Tag: musée Granet

  • Le regard de Paul McCartney sur l’ascension des Beatles

    Le regard de Paul McCartney sur l’ascension des Beatles

    Les caisses de photographies redécouvertes par Paul McCartney constituent une véritable capsule temporelle. Des milliers d’archives capturées par le chanteur des Beatles à un moment charnière de l’histoire du groupe britannique. Sur les murs du musée Granet, une infime partie de ces photographies est désormais suspendue aux cimaises, dans des cadres minutieusement choisis, à l’occasion l’exposition intitulée « Paul McCartney photographe, 1963-1964 – Eyes of the Storm », conçue par Paul McCartney lui-même, sa société de production MPL Communications et la commissaire Rosie Broadley, de la National Portrait Gallery de Londres.

    L’exposition est née presque par hasard. En 2021, alors que l’icône travaille sur une exposition consacrée aux photographies de son ex-épouse, Linda McCartney, photographe américaine, il se souvient avoir lui aussi passé du temps derrière l’objectif dans les années 1960, lorsque les Beatles commençaient tout juste à accéder à la notoriété.

    « Son archiviste lui a rappelé qu’il possédait une boîte contenant ces photographies, retrace Rosie Broadley. Ils les ont sorties. Il y avait une vingtaine de planches-contacts et des rouleaux de pellicule, qui ont ensuite été scannés et numérisés. »

    MPL Communications s’est alors rapprochée de la National Portrait Gallery. « Il y avait des milliers de photos qui racontaient quelque chose d’impressionnant en train de se produire, pour les Beatles, mais aussi pour la culture populaire britannique », retrace Rosie Broadley.

    Ainsi est née une exposition de 250 clichés capturés avec le Pentax 35 mm de Paul McCartney, présentés pour la toute première fois en France. « On a dû choisir les tailles des tirages, tout imaginer. C’est une exposition qui ne part de rien, qui sort d’une boîte », contextualise la commissaire.

    Le contenu détaillé de l’exposition reste sous embargo jusqu’à son ouverture au public, ce samedi 4 juillet. Elle sera visible jusqu’au 3 janvier 2027. Mais, déjà, elle promet un parcours au cœur de l’intimité des « quatre garçons dans le vent » aux prémices de leur succès, une plongée dans les mois qui précèdent l’explosion de la Beatlemania.

    Cinq salles retracent quatre mois décisifs, d’octobre 1963 et ses premières performances sur de modestes scènes britanniques à la tournée menée, un mois plus tard, aux côtés des Vernons Girls. Puis viennent les premières représentations parisiennes, auxquelles une salle entière est consacrée. Parmi les clichés en noir et blanc au grain caractéristique apparaissent les visages de Sylvie Vartan mais aussi de Johnny Hallyday, stars françaises croisées sur le chemin des Beatles et témoins d’une notoriété désormais naissante. Les photographies conduisent ensuite le visiteur dans les coulisses des premières apparitions télévisées du groupe, notamment lors du célèbre « The Ed Sullivan Show », évoquées dans les salles « New York ».

    Au-delà des clichés de grattes ciels entourés de cadres gris pour renforcer l’aspect « citadin et brut », figurent également des foules de fans et de photographes massées dans les rues ou sur le tarmac de l’aéroport JFK, en février 1964. C’est là que les quatre Britanniques tiennent une conférence de presse, eux dont les « cheveux faisaient tant parler les Américains », s’amuse Rosie Broadley.

    L’exposition présente aussi des images plus inattendues, à l’image de la Maison Blanche photographiée depuis la vitre d’un taxi peu après l’assassinat de John F. Kennedy. Autant de fragments d’histoire qui se dévoilent au fil du parcours. Les dernières pièces s’attardent sur le passage du groupe à Miami. On y découvre aussi bien des moments de détente au bord d’une piscine que des clichés plus spontanés, pris sur le vif durant cette tournée sous le soleil de Floride.

    Pour la première fois, les visages d’accompagnants, proches et membres du personnel entourant les futures icônes de la musique lors de leur tournée américaine sont eux aussi mis en lumière. Des instants capturés avec innocence qui racontent autant l’ascension des Beatles que le quotidien des années 1960, moins de vingt ans après la fin de la Seconde Guerre mondiale.

  • Bruno Ely, 45 années au service du musée Granet

    Bruno Ely, 45 années au service du musée Granet

    Émotion et gratitude, des témoignages, une plus claire perception du chemin parcouru entre 1980 et aujourd’hui, la maire d’Aix-en-Provence, Sophie Joissains et une foule d’amis ont salué depuis la salle des États Généraux le départ à la retraite de Bruno Ely.

