Jean-Pierre Squillari évoque le bilan du maire sortant Gérard Gazay (LR), élu depuis 2014 et candidat pour un troisième mandat, après une gestion de la mairie par le PCF de 1965 à 2014. Il partage aussi des éléments de son programme.
La Marseillaise : Pouvez-vous vous présenter ?
Jean-Pierre Squillari : Je suis marié, j’ai deux enfants et trois petits-enfants. Pour ma carrière professionnelle, j’ai débuté comme sapeur-pompier volontaire à Aubagne, en 1968. Puis, je suis monté à Paris pour apprendre le métier. J’ai eu mon diplôme de capitaine, dirigé le centre de secours de La Ciotat comme chef de corps, avant de revenir sur Aubagne. J’ai été la cheville ouvrière de la nouvelle caserne. Devenu lieutenant-colonel, j’ai créé le seul groupement feux de forêt et risques naturels qui existe en France, dans les Bouches-du-Rhône.
Pour quelle raison avez-vous décidé d’être candidat aux municipales ?
J.-P.S. : La raison principale, c’est parce que j’aime ma ville : je la vois dépérir et perdre son âme. Depuis dix ou douze ans bientôt, je me rends compte que l’âme disparaît, l’originalité n’y est plus. Et nous sommes les vassaux de la Métropole Aix-Marseille Provence.
De quelle manière, selon vous, Aubagne « dépérit » ?
J.-P.S. : Depuis douze ans pratiquement que Gérard Gazay est aux commandes, un chantier a été mis en action, c’est l’école des Passons, qui n’est d’ailleurs toujours pas finie, et c’est tout. Donc qui n’avance pas recule. Il y a des manques au niveau du service public. Les écoles sont dans un état déplorable. Les maisons de quartier, c’est une catastrophe. Les gamins se retrouvent dans la rue… Les agents qui travaillent dans le service public, à Aubagne, ont beaucoup de mérite. Le Centre communal d’action sociale (CCAS) est dans un état déplorable et, là aussi, les agents travaillent avec des bouts de ficelle. C’est inimaginable à quel point le social a été mis de coté à Aubagne. Les habitants que nous rencontrons sur le terrain nous disent : « à Aubagne, qu’est ce qu’on fait ? Les magasins sont fermés, c’est mort la rue Rastègue. C’est désertique, les festivités, il y a pas grand chose. » C’est le premier constat et ils comparent toujours avec « avant ».
Comment analysez-vous ce « dépérissement » ?
J.-P.S. : C’est dû à un manque de génie, parce qu’il faut avoir du génie, de l’ambition, il faut enfoncer les portes. Dans mon métier, c’était un peu ma marque de fabrique. Il faut oser, proposer.
Vous dénoncez la bétonisation
de la ville par le maire sortant. Quels sont vos arguments ?
J.-P.S. : Le premier, c’est d’un point de vue écologique. à la moindre averse importante, Aubagne est inondée. Il y a d’abord le manque d’entretien des canaux, des bassins de rétention. Ensuite, les ruissellements sont beaucoup plus importants, à cause de l’imperméabilisation des sols. Je dis et je répète que le jour où l’Huveaune va se fâcher, il va y avoir de grandes conséquences. Sinon, bien sûr qu’il faut construire, mais pas n’importe où. Il faire des logements sociaux, oui, et de la mixité. Il y a aujourd’hui 3 000 à 4 000 demandes de logements sociaux à Aubagne.
Quels changements souhaitez-vous apporter si vous êtes élu ?
J.-P.S. : On a dévoilé cinq projets phares, il y en aura une dizaine en tout. L’un d’eux est une halle moderne, avec les producteurs de la région, mais ouverte à des animations. Ce bâtiment servirait pratiquement toute la journée. Il y aurait des concerts, des conférences, des ateliers manuels. On a ce projet car on veut revitaliser Aubagne et son centre-ville. S’il y a de la vie, tous les commerçants autour vont en bénéficier. Notre deuxième projet phare, c’est un parc urbain qui partirait de la piscine de Lattre, qu’on remettrait en état ou que l’on referait, et irait rejoindre le parc de la Botte. Notre troisième projet phare est une grande rénovation de toutes les écoles. On fera un audit et puis on mettra en conformité. C’est un gros chantier. Un autre grand projet, c’est de végétaliser la ville. Aujourd’hui, vous partez du cours Foch, l’esplanade de Gaulle, vous allez jusqu’au bout vers l’Huveaune, ce n’est que du goudron… Nous voulons construire un commissariat sur l’emplacement qui était prévu à l’origine, en haut de la rue de Verdun. Nous réfléchissons aussi à une journée festive qui représente Aubagne, mais il est trop tôt pour en parler.
Certains ont été troublés par ce qui pourrait être interprété comme une comparaison entre Gérard Gazay et le Rassemblement national, évoquant « la peste et le choléra ». Que répondez-vous ?
J.-P.S. : Non, je ne mets pas sur le même niveau Gérard Gazay et Joëlle Mélin [députée RN de la 9e circonscription des Bouches-du-Rhône et conseillère municipale, Ndlr.]. Moi, je suis Aubagnais, je ne suis pas politique. Ce qui m’intéresse, ce sont les faits, je suis pragmatique. Je suis citoyen et je sais compter. Gérard Gazay a été élu avec les voix du RN. Aux dernières élections législatives, en juin 2024, il n’était pas pour le front républicain.