Tag: Municipalité

  • À Port-de-Bouc, les Atsem reprennent le travail sur la pause méridienne

    À Port-de-Bouc, les Atsem reprennent le travail sur la pause méridienne

    Comme tous les midis depuis le 28 septembre, les Agentes territoriales spécialisées des écoles maternelles (Atsem) étaient en grève reconductible ce lundi 12 octobre. Après une réunion avec les élus et les représentants syndicaux dans la soirée, elles se sont engagées à reprendre le travail à la cantine ce mardi. Les représentants syndicaux souhaitent négocier sur le prélèvement des jours de grève. Un entretien est prévu entre le permanent et l’adjointe au personnel pour en rediscuter, apprend la Ville.

    Les Atsem dénoncent un manque de personnels, notamment lors des pauses méridiennes, ce qui nuit à la sécurité des enfants et à leurs conditions de travail. Une gréviste, qui souhaite garder l’anonymat, témoigne : « Ça fait un an qu’on alerte sur cette situation. À la cantine, les petits sont encadrés par nous et des agents d’entretien, qui sont souvent absents en raison d’arrêts maladies récurrents, ce qui cause une surcharge de travail. Sachant qu’on a des enfants de deux ans dont il faut changer les couches, qu’il faut couper la viande des petits à midi, qu’ils peuvent se disputer ou se faire mal avec les fourchettes… C’est par rapport à leur sécurité que ça nous angoisse. »

    Reçues par la majorité à trois reprises la semaine dernière, elles ont obtenu trois des cinq renforts qu’elles demandaient. Deux vacataires ont été positionnés à Lucia-Tichadou, et un aux Arcades Louis-Azémard. Laurent Belsola (PCF) leur a garanti la pérennisation de ces postes. Mais pour le maire, le taux d’encadrement et les conditions de travail s’amélioreront avant tout en luttant contre l’absentéisme. Un travail partenarial avec les personnels et les représentants syndicaux doit être mené sur les risques psychosociaux.

    Le remplacement systématique impossible

    L’élu explique que « la commune ne peut pas se permettre de remplacer de façon systématique des agents titulaires par des agents vacataires ». « À l’heure où les moyens des collectivités sont rognés de toutes parts et où les Villes perdent toujours plus de dotations permettant d’assurer l’offre de service public, il est impossible, pour Port-de-Bouc, de remplacer des agents dans des écoles au sein desquelles les préconisations liées au taux d’encadrement sont à la fois respectées et plus favorables que dans d’autres communes », poursuit-il.

    Alors que la moyenne nationale se situe à un adulte pour 14 enfants, les sept écoles maternelles de la commune sont dotées d’un adulte pour 12 enfants au maximum (dans les établissements où les renforts ont été fléchés) et six enfants au minimum. L’objectif visé par la municipalité comme les Atsem est d’arriver à une moyenne de neuf enfants par encadrant.

  • Les fêtes de quartier en suspens pour « évolution »

    Les fêtes de quartier en suspens pour « évolution »

    À Avignon, même les fêtes de quartier passent à la trappe » lâche la section Avignon-Morières-Le Pontet du PCF, dans un communiqué de presse. Le rendez-vous, qui se tient habituellement autour du mois d’octobre, ne figure en effet pas dans les programmes d’animation de la Ville.

    Contactée, la municipalité d’Avignon assure qu’« il n’a jamais été question de supprimer les fêtes de quartier, mais bien de les améliorer ». Elle ajoute que ces rendez-vous « doivent pouvoir évoluer pour continuer à répondre aux attentes des habitants et s’adapter aux réalités d’aujourd’hui ».

    Des rendez-vous

    qui comptent

    Une éventuelle disparition qui ne plaît donc pas au PCF. « Les fêtes de quartier, c’étaient pourtant des moments qui comptaient : des habitants qui se retrouvaient, des associations qui se mobilisaient, des familles, des jeunes, de la musique, de l’histoire et surtout du lien social », poursuit le parti politique. Qui dénonce aussi un « vivre-ensemble qui passe à la moulinette des économies budgétaires » et regrette : « C’est encore du côté de la vie des quartiers que l’on regarde ».

