Tag: Mutuelles

  • En danger, le secteur des solidarités se mobilise

    En danger, le secteur des solidarités se mobilise

    En Occitanie, plus de 230 organisations privées à but non lucratif travaillent sur le handicap, l’exclusion, le grand âge ou l’enfance. Elles s’estiment aujourd’hui à bout de souffle. Faute de moyens, ces associations, mutuelles ou fondations ont de moins en moins la capacité de répondre aux besoins croissants de leurs bénéficiaires.

    L’organisation qui les représente, l’Uniopss*, et son antenne régionale, l’Uriopss Occitanie, ont préparé une grande campagne de sensibilisation intitulée « Et si nous arrêtions vraiment ? ». L’objectif est de faire réagir l’opinion sur les conséquences qu’occasionnerait la disparition de ces structures. Du 12 au 17 octobre, elles sont appelées à ouvrir leurs portes au grand public, à s’exprimer sur les réseaux sociaux et à s’adresser aux décideurs politiques.

    L’Uriopss Occitanie compte sur cette mobilisation pour interpeller les parlementaires de la région, qui débattent actuellement du budget. L’organisation professionnelle demande une hausse des crédits publics afin d’accompagner l’évolution démographique et notamment le vieillissement de la population. « Le minimum serait que les moyens suivent le niveau de l’inflation », avance son directeur Guillaume Fritschy. Au niveau national, le président de l’Uniopss, Daniel Goldberg, espère provoquer un sursaut chez les candidats à la présidentielle. « Nous voulons poser une question très simple à toute la société : et si nous arrêtions vraiment, que deviendrait notre cohésion sociale ? Qui ferait ce que nous faisons aujourd’hui ? », questionne-t-il dans un communiqué.

    Le scénario d’une disparition relève de moins en moins de la science-fiction. Le secteur associatif est confronté à un effet de ciseau. Les crédits publics, dont il dépend largement, connaissent une érosion. En 2025, la moitié des associations ont fait état d’une perte de financements publics, selon l’Uriopss. En face, les dépenses s’accroissent. À la faveur de l’ancienneté, une partie des salaires augmentent. Les employeurs de l’économie sociale et solidaire doivent également assumer la fin de l’exonération de la taxe d’apprentissage. L’inflation aggrave le tout.

    Contre-attaque

    Les associations sont d’autant plus fragilisées qu’elles sont mises en concurrence avec des opérateurs à but lucratif, par exemple dans le cas des crèches. Leur modèle économique n’est pas adapté aux lois du marché. Car, comme le rappelle le directeur de l’Uriopss Occitanie, elles ne peuvent pas jouer sur les prix. Pire, leur vocation d’intérêt général est invisibilisée. « Les pouvoirs publics vont considérer les associations par leurs prestations et beaucoup moins pour ce qu’elles sont, c’est-à-dire des espaces de construction citoyenne », pointe Guillaume Fritschy.

    L’Uriopss Occitanie entend aussi riposter à la suite de la parution, le 20 septembre, de la Une du Journal du dimanche titrée « 60 milliards engloutis par les associations ». L’organisation professionnelle estime que le secteur a été injustement mis en cause par l’hebdomadaire, propriété du milliardaire Vincent Bolloré. « Les associations n’engloutissent rien », clarifie Guillaume Fritschy. « Leurs financements sont réinjectés dans le service rendu aux personnes les plus vulnérables. »

    *Union nationale interfédérale des œuvres et organismes privés non lucratifs sanitaires et sociaux

  • La future mutuelle municipale annoncée pour janvier

    La future mutuelle municipale annoncée pour janvier

    « En début d’année prochaine, nous pourrons proposer une couverture médicale de qualité pour des Marseillais qui, trop souvent encore, n’ont pas les moyens de se soigner correctement », annonce le maire (DVG) de Marseille, Benoît Payan. Ce jeudi a été publié par la municipalité l’appel à manifestation d’intérêt qui doit permettre de sélectionner, d’ici le mois de janvier, l’opérateur qui portera la future mutuelle municipale. Un engagement pris lors de la dernière campagne.

