Tag: musée fabre

  • En prévision des travaux d’extension, le musée Fabre sera fermé du 4 au 22 mai

    En prévision des travaux d’extension, le musée Fabre sera fermé du 4 au 22 mai

    En préambule de ces travaux d’extension, qui se tiendront à partir de 2028, une courte phase préparatoire de sondages géotechniques va être réalisée à partir du 4 mai. Ils seront réalisés à l’entrée du musée, au niveau de la bibliothèque et de la librairie-boutique, où se tiendra le futur escalier menant aux nouveaux espaces d’exposition créés sous le musée.

    Afin de limiter les nuisances pour les visiteurs, et avant la mise en place d’une entrée secondaire temporaire en 2028, le musée fermera donc ses portes du 4 au 22 mai, le temps de cette phase préparatoire. La réouverture aura lieu le 23 mai pour la Nuit des musées.

    Un nouvel écrin

    C’est l’Atelier d’architecture Emmanuel Nebout, déjà lauréat du premier projet d’extension du musée réalisé en 2007, qui mènera à bien cet ambitieux projet d’agrandissement et de rénovation,
    avec l’agence bordelaise BLP.

    Sous la cour Soulages, sera creusée la grande salle d’exposition. Elle présentera une surface de 940 m², composée d’une nef centrale sous un tamis de lumière. Ce vaste espace sera complété par une allée latérale pour les espaces d’interprétation indispensables aux expositions temporaires. Enfoui sous le sol de la ville, il sera relié par un vaste escalier de deux volées. Situé en continuité directe avec le hall, il se déploiera à l’emplacement de la bibliothèque actuelle et amorcera le parcours vers la salle des expositions temporaires. De son côté, le parvis sera repris pour redonner sa splendeur à la porte Buren et intégrer, dans le prolongement de l’esplanade récemment repensée, un jardin des sculptures.

    LM

  • Deux nouvelles œuvres intègrent les collections du musée Fabre

    Deux nouvelles œuvres intègrent les collections du musée Fabre

    Deux œuvres qui illustrent la nouvelle orientation voulue par Juliette Trey, directrice de l’institution.

    « L’acquisition d’une œuvre d’Élisabeth Vigée-Lebrun traduit notre volonté de mieux représenter les artistes féminines, quasi absentes de nos collections », explique la directrice. « Les musées doivent être pleinement acteurs de la société contemporaine ». L’Allégorie de la Poésie est une œuvre qui s’inscrit dans le genre de la peinture d’histoire, extrêmement ambitieuse pour une artiste qui, par la suite, a surtout travaillé dans le portrait. Élisabeth Vigée-Lebrun est aujourd’hui reconnue comme l’une des plus grandes portraitistes du XVIIe siècle : admise à l’Académie royale de peinture et de sculpture, elle a notamment peint à de nombreuses reprises Marie-Antoinette.

    La seconde œuvre, Le Petit Chat de Paul Gauguin, est prêtée pour quelques mois par les descendants de Gustave Fayet,
    son premier propriétaire. Visible jusqu’en septembre en salle 41, ce tableau a une particularité intrigante : les analyses radiographiques révèlent que l’œuvre provient d’un fragment de toile plus vaste. Pour une raison encore inconnue, il semble que Gauguin ait découpé un tableau, peut être une nature morte de grande taille comme le suggère l’échelle des fruits représentés, avant d’y ajouter le chat. Le tableau date de 1888, année de la seconde visite de Paul Gauguin au musée Fabre, aux côtés de Vincent Van Gogh. Cette œuvre raconte un duo majeur de l’histoire de l’art, au cœur d’un moment fondateur que l’institution montpelliéraine choisira de mettre en lumière dans une exposition prévue en 2028.

  • [Entretien] Yannick Lintz : « Faire découvrir la Chine à travers ses plus grands chefs d’œuvre »

    [Entretien] Yannick Lintz : « Faire découvrir la Chine à travers ses plus grands chefs d’œuvre »

    La Marseillaise : Le musée Guimet dispose d’une des plus importantes collections d’arts asiatiques…

    Yannick Lintz : Oui, c’est le musée national consacré aux arts asiatiques. C’est un peu le Louvre de l’Asie. On y trouve les différentes cultures asiatiques depuis l’Afghanistan en passant par l’Asie du Sud, l’Inde, le Cambodge, la Thaïlande et tous les pays d’Asie du sud-est, mais aussi la Chine, le Japon, la Corée, le monde himalayen… Toute l’Asie à l’Est du Moyen-Orient. On a ainsi la chance d’avoir, à Paris, un des quatre plus grands musées au monde dédiés aux arts asiatiques.

    En quoi consiste le dispositif « Guimet + », dans le cadre duquel s’inscrit le partenariat noué avec le musée Fabre ?

