Tag: Mucem

  • Une tour à sécuriser et le projet de l’anse des Catalans à relancer

    Une tour à sécuriser et le projet de l’anse des Catalans à relancer

    Après des décennies d’abandon, la Tour Saint-Paul des Catalans subit des travaux en vue d’une sécurisation durable, préalable à sa restauration. Ce qui explique le report des fouilles archéologiques et son inscription attendue au titre des monuments historiques. La tour en lambeaux est le dernier témoin historique du second lazaret de Marseille qui s’installe en 1558.

    On sait désormais que l’édifice a été construit postérieurement, entre 1654 et 1664, par la ville sur des terrains de l’abbaye Saint-Victor. C’est le seul bâtiment subsistant de l’enceinte de ce lazaret dédié à l’accueil des équipages de navires de commerce entre le XVIe et le XVIIIe siècle. Le premier lazaret se trouvait au Moyen Âge près de l’anse de l’Ours, après le Mucem. Par la suite, les « Vieilles Infirmeries » ont été déplacées en 1663 vers Arenc quand les capacités d’accueil des marins n’ont plus suffi. Une colonie de pêcheurs catalans a alors investi le site.

    Des chaînages par tirants

    La tour dont la base est semi-enterrée est affectée de désordres structurels : fissures, chutes de pierres, éclatements de pierre, érosion, corrosion des éléments métalliques, effondrement des planchers. Les récentes déposes d’enduits épais en ciment l’ont fragilisée. « La stabilisation provisoire de la tour en amont des travaux de restauration est prévue pour une durée de 5 ans » écrit la Ville dans sa déclaration préalable du 17 octobre dernier, la maîtrise d’œuvre étant confiée aux architectes Yvann Pluskwa et Sébastien Cord. Le confortement structurel des maçonneries à hauteur de 190 000 euros a démarré et doit s’achever en mai. Suite à une alerte sur une fissure, un périmètre de sécurité étendu avec pose de barriérage a été ordonné le 4 mars.

    Pour renforcer l’ouvrage, des chaînages par tirants ont été posés : deux câbles métalliques dit « de frettage » enserrent le premier niveau de la tour, le plus ancien, au droit des deux niveaux de plancher. Deux autres câbles doivent tenir la partie haute sous la corniche à consoles. La première phase de sécurisation doit consister à injecter du mortier de chaux, à mettre en place des étrésillons en bois dans les baies existantes, à déposer la sculpture d’angle dégradée, à reprendre et rejointer des maçonneries, etc.

    La seconde phase projette la sécurisation des planchers en bois pour assurer une intervention en toute sécurité des archéologues à l’intérieur de la tour. La couverture amiantée sera remplacée par une tôle en acier. Les reprises de maçonneries se feront en fonction des découvertes de l’Inrap. Un suivi des désordres par instrumentation laser est prévu. « Les travaux de sécurisation se poursuivent », confirme la Ville. « L’emprise de sécurité actuellement mise en place sera réduite dans les semaines à venir. Par la suite, des travaux à l’intérieur de la tour et sur sa façade seront finalisés en fin d’année, notamment les diagnostics archéologiques. »

    « La sécurisation a commencé. Elle ne menaçait pas de tomber, mais il faudra sans doute encore des expertises structurelles avant de pouvoir intervenir à l’intérieur » explique l’archéologue de l’INRAP, Benjamin Michaudel, responsable scientifique de la fouille interrompue. « Le socle est en place. C’est la partie la plus ancienne de la tour. La moitié supérieure de la tour, c’est du remontage du XIXe siècle. Il nous manque les observations de l’intérieur pour savoir s’il y avait des canonnières, des stands de tir pour caractériser les fonctions de cette tour, si elle était défensive ou une simple vigie. »

    À l’horizon 2028 ?

