Tag: Molière

  • Festival à la Bonne Mère, le théâtre au clair de lune

    Festival à la Bonne Mère, le théâtre au clair de lune

    Organisé depuis quelques années par l’association Théâtre des Criques, le Festival à la Bonne Mère est de retour pour une nouvelle édition à vivre jusqu’au 20 juin et toujours au pied de l’emblématique Notre-Dame de la Garde. Si de nombreuses pièces de théâtre proposées dans les jours à venir affichent déjà complet, celle qui se jouera ces samedi et dimanche est encore accessible.

    Louison et Monsieur Molière raconte l’histoire vraie de Louison, héroïne du roman éponyme de Marie-Christine Helgerson qui est adapté pour la toute première fois au théâtre par Axelle Masliah, jeune adaptatrice et metteuse en scène de 22 ans.

    Une toute première adaptation théâtrale

    Louison a 10 ans. Entre une mère autoritaire et un père effacé, elle ne trouve pas sa place. Jusqu’au jour où ses parents rejoignent la troupe du Palais Royal, celle de Molière. Une rencontre bouleversante avec l’icône, qui voit en elle quelque chose d’unique et lui écrira le rôle de Louison dans sa toute dernière pièce avant de mourir : Le Malade imaginaire. Pour Louison, c’est une évidence désormais, elle sera comédienne.

    Pour rappel, la représentation théâtrale sera comme à l’accoutumée précédée de visites gratuites et sans réservation du Sanctuaire aux côtés d’un guide à partir de 18h30. Vous aurez également l’occasion de vous restaurer à la guinguette le Bon Air ouverte tout au long de la saison estivale. Le coucher de soleil pointera le bout de son nez au moment où le public sera invité à s’installer pour la représentation et cette dernière commencera à 21h45 pour un moment de théâtre au clair de lune et ainsi découvrir la pièce Louison et Monsieur Molière d’une durée totale d’1h20 et accessible à un public large.

    « Louison et Monsieur Molière »

    samedi et dimanche à 21h15.

    Entre 16 et 39 euros la place.

  • À La Criée, une saison pour briser le silence et libérer la parole

    À La Criée, une saison pour briser le silence et libérer la parole

    « La saison repose sur un équilibre fragile. Les moyens consacrés à la création artistique diminuent et l’annonce tardive de coupes budgétaires crée une situation inédite », prévient d’emblée Robin Renucci. À l’occasion d’une conférence de presse de présentation du programme 2026-27, le directeur de La Criée enfonce le clou : « Si cela n’est pas encore pleinement visible, ces coupes auront une forte incidence sur les saisons à venir avec la fragilisation des projets et la mise en danger de l’emploi des artistes et techniciens. Des œuvres risquent de ne jamais voir le jour. » Autant d’incertitudes auxquelles se greffent des « travaux dont le bâtiment avait bien besoin », entraînant la fermeture au public du théâtre qui déploiera un programme hors les murs « entre septembre et fin novembre ».

    Top départ de la saison le 18 septembre à la Friche Belle de Mai avec Rien plus qu’un peu de moelle, « plongée » mise en scène par Malte Schwind dans les « plaisirs de la langue » et l’humour corrosif rabelaisiens. Parmi les autres créations de La Criée, Ma pensée creuse (dès le 30 septembre au Théâtre Joliette), épopée philosophico-scientifique et « cri de résistance au productivisme qui abîme tout » si ce n’est « la foi joyeuse dans la puissance de la poésie », résume sa metteuse en scène Kristina Chaumont, ou encore Jouer la Mouette, d’après le classique de Tchekhov dont la compagnie Vol Plané déploiera les ailes dramaturgiques en ces mêmes lieux.