    Y.L. : Tout le monde n’a pas les moyens de venir à Paris dans les musées. L’idée est donc de rapprocher des populations les trésors nationaux qu’ils contiennent. Nous avons entamé le dispositif « Guimet + » l’année dernière à Clermont-Ferrand et Digne-les-Bains. Et cette année, nous proposons un nouveau « Guimet + » à Montpellier, avant de continuer dans quelques autres villes. L’originalité de ce dispositif et son côté innovant, c’est qu’on ne veut pas s’installer juste le temps d’une exposition temporaire de 3 mois. On veut s’installer durablement, durant 4 ans. Cela permettra, avec une exposition chaque année : la Chine, le Japon, l’Inde et le monde himalayen, de développer au maximum le lien avec les écoles, les associations locales… D’avoir des projets à long terme et du coup, on l’espère, de proposer une vraie initiation à ces cultures d’Asie pour un maximum de gens.

    Les arts et cultures asiatiques sont-ils méconnus du grand public ?

    Y.L. : Il y a une ferveur populaire pour la cuisine asiatique, le côté zen, les médecines douces et les jeunes sont passionnés de mangas ou de K-pop. La culture populaire asiatique est donc très présente, et de plus en plus. En revanche, alors que tout le monde pourrait citer un chef-d’œuvre du Louvre, comme la Joconde ou la Vénus de Milo, personne, je pense, n’est capable de citer un chef-d’œuvre du musée Guimet. L’art asiatique est donc moins connu. C’est tout l’enjeu de ces expositions durant 4 ans : faire connaître ces trésors.

    Combien d’objets sont présentés dans cette exposition autour de la Chine et quelles en sont les pièces maîtresses ?

    Y.L. : On ne veut pas assommer le public en présentant 150 œuvres d’un coup. On préfère choisir 30 chefs-d’œuvre, qui balayent toute l’histoire de la Chine depuis le Ier millénaire avant J.-C. jusqu’au XIXe siècle. On essaie également de balayer aussi tous les types de matériaux. Parmi les pièces significatives, je citerais les très rares porcelaines de Chine, des vases aux Mille-fleurs ou bien des très belles sculptures anciennes en jade, matériau beaucoup plus précieux que l’or en Chine. Nous avons voulu faire découvrir la Chine à travers ses plus grands chefs-d’œuvre.

    Par ailleurs, on ne veut pas simplement apporter les œuvres, les déposer dans des vitrines et dire : débrouillez-vous. Elles sont accompagnées de tout un dispositif éducatif : des cartes géographiques, des chronologies, des sortes de jeux interactifs. Des dispositifs sensoriels aussi, pour faire découvrir les parfums de la Chine, la poésie, la musique… On a également un grand écran immersif qui fait rentrer le visiteur dans le jardin et la maison d’un lettré, l’initie à la cérémonie du thé. L’idée est de recréer au maximum le contexte culturel des objets qu’on présente.

    Afin d’offrir des clés d’accès aux œuvres plus faciles, on les aborde à travers des thèmes universels, qui parlent à toutes les sociétés : le prestige, la transgression, le sacré, la beauté…

  • Déjà plus de 80 000 visiteurs pour l’expo Soulages au musée Fabre

    Déjà plus de 80 000 visiteurs pour l’expo Soulages au musée Fabre

    Avec 80 000 visiteurs depuis son ouverture le 27 juin dernier, l’exposition « Pierre Soulages. La rencontre », à découvrir jusqu’au 4 janvier, connaît un franc succès. Un engouement « fruit d’un dynamisme retrouvé à l’occasion de la célébration du bicentenaire du musée Fabre et d’une politique volontariste déployée par les équipes », se félicite la Ville de Montpellier.

    L’exposition consacrée au maître de l’outrenoir se déploie sur plus de 1 000m2 et crée une continuité entre les salles d’exposition et les salles Soulages permanentes du musée. Avec 120 toiles, œuvres sur papier, cuivres, bronzes et verres, elle donne à voir les rencontres plastiques, formelles, théoriques et amicales de Soulages avec l’histoire de l’art et l’art de son temps.

    Au fil du parcours, le visiteur découvre ainsi une sélection de toiles signées de grands noms de l’histoire de l’art qui le précèdent – comme Rembrandt, Zurbarán, Courbet, Cézanne, Van Gogh, Mondrian, Picasso -, autant que des rencontres significatives qui ont émaillé la vie de l’artiste – telles Hans Hartung, Anna-Eva Bergman, Pierrette Bloch ou encore Zao Wou-Ki.

