Tag: mouvement citoyen

  • L’opposition briançonnaise lance son association

    L’opposition briançonnaise lance son association

    Briançonnais Territoire Vivant », tel est le nouveau nom de l’association lancée, ce mardi, par les membres de la liste citoyenne « Briançon Territoire Vivant », qui avait récolté 38,09% des voix et récolté six sièges d’opposition aux dernières municipales, à Briançon. Une façon d’ouvrir la nouvelle structure à la communauté de communes du Briançonnais tout en gardant l’identité de la liste citoyenne des dernières élections. « En tant qu’association, on peut mettre en place beaucoup de choses. Ce qui nous a beaucoup touchés pendant la campagne, c’est l’éducation à la citoyenneté, explique Stéphane Régnier, l’un des quatre ex-tête de liste aux municipales. On veut la faire vivre, l’organiser par des débats, des formations, des événements plus ou moins formels. »

    Avec six élus, le mouvement citoyen briançonnais dispose d’un groupe constitué au conseil municipal. « Notre but va être de faire du lien et de l’éducation à la citoyenneté et évidemment d’apporter du soutien aux six élus de l’opposition, pour les aider à préparer les conseils municipaux, à faire des interventions justes, à communiquer autour de leurs interventions et faire de la veille politique sur le territoire », projette Stéphane Régnier.

    Associer citoyens

    et élus d’opposition

    L’association permettra aussi d’aider le travail des élus d’opposition avec la force du nombre. « On a un conseil municipal ce mercredi, on a reçu tous les projets de délibération jeudi dernier, et on a la commission technique le lundi, au milieu de ces cinq jours, donc il faut être très rapide et comprendre vite comment on peut intervenir. Donc plus on sera nombreux plus on pourra faire des interventions utiles et intéressantes », explique Stéphane Régnier.

  • [Entretien] Nika Kovac : « 20 millions de femmes en Europe n’ont pas accès à l’IVG »

    [Entretien] Nika Kovac : « 20 millions de femmes en Europe n’ont pas accès à l’IVG »

    La Marseillaise : Vous êtes la coordinatrice du mouvement citoyen « My voice, my choice ». En quoi consiste ce mouvement ?

    Nika Kovac : My Voice, My Choice [ma voix, mon choix, Ndlr.] est une initiative citoyenne qui appelle à une réponse concrète de l’Union européenne sur l’inégal accès à l’avortement. Le cœur de ce mouvement My Voice, My Choice vient d’un simple constat : l’accès facile et sans danger à l’avortement est une question de santé publique qui ne devrait pas dépendre de son code postal, de ses revenus ou de la politique. L’idée m’est venue en 2022, après que la Cour suprême des états-Unis a aboli la jurisprudence Roe v. Wade [qui garantissait l’avortement au niveau fédéral, Ndlr.]. Je vivais à New York à ce moment et j’ai vu comment des droits pouvaient être repris en une seule nuit. Je ne voulais que ce qu’il s’est passé alors arrive en Europe. Avec mon équipe, on a décidé que la protection de l’accès à l’interruption volontaire de grossesse (IVG) ne pouvait pas être qu’un combat national. Il y a, en ce moment, plus de 20 millions de femmes en Europe qui n’ont pas un vrai accès à un avortement sans danger. Et parce que nous croyons que le changement vient des mobilisations démocratiques, nous avons décidé d’utiliser le seul outil disponible pour les citoyens européens : l’intiative citoyenne européenne.

    Aujourd’hui, la Commission européenne va se prononcer sur votre initiative citoyenne pour permettre l’accès à l’avortement. Pouvez-vous détailler ce texte ?

    N.K. : Notre proposition ne pourrait pas changer les lois nationales sur l’IVG. Nous demandons la création d’un mécanisme de financement européen qui pourrait aider les états qui aident à avorter, les femmes qui ne peuvent pas y avoir accès dans leur propre pays. Si une femme doit voyager , elle ne devrait pas supporter le poids financier de cette opération seule.

    Ces deux dernières années, plus de 1,2 million de citoyens ont signé cette initiative. C’est un nombre très important. Le parlement européen a d’ailleurs examiné cette proposition et l’a soutenue avec une large majorité. Ce qui a commencé comme une idée est devenu une très large mobilisation féministe à travers l’UE. Le vote d’aujourd’hui n’est donc pas juste sur une question technique, mais de savoir si la Commission européenne respecte le processus qu’elle invite les citoyens à utiliser et si elle est prête a agir quand la santé et la vie des femmes est en danger.

    Pourquoi cette initiative est-elle nécessaire ?

    N.K. : Parce que la santé et la vie des femmes sont en danger à cause de manques d’accès à la santé sexuelle et reproductive de base. Prenez la Pologne, après une abolition presque totale de l’IVG en 2020, des femmes comme Izabela sont mortes car les médecins avaient peur de réaliser un avortement, par crainte d’être criminalisés. Aujourd’hui, les Polonaises voyagent à l’étranger pour avoir accès à ces soins. Elles dépendent des ONG, certaines commandent des pillules abortives en ligne parce qu’elles n’ont pas d’autre choix. En ce moment, il y a Lela, enceinte de 15 semaines, avec un diabète de type 1 qui vomit du sang et qui voit sa santé se détériorer, qui demande un avortement pour sauver sa vie qu’on lui refuse. Et ça se passe aujourd’hui. Ou encore en Croatie, où Mirela Avajda portait un enfant avec une tumeur. L’avortement est légal dans son pays, mais on lui a quand même refusé l’opération et elle a dû se rendre en Slovénie, à ses frais, pour être avortée. La loi existe, l’accès non. Regardez en Italie. L’IVG est autorisé depuis 1994, mais 70 à 80% des médecins sont objecteurs de conscience [peuvent refuser de pratiquer l’avortement, Ndlr.]. Donc l’accès dépend de là où vous habitez. C’est pour ça que cette initiative est importante, elle pourrait créer un filet de securité pour aider ces femmes et leur éviter souffrances et anxiétés. C’est une petite proposition légale qui pourrait faire la différence entre la vie et la mort pour certaines femmes. Ce n’est pas optionnel, c’est nécessaire.