    À noter, toujours dans le cadre de la programmation hors les murs, Le 6e jour, au Théâtre de l’Astronef, du metteur en scène François Cervantes et de la comédienne Catherine Germain qui « improvise » un récit clownesque de La Genèse. Pièce « entre documentaire et fiction », situe Robin Renucci, Boat people remettra quant à elle en lumière « l’accueil de réfugiés du Vietnam par une famille française en 1979 et cet élan de solidarité oublié ». À voir à la Friche Belle de Mai. Gros temps fort du retour à La Criée, Robin Renucci mettra en scène L’École des femmes de Molière. Face à Arnolphe, le « patron des cocus » incarné par François Morel, « la pureté d’Agnès » qui, près de deux heures durant, va passer « du silence à la parole. Pour que les jeunes femmes puissent se libérer des assignations dans lesquelles elles sont projetées par des hommes tout-puissants », résume-t-il à propos de cette pièce en alexandrins créée au XVIIe siècle mais toujours d’actualité.

    « De l’orée à l’onde »

    Pas pour rien que la thématique de la prochaine saison de La Criée suggère : « de l’orée à l’onde ». De libération de la parole, il sera notamment question dans Mémoire de fille, création d’après le roman autobiographique d’Annie Ernaux, « seul en scène sur sa première nuit avec un homme, une nuit de violence. Une pièce sur le désir écrasé par le patriarcat », développe Robin Renucci. Ou encore dans Chevaleresses, écrit, mis en scène et incarné par Nolwen Le Doth. « Elle brise le silence autour de l’inceste, passe du déni à la honte. Mais c’est aussi l’histoire d’une survivante », désobscurcit le directeur de La Criée. Fracasser le mutisme, un leitmotiv toujours plus vital, comme l’illustrera également La peau des autres, pièce autour des violences intrafamiliales programmée à l’Astronef, qui montre comment « l’amitié permet de déchirer le silence ».

    Programme complet sur www.theatre-lacriee.com

  • À Pézenas, le festival Molière célèbre Marcel Pagnol

    À Pézenas, le festival Molière célèbre Marcel Pagnol

    « Marcel Pagnol est un peu le fil conducteur de cette édition du festival Molière. » Armand Rivière annonce la couleur. À l’aune de la manifestation culturelle – qui se tiendra du 1er au 7 juin – le maire PS de Pézenas entend faire du festival une sorte d’hommage à l’écrivain provençal. En effet, un des points forts de la manifestation sera à n’en point douter la représentation de Marius, de la Compagnie Le grenier de Babouchka, mis en scène par Jean-Philippe Daguerre, lauréat de 5 Molières 2025 pour Du charbon dans les veines (2 juin, à 20h au théâtre de Pézenas). Ce dernier est par ailleurs parrain de l’édition. Le lendemain, sera projeté le biopic Marcel et Monsieur Pagnol, film d’animation réalisé par Sylvain Chomet (14h30).

    L’auteur de La gloire de mon père ne sera pas le seul à être mis en lumière puisque l’on retrouve également une adaptation du Capitaine Fracasse, héros du roman éponyme de Théophile Gautier (6 juin, 21h30 au théâtre de la Verdure). Encore, la Compagnie Dinamo théâtre présentera La folie d’Isabelle, écrite au XVIe siècle pour la comédienne Isabella Andreini (7 juin, 17h30, place Canabasserie). Aux côtés de ces classiques, on retrouve des pièces traitant de sujets sociétaux, à l’instar de L’homme qui plantait des arbres par la Compagnie Théâtre des turbulences, fable écologique sur la déforestation et la raréfaction de l’eau (3 juin, 19h, aux jardins familiaux). « C’est une volonté globale du festival et de la saison culturelle en général de Pézenas, à savoir voir des pièces classiques, revisitées ou non, qui sont des invitations à réfléchir et d’autres qui posent des enjeux de société pour amener le débat », fait valoir Armand Rivière.

    Balade nocturne

    Si les professionnels ont leur rond de serviette au festival, les amateurs et élèves ne sont pas oubliés. « Pézenas compte de nombreuses compagnies professionnelles et amateurs, nous voulions ouvrir nos scènes, nos salles à ceux qui participent à la création toute l’année. Nous faisons aussi le choix de semer des graines en jouant devant des publics scolaires », poursuit l’édile socialiste. En ce sens, sont prévues deux cartes blanches : pour les amateurs (6 juin, 10h, place Canabasserie) et pour les lycéens (1er juin, 17h, auditorium Bobby-Lapointe).

