l’héroïsme et au courage du bataillon, de nos policiers municipaux », a commenté dans la foulée le maire de Marseille, Benoît Payan (DVG). L’élu souligne le savoir-faire du BMPM, qui a engagé sans attendre les opérations pour prévenir des risques de pollution.

    La scène expertisée

    La pollution peut être de trois types, nous précise le vice-amiral Lionel Mathieu, commandant du BMPM, liée « au matériau qui brûle avec de gros morceaux de plastique, au combustible qui s’échappe du bateau et également notre produit pour éteindre le feu, dont la pollution est plus visuelle ».

    L’intervention a été technique, obligeant le BMPM à intervenir sur deux fronts, maritime et terrestre, poursuit le vice-amiral : « Nous avions trois objectifs : d’abord la sauvegarde de la vie humaine. Deuxièmement, éviter la propagation aux autres bateaux. Et en troisième lieu, protéger la scène sur l’eau. » Interrogé justement sur la poursuite des festivités, Benoît Payan s’est dit dans l’incapacité de répondre à la question. « On a des ingénieurs, des architectes qui sont sur la scène sur l’eau en train de regarder la structure », assure-t-il, mais « il est très tôt pour dire ce qu’il en est, même si, et je parle au conditionnel, il semblerait que nous ayons réussi à la sauver ».

  • Deux bateaux brûlés sur le Vieux-Port, l’Été marseillais sur la sellette ?

    Deux bateaux brûlés sur le Vieux-Port, l’Été marseillais sur la sellette ?

    Une catastrophe majeure évitée grâce au professionnalisme du bataillon des marins pompiers (BMPM). Ce dimanche 5 juillet vers 10h30, une vedette d’une dizaine de mètres, amarrée en parallèle de la scène de l’Été marseillais, devant l’Hôtel de Ville, a pris feu sur le Vieux-Port, propageant l’incendie au navire voisin, de 20 mètres de long. Malgré l’intervention rapide des marins pompiers, des panaches de fumée noirâtre et malodorante se sont élevés dans le ciel, provoquant l’évacuation des terrasses de café et de restaurants.

    Le périmètre a été bouclé par la police municipale et nationale. Après plus d’une heure et demie d’intervention, mobilisant 150 hommes et 37 engins dont 6 moyens en mer, avec un gros bateau pompe, le bataillon est venu à bout de l’incendie, préservant la scène sur l’eau. Les deux bateaux ont coulé. Une quinzaine de blessés légers étaient à déplorer, la plupart pour inhalation des fumées même si selon les premières mesures, leur caractère toxique a été peu important, ces dernières étant évacuée sous l’effet du vent.

    « On a évité le pire grâce à l’héroïsme et au courage du bataillon de marins-pompiers, de nos marins-pompiers, de nos policiers municipaux, a commenté dans la foulée le maire de Marseille, Benoît Payan (DVG). Imaginez si le feu avait pris aujourd’hui avec cette chaleur, avec ce vent, sur des bateaux en plastique qui sont en réalité des combustibles….» L’élu souligne également le savoir-faire du bataillon qui a engagé sans attendre les opérations pour prévenir des risques de pollution. Elle peut être de trois types, nous précise le vice-amiral Lionel Mathieu, commandant du BMPM, liée « au matériau qui brûle avec de gros morceaux de plastique, au combustible qui s’échappe du bateau et également notre produit pour éteindre le feu dont la pollution est plus visuelle, il faut l’enlever. »

    L’intervention a été technique, obligeant le BMPM à intervenir sur deux fronts, maritime et terrestre poursuit le vice-amiral : « Nous avions trois objectifs principaux : d’abord la sauvegarde de la vie humaine, s’assurer que personne ne risquait rien et avait été évacué. Deuxièmement, éviter la propagation aux autres bateaux qui se trouvent sur le Vieux-Port. Et en troisième lieu, protéger absolument la scène sur l’eau et protéger l’été marseillais. »

    Interrogé sur la poursuite des festivités de l’Été marseillais, Benoît Payan s’est dit dans l’incapacité de répondre pour le moment à la question. « On a des ingénieurs, des architectes qui sont sur la scène sur l’eau et qui sont en train de regarder la structure. Les marins-pompiers l’ont défendu avec beaucoup d’ardeur pour que justement l’Été marseillais puisse continuer », assure-t-il, mais « il est très tôt pour dire ce qu’il en est, même si, et je veux vraiment parler au conditionnel, il semblerait que nous ayons réussi à la sauver. »

    L’origine des flammes n’est pas connue. « Une enquête forcément va être diligentée par le parquet, affirme le maire de Marseille. Les policiers feront leur travail, les caméras de vidéosurveillance nous montreront comment le feu est parti. »

    Alors que les marins pompiers terminaient leurs opérations, Benoît Payan a enjoint Marseillais et touristes à éviter le secteur, interdit d’accès pour la journée.

