Tag: Mohed Altrad

  • Un budget de 718 millions pour lancer le mandat à Montpellier

    Un budget de 718 millions pour lancer le mandat à Montpellier

    Mardi 14 avril, le nouveau conseil municipal de Montpellier a adopté (53 voix, 8 LFI contre, 8 abstentions du groupe Altrad), le premier budget de la mandature. Qualifié par le maire Michaël Delafosse (PS) de « responsable, sérieux et volontariste » en dépit d’un « contexte d’incertitudes » sur les recettes fiscales et du « désengagement progressif de l’État » ajoute Julie Frêche (PS), le budget 2026 de la Ville s’élève à 718 millions d’euros (ME). Malgré l’inflation (2,6% attendus en 2026), le « choix fort » a été fait de ne pas augmenter les taux de la taxe foncière bâtie (52,63%), non bâtie (112,71%) et de la taxe d’habitation (22,49%) sur les résidences secondaires.

    Autre double pari ambitieux : celui des « efforts de gestion sans transiger la qualité des services publics ». Dans une ville à la « solvabilité préservée », « chaque euro dépensé doit être utile », prévient Serge Guiseppin, l’adjoint aux finances. Sous réserves d’ajustements, 240 ME doivent être dépensés en investissement et 396 ME pour le fonctionnement (dont 222 ME en dépenses de personnel).

    Des projets déjà contestés

    Sur les 498 ME affectées aux politiques publiques, l’école (nouveaux groupes scolaires), les crèches et l’alimentaire se taillent la part du lion avec 181 ME. 64ME seront consacrés à l’aménagement (foncier, Zac Montpellier Sud, ravalement des façades…), 53 ME à la sécurité (vidéo-protection, lutte contre les tags…), 44 ME à la solidarité (CCAS, Ehpad, tarifs sociaux dans les cantines…), 38 ME au sport (assos, clubs…) et à la culture (Moco, Pavillon Populaire…) ou encore 32 ME à la transition écologique.

    Parmi les projets emblématiques, figure la future cité de l’alimentation (60 ME) qui en 2028 « produira près du marché gare 16 000 repas bio et locaux pour renforcer notre souveraineté alimentaire », détaille Marie Massart. À l’élu d’opposition LFI Antoine Bertrand qui préférerait « la gratuité des cantines » à la tarification sociale (repas dès 50 centimes), l’écologiste répond. « Ce n’est pas comparable aux transports. Le coût serait élevé (100ME) avec un risque de saturation des cantines ».

    L’écolo Stéphane Jouault a vanté le projet (8,3ME) de la « grande boucle piétonne » du futur « poumon vert » du nord (parc Lunaret, Lavalette, Montmaur) et Serge Guiseppin celui de l’Hôtel des Sécurités (17,8 ME) en devenir à Celleneuve. De quoi agacer Livia Jampy (LFI). « C’est open bar pour le tout répression et des miettes pour répondre à la crise sociale ». Attaque contre laquelle Hervé Martin (PCF) dégainera l’« agence municipale du logement ».

    Pas de quoi convaincre Salim Jahwari (pro-Altrad) qui pointe les 468 ME de dette (et 117 ME d’emprunt) ni Nathalie Oziol (LFI). « Ce budget est la mise en œuvre de la feuille de route austéritaire dictée par le gouvernement ». Caricatural pour l’écolo Manu Reynaud qui, face à ce « macronisme fantasmé », invite LFI à « ne pas se tromper de combat ni d’adversaire à la Présidentielle ».

  • Réélu maire de Montpellier, Michaël Delafosse met le cap sur le service public

    Réélu maire de Montpellier, Michaël Delafosse met le cap sur le service public

    Deux mille cent soixante dix-huit jours. Sitôt reconduit dans ses fonctions de maire de Montpellier par ses colistiers (53 voix sur 68), samedi 28 mars, Michaël Delafosse a immédiatement relancé le compte à rebours dans son bureau du 8e étage de l’Hôtel de Ville. 2 178 comme le nombre de jours à mettre à profit durant son second mandat à la tête de la 7e ville de France qu’il promet « plus belle, plus solidaire, plus écologiste, plus fraternelle ».

    Avant de s’attaquer à convaincre les 30 maires de la Métropole qui devront élire leur président jeudi 9 avril, l’étape municipale n’était pour Michaël Delafosse qu’une formalité depuis sa nette victoire (50,13%), le 22 mars, face à Nathalie Oziol (25,06%) et Mohed Altrad (24,81%). Mais le premier maire de Montpellier à se faire réélire depuis Georges Frêche en 2001 n’a pas bâclé l’exercice, bien au contraire.