    À l’intersection d’enjeux publics et privés, de défis paysagers, patrimoniaux et financiers, le projet d’aménagement retenu en 2020 est en pause. Il a été soumis à l’été 2022 à la concertation des Marseillais. Des 12 millions d’euros initiaux, le projet global est déjà impacté par l’inflation du coût des matériaux. Le chantier pourrait débuter en 2028. « Nous finalisons actuellement le programme définitif des travaux, prenant en compte notamment les nouvelles contraintes opérationnelles et calendaires du chantier de la tour du Lazaret » répond la Ville. « Le programme intègre également les contraintes de sécurité et de stabilité des arcades, ainsi que les démarches environnementales. » Un planning sera « prochainement » dévoilé. Il précisera « les dates de démarrage des travaux et les arrêts du chantier en période estivale ».

  • Au Mucem, avec Bonnes Mères, le public voit double

    Au Mucem, avec Bonnes Mères, le public voit double

    Oh, c’est la Vierge Marie ? », s’interrogent des touristes, smartphone en main, en découvrant la statue dorée au pied de la tour du Roi René. Bien sage, posée sur un socle et entourée d’un large périmètre interdit au public, elle attend d’être hissée sur le toit grâce à l’immense grue présente à cet effet.

    Réalisée par la maison Christofle, cette installation spectaculaire de 3 mètres de haut, incarne le pluriel de « Bonnes Mères », la toute nouvelle exposition proposée par le Mucem (18 mars- 31 août.) Jusqu’à la fin du mois de septembre, les deux figures de la Bonne Mère se feront ainsi face.

    Mère universelle et protectrice, figure qui s’adresse à tous, qui veille, rassure et rassemble : à Marseille, chacun peut s’adresser à la Bonne Mère, quelles que soient ses origines, croyant ou non. Les Marseillais n’hésitent pas à s’y rendre, quel que soit le motif. Les écharpes de l’OM déposées en offrande en témoignent.

    Pérennité des traditions

    Le Mucem invite à découvrir l’exposition « Bonnes Mères » puis à s’interroger : que représente la Bonne Mère et, plus largement, qu’est-ce qu’une bonne mère ? La maternité méditerranéenne y est abordée comme un objet de construction sociale, un enjeu politique et un sujet artistique.

    C’est la maison Christofle qui a réalisé la statue originelle dans ses ateliers en 1869, à l’aide de la galvanoplastie massive, avant une dorure à la feuille d’or une fois l’œuvre installée au sommet de la basilique. 157 ans plus tard, l’orfèvre signe cette réplique grâce à des procédés contemporains de modélisation en trois dimensions.

    Mucem, 7 promenade Robert-Laffont (esplanade du J4) Marseille (2e). Tous les jours sauf le mardi
    et le 1
    er mai de 10h à 18h. Tarif plein 11 euros (7, 50 euros réduit).

  • [Chefs-d’œuvre des musées de Marseille] Au Mucem et gare Saint-Charles, Yves Jeanmougin

    [Chefs-d’œuvre des musées de Marseille] Au Mucem et gare Saint-Charles, Yves Jeanmougin

    Il vit au Panier, dans la proximité de la cathédrale de la Major. Pendant 25 ans, son atelier se situait dans la Friche de la Belle de Mai où l’avait convié son inconditionnel ami d’enfance Philippe Foulquié.

    Issu de plusieurs séjours entre 2021 et 2023 au Palais Farnèse, siège de l’Ambassade de France et de l’École française de Rome, son prochain livre imagera un chantier de restauration et la vie quotidienne dans les bibliothèques. Parmi ses ouvrages antérieurs figurent Déliés, une descendance algérienne, Carcérales images de prison, éditions Parenthèses, Alger préfacé par Thierry Fabre, un album coédité en 2013 avec Bec en l’air à propos de la Mémoire du Camp des Milles, ainsi qu’un hommage au poète Jean Senac. Dans Marseille, ses images les mieux connues, à propos du Vieux-Port et de L’Estaque, des cités de la Bricarde et de La Paternelle ont pour origine une exposition du Musée d’Histoire coordonnée en février 1992 par Myriam Morel et Anne-Marie Lapillonne, catalogue édité chez Parenthèses.