    « On découvre donc une politique qui sait très bien faire des choix : moins de proximité, moins de culture populaire, moins de vie associative… Mais toujours davantage de communication », concluent les militants.

    Aucune échéance n’a été donnée par la municipalité concernant une reprise éventuelle des fêtes de quartier, souhaitant d’abord évaluer le nombre de personnes qui assistaient à ces célébrations ou encore « avec quels résultats ». A posteriori donc. Et d’assurer que les suivantes seront organisées avec habitants et associations.

  • [Entretien] Sylvie Brunol : « Les Bourses du travail ont construit l’unité ouvrière »

    [Entretien] Sylvie Brunol : « Les Bourses du travail ont construit l’unité ouvrière »

    La Marseillaise : Pourquoi les ouvriers ont-ils eu besoin de Bourses du travail ?

    Sylvie Brunol : Au départ, ce sont des lieux faits pour accueillir les travailleurs, les informer, les aider et organiser la solidarité. On y trouve du placement, des bibliothèques, de l’entraide, et même autrefois des cours du soir, essentiels pour l’éducation ouvrière. Et au fond, cette fonction existe toujours : aujourd’hui encore, on y vient pour un conseil juridique, pour être accompagné lors d’un licenciement, pour rencontrer un syndicat. Ce ne sont donc jamais de simples bureaux.

    Ont-elles joué un rôle dans
    la construction du syndicalisme français
     ?

    S.B. : Un rôle majeur. À la fin du XIXe siècle, il y a d’un côté les fédérations de métiers, de l’autre les Bourses du travail, notamment animées par Fernand Pelloutier. La CGT naît en 1895, mais l’unification reste incomplète. Et Montpellier joue un rôle important : en 1902, Louis Niel, secrétaire de la Bourse du travail, travaille à rapprocher les deux structures. Le congrès de Montpellier marque cette unité entre fédérations de métiers et Bourses du travail. C’est une étape essentielle dans la construction de la CGT telle qu’on la connaît.

    Dès l’origine, ces lieux dépendent pourtant beaucoup des municipalités…

    S.B. : Oui, et c’est toute l’ambiguïté. Beaucoup ont été créées dans des villes radicales ou socialistes, avec des locaux fournis ou financés par les communes. Certains syndicalistes s’en méfiaient déjà : si le pouvoir municipal change, le syndicat peut se retrouver dépendant d’un élu hostile. C’est une fragilité qui traverse toute leur histoire. À Sète, par exemple, la mairie UDF a tenté dans les années 1980 de transférer la Bourse, puis a cessé de financer certaines dépenses. Il a fallu un comité de défense et des années de mobilisation pour la maintenir. Et cette tension est presque aussi vieille que les Bourses elles-mêmes. Toujours à Sète, dès 1901, le maire Honoré Euzet refuse de remettre les clés aux syndicats avec l’autonomie prévue par leurs statuts. Il faudra son départ et l’élection d’une municipalité ouvrière pour que la Bourse leur soit officiellement remise en 1902.

    L’histoire fournit aussi des exemples plus brutaux…

    S.B. : Le patronat et l’extrême droite ont toujours menacé les syndicats. Mais sous Vichy, on change clairement d’échelle. La CGT est dissoute en novembre 1940. À Béziers, en 1942, les locaux de la Bourse sont attribués à des organisations liées à la « Révolution nationale » pétainiste, tandis que des militants CGT entrent dans la clandestinité et la Résistance. Je ne dis pas qu’on peut plaquer mécaniquement cette histoire sur l’actualité, ce serait faux. Mais elle montre que quand un pouvoir veut contrôler ou affaiblir le syndicalisme, les lieux où les travailleurs s’organisent deviennent très vite une cible. Cela doit nous pousser à être vigilants.