    Au cours d’un discours fleuve, empli de gravité, d’espoirs et d’émotion, le maire socialiste à qui deux enfants du conseil municipal des jeunes ont remis son écharpe tricolore, a pris son temps à la tribune. Dans une ville qui s’est abstenue à 54,16%, dans un monde qui va mal entre intolérances, climatoscepticisme et guerres, M. Delafosse refuse la résignation et joue la carte du vivre ensemble. « Mon engagement est viscéralement républicain ». Qu’il s’agisse de lutte contre l’antisémitisme, l’islamophobie, les violences faites aux femmes, le narcotrafic ou les marchands de sommeil, « il n’y a pas de République à géométrie variable, il y a une République pour tous les habitants ».

    En présence de la maire honoraire Hélène Mandroux, il a d’abord remercié les Montpelliérains. « Votre confiance m’honore, m’engage et m’oblige ». Dans un salut républicain, il a d’abord dit au revoir à ceux qui ne siégeront plus dont Jacques Domergue (LR) ou l’ancien maire, Philippe Saurel, battu. « Nous nous sommes affrontés vivement mais le respect doit l’emporter, la République l’exige ». Il a ensuite eu des remerciements poignants pour les siens : son épouse Anne-Lise, ses enfants Hugo, Adrien et son père, disparu il y a 2 ans sans qui le professeur d’histoire géographie ne serait pas où il est. Le gorge nouée, saluant la mémoire de récents disparus (Gasset, Serrou, Montanari…), M. Delafosse a aussi décrit le « compagnonnage douloureux avec la mort » qui entoure la difficile fonction de maire.

    La liste des 26 adjoints

    L’édile a ensuite esquissé le « cap » de son second mandat. A l’instar du premier, il promet de tenir ses engagements de campagne. Après « la question écologique et sociale » grâce à la gratuité des transports, la 5e ligne ou la mutuelle communale, il vise « les services publics les plus performants de France ». Et se veut rassurant : « Chaque euro dépensé sera un euro utile ». Pêle-mêle, il liste la création d’une maison des syndicats, d’une agence municipale du logement et d’un millier de logements étudiants avec le Crous, la rénovation de quartiers populaires comme la Mosson, les Cévennes ou la cité Saint-Martin. Mais aussi la naissance de 10 nouveaux parcs, un millier de jardins partagés, des places réaménagées avec leur mobilier urbain (bancs…) qui favorisent les rencontres. Ou encore une aide à la rénovation des façades pour les enseignes commerciales, les « circuits courts » plutôt que le « Mercosur » ou le soutien aux entreprises de l’économie sociale et solidaire.

    Pour mener à bien sa mission, M. Delafosse a désigné 26 adjoints. Certains l’étaient déjà (Sébastien Cote, Marie Massart, Tasmine Akbaraly, Laurent Nison, Agnès Saurat, Manu Reynaud, Radia Tikouk, Stéphane Jouault, Agnès Robin, Eddine Ariztegui, Michel Aslanian, Boris Bellanger, Emilie Cabello, Alban Zanchiello, Mustapha Laoukiri, Elodie Brun-Mandon). D’autres le deviennent (Christophe Bourdin, Serge Guiseppin, Muriel Ressiguier, Inbal Benayon, Nelly Lacince, Delphine Esselin, Annie Benezech, Yvan Nosbé, Sophiane Mansouria, Adama Kanté). Leurs délégations seront dévoilées lors du prochain conseil municipal du 8 avril.

    D’ici là, les deux oppositions ont fait savoir qu‘elles veilleraient au grain, chacune à leur manière. Orphelin de son leader Mohed Altrad, absent alors qu’il aurait présidé la séance en tant que doyen à la place de Michel Calvo, Salim Jawhari a promis une « opposition constructive ». « On continuera à défendre nos idées en espérant mixer nos valeurs et projets ». Tonalité différente chez les Insoumis où Nathalie Oziol déplore ne pas avoir pu s’exprimer avant l’élection du maire à laquelle elle candidatait (8 voix). « Cela aurait pu être un moment de changement de pratiques démocratiques. Ce n’est pas en nous coupant le micro qu’on nous fera taire », prévient la députée LFI dont le groupe revendique la présidence de la commission des finances. Vu leur entrée en matière musclée, pas sûr que les Insoumis aient gain de cause.