    On retrouve dispersés en trois endroits, six noirs et blancs d’Yves Jeanmougin dans l’exposition du Mucem, Les Mères. Entre autres, une Mère et ses filles, cité Bassens 1981, et trois visages de la Manifestation organisée après la mort de Lahouari Ben Mohamed, 17 ans, abattu par un CRS le 18 octobre 1980 à la Cité des Flamants. Non loin de cette tragédie, on apercevra une photo miraculeusement prise dans un bidonville de l’Estaque, une jeune grand-mère qui danse avec sa petite-fille (reproduction sottement inversée, page 142 du catalogue).

    Une grande partie de ses images vient d’être numérisée suite à sa donation en région parisienne auprès de la MPP, Médiathèque du Patrimoine et de la Photographie. La MPP programme actuellement sur des grands panneaux de la terrasse de la Gare Saint-Charles, une exposition consacrée aux photographes de Marseille (entre autres, Alphonse Terris, les frères Seeberger, Marcel Bovis et Serge Assier). Sur un cube de l’entrée de la gare, on découvre une insolite photo dédoublée d’Yves Jeanmougin prise en 1986 dans le grand miroir de la salle de gymnastique qui occupait alors le toit-terrasse de l’immeuble du Corbusier.

  • Le directeur du Mucem visé par une enquête préliminaire

    Le directeur du Mucem visé par une enquête préliminaire

    Comme La Marseillaise le révélait dans son édition du 28 mars dernier, l’Inspection générale des affaires culturelles mène depuis le début du mois une enquête sur le « mal-être au travail » des agents du Mucem, enquête qui fait suite à une série de mouvements sociaux et de grèves durant ces dernières années au sein de l’institution, dénonçant à la fois les conditions de travail et le management considéré comme « toxique » par une partie des agents, soutenue par le syndicat SUD. Suite à un signalement émis par le ministère de la Culture, une deuxième enquête a été ouverte, judiciaire cette fois-ci, contre le directeur Pierre-Olivier Costa, pour « harcèlement moral et sexuel » à l’encontre d’un des agents de l’institution.

    Cet ancien directeur de cabinet de Brigitte Macron avait pris la direction du Musée des civilisations de l’Europe et de la Méditerranée en novembre 2022. L’année d’après les premières récriminations contre ses méthodes de management débutaient de la part des salariés du musée.

  • Une enquête sur « le mal-être au travail » au Mucem

    Une enquête sur « le mal-être au travail » au Mucem

    Jusqu’au 26 juillet, l’exposition « Le Mucem mène l’enquête » invite à se plonger dans les réserves du centre de conservation et de ressources du musée, rue Clovis Hugues, à la Belle de Mai (3e). Dans les services du Mucem, c’est l’Igac qui mène actuellement une enquête auprès des salariés sur « le mal-être au travail ».

    Établissement public, le Mucem est sous-doté et la logique du gouvernement est de tirer au plus bas. Les salariés du musée souffraient déjà de conditions de travail et de rémunérations au ras des pâquerettes quand l’ex-directeur de cabinet de Brigitte Macron est nommé à sa tête, mais ils avaient décidé de laisser s’installer le nouveau président Pierre-Olivier Costa avant de relancer la lutte sociale.

    Le « mal-être » pointé

    « Ses méthodes de travail ont malheureusement compliqué les choses », explique Stéphane Mariani, représentant syndical SUD Culture des personnels. Une lettre des agents est adressée le 10 décembre 2023 au président dans le cadre des 10 ans, pointant les dysfonctionnements, « le travail dans l’urgence est devenu la norme, les agents sont amenés à jongler avec leurs horaires de travail et leur vie personnelle ». Ils ajoutent que « les expositions sont conçues dans des temps toujours plus courts et la gestion quotidienne des collections est mise à mal ». Un courrier de la médecine du travail en septembre 2024 interpelle la direction sur le trop grand nombre d’arrêts et les risques psychosociaux. Puis, plus rien jusqu’à l’arrivée des enquêteurs, « ce qui crée beaucoup d’espoir du côté des agents, enfin entendus », précise le syndicaliste.