    Une programmation alléchante pour attirer un public plus ou moins familier des planches de théâtre. Et pour aller chercher ces derniers, la mairie mise sur ses scènes en plein air, réparties aux quatre coins de la ville. Comme le château du parc où se jouera Croire aux fauves, de la Compagnie Les arts oseurs (5 juin, 22h15). Une aventure nocturne entre musique et récit, au cœur d’un espace boisé (compter 20 minutes de marche pour s’y rendre). Pour ceux ne trouvant toujours pas chaussure à leur pied, le festival ne se restreint pas au théâtre. « Nous ne voulions pas être fermés sur un seul art mais mêler différentes formes, avoir plusieurs canaux tournés vers la culture. Nous travaillons par exemple avec les Éditions Domens, créées à Pézenas. Nous souhaitons les promouvoir et les soutenir en en leur ouvrant un lieu le temps d’une journée [5 juin, 18h, gare du Nord, Ndlr] », souligne Armand Rivière. Théâtre, cinéma, photos, lecture, expos, le public va être comblé.

    Programme complet à retrouver sur ville-pezenas.fr.

  • Dans la cité de Molière, à Pézenas, la gauche en chef d’orchestre

    Dans la cité de Molière, à Pézenas, la gauche en chef d’orchestre

    Des cinq listes qui briguaient la mairie de Pézenas en 2020, il ne devrait en rester que deux, le 15 mars. Celle du maire PS sortant, Armand Rivière, qui a sonné il y a 6 ans le glas de l’hégémonie de la droite d’Alain Vogel-Singer. Condamné pour « prise illégale d’intérêt » en 2017, l’ancien maire de droite a finalement eu gain de cause en 2021 en cassation pour un vice de procédure. Si un retour n’est pas à exclure, il a depuis perdu en influence.

    La seconde liste connue à ce jour est celle du macroniste Philippe Huppé. L’ancien député (2017-2022) LREM puis Agir Ensemble est vu par la majorité de gauche comme un « parachuté ». La 5e circonscription de l’ancien maire d’Adissan n’étant pas celle de Pézenas (4e). Pour le reste, pas de liste LFI ni de RN à l’horizon.

    Formations diversifiées

    et création d’emplois

    Est-ce à dire que le maire sortant a convaincu en 6 ans ? « Compte tenu de la situation de la Ville à notre arrivée, du Covid et de la guerre en Ukraine, le bilan nous satisfait, même si on peut toujours faire mieux », positive Armand Rivière. La « cantine dès 1 euro avec tarifs progressifs » est une fierté. De même que la réfection de l’avenue de Verdun (11 ME), la remise en culture de la ferme de L’Auribelle sur 14ha ou encore la belle dynamique culturelle (400 ans de Molière, festival Boby Lapointe…).

    Sans être le fruit d’un accord de partis, sa liste ouverte à la société civile, qui compte des socialistes, écologistes ou communistes, défend des « valeurs de gauche ». Dans le bassin de vie d’Agde parmi les plus sinistrés de France, A. Rivière veut « redonner de la dignité ». Bonne nouvelle : le décret du ministère est imminent pour acter le dispositif « Territoire zéro chômeur » à Pézenas. Des embauches en CDI sont donc attendues dans « des secteurs non concurrentiels où des besoins sont non couverts » (utilité sociale, conciergerie de quartier, accompagnement à la mobilité…). A. Rivière veut coupler cet outil au développement de la formation, en lien avec les activités locales comme la « filière viande » (abattoirs) ou les « métiers d’art » (chanson, théâtre). Côté constructions, le quartier Saint-Christol (24ha) offrira 584 logements, dont certains aidés. Le centre aquatique et la piste d’athlétisme seront « rénovés ». Un « plan fraîcheur » va être engagé dans les écoles et dans la ville avec « un square ou un jardin rénové chaque année ». Le tout via des ateliers participatifs. « Je n’ai pas la science infuse, je suis à l’écoute », insiste le maire PS.