    « L’objectif est de chercher une mutuelle capable de proposer une offre pour permettre aux Marseillais, surtout à ceux qui ont des revenus moyens ou modestes, de souscrire à une complémentaire santé de qualité, avec des tarifs négociés », résume le conseiller municipal (PCF) chargé du dossier, Ibrahim M’ze. En négociant à l’échelle de la ville, la municipalité tente ainsi d’obtenir un tarif plus avantageux, tout en garantissant une couverture de qualité, avec trois niveaux de protection proposés. « Les villes qui ont déjà mis en place des mutuelles communales nous parlent d’économies qui peuvent varier entre 200 et 300 euros sur l’année, évoque l’élu communiste. Nous sommes dans un contexte où le coût de la vie pèse sur les budgets, où les gens sont pris à la gorge avec les tarifs de l’essence, du logement de l’alimentation et où le prix d’une complémentaire santé devient rapidement un frein. »

    C’est particulièrement vrai à Marseille. Alors que plus de 200 000 personnes bénéficient déjà d’une complémentaire santé solidaire, un habitant sur cinq n’a aucune complémentaire santé. Soit quelque 181 530 Marseillais, dont plus de 56 000 dans les quartiers Nord et 60 000 dans les cinq premiers arrondissements. Parmi eux, 6 618 ne sont pas couverts alors qu’ils souffrent d’une affectation longue durée, avec les soins nécessaires.

    Accès aux droits

    « La Sécurité sociale est loin de rembourser toutes les dépenses de santé, et ce reste à charge est un puissant frein à l’accès aux soins, aux dépistages, aux activités qui peuvent prévenir le développement des maladies », explique l’adjoint (PCF) à la santé, Anthony Gonçalves. Ainsi, la mutuelle communale cible particulièrement ceux qui ne bénéficient pas de la couverture de leur employeur : retraités, indépendants, privés d’emplois, étudiants. Qu’ils vivent à Marseille ou y travaillent, et sans questionnaire sur leur état de santé qui ferait augmenter les prix en fonction de leur situation. Au-delà du remboursement des soins, le cahier des charges inclut des démarches de prévention, d’activités physiques, de dépistage, « une vision plus large de la santé », résume l’adjoint. Parmi les obligations figure aussi l’accès au droit, pour permettre à ceux qui y ont droit d’accompagner à la complémentaire santé solidaire, mais aussi l’ouverture de permanences au plus près des territoires. « Que cela fasse partie d’un grand élan solidaire pour améliorer la santé publique », résume Anthony Gonçalves.

  • La politique du quotidien en débat au conseil municipal d’Istres

    La politique du quotidien en débat au conseil municipal d’Istres

    « Nous assistons à un changement de politique », estime le conseiller municipal d’opposition David Gibaud (PCF) à la lecture de l’ordre du jour du conseil municipal de ce jeudi soir. Avec 33 délibérations au menu, cela apparaît « étonnamment léger » pour l’élu.

    Particulièrement après présentation publique de l’audit financier demandé par le maire (LR) Robin Prétot (La Marseillaise du 29 septembre). « J’avais demandé à ce qu’il soit présenté au conseil municipal avant le public, car il mérite débat », regrette l’élu d’opposition. « Le ton alarmiste avec lequel il a été annoncé ne reflète pas tout à fait la réalité, il n’a pas été pointé de problème de gestion et le ton a changé », fait-il remarquer. Le changement de politique prédit par Éric Gibaud va se traduire par « des choix politiques desquels il ne sera pas possible de se cacher derrière l’ancien mandat ».

    Parmi les points à l’ordre du jour figurent la création d’une crèche privée pour le compte du ministère des Armées, une convention entre la Ville et le foyer du collège Savary pour recevoir dons et subventions pour financier les voyages scolaires, ainsi qu’un débat sur la complémentaire santé (mutuelle) des agents communaux.

    « On ne va pas beaucoup s’opposer, surtout quand des mesures semblent aller dans le bon sens comme la crèche des armées », commente David Gibaud. Mais des questions persistent : « Est-ce que ce qui est envisagé pour la complémentaire des agents suit les augmentations de tarif des mutuelles ? » souligne-t-il notamment, craignant du reste « la réduction de la participation aux voyages scolaires et les budgets des associations, qui devront soit arrêter soit facturer plus cher les licences de foot ou de basket ». Le débat est ouvert ce soir.