    Êtes-vous inquiète des attaques actuelles contre les locaux syndicaux ?

    S.B. : Oui. Il y a toujours eu des conflits avec des municipalités de droite comme de gauche. Mais aujourd’hui, avec les mairies RN de Carcassonne ou Bagnols-sur-Cèze, on voit se multiplier les décisions concernant directement ces lieux : la mairie de Carcassonne a engagé une procédure pour faire quitter la Bourse du travail aux syndicats ; à Bagnols, elle a annoncé la fin de la mise à disposition des locaux du centre Mendès-France. Derrière la question immobilière, il y a la capacité de se réunir, d’accueillir les salariés, de construire une action collective. Je pense aussi à l’Italie : le siège de la CGIL a été saccagé en 2021 par des militants d’extrême droite. C’était avant l’arrivée de Giorgia Meloni au pouvoir, mais pour moi cet épisode reste un avertissement sur la fragilité des libertés syndicales.

    Pourquoi faut-il encore défendre ces lieux en 2026 ?

    S.B. : Parce qu’ils servent toujours. On y accompagne des salariés, des chômeurs, des précaires, parfois des travailleurs sans papiers. On y trouve des conseillers du salarié, de l’aide juridique, mais aussi un espace pour s’organiser collectivement. La liberté syndicale ne vit pas seulement dans les textes : elle a besoin de lieux. Le Préambule de 1946 reconnaît d’ailleurs le droit de chacun à défendre ses intérêts par l’action syndicale. Si je devais résumer, je dirais simplement : « les droits pour tout le monde ».

    Entretien réalisé par Axel Jolidon

    « Sans vouloir
    faire de parallèle mécanique avec les années 30, certains mécanismes historiques doivent nous pousser
    à rester vigilants. »

  • L’Italie (re)prend possession de la Cité des Papes pour dix jours

    L’Italie (re)prend possession de la Cité des Papes pour dix jours

    Une 10e édition de la semaine italienne d’Avignon qui respire encore la « Dolce Vita ». De ce mercredi 7 octobre jusqu’au dimanche 18 octobre, la Cité des Papes retrouve à travers une ribambelle d’événements l’accent de nos voisins.

    « Une histoire qui prend tout son sens dans une ville dont les liens avec l’Italie plongent profondément dans le passé », explique la municipalité dans un communiqué de presse. Toute la ville sera ainsi investie, de la place du Palais des Papes aux musées en passant par l’Opéra. Les liens historiques entre Cité des Papes et pays à la botte seront notamment rappelés.

    En premier lieu avec la visite « La petite Italie dans la cité des Papes », proposée les 8 et 10 octobre afin de remonter le fil « d’une présence italienne ancienne, depuis l’installation de la papauté au XIVe siècle jusqu’aux migrations de la fin du XIXe et du début du XXe siècle ». Mais aussi une exposition au musée Angladon, une programmation spéciale au cinéma Le Vox sur les grands noms italiens du grand écran ou encore un concert le 17 octobre à la collégiale Saint-Didier.

    Un village italien au cœur de la ville

    Une relation valorisée également à travers le patrimoine, le spectacle vivant, la gastronomie ou encore l’artisanat. Avec dans un premier temps le traditionnel « Villaggio Italiano » ou village italien. Un marché à ciel ouvert sur la place du Palais des Papes où l’on va retrouver une vingtaine d’artisans et producteurs venus directement de l’autre côté des Alpes. Charcuteries, fromages, pâtisseries, truffes, olives, pâtes fraîches, objets en verre de Murano, masques vénitiens, céramiques… La liste de ce que l’on y retrouve est longue. Le tout en musique au rythme des Pasta Divas, quatuor acoustique qui revisite les grandes chansons italiennes.

    « Car c’est peut-être cela, au fond, la Semaine italienne : une invitation à franchir les Alpes sans quitter Avignon et, le temps de quelques jours, à donner à notre ville un sublime air d’Italie », lance le maire d’Avignon (DVD), Olivier Galzi.

