Tag: moratoire

  • La Bourse du travail d’Arles « zone à défendre »

    La Bourse du travail d’Arles « zone à défendre »

    « Ici, c’est notre zone à défendre », lance Sophie Binet au début de la conférence de presse donnée à la Bourse du travail d’Arles, jeudi après midi. La formule n’a rien d’étonnant à l’heure où le maire (Horizons), Patrick de Carolis, a refusé « deux médiations que nous lui avons proposées », rappelle la secrétaire générale de la CGT, dans le conflit qui oppose l’Union locale à l’édile arlésien depuis trois ans.

    Sophie Binet rappelle qu’« en général, les maires qui veulent nous expulser sont d’extrême droite, comme à Carcassonne, Bagnols-sur-Cèze, Tarascon ou Liévin ». D’où son appel à Patrick de Carolis : « Soyez républicain et respectez les libertés syndicales fondamentales, car on ne déloge pas une organisation syndicale en raison de désaccords. » Elle pointe une contradiction : « Nous avons signé des courriers ensemble pour Fibre Excellence. Il ne peut pas nier le rôle d’intérêt général de la CGT, grâce à elle, les ouvriers sont en train de reprendre la main et stopper une pollution du Rhône. »

    Quant au moratoire sur les autres procédures d’expulsion en cours en France, la secrétaire générale de la CGT indique que le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, « va contacter directement Patrick de Carolis car il n’est pas acceptable, m’a-t-il dit, qu’un maire expulse les syndicats sans relogement à la hauteur. Il n’a pas visité la Bourse du travail d’Arles, mais il sait que 400 m² contre deux fois 14 m² est un problème majeur », conclut la responsable.

    Convergence des luttes

    L’Union locale d’Aix a apporté 1 500 euros à l’UL d’Arles ce jeudi, soit un mois d’astreinte administrative, en solidarité. Solidarité exprimée aussi aux Unions locales CGT de Tarascon et Bagnols-sur-Cèze, à proximité. Occupée en permanence, la Bourse du travail d’Arles accueillera samedi à 17h une conférence consacrée à son histoire. Le communiste Nicolas Koukas, qui était présent au titre des élus de l’Union pour Arles, animera cette conférence en qualité d’historien.

  • L’Union locale CGT entre en résistance en occupant la Bourse du travail

    L’Union locale CGT entre en résistance en occupant la Bourse du travail

    Nous avons pris la décision d’occuper les lieux depuis 6h ce vendredi matin », indique le secrétaire général de l’Union locale CGT d’Arles, Nicolas Bourcy, lors de la conférence de presse donnée, vendredi matin, à la Bourse du travail. Ainsi, les militants de l’Union locale CGT d’Arles sont entrés en résistance face à la menace d’expulsion imminente des locaux qu’ils occupent depuis leur installation par délibération du conseil municipal, en 1900.

    En cause, le commandement de quitter les lieux reçu par voie de commissaire de justice (anciennement huissier), mercredi matin. « Le maire peut maintenant faire appel à la force publique, à des déménageurs et serruriers, résume Nicolas Bourcy. La situation se durcit. Nous avons décidé de sécuriser les locaux et d’occuper les lieux lors de notre assemblée générale de jeudi soir, avec nos syndicats locaux et l’Union départementale. »

    Élargir le conflit

    Outre l’occupation, l’UL a décidé d’« élargir le conflit au-delà de la CGT, avec les associations et les organisations politiques », dans le cadre du Comité arlésien de défense des libertés associatives, syndicales et citoyennes, créé en février 2025.

    La suite juridique du dossier se présente en trois temps. L’Union locale a fait appel de la décision du tribunal administratif de Marseille qui, à la mi-juillet, a validé la décision d’expulsion prise par le maire (Horizons), Patrick de Carolis, qui était motivée par la fin de la convention d’occupation des lieux en 2023. Selon le Conseil d’État, cet appel pourrait être instruit dans un délai moyen d’un peu moins d’un an. En parallèle, l’UL CGT a formulé une requête en sursis, pour suspendre la décision, en attendant le jugement d’appel sur le fond. « Nous en saurons plus d’ici trois mois », estime Nicolas Bourcy.