    Il y a une montée des mouvements conservateurs et en particulier anti-avortement, en Europe et dans le monde. Cela vous inquiète-t-il ?

    N.K. : Oui, nous devrions être tous concernés. Car nous savons que quand la politique va vers l’autoritarisme, ce sont les corps des femmes qui deviennent le premier champ de bataille. Faire de ce monde un endroit plus juste et plus solidaire est donc la seule façon de protéger les droits que nous avons.

  • À Châteauneuf-les-Martigues, la gauche veut protéger et réparer

    À Châteauneuf-les-Martigues, la gauche veut protéger et réparer

    Châteauneuf-les-Martigues n’avait pas vu une telle union de la gauche depuis « au moins deux mandatures », estime Laurence Jouanaud (PCF). Alors, au moment d’inaugurer le local de campagne ce vendredi 23 janvier, la tête de liste et ses colistiers, représentants des diverses composantes partisanes et citoyennes d’« un Élan pour l’avenir », ont partagé la parole.

    Parmi les priorités du groupe : un nouveau mode de gouvernance « plus à l’écoute de la population afin de développer une intelligence et une solidarité collectives », explique Marie-Thérèse Rochedix, des écologistes. Élodie Thiebaut, représentante d’un mouvement citoyen du centre et conseillère municipale d’opposition, dénonce le « comportement autoritaire et antidémocratique » de l’actuelle majorité. Les forces de gauche entendent donc mettre en place des consultations participatives pour les grands projets, qu’elles souhaitent orienter vers le social.

    Elles proposent notamment de rétablir une maison de la solidarité, de rouvrir un foyer pour seniors à la Mède ou encore de mettre en place un bus administratif afin que les services publics de proximité puissent aller au-devant des publics précaires.

    Sécurité et centres-villes

    Un sujet tient particulièrement à cœur à Élodie Thiebaud, infirmière de profession : la santé. « Les communes peuvent être actrices dans ce domaine », maintient-elle. La liste compte mettre à disposition des locaux et instaurer des aides au financement d’équipements, des bourses et des aides aux internes pour attirer les jeunes soignants.

    Marc Lopez, conseiller municipal d’opposition et colistier PS, insiste quant à lui sur la sécurité, ne voulant pas laisser ce sujet au maire sortant (DVD), Roland Mouren, et au candidat RN, Alain Vaccaluzzo : « Il faudra qu’on embauche rapidement des fonctionnaires municipaux et qu’on renforce les actions de proximité et de prévention, avec des médiateurs devant les écoles. (…) En 1970, il y avait un bureau de police nationale à Châteauneuf. Aujourd’hui, on est trois fois plus et on n’a rien du tout. On mettra tous les moyens nécessaires pour faire revenir les corps d’État. »

    La liste veut aussi redynamiser les centres-villes de la commune de 18 000 habitants « laissés à l’abandon pendant douze ans », selon Marc Lopez. La tête de liste Laurence Jouanaud (PCF) explique : « Tout le monde doit pouvoir s’épanouir dans une ville facile et apaisée, agréable à vivre autour de centres-villes qui proposent des lieux d’échanges et de rencontres. On a l’idée de mettre en place un cyber café municipal. Il faut aussi soutenir l’attractivité pour avoir des commerces attrayants dans des quartiers où les problèmes de circulation seront réglés, avec la mise en commun de transports par exemple. » Tout un programme, qui sera dévoilé dans son entier mi-février.

  • Mouvement associatif : les bénévoles prennent leur devenir en main

    Mouvement associatif : les bénévoles prennent leur devenir en main

    Onze octobre. Le Mouvement associatif, qui regroupe plus de 600 000 associations sur le territoire national, a appelé à une mobilisation générale face à une crise « sans précédent » : financements sabrés, « risque de disparition », avec une chute de 41% des subventions en 15 ans et 54% d’associations en difficulté de trésorerie, selon le Mouvement associatif. « Il est important de se soulever, même un peu tard, car beaucoup d’associations ferment et sont dans le dur. Il est urgent de se demander comment on agit et comment on se saisit de cet élan pour ne rien lâcher. Un mot d’ordre circule déjà, celui de dire : on ne lâchera rien, rapporte Sandra Castebrunet, déléguée régionale pour le Mouvement associatif. Il faut se demander : comment saisir cette envie de grand rassemblement ? » À Marseille, ce sont 300 personnes qui se sont rassemblées sous l’ombrière pour que le statut de bénévoles soit légitimité et réclamer une reconnaissance du travail associatif. « On ne peut pas continuer à être considérés comme non indispensables où être vus comme des associations consommatrices de subventions. Il y a un enjeu à faire connaître le large spectre des associations, il faut que les politiques s’emparent de cette vision, quel que soit le bord politique », ajoute Sandra Castebrunet, qui admet que l’avenir politique et financier reste une « crainte » pour les associations. L’action, inédite, a trouvé son écho dans les communes alentour. À Venelles, commune proche d’Aix, six associations se sont jointes à l’appel du Mouvement associatif. « Les associations sont un lieu d’échange, de démocratie, de lien social : c’est le maintient de tout cela qui se joue actuellement, rapporte Michel Bianco, co-référent de l’association Carrefour Citoyen. Ce sont des enjeux qui font partie des questions politiques au sens large. »