  • Bonnes, belles ou bien mauvaises, des Mères déconstruites au Mucem

    Bonnes, belles ou bien mauvaises, des Mères déconstruites au Mucem

    Les commissaires de cette exposition s’appellent Caroline Chenu et Anne-Cécile Mailfert. Historienne de l’art, la première est chargée de recherches au Mucem depuis 2017. Présidente de la Fondation des Femmes qu’elle a cofondée en 2016, la seconde mène des campagnes pour les droits des femmes et contre les violences. Pour France Inter, pendant quatre ans, elle a donné des chroniques matinales. Motherland, l’extrait d’une vidéo franchement burlesque de Ruth Patir, diffusée au départ de l’exposition, anticipe les partis pris de leurs explorations. Un défilé rassemble des figurines féminines en terre cuite qui scrutent un décor de gratte-ciel et dodelinent gravement.

    Leur manifestation est parfaitement extravagante : ce sont de lourdes figures de la fertilité ou bien des statuettes sumériennes, des fausses idiotes qui nous interpellent.

    Scénographie pour madones de banlieue

    Grand déboulé de personnages et de points de vue, un chaos finement organisé survient au niveau 2 du Mucem dont les parois, les rythmes et les détours, voici peu inventés pour l’exposition « La Carte du ciel », ont été repeints par la scénographe : à la place du bleu des nuits étoilées, voici des teintes orange ou bien du pourpre.

    Sculptures, stèles funéraires, tableaux, photographies, objets et documents, voici des maternités principalement antiques, des ventres et des corps charnus, mythifiés, ordinaires ou bien puissants, des figures de déesses-mères, des femmes qui allaitent, qui pique-niquent ou bien qui avortent. Des œuvres contemporaines perturbent délibérément la chronologie. On appréhende les réemplois stylistiques et les émancipations qui s’effectuent au cours des siècles. Mamelles pendantes, décapitée et crochue, la pas du tout séduisante sphinge de Louise Bourgeois se souvient simultanément d’Artemis et des anatomies dadaïstes. Présents en visite de presse, pas du tout mondains ni subversifs, acteurs vieillissants d’une société du spectacle d’ores et déjà périmée, Pierre et Gilles sont venus revoir leur « Vierge à l’enfant » qui est aussi l’affiche de cette exposition. Tête couronnée et robe blanche, actrice de La Graine et le Mulet quand elle pose pour leur photo, Hafsia Herzi surgit devant une barrière de chantier, parmi les balises d’autoroutes qui éclairent un infâme bazar de fleurs en plastique traversé par des rats.

    Yves Jeanmougin et Niki de Saint-Phalle

    Les deux curatrices ont introduit dans leur shaker des pièces de multiples provenances. Certaines sont glaçantes – par exemple, issus des anciennes collections des ATP, un irrigateur médical recommandé pour la contraception ou bien issu du parvis d’un hôpital du XVIIIe siècle, une boîte en bois pour enfants abandonnés -d’autres sont merveilleusement farfelues comme le « Cœur indépendant rouge » de Joana Vasconcelos et la « Femme enceinte », les boules de couleur de l’Hippo-lamp de Niki de Saint Phalle. On les félicite d’avoir sollicité des artistes de la proche région comme Katia Bourdarel, Yves Jeanmougin, Karine Rougier, Édith Laplane et Michael Serfaty.

    Un malaise persistant pourrait entraver le parcours de cette exposition. Le positionnement des pièces est judicieux, les problématiques d’hier et d’aujourd’hui sont abordées frontalement : les pleureuses et les féminicides, les fêtes, l’asservissement, les luttes et les douleurs, Gisèle Halimi, Simone Weil et les réacs sont évoqués. Au presque impossible, nul n’est tenu. Un liant manque dans ce kaléidoscope : des réflexions globales, une vision d’ensemble à la façon de Françoise Héritier, de Georges Vigarello ou de Philippe Descola lui font cruellement défaut.

    Jusqu’au 31 août, tous les jours sauf mardi. Catalogue coédité avec Actes Sud, 39 euros. Samedi 21 mars 16h, entrée gratuite.

