Tag: Navale

  • Des fouilles archéologiques à la Base Navale de Toulon mettent au jour des vestiges antiques

    Des fouilles archéologiques à la Base Navale de Toulon mettent au jour des vestiges antiques

    À Toulon, l’histoire antique continue de s’écrire. En vue de la construction du France Libre, le porte-avions nouvelle génération qui stationnera à la base navale de Toulon dès 2035, et de ses infrastructures, l’Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap) mène, depuis septembre 2025, des fouilles archéologiques sur une zone de 11 500 m² correspondant à l’emprise partielle de l’ancienne île de Milhaud.

    Y ont ainsi été découverts les vestiges d’un établissement antique dédié au commerce. Les objets et infrastructures retrouvés (vaisselle, fours, parures…) témoignent d’habitations, activités artisanales (production de farine et vin ou huile) et commerciales entre le IIe siècle avant J.-C. et le IIIe siècle.

    Une découverte unique sur le littoral provençal

    Rattachée au continent depuis 1935 dans le cadre de l’élargissement de la base navale, l’île fut autrefois un pôle commercial stratégique, dès le IIe siècle avant J.-C., avant et après la fondation de Telo Martius (cité antique romaine ancêtre de Toulon, fondée au Ier siècle avant J.-C.). Les grandes quantités de fragments d’objets retrouvés montrent que l’établissement mis au jour, dont la découverte est sans équivalent sur le littoral provençal, a occupé une place significative dans les échanges commerciaux maritimes. Leur qualité et leur origine témoignent de l’empreinte romaine, avant la naissance de Telo Martius, malgré l’emprise grecque en Méditerranée à l’époque. Ce n’est qu’à partir du XVIIe siècle que le site devient une emprise militaire, avec, notamment, l’édification d’une poudrière.

    D’autres fouilles devraient commencer dans la Rade, sur les fonds marins, qui devront être creusés pour permettre le passage du porte-avions.

  • Des ateliers de contrôles de contamination de masse dans le cadre de l’exercice nucléaire de Toulon

    Des ateliers de contrôles de contamination de masse dans le cadre de l’exercice nucléaire de Toulon

    Débuté mercredi, l’exercice nucléaire obligatoire auquel sont soumis, tous les cinq ans, les territoires dotés d’installations nucléaires, s’est poursuivi jeudi. Après une journée dédiée aux Plans d’urgence interne (PUI), avec la simulation d’un accident nucléaire sur la chaufferie d’un sous-marin nucléaire d’attaque au sein de la base navale de Toulon, ce jeudi était dédié à la mise en place du Plan particulier d’intervention (PPI), qui recense les mesures et procédures visant à protéger les populations civiles.

    C’est dans ce cadre que se sont déroulés des ateliers de contrôle de contamination de masse, au stade Hubidos de La Seyne. Pendant 2h30, 214 participants, en majorité des élèves du collège Marie Curie – parmi lesquels 30 cas positifs fictifs -, ont pris part à une mise en situation dans les conditions du réel. Ils ont été soumis à un parcours de contrôle de contamination stricte, encadré par les moyens du Sdis 83 (avec des renforts des Sdis 06 et 13) et de l’Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection (ASNR), en compagnie de deux médecins du Sdis 83 et de l’hôpital Sainte-Anne.

    La meilleure prévention :

    « Rester chez soi »

    Un process en plusieurs étapes. Après avoir récupéré des étiquettes dotées de QR code servant à tracer leur parcours et leur état de santé, de l’entrée en décontamination jusqu’à, éventuellement, l’hôpital, les participants franchissent un portique de contrôle de contamination. S’ils sont positifs à la contamination externe, ils passent par les douches de décontamination, avant de revenir au portique de contrôle, et si nécessaire, aux douches. « Mais en principe, une douche suffit à décontaminer », affirme le commandant Laurent Roques du Sdis 83.