  • Déremboursements, franchises : l’amère pilule

    Déremboursements, franchises : l’amère pilule

    Sans avoir pris connaissance des détails du décret, le président du comité héraultais de la Ligue contre le cancer ne veut pas y croire. « Je ne pense pas que les malades du cancer seront touchés. C’est un effet d’annonce pour faire passer la pilule. Il y aura forcément des dérogations pour les affections de longue durée*. Sans quoi, cela signifie que nous sommes en banqueroute. Ce serait une remise en cause totale de notre système de protection sociale selon lequel la solidarité aide ceux qui en ont le plus besoin », estime le professeur Jean-Bernard Dubois.

    Et pourtant, en l’état actuel des annonces de Stéphanie Rist, il y a de quoi s’alarmer. Le 23 juillet, la ministre de la Santé a annoncé que le plafond des franchises médicales sera relevé de 100 à 200 euros annuels (toujours 1 euro par boîte de médicament et par acte paramédical, 2 euros par consultation médicale, examen radiologique ou analyse, 4 euros par transport sanitaire). Le lendemain, elle enfonçait le clou pour l’Assurance maladie en promettant une baisse des remboursements dentaires, des transports sanitaires et autres médicaments jugés « moins efficaces ». Le tout dans une logique comptable d’économies de bouts de chandelle (1,5 à 1,7 milliard d’euros pour les déremboursements) afin soi-disant de « lutter contre les abus ».

    Inflation des tarifs des complémentaires santé ?

    Une logique inacceptable selon les associations car elle revient à faire payer davantage les malades. « Les patients ne peuvent plus être l’éternelle et unique variable d’ajustement des comptes de l’Assurance-maladie », a tout de suite dénoncé France assos santé. « Il vaudrait mieux lutter contre les fraudeurs plutôt que punir tout le monde », regrette Gilles Loison.

    Si on sait déjà que 18 millions de Français ne seront pas concernés (mineurs, bénéficiaires de la complémentaire santé solidaire (C2S), femmes enceintes), le secrétaire héraultais du Secours populaire s’inquiète des répercussions chez les plus fragiles. « Nous recevons des publics qui ne sont pas en capacité de se payer une mutuelle et qui parfois, faute de moyens, renoncent à des soins dentaires ou sur des lunettes alors qu’ils sont la porte d’entrée de la santé. »

    De son côté, Que choisir Ensemble craint que les complémentaires santé qui ont déjà augmenté leurs tarifs de 25% en 3 ans (selon une étude de cette association de consommateurs), ne répercutent encore la mesure sur ses tarifs. « Ce sera pour elles un prétexte », prévient Claude Gaubert. Selon le responsable communication montpelliérain de l’asso qui fêtera ses 50 ans en septembre, aucun patient n’a à gagner à s’enfermer dans une logique où le privé prend une part de plus en plus importante des soins. « Quand vous donnez 100 euros à la Sécu, il vous en revient 95. Et seulement 80 quand c’est une complémentaire santé qui doit rémunérer ses actionnaires. » Une logique aussi fustigée par Gilles Loison au Secours populaire. « On va vers des soins à deux vitesses avec une sorte de système à l’américaine. Ils veulent la mort du système de Sécu d’après guerre. »

    * Cancers, diabétiques, AVC, maladies psychiatriques, neurodégénératives, insuffisances cardiaques, rénales…

  • Un transfert de la facture aux mutuelles… et aux assurés

    Un transfert de la facture aux mutuelles… et aux assurés

    Le gouvernement a présenté de nouveaux transferts de remboursements de l’Assurance maladie vers les complémentaires santé. Concrètement, la Sécurité sociale remboursera moins les consultations chez le chirurgien-dentiste (50% contre 60%), les transports sanitaires (55% contre 50%) et les médicaments jugés « les moins efficaces ».
    La Mutualité française, qui regroupe 500 mutuelles, estime que les complémentaires devront absorber entre 1,5 et 1,7 milliard d’euros de dépenses supplémentaires. Interrogée par Franceinfo sur une éventuelle hausse des cotisations, la ministre de la Santé, assure que « la répercussion sur le prix n’est pas automatique », tout en reconnaissant ne pas pouvoir imposer un gel tarifaire.

