Quelque six millions de travailleurs exercent un métier dans les services publics. Le statut des fonctionnaires a été créé par une loi, datée du 19 octobre 1946, sous l’impulsion du ministre d’État communiste, Maurice Thorez. L’objectif était de refonder la fonction publique pourrie par la collaboration et de garantir l’indépendance des agents en leur assurant un statut solide, garant de l’intérêt général. Moins de 40 ans plus tard, au début des années 1980, un autre ministre communiste, Anicet le Pors, va encore creuser le sillon pour faire franchir aux travailleurs des services publics une étape historique. Les trois versants de la fonction publique vont être créés : d’État, des collectivités territoriales et de l’hôpital.
Attaques
Depuis, les gouvernements de droite successifs ont tenté de démolir un pilier essentiel de la démocratie Par méchanceté ? Bien sûr que non. Par idéologie. Car financer des services publics solides par l’impôt et rémunérer correctement les agents publics c’est préserver des secteurs essentiels, des droits fondamentaux comme l’éducation, la santé, la sécurité. C’est permettre à tous les citoyens, quelle que soit leur classe sociale, d’avoir accès à ces biens communs essentiels. Avec son statut, la fonction publique en France est aussi la moins corrompue de la planète. Les possédants n’ont que faire de cette visée. Les défenseurs d’un État strictement « régalien » (ordre et ordre), laissant au privé la main sur tous les aspects de la vie sociale et économique, mènent une guerre contre les fonctionnaires.
La crise démocratique va de pair avec le délitement de nos services publics, les seuls à même de garantir l’égalité entre les citoyens et les territoires.
En faisant grève le 29 septembre, les fonctionnaires tirent aussi cette sonnette d’alarme.