  • Le littoral rêvé du Printemps marseillais

    Le littoral rêvé du Printemps marseillais

    « Réconcilier Marseille et le littoral pour le siècle qui vient. » C’est l’objectif affiché de Benoît Payan, maire sortant (DVG) de Marseille et candidat à sa succession pour les élections municipales, avec son « projet littoral ». Projet dévoilé dans les pages de nos confrères de La Provence, ce samedi, puis développé avec moult visuels et images conceptuelles sur les réseaux sociaux dans la foulée.

    Et il faut dire que le Printemps marseillais ne manque pas d’idées pour le prochain mandat avec une déclinaison de plusieurs projets, du Nord au Sud de la ville. « Au Nord, la plage de Corbières sera totalement réaménagée, avec l’agrandissement considérable de la zone baignable et la refonte des accès piétons, ferroviaires et automobiles à la plage », expose l’union de la gauche et des écologistes.

    Sujet épineux sur lequel a travaillé la majorité sortante : celui de la Digue du large, véritable serpent de mer du littoral marseillais, fermée depuis 2001 et ouverte qu’en de rares occasions. « Après discussions avec le Grand Port maritime de Marseille, (GPMM), la Digue du large sera ouverte aux Marseillais. L’accès envisagé pourra se faire par deux points : le pont Pinède, après réaménagement, et via une barge mobile reliant le J4 et la Digue du large, et permettant de laisser passer les bateaux. Au même endroit pourra être installé un espace de natation sécurisé », développe le Printemps marseillais, rappelant que « le port de Marseille est un poumon économique, d’attractivité, de développement et d’emploi de notre ville ». De quoi provoquer une montée au créneau de Romain Simmarano, porte-parole de la liste de Martine Vassal (DVD) aux municipales : « Benoît Payan est obligé de mentir. Non le Port n’a donné aucun accord pour la réouverture de la digue du large. »

    Du verdissement à tout va

    Autre sujet de tension, Benoît Payan promet que la piscine du Mucem, projet abandonné de l’actuelle mandature, « sera faite dans le mandat ». Pour la plage des Catalans, « les travaux entrepris pour mener à bien la réhabilitation et la mise en sécurité de la plage seront achevés ». Le tout, complété « par un plan global de mise en accessibilité et des points de baignade de la Corniche » avec « des accès par escaliers, la création de plateformes et de plongeoirs sécurisés ».

    Concrètement, il envisage trois accès « des Catalans à Malmousque » afin de permettre au plus grand nombre de « profiter de la mer dans les meilleures conditions », et surtout de plonger « en toute sécurité ». Autre axe de développement sur lequel insiste l’édile : le verdissement des espaces longeant la mer. Il plaide pour une « corniche verte », qui « reliera le stade nautique Florence-Arthaud à Montredon ». Laquelle est en lien avec « une grande pinède, au niveau de Borély, avec des arbres et essences méditerranéennes qui constituera un nouveau poumon vert de notre ville, à quelques mètres de l’eau ». Plus globalement, il envisage « trois trames vertes qui partent des collines, depuis les massifs de la Nerthe et l’Étoile et les Aygalades », toujours dans La Provence du 28/02. « Le long du ruisseau des Aygalades et le long de l’Huveaune, nous allons faire pousser de grandes promenades vertes », conclut-il.

  • Le Mucem fait le bilan de 2025 et lance quatre expos en 2026

    Le Mucem fait le bilan de 2025 et lance quatre expos en 2026

    « L’année 2025 a été exceptionnelle en termes de fréquentation. Le public n’est jamais venu aussi nombreux au Mucem depuis 10 ans avec 1,4 million de visiteurs », amorce Pierre-Olivier Costa, mercredi 4 février, lors d’une conférence de presse destinée à faire le bilan et promouvoir le programme 2026. Parmi les expositions présentées lors de l’année écoulée, la qualité d’« Amazighes », « En piste » et autres « Un air de famille » et « Lire le ciel » ne sont pas étrangers à pareil succès, mais à relativiser au regard « d’autres établissements culturels de Marseille, comme les Musées de la Ville, qui ont battu des records de fréquentation », souligne le président du Mucem. « En ces temps compliqués où l’on parle les uns contre les autres, le Mucem est un refuge, un lieu où l’on peut prendre le temps », estime celui qui est à la tête d’un musée dont la moyenne d’âge des visiteurs est passée « en trois ans, sous la barre des 40 ans ». Et de préciser encore : « En 2025, il y a eu une augmentation de 15% de visiteurs qui venaient des quartiers nord. »

