Tag: mythologie

  • L’Antiquité s’embrase aux couleurs de Combas

    L’Antiquité s’embrase aux couleurs de Combas

    Il y a des rencontres qui relèvent de l’évidence. Celle entre Robert Combas et le Pont du Gard en fait partie. Du 29 mai au 1er novembre, le site classé à l’Unesco accueille « Guerre et paix », une exposition d’envergure consacrée au chef de file de la figuration libre.

    Une soixantaine d’œuvres y sont présentées, traversées par les thèmes chers à l’artiste : batailles antiques, figures mythologiques, héros grecs et romains. Chez Combas, l’Histoire n’est jamais figée. Elle explose en couleurs, en formes et en récits foisonnants, nourris autant par les livres d’Histoire que par la culture populaire. Au cœur du parcours, une toile monumentale consacrée à la guerre de Troie, longue de près de neuf mètres, s’impose comme pièce maîtresse. Une œuvre à l’image de l’exposition : spectaculaire, dense, presque débordante.

    Une « rencontre inouïe »

    Mais l’expérience ne s’arrête pas aux salles du musée. Dès le 4 juillet, chaque soir, le monument lui-même devient scène. Sous la direction de Christophe Berthonneau et du Groupe F, un mapping vidéo monumental transforme les 275 mètres de l’aqueduc en fresque vivante. Guerriers, batailles et figures mythologiques s’animent sur la pierre bimillénaire. Les images puisent directement dans l’univers de Combas, tandis que la bande sonore s’appuie sur les compositions de son groupe, Les Sans Pattes. Une hybridation totale entre peinture, musique et architecture.

    Ce dialogue entre patrimoine et création contemporaine s’inscrit dans une volonté affirmée : faire du Pont du Gard un lieu vivant, où l’Histoire continue de s’écrire. Pour les organisateurs, il s’agit d’une « rencontre inouïe » entre deux monuments : un site antique exceptionnel et un artiste majeur de la scène contemporaine.

    Tarifs : musée 8 € (réduit 6 €), gratuit pour les étudiants, moins de 18 ans et personnes en situation de handicap.

  • [Chefs-d’œuvre des musées de Marseille] Vieille Charité, la déesse Neith, objet migrateur

    [Chefs-d’œuvre des musées de Marseille] Vieille Charité, la déesse Neith, objet migrateur

    On la découvre dans la proximité de l’une des plus célèbres pièces de la section égyptienne du musée d’archéologie méditerranéenne, le bois doré d’un ibis qui représente le dieu Thot.

    En dépit de divers accidents et de plusieurs péripéties que nous allons raconter, la déesse Neith est visiblement une jeune femme de très haut rang. Nobles et belles, distantes et puissantes, son effigie et son allure provoquent un respect immédiat. Les récits de la mythologie indiquent que ses pouvoirs sont de première importance. Elle incarne la voûte céleste. Créatrice de la Lumière et du Soleil, Neith engendre l’inondation annuelle du Nil et fait pousser la végétation. Les Égyptiens la considéraient comme la déesse de la chasse et de la guerre : elle met en déroute les mauvais esprits et protège le sommeil des humains.

    Des fragments de sa silhouette manquent ou bien sont altérés. Son maintien au centre d’une salle de la Charité, le socle qui la tient debout soulignent qu’il s’agit des deux-tiers de son corps. Son nez est ébréché, deux attributs du sacré qu’elle devrait pouvoir tranquillement arborer ont été mutilés. Au milieu du corps et en main droite, le bâton du spectre d’Ouas qui permet de capturer des serpents est incomplet. En main gauche, le fantôme de l’anneau de sa Croix de vie aurait pu disparaître. Sa blessure majeure se situe dans son dos qui n’est plus exactement féminin. Elle avait été commanditée pendant le règne du pharaon Amenopeth III qui naquit en 1400 avant notre ère et qui fut le père d’Akhenaton et le grand-père de Toutankhamon. Par la suite, Ramsès II qui prit le pouvoir vers 1314 avant
    J-C a très fâcheusement dénaturé son envers qu’il s’est totalement approprié : il a demandé que les huit cartouches de sa titulature royale soient sculptées et accolées sur ses arrières.

    Neith est l’une des plus anciennes pièces de la collection archéologique de Marseille. Elle avait fortuitement servi de pierre de lest pour le retour depuis Le Caire d’un navire vidé de sa cargaison. Longtemps négligée, elle fut débusquée à la fin du XVIIIe siècle dans un sous-sol de l’Arsenal des Galères.