Tag: Nathalie Bicais

  • La Seyne-sur-Mer, anatomie d’une chute

    La Seyne-sur-Mer, anatomie d’une chute

    Une claque à la hauteur du préjudice. Entre 1945 et 2020, la Seyne-sur-Mer a passé 55 ans à gauche, dont 22 sous le mandat de Toussaint Merle, illustre figure communiste de la Résistance. Le RPR (droite) y a exercé le pouvoir par intermittence, mais la cité des chantiers navals finissait toujours par revenir à ses racines ouvrières, portée par une mémoire profondément ancrée dans le fer du syndicalisme industriel.

    Une histoire qui perdure, mais qui n’a pas suffi à empêcher un brutal basculement vers le RN. Son nouveau maire, Dorian Munoz, s’impose avec un score sans appel de 46,31% au second tour. Une question s’impose alors : comment en est-on arrivé là, dans une commune encore ancrée à gauche il y a six ans ? Occulter les responsabilités de cette dernière face à ce tsunami brun serait une erreur d’analyse. Le dernier maire progressiste, Marc Vuillemot (GRS, 2008-2020), n’est sans doute pas parvenu à relancer une ville que de nombreux habitants décrivent comme « en stagnation », voire « à l’abandon », pointant, entre autres, l’état des routes, du centre-ville et des écoles. Mais, dans un contexte d’austérité, est-il judicieux d’élire un parti qui a proposé, et voté, en janvier, une baisse de 4,9 milliards d’euros de la dotation globale de fonctionnement des collectivités territoriales ?

    Trois villes de TPM au RN

    Mais là n’est pas le nœud de la question. En 2020, les Seynois ont élu Nathalie Bicais (LR), à la tête d’une « coalition » composée et recomposée, au fil du mandat, de personnes de sensibilités diverses, de la gauche jusqu’au RN. Un cocktail instable qui a explosé quand la maire a été condamnée à 5 ans d’inéligibilité et remplacée par Joseph Minniti. D’incongrue, la majorité est devenue illisible, au détriment de La Seyne, toujours dans l’immobilisme, symbolisé par le recul sur la construction d’une école et le retard pris dans les projets d’urbanisme. La « faillite » d’une droite « qui a passé son temps à se quereller », pointait Stéphane Sacco, candidat de la liste Uni.e.s à Gauche pour la Seyne, arrivé troisième dimanche soir.

    Dernier épisode : la guerre ouverte entre Joseph Minniti et son ancien adjoint Cheikh Mansour. Le premier, qui avait, lors de son élection, assuré qu’il n’irait pas au-delà de son intérim, est revenu sur sa décision. Le second, qui ambitionnait sûrement de longue date de se présenter, a été au bout de son idée. Leur passe d’armes dans l’entre-deux-tours aura duré jusqu’à dimanche soir. Cheikh Mansour reprochait encore à Joseph Minniti son refus de fusion, pointant son incapacité « à cumuler les voix de Dailleau et Peurière ». Joseph Minniti, lui, reprochait à Cheikh Mansour d’avoir « trahi la ville », répétant que la tradition républicaine voulait que les candidats arrivés derrière se retirent.

    Un reproche également adressé à Stéphane Sacco, que le socialiste Olivier Andrau accusait d’avoir « fait le choix du pire : les places et les indemnités, les miettes plutôt que l’intérêt général », qualifiant sa liste et celle de Cheikh Mansour de « coalition d’irresponsables ». Stéphane Sacco qualifiait l’accusation d’« inappropriée », rétorquant que « c’est la partie de la gauche qui ne [les] a pas appuyés qui manque pour être 2e », pointant aussi le soutien de Marc Vuillemot à Joseph Minniti.

    Tous disaient regretter ce dénouement, qui semblait toutefois bien moins évitable qu’à Six-Fours, tombée dans l’escarcelle du député RN Frédéric Boccaletti… à seulement 21 voix près. Avec La Valette-du-Var, acquise par Julien Argento, ce sont désormais trois villes de la métropole TPM conquises par le parti frontiste. « Nous ne lâcherons rien pendant 7 ans », promet Stéphane Sacco.

  • Joseph Minniti confirme être candidat à sa succession à La Seyne-sur-Mer

    Joseph Minniti confirme être candidat à sa succession à La Seyne-sur-Mer

    Son âge lui avait permis, en mai dernier, de prendre la succession de Nathalie Bicais, dont il était le premier adjoint, au terme d’un scrutin fermé au conseil municipal qui n’avait pas pu le départager de l’autre candidat, Jean-Pierre Colin. Et ses 82 printemps ne l’empêcheront pas de proposer sa candidature pour poursuivre son action en mars prochain. Après avoir pourtant annoncé, lors de son élection, qu’il n’irait pas plus loin que ce mandat d’intérim, Joseph « Jo » Minniti a changé d’avis, poussé par les leaders républicains du département – Jean-Louis Masson, président du conseil départemental, et François de Canson, vice-président de la région Sud, en tête -, et par les maires des communes alentour, qui voient en lui l’homme qui a su « apaiser le débat au conseil municipal, où les séances étaient très agitées. On est pourtant dans une période préélectorale, mais le dernier conseil s’est déroulé dans une ambiance constructive », se félicite-t-il.

    Les volte-face de Pontone et Onteniente

    S’il affirme pourtant ne pas être en campagne et se consacrer à l’action municipale, Jo Minniti s’appuie sur 14 membres de la majorité élue en 2020, modelée au fil du mandat puis scindée en deux suite aux déboires de Nathalie Bicais. En son sein, Lydie Onteniente et Ludovic Pontone, qui avaient fait allégeance à Jean-Pierre Colin – lui aussi candidat – en mai dernier. « Ce choix n’était pas contre M. le Maire, nous voulions sortir d’un système qui ne nous convenait plus, sur les plans humain et politique. Ce temps nous a permis de voir un apaisement, de nouvelles façons de travailler, une vraie rupture », justifie Lydie Onteniente, qui avait elle-même brigué l’investiture LR en juillet.

    Les deux conseillers départementaux veulent définitivement tourner la page Bicais : « Les décisions revenaient à la maire. Là, c’est facile de travailler avec un maire qu’on peut avoir en direct. On a des discussions, il n’y a plus cette façon de faire où on était de côté », soutient Ludovic Pontone. Cela implique aussi une rupture avec certains ex-colistiers, aujourd’hui aux côtés de Jean-Pierre Colin, ou faisant cavalier seul comme Cheikh Mansour, investi par Horizons, soutenu par Basma Bouchkara et Stéphane Lancelotta, élus à gauche en 2020 : « En tant que présidente de la commission départementale d’action sociale, et lui chargé de la politique de sécurité de la ville, ça a été très compliqué de travailler avec lui, avec des personnes fermées, pas à l’écoute des Seynois en situation de précarité. Il a une délégation sur le handicap, je ne l’ai jamais vu sortir une résolution. Il ne connaît pas les valeurs que doit avoir un élu », pointe Lydie Onteniente. Voilà qui promet de prochaines semaines animées, avec pas moins de huit listes candidates à la mairie (trois à gauche, quatre à droite, une à l’extrême droite).