    En guise d’épilogue à l’exposition, le Musée Fabre propose aux visiteurs, dans un espace adapté, de découvrir différents aspects de l’œuvre de Pierre Soulages grâce à la réalité virtuelle, à travers une expérience immersive d’une quinzaine de minutes, coproduite par Lucid Realities. Depuis son atelier de Conques et en passant par les salles permanentes du Musée Fabre, les visiteurs sont transportés poétiquement dans l’univers de l’artiste, accompagnés de ses propres mots sur l’art (prononcés par Isabelle Huppert) et sur sa carrière.

  • [Le Grand entretien] Juliette Trey : « Un des plus grands musées en région »

    [Le Grand entretien] Juliette Trey : « Un des plus grands musées en région »

    Parcours

    La Marseillaise : Quel est votre parcours avant votre arrivée
    au musée Fabre ?

    J.T. : En tant que conservatrice du patrimoine de la fonction publique d’État, j’ai jusqu’ici toujours travaillé dans les grands établissements publics du ministère de la culture : au château de Versailles, au musée du Louvre puis, à partir de 2019, à l’Institut national d’histoire de l’art (Inha), où j’ai supervisé des projets de recherche en histoire de l’art.

    Parallèlement, j’ai assuré le commissariat de plusieurs expositions en France mais aussi à l’étranger (en Pologne) ou en collaboration avec des musées étrangers. J’ai pour autant toujours eu envie de travailler en région, dans une collectivité territoriale. C’est pour ça que j’avais envie de rejoindre Montpellier.

    L’identité du musée

    La Marseillaise : Le musée Fabre a-t-il une identité particulière ?

    Juliette Trey : C’est important de noter que ce n’est pas le musée des Beaux-Arts de Montpellier. Il porte le nom de son grand fondateur et collectionneur, François-Xavier Fabre, qui a fait sa donation en 1825. C’est pour cela qu’on fête le bicentenaire du musée en ce moment pour les 3 prochaines années, le musée ayant ouvert en 1828. Cette donation Fabre a donné le tempo de toute une série de donations. C’est ça qui fait l’identité de ce musée : il est forgé par ses donateurs, avec notamment une collection d’art néoclassique extrêmement riche. On a également une collection Support-surface très importante, parce que les artistes qui ont créé le mouvement étaient très liés à Montpellier et ont fait énormément de donations. Sans oublier la donation Soulages, en 2005.

    L’an dernier, la donation Depardon a aussi fait entrer la photo dans les collections ?

    J.T. : C’est vrai que le musée Fabre est essentiellement un musée de peinture. On a très peu de sculptures, pas de photos. Une belle collection de dessins, c’est vrai. Un peu d’arts décoratifs également, avec l’hôtel Sabatier d’Espeyran. Ce sont des aspects qu’on voudrait développer : les arts décoratifs jusqu’au design, la photo, la sculpture… pour donner à voir la création d’une manière plus large.

    Que représente le musée Fabre au niveau national ?

    J.T. : C’est un des plus grands musées en région. C’est celui qui a le plus important budget d’acquisition et il est extrêmement dynamique sur le marché de l’art. Il a un rayonnement national et international important. Et c’est dans cette dynamique que je voudrais continuer à travailler.

    Diversifier les publics

    La Marseillaise : Vous affichez votre volonté d’attirer de nouveaux publics…

    J.T. : Oui, renouveler les publics et faire évoluer l’image du musée. On a la chance que 33% de nos visiteurs aient entre 18 et 24 ans. C’est à l’image de la population à Montpellier, qui est une ville très étudiante. Mais on a plus de difficulté à toucher les trentenaires et les adolescents. C’est donc important de montrer que tout le monde peut trouver sa place au musée. À travers les expositions, bien sûr, comme celle de l’été prochain autour de Pierre Paulin, qui sera la première expo de design présentée au musée Fabre, mais aussi à travers tout ce qu’on fait avec le service des publics.

    Le musée Fabre est un musée très engagé vers le jeune public…

    J.T. : On a vraiment une expertise pour la petite enfance (0-6 ans). On a développé des visites très tôt pour les tout-petits. On a également un projet spécifique à Montpellier sur le jeune public qui s’appelle les enfants ambassadeurs.

    C’est la deuxième année qu’on le met en place. Il permet à chaque classe ou groupe d’enfants (cela peut aussi concerner les crèches ou les centres de loisirs) d’adopter ou de parrainer une œuvre. En début d’année, chaque groupe choisit une œuvre. On fournit un kit pédagogique à destination des enseignants pour présenter cette œuvre et bien sûr, on accueille les classes au musée. Les enfants imaginent une manière de présenter l’œuvre ou de se l’approprier : dessins, rédaction de cartels, création dansée… Et au printemps, on les invite tous, le temps d’une journée, à venir présenter leur restitution. L’objectif étant de toucher les publics qui n’ont pas l’habitude de venir au musée. C’est important que les enfants s’approprient le musée dès leur plus jeune âge et deviennent nos petits ambassadeurs.