    Étape suivante : la cellule d’anthropogammamétrie, gérée par l’ASNR, pour vérifier, cette fois, la contamination interne à l’iode radioactif, qui peut-être prévenue par les cachets d’iode stable en accès gratuit dans les pharmacies. Après dix minutes d’examen (jusqu’à 36 prises en charge simultanées), un médecin définit si la personne doit rejoindre le centre d’accueil pour les impliqués, où sont regroupées les personnes décontaminées, être soumise à un traitement ou être transférée à l’hôpital. « Respecter les consignes de sécurité de la préfecture permet de limiter l’exposition au risque », soutient le commandant Roques. La plus importante : « Rester chez soi ou se mettre à l’abri dans un bâtiment. »

  • Les impacts de la base navale sur les populations

    Les impacts de la base navale sur les populations

    Durant la réunion du Comité d’information qui s’est réuni en préfecture le 8 janvier, le sujet de l’application du plan particulier d’intervention nucléaire du port militaire, et la mise à disposition en juin dernier des comprimés d’iode dans les pharmacies des communes concernées, ont été abordés. La FNE remerciant pour cette « étape importante qui a été appréciée ».

    Mais des précisions ont été demandées au niveau de la surveillance radiologique, en précisant que l’autorité de sûreté pour la surveillance des sites civils demande l’installation de stations de mesure à la périphérie des sites suivant les points cardinaux et sous l’influence des vents dominants. L’océanographe Dominique Calmet relevant que les stations de la base navale sont installées au Nord, à l’Est et l’Ouest du site mais qu’aucune pour l’heure n’est installée au Sud, dans l’axe du Mistral, à Saint-Mandrier.

    Les autorités ont expliqué que l’installation d’une balise de surveillance en territoire civil relève de l’Autorité de sûreté nucléaire mais que le sujet reste à l’étude.

    Le responsable associatif a rappelé également l’accident survenu sur le chantier de refonte d’un appontement de la zone Milhaud, le 18 août dernier, au cours duquel quatre salariés d’une entreprise sous-traitante de la Défense présents sur une barge ont été blessés. Parmi les causes envisagées, l’explosion d’un obus datant de la Seconde Guerre mondiale dans les sédiments.

    Risques neutralisés ?

    « Si cette hypothèse est confirmée, un risque d’explosion d’anciennes munitions existe donc pour les navires à propulsion nucléaire à quai ou manœuvrant à proximité des quais », s’inquiète l’APE.

    Ce que l’on sait c’est qu’une enquête technique est en cours et qu’« il n’y aura pas de reprise des travaux dans cette zone avant d’en connaître les conclusions ». Mais qu’« il n’y a eu aucun impact sur les activités nucléaires du port ».

    L’autre sujet important évoqué par Dominique Calmet concerne les épaves toujours présentes le long du littoral du site de stockage des hydrocarbures du Lazaret. Une mise en œuvre, comme cela a été fait sur la partie civile, très attendue a précisé Dominique Calmet en pointant que la zone de ces échouages se trouve à proximité des tables de mytilicultures et piscicoles ce qui présente une menace de pollutions chimiques.

    Là encore la réponse a été rassurante avec une action qui devrait être réalisée rapidement.

  • La CGT dévoile sa vision pour l’avenir de l’outil portuaire

    La CGT dévoile sa vision pour l’avenir de l’outil portuaire

    Un port à la croisée des chemins

    Comme un symbole, c’est dans l’espace « Les Rotatives » du journal La Marseillaise que la CGT du Grand Port Maritime de Marseille (GPMM-Fluxel) a dévoilé sa feuille de route pour l’avenir de l’activité portuaire, ce vendredi. Une présentation qui ne vient pas de nulle part : l’outil industriel incontournable de la cité phocéenne est en pleine mutation au niveau des trafics traités (voir chiffres ci-contre). Et les « discours hostiles aux activités portuaires » refont surface à l’approche des élections municipales. D’où un « document travaillé » avec le cabinet d’expertise comptable Secafi, d’une quinzaine de pages avec des analyses « par bassin » et qui aborde tous les aspects du GPMM : Du J4 à Port-Saint-Louis-du-Rhône. Objectif in fine : « Redonner une perspective industrielle et sociale au port, avec une politique ambitieuse. On refuse que son avenir se décide sans les travailleurs », campe Pascal Galéoté, le secrétaire général de l’organisation. Avant de prévenir : « On partage l’idée de la décarbonation, mais les enjeux environnementaux doivent être inscrits dans un calendrier qui ne pénalise pas l’emploi. » Le tout, alors que le projet stratégique du port doit être validé la semaine prochaine au conseil de surveillance du port. En bref, une CGT à l’offensive pour un port sur le devant de la scène industrielle, « loin des orientations du tout tourisme ou d’une transformation en port-musée ». Avec une première revendication majeure : « Pour une tonne industrielle perdue, une tonne d’un relais de croissance doit pouvoir émerger. »