    Au moment de lui emboîter le pas, Marie-Charlotte Calafat salue quant à elle la politique d’acquisition du Mucem en 2025, des costumes des Jeux olympiques de Paris 2024 aux objets des 3G, le bar associatif lesbien de la rue Saint-Pierre qui a fermé ses portes la même année, « valorisés immédiatement à travers des expositions ». La directrice scientifique et des collections du musée d’État souligne ainsi la nécessité pour le Mucem de continuer à « faire vivre les collections et de les confronter aux enjeux contemporains. Un musée attentif aux mémoires, aux luttes et aux enjeux politiques et culturels de notre temps ».

    « Réalités de la maternité »

    Si les expositions « Don Quichotte – histoire de fou, histoire d’en rire » et « Ferdinandea, l’île éphémère » sont encore abrités en ses murs, respectivement jusqu’au 30 mars et 20 septembre, le Mucem lancera sa première exposition de l’année 2026, le 18 mars, avec « Bonnes mères ». Se voulant « solaire », campe l’une de ses deux commissaires, Caroline Chenu, un parcours autour de la maternité, irrigué pour « un tiers par des collections du Mucem, ethnographiques, anciennes et contemporaines ». Son alter ego Anne-Cécile Mailfert, par ailleurs à l’origine de la création de la Fondation des femmes, qui milite pour les droits des femmes et contre les violences qui leur sont assénées, situe : « En ces temps d’injonctions contradictoires faites aux femmes, entre dénatalité et natalité, l’époque invisibilise ce que vivent les mères. Il est donc temps de parler des réalités de la maternité, de la réalité matérielle du corps des femmes. » Avant d’illustrer son propos par des symboles : « De la mère de Dieu jusqu’à la mère de la patrie, les sociétés ont toujours besoin de figures maternelles. Elles sont au sommet des églises mais pas à leur tête. Et Marianne est la représentation idéale de la République, alors que les femmes en étaient exclues jusqu’au XIXe siècle. »

    Mode, images et Mayotte

    Le Mucem proposera ensuite, à partir du 20 mai, l’exposition « Mossi Traoré, la mode aussi ». Avec l’idée, précise ce styliste parisien, de « rendre la mode et les musées accessibles aux publics des quartiers populaires ». Un parcours aux multiples ambitions, parmi lesquelles celles de « faire revivre [sa] perception et passion du football de [son] enfance avant ses dérives » actuelles, de mettre en avant les « collaborations entre artistes et artisans d’art » ou encore de montrer ses « collections en hommage aux éboueurs de la ville de Paris ».

    Deux autres expositions seront programmées à partir de l’automne : « Manger les images », autour de la surabondance d’iconographies en tous genres, de l’Antiquité à nos jours, et de la façon dont on les consomme autrement qu’avec le regard, ainsi que « Mayotte, Maoré – La rencontre des mondes ». Un parcours qui retrace l’histoire de cette île de l’océan indien, véritable « carrefour où les mondes se croisent et s’influencent », résume Abdoul-Karime Ben Saïd, directeur du Musée de Mayotte.

  • Le festival du documentaire revient au Mucem

    Le festival du documentaire revient au Mucem

    Le festival international Jean-Rouch, porté par le Comité du film ethnographique, revient pour une 11e édition au Mucem, jeudi et vendredi. Au programme, huit documentaires « avec une qualité narrative et de tournage », explique Aude Fanlo, responsable du département recherche et enseignement au Mucem.