    Avant que la médaille de la ville d’Aix lui soit remise, « sa base arrière » la plus essentielle, ses enfants Marie et Paul (28 et 25 ans) et son épouse Valérie ont pris la parole pour dire à quel point ils ont préservé à ses côtés un univers de grande liberté. L’engagement au quotidien d’une famille hantée par la photographie, la magie et la discrétion des métiers voués aux images restent merveilleusement contagieux : la fille aînée de Bruno, Marie Ely a passé avec bonheur et succès le concours de conservatrice du musée du Mans.

    Sophie Joissains, l’adjointe à la culture Marie-Pierre Sicard ainsi que son directeur d’autrefois Denis Coutagne ont retracé les étapes de la carrière d’un porteur de projets et d’une équipe remarquablement soucieux de convaincre par de multiples conférences et visites guidées le public de son époque. En 1990, pendant l’exposition Cezanne réalisée après l’incendie de la Sainte-Victoire il s’agissait de redonner une place de première importance au musée Granet; 40 ans plus tard, des accrochages et des expositions de niveau international, des dépôts et des acquisitions ont fait taire ceux qui estimaient qu’Aix avait longtemps ignoré « le père de l’art moderne ». À la tête du Pavillon Vendôme et du musée des Tapisseries pendant 18 ans, avant de devenir en 2008 le conservateur du musée Granet, Bruno Ely aura réalisé dans Aix plus de 180 expositions qui relèvent de l’archéologie, du grand XVIIe aixois, du Festival d’art lyrique autant que de la modernité, Alechinsky, Fabienne Verdier et Bernard Plossu peuvent en témoigner. Un prochain portrait du journal complétera cet hommage.

  • L’art à portée de main au musée Granet avec le Tactile Tour

    L’art à portée de main au musée Granet avec le Tactile Tour

    Cette exposition, en partenariat avec l’association Valentin-Haüy, présente quinze reproductions en relief d’œuvres majeures. Grâce à ces modèles spécialement adaptés, visiteurs non-voyants, malvoyants, mais aussi voyants peuvent poser leurs mains sur des extraits de la célèbre tapisserie de Bayeux, explorer des compositions de Léonard de Vinci et de Raphaël, ou encore parcourir du bout des doigts une stèle de l’Égypte ancienne.

    Innovations

    Véritable « permis de toucher », le Tactile Tour s’appuie sur les dernières innovations technologiques. « Après avoir été modélisées numériquement, les œuvres originales sont mises en relief par impression 3D et d’autre part fraisage d’une plaque de polyuréthane. Ces dispositifs permettent aux personnes déficientes visuelles de ressentir une œuvre et d’en appréhender d’une certaine manière le contenu », détaille le communiqué de l’exposition. Le musée Granet est engagé, depuis plusieurs années, « dans une politique d’accueil de tous les publics, y compris les publics en situation de handicap, grâce à l’obtention du label Tourisme et Handicap ».

    La présentation du Tactile Tour, en regard des dispositifs tactiles déjà proposés par le musée (fiches en relief et reproductions d’œuvres à toucher), est une « occasion de créer du lien autour de ses collections permanentes, mais plus largement autour de chefs-d’œuvre de l’histoire de l’art », ajoute le communiqué.

    Du 27 janvier au 8 février, au 1er étage du musée Granet à Aix.. L’accès est inclus dans le billet d’entrée du musée à 7 euros (gratuit pour les personnes handicapées et leur accompagnant).

  • Un bilan positif pour une année Cezanne « à la maison »

    Un bilan positif pour une année Cezanne « à la maison »

    Ce n’est qu’après l’exposition Cezanne remballée, ce dimanche donc, que les retombées économiques liées à l’événement culturel international pourront définitivement être tirées. Mais déjà, mardi dernier, lors d’une table ronde au programme d’une soirée de rencontres et débats organisée par le Crédit Agricole Alpes Provence, Michel Fraisset, directeur général de l’Office de tourisme d’Aix-en-Provence, a présenté les premiers résultats économiques de cet été cézannien. « Pour éviter le doigt mouillé, on a demandé à la chambre des commerces (CCI) de nous accompagner cette année avec différents partenaires dont la Région, avec le Comité régional du tourisme, pour mener une enquête d’étude d’impact et vérifier pourquoi les gens étaient venus à Aix cette année », présente Michel Fraisset. Les résultats pour cette exposition totalement « à la maison » (« in house » en jargon commercial), sont très positifs : 305 813 billets individuels ont été vendus pour l’exposition Cezanne au Jas de Bouffan au Musée Granet dont la vente a permis une recette de 4, 5 millions d’euros de vente directe.