    Programme détaillé sur : avignon.fr

  • Correns : quand la reconstruction passe par l’expertise citoyenne

    Correns : quand la reconstruction passe par l’expertise citoyenne

    À Correns, dans le centre Var, l’été 2026 a laissé des traces. Fin juillet, le gigantesque incendie du massif du Gros Bessillon avait encerclé ce village d’un millier d’habitants, provoquant des coupures d’eau, d’électricité et de téléphone, tandis que les flammes ravageaient les collines alentour. Quelques semaines plus tard, de fortes pluies avaient entraîné des coulées de cendres et de boue, obstruant notamment un canal d’irrigation et inondant une propriété.

    C’est dans ce contexte que la commune lance une convention citoyenne inédite. Lundi 5 octobre à 18h, un tirage au sort public marquera le coup d’envoi de cette démarche destinée à « réinventer la démocratie locale » et renforcer « expertise de terrain » au service d’un « projet commun ».

    « S’organiser et agir ensemble »

    Selon la municipalité, les incendies ont révélé « l’immense capacité » des habitants « à se mobiliser, à s’entraider et à agir collectivement face à une situation de crise ». La convention entend prolonger cet élan en réfléchissant à « la manière dont habitantes, habitants et municipalité peuvent décider, s’organiser et agir ensemble pour le village ».

    Concrètement, soixante adresses seront tirées au sort sous le contrôle de la Commission nationale du débat public afin de constituer un groupe de trente habitants représentatif de la diversité du village. Ces « conventionnés » participeront ensuite à sept journées de travail entre le 14 novembre 2026 et le 13 février 2027. Leur mission : imaginer de nouveaux outils de gouvernance locale dont les conclusions seront soumises au vote du conseil municipal.

    Un dispositif qui prend d’autant plus de sens qu’en mars, lors des élections municipales, le scrutin avait livré le visage d’une commune divisée. L’actuelle maire Nicole Rullan l’avait emporté avec 50,6% des suffrages, contre 49,4% pour celle menée par Fabien Mistre, soit seulement sept voix d’écart.

    Pour les promoteurs du projet, l’enjeu dépasse d’ailleurs largement la consultation citoyenne. Correns défend un « processus délibératif » capable de « régénérer la démocratie locale », de « lutter contre la polarisation et la désinformation » et de renforcer « la confiance réciproque entre les administrés et les institutions ».

  • À La Seyne, Révolution Écologique pour le Vivant dénoncent la mauvaise gestion de l’eau par la droite

    À La Seyne, Révolution Écologique pour le Vivant dénoncent la mauvaise gestion de l’eau par la droite

    « Madame la Présidente, nous nous permettons de nous adresser à vous à propos de la situation inquiétante de la Seynoise des Eaux qui assure la gestion de la distribution de l’eau potable sur la Seyne », alerte le comité local de Révolution Écologique pour le Vivant.

    Et de rappeler que, créée en 2017, cette Société d’économie mixte à opération unique (Semop) était bénéficiaire jusqu’en 2022, y compris après une baisse des tarifs en 2017 qui a profité aux abonnés seynois.

    « Aujourd’hui, le constat est accablant, puisque le déficit cumulé pour les trois dernières années sous la présidence des équipes de Bicais-Minniti avoisinerait le 1,8 million d’euros », ajoutent les militants qui crient au scandale et à l’incompétence.

    Les comptes n’y sont plus

    Et de poursuivre : « Il est en effet inconcevable, et nous ne doutons pas que vous partagez notre avis, que la gestion de l’eau potable de la deuxième ville du Var soit traitée de façon aussi calamiteuse ».

    Le comité demande à ce que soit mis un terme à cette situation et considère « qu’il n’est pas question que l’argent public vienne renflouer une société incompétente ».