  • Pour Michaël Delafosse à Montpellier, les quartiers plutôt que les grands chantiers ?

    Pour Michaël Delafosse à Montpellier, les quartiers plutôt que les grands chantiers ?

    En 2020, il s’était imposé face à Philippe Saurel en tant qu’outsider. Six ans plus tard, Michaël Delafosse a brillamment transformé l’essai dans le costume du favori. En remportant haut la main (50,13%) la triangulaire, dimanche 22 mars, face à Nathalie Oziol (25,06%) et Mohed Altrad (24,81%), le sortant socialiste n’a pas seulement multiplié par 1,6 le nombre de ses voix (38 668 contre 24 046) lors de ce scrutin à la participation certes un peu moins faible. Michaël Delafosse a d’abord écarté, sans doute définitivement, deux adversaires politiques coriaces. Philippe Saurel éjecté du conseil municipal où il siégeait depuis 1995. Et Mohed Altrad, 78 ans, qui, s’il annonce créer l’association « Montpellier, notre fierté », va sans doute s’éclipser rapidement de la scène politique. Reste la députée insoumise Nathalie Oziol qui prépare clairement la suite et ne fera pas de cadeau à la majorité avec ses sept colistiers de l’opposition.

    Qu’importe. À bientôt 49 ans, le professeur d’histoire géographie dont le profil fait écho à son homologue nîmois Vincent Bouget, 46 ans, a désormais du temps (sans doute sept ans) et le champ libre (sans crise Covid à gérer en début de mandat). Premier maire de Montpellier à être réélu depuis Georges Frêche en 2001 (élue en 2008, Hélène Mandroux, maire depuis 2004, n’avait pas été élue sur son nom la première fois), Michaël Delafosse va pouvoir suivre le fameux « cap » qu’il a en tête pour la septième ville de France et sa Métropole.

    La première étape, samedi 28 mars (10h), ne sera qu’une formalité. Avec 53 élus acquis sur 69, le conseil municipal le réélira maire sans encombre. Quelques jours plus tard, la seconde étape pour la présidence de la Métropole ne devrait pas être un énorme casse-tête. Cependant, avec l’élection de 13 nouveaux édiles sur 30 autour de Montpellier, le socialiste va devoir ménager les susceptibilités, trouver le savant équilibre et donc travailler avec la droite, dans une Métropole qui pourrait se politiser davantage si des groupes venaient à se former. Plus que les postes d’adjoints au maire, l’attribution des vice-présidences sera scrutée à la loupe. À voir par exemple qui récupérera le dossier compliqué des déchets dont s’occupait René Revol, battu.

    Le pouvoir d’achat aidé

    Si l’alchimie prend, M. Delafosse pourra alors dérouler. Son premier mandat visait à réveiller Montpellier l’endormie. Ce fut chose faite avec la plupart des promesses tenues (gratuité des transports, 5e ligne de tramway, mutuelle communale…) au prix de nombreux chantiers qui riment forcément avec perturbations. La carte de « l’apaisement » jouée par le maire avec les territoires voisins, vaudra-t-elle aussi pour Montpellier ? C’est ce que M. Delafosse a promis durant la campagne. Après le tramway ou l’Esplanade, le maire a l’intention de réparer et d’équiper les quartiers, les uns après les autres. En prenant soin « des parcs, des écoles, des rues, des places, des trottoirs ». Ainsi l’avenue de Toulouse, la place des Beaux-Arts ou le chemin de l’Aqueduc vont être repensés après concertation. À terme, l’esplanade de Gaulle sera reliée à Antigone. Parmi les premières mesures pour faire faire des économies, la gratuité des médiathèques fera son apparition, un office pour le pouvoir d’achat et une agence du logement seront aussi créés.

    Mais attention, plus de proximité dans les quartiers ne signifie pas la fin des grands chantiers. Le Contournement routier ouest (COM) et le Service express régional métropolitain (Serm) sont sur les rails. Mené avec l’État, l’indispensable projet de rénovation urbaine (Anru) va, durant ce mandat, transformer des quartiers populaires comme la Paillade. De nouveaux quartiers vont naître à l’instar de Montpellier Sud entre Saint-Martin et les Prés d’arènes. Pour M. Delafosse, le nouveau challenge ne fait que débuter.