    Extension et grandes expos

    La Marseillaise : En quoi consiste le projet d’extension dont les travaux doivent débuter en 2027 ?

    J.T. : Il y a eu une première rénovation entre 2002 et 2007 qui a déjà métamorphosé le musée. Mais les collections se sont considérablement enrichies depuis 20 ans (12 000 œuvres actuellement, dont 1 500 à 2 000 sont exposées en permanence) et on est un peu à l’étroit, surtout pour la partie art moderne et contemporain. Le projet d’extension est donc le suivant : déplacer la salle temporaire actuelle en en creusant une nouvelle sous le parvis du musée, c’est-à-dire sous l’œuvre de Buren qui conduit les visiteurs jusqu’à l’entrée. Cela va nous faire gagner presque 1 000m² d’exposition temporaire et la salle d’exposition temporaire actuelle sera, elle, utilisée pour déployer de façon permanente nos collections d’art moderne et contemporain.

    Quelle est votre ligne directrice pour les expositions
    à venir ?

    J.T. : Je voudrais continuer à porter des expositions ambitieuses l’été, idéalement avec des coproductions avec d’autres institutions françaises ou étrangères, pour faire connaître le musée des touristes étrangers qui viennent Montpellier mais aussi attirer des visiteurs français sur la route des vacances. Ces expositions seront monographiques ou traiteront de grands courants d’histoire de l’art. L’été prochain, par exemple, on proposera une exposition de design autour de Pierre Paulin. Les expositions d’hiver, elles, seront plutôt thématiques, transchronologiques. Elles s’adresseront peut-être à un public plus local. On montrera comment l’histoire de l’art ou les œuvres qu’on trouve dans les musées nous permettent de comprendre notre société contemporaine.

    PARTENARIATS PRESTIGIEUX

    J.T. : Nous avons signé un accord-cadre avec le musée du Louvre, qui nous accompagnera sur plusieurs projets  : l’exposition de l’été 2027 autour des antiquités orientales, pour montrer comment cette civilisation antique a construit notre civilisation actuelle : invention des villes, de l’État de droit, de la médecine… ; mais aussi une exposition autour de Delacroix et de la modernité, qui aura lieu en 2030.

    On espère également nouer un partenariat avec le Van Gogh museum d’Amsterdam pour une expo prévue en 2028 sur Gauguin et Van Gogh, qui étaient en 1888 à Arles et qui sont venus à Montpellier visiter le musée Fabre, avant, chacun, de se nourrir des œuvres qu’ils y ont vues.

  • « L’Allégorie de la poésie » rejoint le musée Fabre

    « L’Allégorie de la poésie » rejoint le musée Fabre

    L’Allégorie de la poésie, signée et datée de 1774, a fait son entrée dans les collections du musée Fabre. Grâce au soutien de la Fondation d’entreprises du musée et à une subvention exceptionnelle du Fonds du patrimoine, l’établissement culturel montpelliérain a acquis par exercice du droit de préemption cette œuvre d’Élisabeth Louise Vigée Le Brun (1755-1842) lors de la vente Artcurial à Paris, le 23 septembre. Il s’agit d’une peinture précoce, atypique et ambitieuse d’une artiste essentiellement connue pour son activité de portraitiste.

    La peintre officielle de Marie-Antoinette

    Formée par son père le pastelliste Louis Vigée, puis par le peintre Gabriel Briard, la jeune Elisabeth Louise Vigée est très tôt remarquée et soutenue par les peintres Gabriel François Doyen et Joseph Vernet. Elle produit ses premières peintures au début des années 1770, sans être rattachée à une corporation professionnelle. En 1774, elle est obligée de rejoindre la corporation de l’Académie de Saint-Luc, communauté des peintres et sculpteurs de Paris, afin de pouvoir poursuivre son activité. Elle expose au Salon de l’Académie de Saint-Luc plusieurs portraits et études de têtes, ainsi que trois allégories de la peinture, de la poésie et de la musique. L’Allégorie de la poésie témoigne ainsi des débuts de sa prestigieuse carrière. Quatre ans plus tard, Élisabeth Louise Vigée Le Brun devient en effet peintre officiel de la reine Marie-Antoinette, dont elle exécuta plusieurs portraits.

    Cette œuvre atypique permet aussi de renforcer, au sein des collections, la présence des femmes artistes du XVIIIe siècle avec un nom emblématique venu rejoindre Marie Thérèse Reboul et Adélaïde Labille-Guiard. Jusqu’à ce jour, Élisabeth Louise Vigée Le Brun n’était évoquée dans la collection que par la copie d’un portrait légué au musée par Alfred Bruyas en 1876.