    Aussi pour que la clarté soit faite, les militants souhaitent l’organisation d’une réunion publique regroupant les administrateurs de la Seynoise des Eaux, avec donc les représentants de la municipalité, ceux de la Métropole et ceux de SUEZ, et les représentants des CIL pour prendre en compte les intérêts des consommateurs. Et de conclure : « Cela permettrait de mettre en œuvre des solutions pérennes qui ne devront en aucun cas pénaliser les abonnés seynois ».

  • La mairie RN de Carpentras veut facturer le transport de personnes ivres par la police

    La mairie RN de Carpentras veut facturer le transport de personnes ivres par la police

    Si vous êtes interpellé en état d’ébriété à Carpentras à partir de ce 1er octobre, en plus d’une amende, il vous sera également facturé le transport vers l’hôpital ou le poste de police à hauteur de 120 euros.

    Ce jeudi 17 septembre au conseil municipal de Carpentras une délibération actant la « facturation du coût de transport » des personnes en état d’ébriété sur la voie publique a été votée. Dans celle-ci, la municipalité souhaite ainsi fixer la facture à 120 euros « au regard des frais engagés par la collectivité » pour chaque interpellation à partir du 1er octobre, au lendemain de la fin de la période couverte par un arrêté qui poursuit « les troubles à l’ordre public provoqués notamment par les actions de mendicité ». En complément, l’auteur de l’infraction « se verra remettre par la mairie un dépliant mentionnant des numéros utiles, dans le but de l’orienter sur les organismes spécialisés dans la prévention des conduites addictives, notamment en alcoologie et produits stupéfiants », assure Thierry d’Aigremont, adjoint au maire, délégué départemental du Rassemblement national et candidat aux élections sénatoriales.

    Pas suffisant pour l’opposition. Un amendement a été déposé par le groupe d’opposition de gauche « Ensemble, fiers de Carpentras » afin de « garantir une application objective, équitable et impartiale de cette mesure, tout en prévoyant un bilan d’évaluation annuel », explique la conseillère d’opposition Pauline Cittadini (Parti animaliste). Qui estime que cet amendement « sanctuarise le principe républicain d’égalité devant le service public ». « La situation de précarité, l’absence de domicile fixe ou le niveau de ressources des personnes interpellées ne doivent en aucun cas influencer la mise en œuvre de ce dispositif », pousse-t-elle. Voté, fait rare, par toute l’opposition, l’amendement a été rejeté par la majorité. Le maire estimant que « ces précisions ne sont pas utiles au regard de la loi ».

    Noël « traditionnel »

    D’autres moments de tension ont animé la soirée. En fin de conseil, alors qu’était votée une aide exceptionnelle de 3 000 euros pour la ville de Pomas (Aude), touchée par une tornade, le conseiller municipal d’opposition Frédéric Olive rappelait que cette somme était la même que celle de la subvention retirée au Planning familial il y a quelques mois. Mais il finira tout de même par voter pour.

    Puis, interrogé lors des questions orales par Olivia Laroubi à propos du noël plus « traditionnel » que le maire souhaite mettre en place, ce dernier confirme. Fini donc les noëls insolites et son dragon bleu. « C’est un concept que l’on va essayer de vendre s’il est si porteur », lâche le premier édile.

  • 126 ans de lutte pour l’autonomie syndicale à Arles

    126 ans de lutte pour l’autonomie syndicale à Arles

    La Bourse du travail est un lieu de patrimoine non pas par ancienneté mais parce qu’elle véhicule une mémoire ouvrière et sociale », estime Nicolas Koukas, élu (PCF) à Arles et historien de formation. À l’occasion de la journée du Patrimoine, il revient sur l’« histoire collective » du bâtiment, alors que le maire (Horizons) Patrick de Carolis souhaite en évincer l’Union locale CGT depuis trois ans.