  • Hors-sol, Oziol et Altrad relégués dans l’opposition montpelliéraine

    Hors-sol, Oziol et Altrad relégués dans l’opposition montpelliéraine

    Avec l’assise des 40,73% de J-L. Mélenchon à la dernière Présidentielle, Nathalie Oziol apercevait une porte entrouverte vers la mairie de Montpellier. Fort de sa notoriété et de sa réussite insolente dans les affaires, Mohed Altrad s’imaginait déjà régner sur le Clapas, tel un Georges Frêche de droite. Mais les municipales et les scrutins nationaux répondent à des logiques différentes et on ne gère pas la 7e ville de France comme une multinationale.

    Telle est la leçon que les électeurs ont donnée à Nathalie Oziol (25,06%) et Mohed Altrad (24,81%), sèchement battus dimanche 22 mars dans la triangulaire qui les opposait au maire socialiste sortant, Michaël Delafosse (50,13%).

    Peut-être que les réseaux socialistes tissés par Georges Frêche et que Mohed Altrad rêvait de court-circuiter sont toujours solides à Montpellier. Peut-être qu’en dépit de certains couacs, le bilan de M. Delafosse était suffisamment convaincant pour rendre impossible un scénario dégagiste dont avait été victime Philippe Saurel en 2020. Il n’en demeure pas moins que Nathalie Oziol et Mohed Altrad ont, chacun à leur façon, loupé leur campagne.

    La députée Insoumise a mis du temps a asseoir sa légitimité dans son propre camp, au départ coupé en trois, avant de faire front. Ensuite, l’angle très agressif, parfois caricatural choisi par N. Oziol contre le maire n’a pas permis d’élargir son potentiel électoral ni de réveiller les quartiers populaires. D’aucuns ont eu le sentiment qu’elle menait une campagne nationale anti-PS pour préparer le terrain à Mélenchon. Côté Altrad, la crédibilité a clairement fait défaut après 6 ans à déserter les bancs de l’opposition puis à esquiver les débats publics. Sa liste agglomérat des déçus de P. Saurel ou du macronisme avait tout d’un règlement de comptes personnel dans le conflit qui oppose le milliardaire à M. Delafosse pour son refus de vente du stade de rugby. Le signe qu’en politique l’argent ne suffit pas.

    Avec 7 de leurs colistiers, N. Oziol et M. Altrad siégeront donc sur les bancs de l’opposition. Enfin, pour M. Altrad, rien n’est moins sûr. R.C

  • Montpellier : les mesures phares des candidats

    Montpellier : les mesures phares des candidats

    Il y a ceux qui croient dur comme fer qu’ils vont diriger Montpellier, ceux qui viennent régler des comptes, d’autres pour témoigner ou faire le pitre. Mais les 13 listes en course le 15 mars ont toutes un programme : plus ou moins crédible, audacieux, finançable. L’examen des mesures phares de chacun rappelle que si des passerelles existent, les gauches et les droites cultivent des visions différentes, parfois à l’opposé.

    Parmi les sujets consensuels, on peut citer la création d’emplois (30 000 pour Delafosse, Atrad…) ou la propreté de la ville. En déclarant son amour à Montpellier, l’ancien maire Philippe Saurel (mouvement Utiles) qui déplore une « brutalisation sans concertation » promet une « ville plus belle » en rénovant le patrimoine à l’instar de la place royale du Peyrou. De l’entretien des parcs et jardins d’Isabelle Perrein (DVD) ou de la « végétalisation » de l’Écologiste Jean-Louis Roumégas, chacun promet un « embellissement ». Y compris le maire Michaël Delafosse (PS) qui entend ralentir sur les grands travaux et se consacrer, quartier par quartier, à la rénovation des places et des trottoirs pour une « ville-parc marchable et respirable ».

    La gratuité quasi unanime

    D’autres thèmes sont plus clivants. À commencer par les mobilités. La plupart de ceux qui en 2020 prétendaient la gratuité des transports « impossible » semblent avoir changé d’avis face à la popularité de la mesure. Seuls Thierry Tsagalos (EXD) et Isabelle Perrein (DVD) y mettraient fin pour une « gratuité intelligente » circonscrite aux jeunes et retraités. Nathalie Oziol (LFI) qui dit incarner une « gauche de rupture » face à ce qu’elle nomme « l’incarnation du macronisme », veut accroître la fréquence des bus et tramways (toutes les 10 ou 5 minutes) jusqu’à 2h du matin. Comme Jean-Louis Roumégas, la députée Insoumise s’oppose aux « méga-projets routiers écocides » (COM, Lien). Michaël Delafosse, lui, promet de mener à bien les 4 lignes de bustram restantes, soutenir la LGV et concrétiser le Service express régional métropolitain (Serm).