    « Les assurés vont payer plus »

    Un discours que conteste Hélène Gaufichon, secrétaire générale de Solimut : « Les assurés vont payer plus à cause d’une augmentation mécanique de leur cotisation mutualiste ». Sur la méthode, Hélène Gaufichon dénonce « un déni de démocratie réalisé en plein cœur de l’été par le biais de décrets, qui enlèvent la parole au Parlement ». Le projet, transmis au Conseil de l’Assurance maladie, a d’ailleurs reçu, mardi, un avis défavorable.

    Au-delà de l’impact financier, la secrétaire générale de Solimut y voit « une attaque d’envergure contre la Sécurité sociale et contre l’accès aux soins ». « On a fêté les 80 ans de la Sécurité sociale et, plutôt que de la renforcer, le gouvernement la détruit un peu plus », fustige-t-elle. Les mutuelles ont lancé la plateforme defendonslasecu.fr pour interpeller les parlementaires et tenter d’obtenir le retrait de cette mesure dès la rentrée.

  • [Entretien] Anthony Gonçalves : « Le calcul égoïste d’un gouvernement à l’affût de la moindre économie »

    [Entretien] Anthony Gonçalves : « Le calcul égoïste d’un gouvernement à l’affût de la moindre économie »

    La Marseillaise : Le gouvernement a annoncé le doublement des franchises médicales et une hausse du reste à charge. Quel regard portez-vous sur ces mesures ?

    Anthony Gonçalves : Je suis profondément choqué par ces annonces. Le gouvernement considère que les gens consomment des médicaments ou ont des actes médicaux pour se faire plaisir. Il imagine qu’en augmentant ces franchises, ils vont réduire leur consommation médicale, ce qui est totalement faux. La grande majorité de ces consommations répond à des besoins réels. Ça va toucher des personnes atteintes de maladies graves qui n’ont pas choisi de l’être.

    Ces mesures permettraient, selon
    le gouvernement, de financer l’accès aux soins. Qu’en pensez-vous
     ?

    A.G. : C’est incroyable de ponctionner les malades pour favoriser l’accès aux soins. C’est l’inverse qui va se passer. Penser qu’on va freiner des dépenses de santé comme s’il s’agissait d’une consommation de confort est un calcul terrible. Les plus modestes, souvent en affection de longue durée, vont renoncer aux soins dont ils ont besoin. Les malades du cancer, avec des traitements lourds et réguliers, seront touchés de plein fouet. Au final, cela dégradera leur état de santé et coûtera encore plus cher lorsqu’il faudra les hospitaliser. C’est le calcul égoïste d’un gouvernement à l’affût de la moindre économie. Il ne va pas chercher l’argent là où il se trouve. On nous parle du déficit de la Sécurité sociale, mais il est largement alimenté par les exonérations de cotisations accordées aux entreprises.

    Qui seront les plus pénalisés ?

    A.G. : Les retraités vivant avec moins de 1 500 euros par mois et atteints d’affections de longue durée, de cancer ou de maladies cardiovasculaires. Ce sont des patients qui ont besoin de consultations et de prescriptions régulières. On va aller taper dans la poche de ceux qui n’ont déjà pas beaucoup pour vivre.

    Quelles seront les conséquences de ces mesures sur le prix des mutuelles ?

    A.G. : On parle d’un transfert de charges de 1,5 à 2 milliards d’euros, donc les mutuelles vont mécaniquement augmenter leurs tarifs, alors qu’ils sont déjà un problème pour une partie de la population. D’où notre idée d’instaurer une mutuelle communale à Marseille, pour permettre aux plus modestes d’accéder à une complémentaire à un tarif plus favorable.

    Que révèlent ces annonces sur
    la gestion politique de notre système de santé
     ?