    Une programmation « hors les murs », qui permet d’unifier les collections du Mucem avec des productions audiovisuelles. « J’ai le sentiment qu’on peut y voir deux langages qui nous défamiliarisent avec le flux d’information », campe Aude Fanlo. Cette année, le festival a reçu le soutien de la Cinémathèque du documentaire.

    Au cœur de la réflexion

    Parmi les œuvres proposées, le film Le Grand Tout, réalisé en 2025 par Aminatou Echard, sera projeté ce vendredi 16 janvier à 19h30. Ce documentaire retrace le voyage de la réalisatrice au Niger, en 2023. L’œuvre se présente comme une introspection de sa place de femme blanche et française dans un pays autrefois gangrené par la colonisation. Elle décide de s’y rendre, s’appuyant ainsi sur les travaux laissés par sa mère, ethnologue.

    « C’était l’histoire de Nicole [sa mère, Ndlr], pas la mienne », table Aminatou Echard dès les premières minutes du film. Son but n’est pas de se mettre à la place de l’ethnologue qu’était sa mère, explique la réalisatrice : « Je ne voulais pas du tout me mettre dans cette posture, car je suis très critique de cette place, de par ma nationalité et ma couleur de peau. » Sur le terrain, elle dit faire face à un problème. « Pourquoi leur parler d’une blanche qui a travaillé “sur eux” ? », s’interroge-t-elle.

    Elle témoigne de l’impossibilité, à ses yeux, à contourner son identité et essaie de déplacer cette conscience et interroge sa propre représentation. « J’aimerais que le film suscite la réflexion, qu’il fasse réfléchir et ne laisse pas au repos le spectateur », espère-t-elle.

    Du 15 au 16 janvier. Gratuit. Programme sur mucem.org

  • Année record au Mucem : les visiteurs font leur bilan

    Année record au Mucem : les visiteurs font leur bilan

    En ce début de mois de janvier, l’ambiance au Mucem est très calme. Pourtant, le musée enregistre une année record avec 1,4 million de visiteurs en 2025, un nombre qui n’avait plus été atteint depuis 2016.

    « 2025 est une année record qui témoigne de l’attractivité grandissante de nos collections auprès de tous les publics et de leur résonance avec l’actualité », analyse Pierre-Olivier Costa, directeur du Mucem. « Nous n’avions pas eu l’occasion de revenir mais nous avions entendu dire qu’une guillotine était entrée au musée à l’occasion de la panthéonisation de Badinter, alors on voulait venir voir ça », confirme un couple de retraités marseillais, habitués du musée.

    9,1% de hausse

    de la fréquentation

    Toutes expositions confondues, une hausse de fréquentation de 9,1% a été enregistrée. Mais c’est l’exposition « Lire le ciel. Sous les étoiles en Méditerranée » qui a battu les records des expositions temporaires avec 180 000 visiteurs. Les publics sont divisés face à ces expositions. « C’est la première fois que nous venons et nous avons beaucoup apprécié la diversité de ce qui est proposé : on passe de vestiges palestiniens, à des guitares modernes, à des représentations de la Vierge », s’extasie un couple de montpelliérains. Une Marseillaise, elle, ne semble pas du même avis : « Cela fait plusieurs fois que je viens et franchement, c’est toujours pareil : les expos temporaires sont souvent top, mais par contre les permanentes…je trouve qu’elles n’ont aucun sens », explique Isabelle, habitante du sud de Marseille. Le musée a également su toucher les visiteurs étrangers : « Nous venons des États-Unis et nous avons trouvé l’architecture du musée magnifique avec sa vue sur la mer. Les explications en anglais à l’intérieur du musée nous ont aidé à mieux comprendre les expositions », détaille une famille américaine. Sur place, une classe de maternelle écoute une employée du musée. Rien d’étonnant puisque cette année, grâce aux projets et dispositifs mis en place, le Mucem a connu une « fréquentation scolaire exceptionnelle » avec plus de 53 500 élèves, soit une hausse de 19% par rapport à l’année précédente.