    Par ailleurs, la circulation des navettes maritimes a été interrompue jusqu’à nouvel ordre.

  • Le Notre Dame intègre la flotte CMA CGM

    Le Notre Dame intègre la flotte CMA CGM

    Il a débuté sa première rotation commerciale à Shanghai, en Chine, avant de rejoindre la France et l’Europe au début du mois de juillet. Long de 400m, large de 62m et haut de 75m, le CMA CGM Notre Dame est conçu pour transporter jusqu’à 24 212 conteneurs (EVP). Au-delà de sa propulsion au gaz naturel liquéfié (GNL), ce navire intègre des équipements conçus pour réduire son impact environnemental à chaque étape de son exploitation et s’inscrit dans la stratégie du groupe visant à atteindre le Net Zero Carbon d’ici 2050. Le Notre Dame ouvre une série de 10 navires nommés d’après des lieux emblématiques du patrimoine français qui seront livrés entre 2026 et 2028. Il sera inauguré lors d’une cérémonie au Havre le 2 juillet, à l’occasion de son arrivée en France.

  • Une décision de justice cruciale pour la posidonie

    Une décision de justice cruciale pour la posidonie

    France nature environnement (FNE), partie civile dans l’affaire, s’était félicité de la décision du tribunal maritime de Marseille, le 22 novembre 2024 qui avait créé une jurisprudence, reconnaissant le préjudice écologique porté aux herbiers de posidonie causé par les ancrages illégaux. Deux capitaines de yachts, hongrois et turc, le Take Off et My Falcon, avaient mouillé dans des zones interdites par arrêtés du préfet maritime de la Méditerranée et avaient été condamnés à verser respectivement 86 537 euros et 22 423 euros.

    « Une dizaine d’affaires de ce type ont été audiencées » en première instance devant ce même tribunal mais cinq capitaines ont fait appel explique Judith Sébert, juriste à FNE. Deux premières affaires arrivent ce mardi 26 mai en cour d’appel d’Aix-en-Provence. L’une concerne le capitaine du Belongers, un grand yacht d’environ 50 mètres qui avait écopé de 15 000 euros d’amende à Villefranche-sur-Mer pour avoir fait fi de la réglementation. L’autre, le capitaine du Saharet of Tyre, un voilier de 33 mètres, qui s’est fait prendre dans une zone interdite au nord de l’île de Porquerolles mais aussi près de la Corse, a été condamné en septembre 2025 à régler une amende de 100 000 euros.

    Un calcul pour évaluer

    le coût de la destruction

    « Tout va être redébattu avec le concours de biologistes ou de l’Office français de la biodiversité », précise Judith Sébert, car FNE ne compte pas lâcher l’affaire. « C’est une jurisprudence vraiment ambitieuse, impulsée par notre association », insiste la jeune femme.

    FNE présentera de nouveau son calcul pour étayer sa démonstration avec l’évaluation du coût écologique de la destruction. « Un calcul fondé sur les valeurs écosystémiques de la posidonie » qui apporte beaucoup à l’humain, rappelle la juriste. Cette plante à fleurs « endémique de la Méditerranée qui peuple les petits fonds côtiers, produit énormément de services » poursuit-elle. La posidonie constitue à la fois une zone d’habitat pour tous les invertébrés, tous les poissons des côtes, puits de carbone et assure aussi une production d’oxygène. « C’est vraiment [un garant de] la bonne santé de notre mer Méditerranée », martèle Judith Sébert.

    Concrètement, après une synthèse de nombreuses recherches scientifiques sur le sujet, FNE en arrive à 86 676 euros par hectare. Sachant qu’il faut, selon l’association, 25 ans minimum pour qu’un herbier se régénère tel qu’il était avant l’impact, que le tribunal maritime a lui retenu 13 ans, considérant qu’à partir de la première année la repousse est déjà effective, « on multiplie, donc, 86 676 euros par 13, par la surface abrasée par le mouillage », conclut Judith Sébert.