    A.G. : Depuis des années, on entend cette petite musique de la responsabilisation des malades. L’idée serait de dire que le droit à la santé est une affaire de responsabilité individuelle. C’est un retour en arrière de plus sur un droit universel, qui ne doit dépendre ni des revenus ni du niveau social. On assiste à une attaque en règle globale contre notre système de Sécurité sociale.

    Les annonces ont été faites en plein été, sans débat parlementaire.
    Que pensez-vous de la méthode
     ?

    A.G. : La méthode est aussi choquante que le fond. L’an dernier, cette proposition avait été rejetée par le Parlement. Le gouvernement revient à la charge sans passer par le débat. C’est le pari abominable du gouvernement : on fait passer les mauvais coups pendant l’été.

  • Coups bas

    Coups bas

    Faire toujours payer plus ceux qui sont malades et ont besoin de soins. C’est la logique des gouvernements depuis des années mais, cet été, celui de Lecornu pousse le cynisme encore plus loin en imposant par décret ce qui lui avait été refusé par les parlementaires lors du dernier débat sur le budget de la sécurité sociale : la hausse des franchises médicales. Petit à petit, les libéraux torpillent la sécurité sociale, le système imaginé par Ambroise Croizat à partir du programme du Conseil national de la résistance pour le transformer en assurance au rabais pour les pauvres, les riches pouvant se payer les soins de qualité. En toile de fond, l’éternelle rengaine du « trou de la sécu » qu’il faudrait absolument combler sous peine de voir disparaître cette merveilleuse « exception française ».

    211 milliards aux entreprises

    Ce discours est un leurre pour ne pas assumer les choix politiques qui sont ceux de ce gouvernement. Les économies attendues par les modifications imposées par décret
    – doublement des franchises, relèvement du ticket modérateur et baisse du remboursement des médicaments à service médical rendu faible ou modéré – sont estimées à 2,15 milliards d’euros. Une somme à mettre en balance face aux milliards accordés aux entreprises : 211 milliards. Un tiers du budget de l’État.

    Sans oublier l’argent que le gouvernement se refuse à aller chercher. « Plutôt que de ponctionner quelques dizaines d’euros supplémentaires sur
    les malades, faisons contribuer les milliards
    de revenus financiers qui échappent aujourd’hui aux cotisations sociales
     », pointe ainsi le PCF.

    La santé n’est ni un luxe, ni une marchandise. Mais un droit qu’il faut véritablement défendre quand les coups bas se multiplient.

  • Solimut ouvre ses portes aux associations de solidarité

    Solimut ouvre ses portes aux associations de solidarité

    « Ce tiers-lieu a rempli sa mission avant même son ouverture », affirme Nadia Nasri, présidente du comité d’animation mutualiste de Solimut Marignane. La mutuelle inaugurait, mardi soir, un nouveau tiers-lieu installé au deuxième étage de l’agence sise place du 11 novembre, à Marignane.

    Le but d’une telle initiative ? « Permettre aux associations et acteurs locaux du domaine social et de la santé de bénéficier d’un espace », selon Nadia Nasri, lors de la visite du lieu. Trois bureaux, une cuisine et une salle de réunion sont ainsi mis à disposition gratuitement par la mutuelle. Et les partenaires de Solimut n’ont pas attendu l’inauguration.

    Le projet a vu le jour il y a 5 ans avec les ateliers créatifs du Secours populaire. « Nous nous réunissons tous les lundis après-midi, entre femmes, à 10 ou 15 personnes à chaque fois », indique Myriam Garrassin, responsable du secteur santé du Secours populaire français des Bouches-du-Rhône. « C’est à la sortie du Covid qu’on voulait travailler la prévention à la santé. On a proposé de façonner des objets créatifs pour faciliter la parole, les personnes étant souvent malades ou seniors », développe la militante.

    « Porter un projet

    de société à plusieurs »

    Le lieu a quelque chose de symbolique. « C’est ici que je venais quand j’étais petite pour me faire charcuter les dents », plaisante Zaira Ghalmi, de l’Association des initiatives renouveau, lors de la visite. « J’étais dans une famille de 11 enfants. On venait ici car ce n’était pas cher contrairement au privé, et ils prenaient la mutuelle de mon papa », raconte-t-elle.