    Un pont entre

    les peuples

    Dans le viseur de l’organisation syndicale : « La préservation d’activités dans les bassins Est » et la « sanctuarisation du domaine maritime ». « Il faut maintenir des espaces pour que les bateaux, notamment de passagers, puissent continuer à arriver », développe Pascal Galéoté. Il met en garde contre « la concentration des activités dans le nord » et une forme de « congestion des flux », par exemple autour de la porte 4. D’où un rappel que le GPMM est « un pont entre les peuples » symbolisé par les traversées vers la Corse et le Maghreb. Autre position de l’organisation sur un sujet plus qu’épineux : les croisières. Une activité que la CGT appelle à « encadrer » mais « pas à supprimer ». « Cela représente plus de 250 millions d’euros de retombées pour la ville », insiste Pascal Galéoté. Et pour les croisières comme le transport de passagers : « Ces activités doivent s’appuyer sur des infrastructures modernisées, on doit améliorer l’accueil », insiste le secrétaire général. Dans ce cadre, la CGT GPMM rappelle son attachement aux délégations de services publics (DSP), notamment pour la desserte de l’île de beauté. Et donc son soutien aux marins dans ce combat.

    La réparation navale

    et la roro essentielles

    « L’activité remorque, c’est-à-dire la roro, est essentielle. Il y a là une opportunité qu’on doit saisir pour les bassins est », explique Pascal Galéoté. Pour rappel, il vise là un type d’activité où la marchandise est chargée en roulant par une rampe à l’arrière, notamment pour les remorques de camions, appelé la roro dans le jargon (pour roll on et roll off). Autre sujet majeur pour la CGT : « L’évolution de la réparation navale depuis 15 ans. Aujourd’hui, on a un outil brillant et performant. » De quoi rappeler que le maintien, et le développement, de la réparation navale vient directement des mobilisations des travailleurs et de la CGT. Et elle est toujours à l’ouvrage : « Il faut mieux intégrer la réparation navale dans les enjeux maritimes internationaux afin d’en faire un véritable hub méditerranéen. »

    Un besoin de report modal et de branchements

    En lien avec l’acheminement des remorques, la CGT insiste sur le besoin vital « d’un report modal avec des voies ferrées ». Un point « qui demande des investissements mais qui permettrait d’améliorer la circulation sur le port et la qualité de l’air ». Et qui est en lien direct avec les questions de la place du port dans la ville : « La fermeture de la gare du Canet a précipité l’arrivée de trains sur Miramas mais le dernier kilomètre se fait par camion jusqu’au port. » Et Pascal Galéoté hausse le ton : « Il faut contraindre les entreprises et opérateurs à utiliser ce moyen de transport. » Concrètement, la CGT revendique le maintien de cinq faisceaux ferroviaires. Dans cette lignée, l’organisation note aussi l’importance des branchements à quai : « On s’en réjouit : Cela montre que parfois la décarbonation peut amener des améliorations techniques et créer de l’emploi. » Mais elle précise que, là encore, ça nécessite « des recrutements supplémentaires et des formations ».

    Un avenir « serein » pour les bassins Ouest

    Autre point de vigilance de l’organisation : l’avenir industriel des bassins Ouest. « Ils doivent envisager l’avenir dans la sérénité, il faut une accélération significative des projets structurants destinés à renforcer les activités portuaires », tonne Pascal Galéoté. Son organisation revendique notamment « la création de la Zone de service portuaire 2 » et le développement de la plateforme logistique Distriport 2 en vue d’accueillir au mieux les projets en lien avec la décarbonation industrielle de la zone de Fos. La CGT fait aussi part de « son inquiétude » pour l’avenir d’ArcelorMittal à Fos-sur-Mer. Et de sa volonté de la finalisation de la ligne Très haute tension qui « conditionne » l’avenir du bassin d’emploi. Dans cette lignée, la CGT appelle à « redéfinir la feuille de route » de Fluxel, la filiale hydrocarbure du GPMM, par exemple en « diversifiant l’activité avec la filière de la chimie verte ». Mais Pascal Galéoté insiste : « Avec un maintien du statut public de Fluxel. » Tout un programme donc.