    S’il reste possible de renaturer l’espace détruit, « la transplantation de boutures de ces herbiers [doit être effectuée] par des personnes expertes » détaille FNE, car la manœuvre reste « très technique. » Raison de plus pour éviter de les anéantir au départ…

  • Marseille a accueilli 2,6 millions de croisiéristes en 2025

    Marseille a accueilli 2,6 millions de croisiéristes en 2025

    Quelque 2,6 millions de passagers et 660 escales, soit une hausse de 8% par rapport à 2024. Dans un communiqué, Marseille Provence Croisière, se félicite d’un bilan 2025 positif qui s’explique par « une augmentation du nombre d’escales, des navires très bien remplis et une activité qui s’étale sur une grande partie de l’année ». Près de 30% de ces passagers sont des « têtes de ligne », poursuit l’association, « c’est-à-dire qu’ils commencent ou terminent leur croisière à Marseille ».

    De quoi générer « des retombées différentes de celles des passagers en escale, plus tournés vers les excursions », assure-t-elle. La somme dépensée par personne et par jour dans la ville s’élève à 57 euros avance à chaque occasion Jacques Hardelay, président de l’association. Marseille restant un pôle de départ « majeur » avec 452 bateaux qui appareillent en 2025, soit +3% par rapport à 2024.

    Pour Marseille Provence Croisière, l’activité contribue également à l’ouverture internationale de la cité phocéenne, « en combinant attractivité touristique et impact économique direct ». Parmi eux les Français restent un socle avec 497 361 passagers en 2025 (+0,91%), mais les clientèles internationales « progressent nettement », avec +21% d’Américains, les plus nombreux avec 13 117 passagers, suivi des Chinois, +16% 11 724 passagers ou des Canadiens, +41% 7 620 passagers. À noter également la progression des Kazakhs, +74% avec 7 348 passagers.

    Des prévisions à la hausse

    Autant d’éléments qui permettent pour l’association de tracer une perspective de 2,8 millions et 750 escales. Des prévisions qui pourraient faire bondir les riverains de ces géants des mers qui, à quai, émettent l’équivalent d’environ 20 000 voitures en polluants atmosphériques, quand 38% de la population régionale « est aujourd’hui exposée à un dépassement des normes 2030 de la qualité de l’air, avec des pics plus importants dans les villes-ports », note l’association de surveillance de qualité de l’air, AtmoSud. Un dépassement « plus significatif sur l’aire marseillaise », ajoute-t-elle.

    Mais la donne a changé assure Marseille Provence Croisière. Jacques Hardelay l’a bien compris : « Aujourd’hui, la performance de la croisière ne peut pas être dissociée de son impact environnemental et de son acceptabilité locale. » Marseille Provence Croisière mise sur la « transition » avec « 28% des escales réalisées par des navires propulsés au GNL, une part en progression de +9% » mais aussi et surtout le branchement électrique à quai.

    Une giga prise permettant de connecter trois navires en simultané, inauguré par le ministre des Transports le 11 avril dernier, qui réduirait de 70% les émissions de d’oxyde d’azote (NOx), dont le transport maritime représente le second émetteur à Marseille (37%) derrière le transport routier (45%) toujours selon AtmoSud. Le premier pas vers une décarbonation devenue le fil conducteur d’une « dynamique industrielle qui s’opère sur la zone de Fos » estimait Hervé Martel, président du directoire du Grand Port maritime de Marseille lors de l’inauguration.

    Associations et habitants espèrent eux que le Port aille plus loin en la matière. De son côté, la Ville de Marseille a d’ores et déjà prévenu que ce développement accru ne se ferait pas sans elle. « Cette croissance ne peut se poursuivre durablement que si elle devient respectueuse du choix démocratique et souverain de la ville et de ses habitants » avait indiqué le Marseillais Laurent Lhardit (PS) député des Bouches-du-Rhône, lors de l’inauguration.