    Fait notable rapporté par le syndicaliste : « La Cour administrative d’appel a proposé une médiation que nous avons acceptée, fin août. Nous avons appris que Patrick de Carolis l’a refusée hier soir », soit jeudi. « C’est la deuxième fois que le maire refuse une médiation, ce qui illustre son état d’esprit », tance-t-il.

    Dans l’attente, la CGT espère la mise en place d’un moratoire suspensif sur la situation des 60 Bourses du travail menacées en France, dans le cadre de la mission gouvernementale dédiée. Sollicitée, la Ville d’Arles n’a pas répondu à nos demandes.

  • La CGT fait appel de son éviction de la Bourse

    La CGT fait appel de son éviction de la Bourse

    « Nous refusons de quitter la Bourse du travail que l’union locale CGT occupe depuis 126 ans », assène Nicolas Bourcy, secrétaire général de l’UL CGT d’Arles, lors de la conférence de presse, ce lundi matin. La décision du tribunal administratif de Marseille, rendue la semaine dernière, valide l’expulsion sans délai de l’UL CGT de ses locaux, au motif de l’échéance de la convention d’occupation des lieux, en 2023, que le maire (Horizons) Patrick de Carolis a refusé de renouveler.

    L’Union locale a décidé de faire appel de cette décision. « Nous estimons que la délibération du conseil municipal d’Arles, votée en 1900, nous attribuant ces locaux est toujours valable », expose Nicolas Bourcy. L’appel ne suspend toutefois ni l’expulsion ni l’astreinte financière de 50 euros par jour, qui s’appliquera à compter de la mi-septembre. « Toute la CGT est prête à l’assumer financièrement », oppose le responsable. Car pour héberger l’Office de tourisme, comme le souhaite le maire (lire notre édition de samedi), « sa solution est de nous mettre dans deux bureaux de 11m² chacun », reprend Nicolas Bourcy, dont un sans fenêtre. « Une provocation », insiste-t-il.

    Un moratoire au national

    La CGT porte le combat au niveau national, quand au même moment « le maire RN de Carcassonne veut expulser la CGT » de son local, rappelle Nicolas Bourcy. « Le ministre du Travail [Jean-Pierre Farandou, Ndlr.], interpellé par un sénateur de l’Aude, a dit que les Bourses du travail devaient être sanctuarisées » et a lancé une mission gouvernementale à ce titre, le 13 juillet. « La confédération CGT a saisi le ministre pour demander un moratoire sur la Bourse du travail d’Arles tant que la mission n’a pas rendu ses conclusions », indique le secrétaire de l’UL d’Arles.

    Une urgence à l’heure où se télescopent les luttes. « Une soixantaine de locaux de la CGT sont attaqués en France. C’est tous les salariés qui sont attaqués », tance Natacha Malet, du comité régional CGT. Car comme le souligne le secrétaire général de l’Union départementale, Marc Pietrosino, « ce n’est pas juste un local de la CGT, des milliers de salariés viennent chercher des réponses et des centaines de permanences juridiques y sont tenues ». « L’UL d’Arles doit pouvoir jouer son rôle de défense des travailleurs quand des projets industriels se présentent sur le territoire de Fos et l’axe fluvial du Rhône », abonde Pascal Galéoté, secrétaire de l’UD.

    La CGT peut compter sur le soutien du sénateur Jérémy Bacchi (PCF), qui a annoncé dans un communiqué « appeler à un moratoire immédiat sur ce projet d’expulsion » et saisir personnellement le préfet « afin qu’une issue respectueuse de l’histoire, de la démocratie et du droit syndical soit garantie ».

    Même position du côté de l’opposition de gauche au conseil municipal, réunie au sein de l’Union pour Arles menée par Nicolas Koukas (PCF). Le groupe estime que « Patrick de Carolis tente de transformer une décision de justice administrative en validation de sa politique (…), sa décision est à l’opposé de notre conception de la République, du dialogue social, du respect des corps intermédiaires et de l’histoire ouvrière d’Arles. »

    « La CGT n’a été expulsée de ses locaux que sous Pétain. Dommage pour un maire de renouveler l’Histoire dans ses heures les plus sombres », insiste Natacha Malet. La lutte de l’Union locale CGT pour la Bourse du travail, seule en France frappée d’expulsion sans délai, est un phare pour toutes les autres.