  • Musée de la Navale : quand la mémoire ouvrière dérange

    Musée de la Navale : quand la mémoire ouvrière dérange

    « Depuis 36 ans, après avoir défendu les chantiers, puis ces travailleurs, puis sa mémoire, nous avons eu une seule promesse de musée en 2005, qui n’a jamais été tenue », rappelle pour commencer Lucien Conac, le président de l’Association pour le maintien des intérêts des anciens de la Navale à La Seyne (Amians). Un long combat au cours duquel ses bénévoles n’ont cessé d’être force de proposition. Comme en 2021, où l’Amians présente un projet de 300 mètres carrés dans le vaste espace libre de plus de 10 000 m² derrière le casino Joa. En dehors des moyens de la Ville, lui répond-on alors.

    « Sentant l’oubli venir nous avons voulu faire réagir et proposer en 2024 quelque chose d’incontestablement possible puisque déjà décidé par la municipalité en 2005 », reprend le responsable associatif. En l’espèce, la création d’un espace muséal ouvert à tous dans le local que l’association occupe actuellement au 2e étage de la porte principale des Chantiers, un des seuls vestiges témoins de cette histoire ouvrière encore debout.

    Rien de pharaonique. Puisqu’il s’agit d’abattre quelques cloisons pour dégager une salle d’exposition permanente de 70 m².

    L’ancienne maire LR Nathalie Bicais « laisse croire qu’elle accepte »… Mais rien n’est fait. Et celui qui tient les rênes de la ville depuis qu’elle a été empêchée, Jo Minniti (DVD), semble poursuivre cette longue période de procrastination.

    « Il nous a reçus le 27 juin et c’est ce jour-là qu’il nous a confirmé que les travaux étaient reportés aux grandes vacances 2026 », explique le président de l’Amians. D’où son incompréhension d’avoir récemment lu dans la presse celui-ci prétendre que c’était l’association qui était responsable de ce retard, l’accusant entre autres de bloquer l’ouverture du chantier.

    Pour un vrai un lieu de mémoire des chantiers

    L’association dément et nous montre le petit local dans lequel dès la fin des classes de la Navale les bénévoles ont transporté tout ce qu’ils souhaitaient conserver, afin de laisser place au chantier.

    Vraisemblablement c’est le stand tenu au forum des associations pour présenter le projet et continuer à faire signer la pétition, recevant le soutien de la population mais aussi d’élus et de candidats qui a provoqué la réaction du premier magistrat.

    Concernant la deuxième attaque portant sur la volonté soi-disant de l’Amians de ne pas partager l’espace, le président est encore plus clair. « Ce que nous voulons c’est un authentique lieu de mémoire pour raconter l’histoire de la construction navale seynoise, pas une maison des associations. »

    Et de préciser : « Nous sommes pour travailler avec tout le monde, toutes les associations, toutes les personnes qui ont autorité pour le faire sur la vie des chantiers. Mais pas n’importe comment. Il faut qu’il y ait un directeur qui soit désigné pour ses compétences et son engagement. »

    Le problème est peut-être beaucoup plus politique. Puisqu’il y a également une volonté de la Ville de modifier les classes de la Navale dans lesquelles les membres de l’Amians sont également engagés, révèle Lucien Conac. Et de poursuivre : « Lorsque nous avons pris contact avec l’inspectrice de l’Éducation nationale de l’époque, il était bien question, dans le programme d’histoire, d’apporter notre appui aux enseignants pour traiter l’histoire de la révolution industrielle à partir des réalités locales. » Or ce qui serait dans les tablettes c’est de s’orienter davantage sur la modification du paysage, s’insurge-t-il.

    Un sujet nettement moins subversif, c’est clair. Puisque cela permet d’évacuer l’histoire de la concentration de capitaux par les propriétaires des moyens de production. Mais aussi de toutes les luttes sociales menées par les travailleurs qui se sont battus pour une vie meilleure.

    « Et nous, si on parle des Trente glorieuses, c’est pareil. C’est parce que nous avons eu la chance de vivre une période où il y avait de grands syndicats puissants, bien organisés dans de grandes entreprises que nous avons réussi à avoir des progrès extraordinaires », conclut le président de l’Amians.

    C’est ça la mémoire ouvrière. Ça ouvre aussi des perspectives.