    Le centre dentaire a aujourd’hui laissé place à une autre initiative solidaire. « Chacun peut recevoir ses adhérents et développer des services à la population. La rénovation du local avec l’Addap13 a permis d’ouvrir deux chantiers d’insertion. Cela reflète les valeurs de notre mutuelle », selon Nadia Nasri.

    Des valeurs chevillées au corps. « Nous sommes une mutuelle engagée et solidaire, avant tout actrice de la santé », souligne Hélène Gaufichon, secrétaire générale de Solimut, estimant qu’« ouvrir notre agence sous forme de tiers-lieu permet d’avoir accès aux conseillers et à d’autres services » dans le même temps. « Nous souhaitons l’émancipation individuelle et collective, sans discrimination. Cet espace est une belle illustration de nos actions pour le vivre-ensemble », développe-t-elle.

    C’est aussi un carrefour d’engagement. « Quand on porte un projet de santé et de société, le mieux est de le faire à plusieurs », insiste la militante mutualiste. Plus de dix ans après sa création, l’ambition reste la même d’après Hélène Gaufichon : « Agir pour la transformation de la société avec tous les acteurs du mouvement social », dans la continuité de l’œuvre des mutuelles ouvrières à la racine de Solimut.

  • Les mutuelles alertent sur un accès dégradé aux soins

    Les mutuelles alertent sur un accès dégradé aux soins

    Face à la presse, ce mercredi midi, le président de la Chambre régionale de l’économie sociale et solidaire (ESS) Denis Philippe regrette : « Dans les programmes des municipales, je n’ai pas vu beaucoup de sujets qui traitaient de l’économie sociale et solidaire. » Dans ce scrutin pourtant, la question de la santé s’est glissée au milieu du débat public, de Port-Saint-Louis aux villages alpins.

    « C’est n’est pas une prérogative directe des communes, mais nous sommes dans une crise de l’accès aux soins qui s’aggrave », alerte le président de la Mutualité française en région Provence-Alpes-Côte d’Azur, Jean-Paul Benoît. En déplorant que le gouvernement fasse porter les frais des reculs de la Sécurité sociale sur les épaules des mutuelles, entraînant une hausse des cotisations de leurs adhérents, comme cela a été le cas pour les frais d’hospitalisation. Résultat : « Une part croissante de la population est en difficulté pour accéder à une complémentaire », partage Jean-Paul Benoît.

    « Mais il faut aussi des professionnels disponibles, précise-t-il. Dans les Alpes du Sud, nous avons un problème d’accès aux soins dentaires. Dans toute la région, nous avons une difficulté d’accès aux soins auprès des spécialistes. » Et cela même si la région est mieux dotée que la moyenne nationale.

    Dans ce contexte, il salue les propositions de campagnes volontaristes, qui ont laissé une large part au système mutualiste. « Les candidats ont parlé de mutuelles communales, de centres et de maisons de santé, souligne-t-il. Dans les Alpes du sud, les regroupements des professionnels ont permis de répondre aux difficultés d’accès aux soins. » Un travail engagé aussi à Marseille. Même s’il reconnaît que dans la région, « le modèle économique n’est pas pérenne ». « Mais nous avons toujours fait en sorte de les maintenir parce qu’ils sont trop importants. » Quant aux mutuelles communales, « ce n’est pas la panacée, on ne va pas aboutir à des mutuelles à moitié prix. Mais cela permet de développer une véritable politique de santé locale ». Et notamment de garantir l’accès aux complémentaires santés solidaires. Le président de la Mutualité française Paca rappelant que contrairement au secteur privé, les mutuelles n’ont pas de but lucratif.

  • L’urgence sociale bouscule la campagne

    L’urgence sociale bouscule la campagne

    Ce mercredi après-midi, militants du RN et du Printemps marseillais se regardent en chiens de faïence, face aux portes du supermarché de la place du 4-Septembre, dans le 7e arrondissement de Marseille. Les premiers parlent aux passants de « salles de shoot », d’une « union des droites ». « Avec Benoît Payan, pour votre pouvoir d’achat ! », répètent en boucle les seconds.