  • [Théâtre] « Le misanthrope » pas insensible au genre humain

    [Théâtre] « Le misanthrope » pas insensible au genre humain

    Dur de s’attaquer à un classique tel que Le misanthrope, adapté et décliné à l’infini par quiconque se dit homme ou femme de théâtre. Un défi relevé avec une ardente rigueur par le metteur en scène Georges Lavaudant, comme pourront le constater les nombreux spectateurs aixois ayant déjà répondu présent, entre le mardi 18 et le samedi 29 novembre, sur la scène du Jeu de Paume. Dans son costume noir cintré, Eric Elmosnino campe le personnage d’Alceste avec flamboyance pour en extraire tout son registre tragi-comique. Il en faut pour se soustraire à des mondanités qui l’obligent malgré tout, face aux courtisans de sa Célimène dont il sonde les sentiments.

    Intime et social

    Comme l’explique Georges Lavaudant dans sa note d’intention, « l’intrigue a deux versants. L’un et social, l’autre est intime. Les deux sont inextricablement liés et se rejoignent dans la personne d’Alceste ». Et le metteur en scène de développer : « D’un côté, nous suivons les péripéties d’un duel entre un homme et une femme. Lui veut la faire parler une fois pour toutes. Elle refuse cette parole qui l’engagerait ». Quant à l’aspect social, il se matérialise notamment par la formule d’Alceste : « Je hais tous les hommes ». « S’il est fou », estime-t-il, « sa folie est très sérieuse et cohérente. Il n’est pas un misanthrope de salon, ses idées ne sont pas de la théorie pure, elles se traduisent concrètement en humeurs et passions qui le tourmentent. Il ne peut pas vivre dans un monde sans vérité ».

  • À Pézenas, trois jours pour fêter Molière et son époque

    À Pézenas, trois jours pour fêter Molière et son époque

    « En 1653, la troupe de Dufresne est attendue à Pézenas pour la durée des États du Languedoc. Promu directeur de la troupe, le jeune Jean-Baptiste Poquelin veut profiter de ces journées de liesse populaire pour présenter ses nouvelles farces inspirées des Italiens et de leur commedia dell’arte. Molière recevra-t-il enfin les faveurs du public ? »

    Voilà pour le décor. Trois ans après avoir célébré les 400 ans de la naissance du plus célèbre comédien et dramaturge de la langue française, la Ville de Pézenas sonne le rappel. Durant 3 jours, du 12 au 14 septembre, la « cité de Molière » va se transformer et se replonger au milieu du XVIIe siècle, où les troupes de théâtre font figure de divertissement en temps de misère.

    Reconstitution historique

    Rythmé de cortèges tambourinant, parades costumées, spectacles, concerts, discours et reconstitutions historiques*, sans oublier les tavernes et marchés gourmands, le week-end promet de faire voyager le public familial attendu en nombre. En 2022, 30 000 curieux avaient répondu présent. « On sent une émulation, une énergie populaire jusque dans les écoles qui participent. Les gens viennent chercher des costumes, ils ont envie de se prendre au jeu », se réjouit Armand Rivière.

    Pour le maire socialiste, l’événement qu’il espère reconduire est une « occasion de mettre en lumière le patrimoine dormant mais aussi vivant de Pézenas » qui compte une quarantaine d’artisans. « Pézenas a une offre commerciale et culturelle toute l’année. L’idée c’est aussi que cela donne envie aux gens de revenir, comme un produit d’appel ».

    À quelques jours du rendez-vous, Armand Rivière ne cache pas son enthousiasme partagé. « C’est l’un des rares sujets qui ne fait pas polémique sur les réseaux sociaux alors même qu’on bloque le centre-ville pendant 48 heures. » L’élu socialiste y voit l’occasion pour les gens de « sortir du marasme ambiant » et d’affirmer des valeurs d’ouverture aux autres, « contrairement à ce qui est prôné à 20 km d’ici… »

    * www.ville-pezenas.fr