    Budget « équilibré »

    « C’était l’amortissement qu’il fallait trouver pour pouvoir équilibrer le budget de l’exposition », souligne le directeur de l’Office de Tourisme. Aux résultats de la billetterie individuelle s’ajoutent les retombées des visites de groupe, les privatisations diverses, l’ensemble des visiteurs qui ont bénéficié de dispositifs privilégiés et les plus précaires qui ont pu, par le biais de partenariats accéder à l’exposition et aux sites. Victime de son succès, la Petite Galerie Cezanne repousse d’ailleurs sa date de clôture au 21 décembre. Lors du dernier conseil municipal, tenu vendredi dernier, Sophie Joissains, maire (UDI) de la Ville rapporte qu’au fonctionnement, les dépenses de 7 660 451 euros ont été amorties par 7 035 349 euros de recettes. « On avait prévu qu’il y aurait 3 millions de reste à charge. Il est aujourd’hui de 625 102 euros », se félicitait la maire. Au-delà d’un impact économique marquant, ce sont les retombées médiatiques qui ont été valorisées. « On en parlait partout. Ces retombées médiatiques, il y a des calculs spécifiques pour les estimer, précise Michel Fraisset. À ce jour elles sont estimées à 50 millions d’euros, et vont bénéficier pendant les deux ou trois années à venir à l’attractivité d’Aix-en-Provence ».

    Uniquement pour le premier article numérique du New York Times, ce sont 117 millions de lecteurs qui ont été enregistrés. Enfin, ce sont 120 nationalités qui se sont rendues à Aix, dont 63% des sondés ont fait le déplacement pour l’exposition Cezanne.

  • [Chefs-d’œuvre des musées] Musée Granet, « Trois crânes » pour une fin d’exposition

    [Chefs-d’œuvre des musées] Musée Granet, « Trois crânes » pour une fin d’exposition

    Leur présence est signalée dans le grand salon du Jas de Bouffan, dans l’appartement de la rue Boulegon ainsi qu’à l’atelier des Lauves. On les aperçoit dans cet ultime espace, Vincent Bioulès les a figurés dans des études préparatoires, des huiles sur toile sur lesquelles il s’exerça au moment d’achever en avril 2006 son grand format de l’Atelier Gris commandité par le musée Granet.

    Ce motif du Crâne apparaît chez Cezanne en 1866. Avec l’accompagnement et le vocabulaire qu’un artiste commençant utilise, pour méditer à propos d’une Vanité : un chandelier doté d’une bougie écrasée, les pages blanches d’un livre religieux, des roses et des pivoines, fragiles et desséchées complètent son propos. En revanche, pendant ses dernières années de création, Cezanne affrontait directement cette expérience. Sur toile ou bien en aquarelle, quand bien même il arrive qu’elles soient posées sur un drap ou bien sur un tapis d’Orient, les « pyramides de crânes » qu’il scrutait relevaient d’un total silence. Le peintre les rangeait sommairement sur un plan de table ; elles engagent une radicalité, jamais les conventions d’un discours de finitude.

    D’ordinaire visibles à l’Institute of Arts de Detroit, ces trois crânes sont datés des années 1898-1900. Ces « extinction studies » n’ont ni mâchoires ni dents. Les creusements de leurs arcades et de leurs orbites sont sauvagement neutres, sans échappatoire ni divertissement. La vérité et la beauté ne sont pas obligatoirement incompatibles, chaque cavité se distingue magistralement de l’autre, les volumes et les colorations de ces messagères sans voix ni regard sont magiquement nuancés.

    Cette chronique, la douzième et dernière consacrée à l’exposition du musée Granet comporte involontairement un élément dissuasif. Succès oblige, aucune réservation n’est à présent possible, les derniers jours de cet événement, 11 et 12 octobre, sont programmés à guichets fermés. L’office du tourisme d’Aix avance un total de fréquentation proche des 372 000 visiteurs de l’exposition Picasso-Cezanne de 2009. 77% des visiteurs sont français, les gens de Paca sont plus nombreux que ceux d’Ile de France. Les 23% restants sont des étrangers ; avec en tête les USA, 120 nationalités sont dénombrées.