    Car depuis son inauguration en 1901, la question se pose : « Qui contrôle la bourse » pose l’historien. L’essor du monde ouvrier a conduit la municipalité socialiste d’Honoré Nicolas à créer la Bourse du travail, l’édile dira même à la grande fête d’inauguration « Instruisez-vous citoyens, apprenez à raisonner (…) et vous serez libre » retranscrit en substance l’historien, rappelant l’importance de la bibliothèque dans ce lieu. « C’est plus une question de liberté que d’instruction », nuance-t-il.

    « Un lieu démocratique »

    « À l’époque, la mairie veut un employé non syndiqué sur place pour surveiller, tandis que les syndicats souhaitent davantage d’autonomie. C’est l’épisode dit du concierge », indique Nicolas Koukas. En 1904, les relations avec le même Honoré Nicolas se tendent autour de l’indépendance des syndicats vis-à-vis des partis. En 1906, la Ville refuse aux ouvriers grévistes de se réunir à la Bourse. En février 1909, « la Bourse du travail obtient son autonomie et devient la maison des syndicats », détaille l’orateur.

    Une autonomie remise en cause. « Un journal de droite demande en 1920 la fermeture de la Bourse du travail car ‘‘foyer le plus important de toute l’agitation révolutionnaire à Arles’’, cela montre ce que les réactionnaires avaient déjà en eux », estime Nicolas Koukas. Le régime de Vichy ira beaucoup plus loin. « Les syndicats seront interdits et la Bourse du travail fermée » indique le conférencier, « huit cheminots seront arrêtés et trois déportés ».

    À la Libération, la Bourse du travail retrouve sa fonction, « toutes les mobilisations vont s’y succéder : papeteries, Lustucru, hôpital »… liste Nicolas Koukas. « La Bourse du travail est un lieu essentiel à la démocratie », conclut-il.

  • Avignon : sans local, l’épicerie sociale et solidaire pour étudiants s’arrête

    Avignon : sans local, l’épicerie sociale et solidaire pour étudiants s’arrête

    Derrière les vitres et les grilles de l’épicerie sociale et solidaire l’Agoraé, quelques cartons remplis de flyers, une machine à café, ainsi que des paquets de pâtes et des bouteilles de jus jonchent le sol depuis plusieurs semaines. Le projet, lancé en 2023 sous la précédente municipalité de Cécile Helle (PS), va s’arrêter faute de locaux mis à disposition par la mairie.

    Ce lieu de rencontre permettait aux étudiants de trouver des denrées alimentaires et des produits d’hygiène à des prix défiant toute concurrence, parfois jusqu’à 10% des prix du marché.

    Contactée, la municipalité confirme que la convention de partenariat qui liait la Ville, l’Université d’Avignon, l’association étudiante Inter’asso avec le bailleur social Erilia, propriétaire des lieux, dans le cadre d’une convention d’occupation précaire, est arrivée à son terme le 3 juillet dernier. La municipalité assurait cette mise à disposition « à titre gracieux » en prenant en charge le loyer qui s’élevait à 10 336 euros par an. Les locaux, ainsi que deux autres espaces attenants également exploités par les services municipaux, ont été restitués à Erilia. La mairie explique qu’elle « n’est donc plus en mesure de poursuivre cette mise à disposition dans les conditions prévues par la convention ».

    Mais, comme pour d’autres projets lancés avant la prise de pouvoir du nouveau maire Olivier Galzi (DVD), tels que l’aide aux devoirs d’enfants en difficulté dans les quartiers populaires ou encore la végétalisation des cours d’écoles, la situation financière de la ville est avancée pour justifier l’arrêt de cette aide. « Dans un contexte de fortes contraintes budgétaires et alors qu’une démarche de rationalisation du patrimoine communal est engagée, la Ville est dans l’obligation de ne pas pouvoir supporter de nouvelles dépenses pour financer ou rechercher un local de substitution », précise-t-elle. Tout en assurant que « cette évolution ne remet toutefois nullement en cause l’engagement de la Ville en faveur de la vie étudiante ». Notamment en renforçant ses liens avec l’Université et les acteurs de l’enseignement supérieur, « afin de renforcer la coordination autour des enjeux de vie étudiante ». La municipalité estime également que cette « mobilisation constante contribue à soutenir l’attractivité universitaire et le rayonnement d’Avignon ». Au dernier classement des villes étudiantes du média L’Étudiant, la Cité des Papes figurait à la 37e position sur 50, à égalité avec Annecy et Troyes.