    C’est que l’envolée des prix des carburants a mis un brutal coup de projecteur sur les questions de pouvoir d’achat. À la pompe à essence voisine, le prix au litre du gazole frôle les 2 euros. Presque cinquante centimes de plus que le pic d’octobre 2018, déclencheur de la mobilisation des gilets jaunes. « Je suis surpris de voir à quelle vitesse on arrive à un panier de 100 euros », partage un préparateur de commandes du supermarché, au moment de prendre sa pause. Le lien entre la vie chère et les municipales n’est pourtant pas évident pour lui. « Ce sont des problématiques trop dépendantes des politiques internationales, pointe-t-il. Mais les mesures de gratuité, oui, cela correspond plus aux municipalités. »

    Gratuité des transports

    Ainsi ce lundi, la candidate de la droite et du centre Martine Vassal s’était-elle empressée de promettre un « bouclier carburant », avec un ticket unique pour les transports en commun et des parkings relais gratuits « dès que le prix moyen du Sans-Plomb 95 ou du Gazole dépasse 2 euros le litre ». Le Printemps marseillais de son côté a fait tirer des tracts « pour le pouvoir d’achat » ce mercredi. Façon de boucler une campagne qui avait commencé en janvier sur les enjeux de solidarité. « À un moment où l’État ne joue plus son rôle, nous devons nous montrer ambitieux et assumer notre rôle de bouclier social et financier pour accompagner les Marseillais », insiste le maire (DVG) sortant, Benoît Payan.

    Les communes ont beau ne pas avoir la main sur les hausses du Smic, des pensions ou des minima, elles ont beau ne pas être, comme les conseils départementaux les chefs de file de la solidarité, elles restent en effet l’institution la plus proche des habitants. Déjà mises en place dans de nombreuses municipalités, les mesures pour faciliter l’accès aux droits, au service public, les gratuités d’usage se déclinent aujourd’hui dans de nombreux programmes, principalement à gauche.

    À Marseille, le Printemps marseillais met ainsi en avant le doublement de valeur du kit scolaire distribué à chaque rentrée aux écoliers, la demande auprès du ministère d’un encadrement des loyers, un tarif progressif sur l’eau avec les premiers mètres cubes gratuits, la gratuité de la cantine scolaire pour 15 000 écoliers ainsi que des petits-déjeuners distribués dans les établissements des quartiers prioritaires… Mise en place dans le pays d’Aubagne depuis quinze ans, la gratuité des transports en commun est désormais défendue jusqu’à 26 ans à Marseille aussi bien par les insoumis que par Benoît Payan ou par Martine Vassal, qui l’a déjà étendue jusqu’aux moins de 11 ans et propose aujourd’hui la gratuité des fournitures scolaires. Chez LFI, qui a épargné de ses critiques pourtant violentes le bilan social de la majorité sortante, c’est la cantine qui doit être totalement gratuite. « L’école est gratuite pour tous, la cantine aussi doit l’être », défendait Aurélien Bournoeuf (17e sur la liste) début mars.

    Mutuelles communales

    D’autres propositions ont fait largement leur entrée dans le débat public à l’occasion de ces municipales. C’est ainsi le cas des mutuelles communales, défendues notamment par les communistes. Elles sont inscrites dans les programmes de la gauche de Marseille à Aix-en-Provence en passant par Aubagne. « Par le volume de contrats que la Ville est en capacité de poser sur la table, on peut faire baisser considérablement le prix, résumait en janvier l’adjointe sortante (PCF) aux solidarités, Audrey Garino. On estime à peu près à 30% le coût minoré des mutuelles municipales par rapport à une mutuelle individuelle ou d’entreprise. » Une réponse directe à l’envolée des tarifs après les coups de boutoir des gouvernements macronistes successifs contre la Sécurité sociale.

    Retour sur la place du 4-Septembre. Au bord de la route, les militants du Printemps marseillais insistent face aux passants sur le barrage contre l’extrême droite. « Pour combattre le RN, il faut des choses concrètes, rétorque une ancienne adhérente du PS, cabas à la main. Il leur demander ce qu’ils proposent sur l’économie. Rien ! C’est là-dessus qu’il faut se battre ! »