  • Le ministre des Transports met en avant l’électrification maritime

    Le ministre des Transports met en avant l’électrification maritime

    Après deux années de travaux, Bendor, île privée de la société Ricard, rouvre ses portes au public. Le ministre chargé des Transports, Philippe Tabarot, a fait le déplacement pour participer à cet événement, marqué notamment par le baptême d’Amista : un navire de 11 mètres de long, à propulsion électrique, destiné à assurer une partie des liaisons avec le continent.

    Une visite qui intervient, a-t-il rappelé, dix jours seulement après les annonces du Premier ministre visant à accélérer l’électrification des transports, et peu après sa présence à l’inauguration du branchement électrique à quai des navires de croisière au port de Marseille-Fos.

    « C’est un grand moment d’émotion pour moi, d’être la marraine de ce merveilleux bateau », lance pour commencer Patricia Ricard, la petite-fille du créateur de la marque d’apéritif anisé, en revenant sur le nom même du bateau, Amista, qui signifie « amitié » en provençal. Et de poursuivre : « La plus belle phrase de notre grand-père, c’est “Fais-toi un ami par jour” ; là, je pense que ce bateau va nous en amener beaucoup, des amis. »

    La présidente de l’Institut océanographique Paul-Ricard a rappelé son engagement pour l’environnement, au service de la protection de la Méditerranée. Elle précise : « Ce bateau électrique va économiser entre 10 000 et 15 000 litres d’essence, soit 30 ou 40 tonnes de carbone… »

    Ses concepteurs néerlandais le décrivent comme « un ordinateur et une batterie flottants » pour souligner la technicité de ce navire qui peut tenir les 8 nœuds pendant 5 heures.

    Même l’évêque de Fréjus-Toulon a salué cette ingéniosité humaine qui permet de naviguer sur la mer et, peut-être demain, sans polluer.

    Le privé en transition ?

    Le ministre a ensuite été interrogé sur la voie ouverte par la décarbonation du transport touristique côtier. L’enjeu étant de savoir si ce type d’initiative, encore limité à une échelle modeste, peut être transposé plus largement à l’avenir. « Bien sûr, c’est un objectif », répond-il en soulignant que le transport maritime représente 3% des émissions mondiales et que, par conséquent, d’importantes actions doivent être menées.

    La bonne nouvelle, ajoute Philippe Tabarot avec peut-être un peu trop d’enthousiasme, c’est que le secteur est engagé dans une décarbonation progressive, portée par des initiatives tant privées que publiques. Et de continuer : « On a une mer Méditerranée extraordinaire et on a pu accueillir, il y a quelque temps, un sommet mondial à Nice. La France a pris un certain nombre d’engagements, maintenant, il faut les respecter. Et l’État doit montrer l’exemple. »

    Reste la question de l’accompagnement des autres acteurs du transport côtier vers des pratiques plus vertueuses, à l’image de l’opérateur TLV, qui transporte chaque année près d’un million de passagers vers Porquerolles.

    Là encore, le ministre se veut très rassurant, en mettant en avant un appel à projets lancé pour 60 millions d’euros, dans le cadre du système européen d’échange de quotas d’émission (ETS). Il permettra d’accompagner financièrement, grâce à des fonds publics, des projets privés visant à décarboner le transport maritime. « Nous allons donc accompagner dans cette transition les armateurs, avec une volonté très forte de pouvoir porter ces projets indispensables pour notre Méditerranée », ajoute-t-il. D’autant que cela répond, en plus, à une demande des habitants et des touristes.

    Le ministre poursuit : « On parle beaucoup dans notre région de la question du surtourisme. Je pense qu’on a un endroit magnifique que le monde entier veut connaître. À nous d’organiser les choses pour que ça ne se fasse pas au détriment de ce qui est, quelque part, notre plus grande richesse. »

    Jusqu’à un transport maritime 100% électrique ? « L’État a pris des engagements au sujet de la décarbonation au niveau européen pour être à zéro émission avant 2050 », répond le ministre. Pour lui « les choses avancent très rapidement », grâce aux effets conjugués « des armateurs qui investissent beaucoup » et aux efforts déployés par l’État.

    Les compagnies, conclut-il, jouent d’autant plus le jeu que c’est également devenu un enjeu économique, « notamment celles qui ont des intérêts bloqués dans le détroit d’Ormuz et qui souhaitent tirer les enseignements de cette crise ».

    à moins que, sitôt la situation rétablie, elles continuent à mener tout le monde en bateau.