    « Choix politique »

    « Je n’attendais pas grand-chose de cette nouvelle municipalité soi-disant d’aucun parti. Apparemment, le bon sens, c’est de supprimer les aides aux étudiants et de les laisser crever », déplore Louis, de l’association l’Union étudiante Avignon.

    Cette décision suscite l’indignation des forces progressistes du Vaucluse. Les Jeunes Socialistes, à travers un communiqué ce lundi 14 septembre, regrettent un « choix du maire » qui ne fait que « renforcer la précarisation des étudiants avignonnais et montre que Monsieur le maire se préoccupe davantage de rentabilité financière que de l’avenir des étudiants avignonnais ».

    Du côté de la conseillère d’opposition Mathilde Louvain, (LFI), on s’interroge sur les réseaux sociaux : « La mairie est en roue libre ? ». « On commence à être habitué à la méthode. On décide manu militari. Zéro rencontre en amont. Cette majorité a définitivement du mal avec les mots solidarité, entraide, soutien », poursuit-elle.

    La section du PCF d’Avignon, Morières et Le Pontet estime que la fermeture de l’Agoraé « est un choix politique, pas une fatalité budgétaire. (…) La décision est d’autant plus incompréhensible que l’Agoraé était installée dans le “Repère de la caserne“, au cœur d’un secteur récemment requalifié. Ces lieux avaient justement vocation à créer de l’activité, du passage et de la vie dans la Carreterie. Une ville attractive ne se construit pas seulement avec des travaux : elle se construit aussi avec les associations, les étudiants et les services qui font vivre les quartiers ».

    Une pétition en ligne demandant la réouverture a récolté une centaine de signatures.

    Pétition contre la fermeture sur change.org

  • Les employés d’Atalian obtiennent gain de cause

    Les employés d’Atalian obtiennent gain de cause

    La mobilisation a payé pour les employés de l’entreprise de nettoyage Atalian déployés sur 17 sites de la commune de Cuers. En grève mardi et mercredi, ils s’étaient réunis devant l’hôtel de ville pour alerter la municipalité, cliente d’Atalian, sur leurs conditions de travail, entre manque de matériel, volume horaire insuffisant pour les tâches à accomplir et les heures de travail non payées qui en découlent.

    Ils ont été entendus par la directrice de cabinet du maire Bernard Mouttet, puis par ce dernier. Des échanges qui ont permis de constater qu’« Atalian avait vendu à la mairie des services qu’elle n’a jamais eus dans les faits. Ensuite, le maire a certainement fait pression sur l’entreprise », explique Sébastien Bois, secrétaire général CGT propreté et services associés du Var.

    Avec l’effet escompté, puisque les salariés ont obtenu par écrit les engagements de la direction en échange de la fin de la grève : rappels de salaires sur plusieurs périodes en 2025 et 2026, inventaire pour le remplacement du matériel hors d’usage, renouvellement des tenues de travail. Reste encore à discuter, entre autres, de certains rappels de salaire remontant à 2024, pour lesquels un rendez-vous doit avoir lieu prochainement entre les employés et la direction d’Atalian. Cette dernière va aussi rencontrer la mairie de Cuers pour négocier des heures de travail supplémentaires sur l’appel d’offres.

    « Cette mobilisation démontre que, lorsque les travailleurs s’unissent et tiennent bon, leur voix est entendue. La lutte collective paie », salue Khadija Sandour, déléguée syndicale CGT d’Atalian. « La CGT prend acte de ces engagements, mais restera pleinement vigilante jusqu’à leur application effective. »