    Pour le reste, si personne ne dit vouloir supprimer de pistes cyclables, nombreux promettent de revoir le plan de circulation en ville. Y compris Jean-Louis Roumégas qui promet de rouvrir l’avenue Albert Dubout pour une « circulation en pétales sur les 4 boulevards » embouteillés. Comme T. Tsagalos, F. Jamet (RN) irait jusqu’à rouvrir aux voitures le tunnel sous la Comédie pour « rompre avec la sclérose actuelle » et « libérer Montpellier de l’écologie punitive ». Quant à Isabelle Perrein, qui s’est fait connaître en répertoriant les nids-de-poule et veut redonner toute sa place à la voiture, la notaire imagine un tunnel sous le rond-point du grand M. Osé mais moins que le dôme végétalisé imaginé par l’IA pour Rémi Gaillard avenue de Toulouse.

    Côté urbanisme, le maire sortant, qui prévoit 10 000 logements à prix abordables dont 4 000 en bail réel solidaire, promet de préserver les deux tiers des terres agricoles grâce au Plan local d’urbanisme intercommunal (PLUi). Insuffisant pour Jean-Louis Roumégas qui prône le « zéro artificialisation nette » pour « arrêter l’étalement urbain sur les espaces naturels et terres agricoles ». Même logique chez Nathalie Oziol qui dit stop au « bétonnage ». À l’extrême gauche, Max Müller entend réquisitionner 13 000 logements vides pour loger les sans-abri. À droite, Mohed Altrad veut doubler le parc de logements sociaux et accession à la propriété dès 15 ans en HLM vu en « tremplin et non comme un enfermement ». Isabelle Perrein veut « rénover plutôt que construire ».

    Sur la sécurité, la droite et son extrême font comme toujours dans la surenchère. France Jamet rêve de doubler les effectifs de police municipale et les caméras, Thierry Tsagalos les tripler. Mohed Altrad veut instaurer un « couvre-feu » pour les mineurs non accompagnés de moins de 16 ans après 22h. Du Robert Ménard dans le texte. Même chose pour Isabelle Perrein qui ajoute « l’expulsion des logements sociaux pour fauteurs de troubles ». À noter que Philippe Saurel qui veut 100 à 200 policiers de plus, abandonnera le projet d’hôtel des sécurités jugé trop éloigné à Celleneuve. À gauche, Michaël Delafosse musclera les effectifs de police municipale (+100 agents) et les caméras (1 000 au total). Seul Max Müller veut « désarmer la police municipale, dissoudre les polices des transports et du logement ».

    Déchets : quelle option ?

    Sur le social, la gauche est de loin la mieux armée. Le maire promet de créer un « office du pouvoir d’achat et une agence municipale du logement ». Nathalie Oziol une « régie publique de l’énergie avec tarification sociale » et une « cantine bio à bas prix ». Avec Jean-Louis Roumégas, elle serait même « gratuite » (Altrad aussi) avec des « épiceries municipales à prix coûtant dans les quartiers populaires ». À droite, Isabelle Perrein imagine des maisons de santé et un handipass.

    Enfin, face au « fiasco historique » qui voit Montpellier exporter ses déchets, Michaël Delafosse propose un nouvel outil : une chaudière pour combustibles solides de récupération (CSR) à la place de l’usine Ametyst. Une technologie moderne mais méconnue dont quasiment tous ses adversaires dénoncent les dangers potentiels. « La santé des Montpelliérains n’est pas négociable », assène Mohed Altrad sans ne rien proposer d’autre. Isabelle Perrein préférerait un incinérateur, Thierry Tsagalos une nouvelle usine de traitement à bilan carbone neutre. À gauche, Jean-Louis Roumégas veut muscler le tri à la source et le compostage. Pareil pour Nathalie Oziol qui renvoie à une grande consultation. Un des sujets pour le fameux RIC que l’Insoumise, Jean-Louis Roumégas ou Max Müller promettent aux électeurs.

    « Nous créerons un office du pouvoir d’achat et une agence municipale du logement »

  • [Campagne électorale] Les réseaux sociaux : outils essentiels, miroirs déformants

    [Campagne électorale] Les réseaux sociaux : outils essentiels, miroirs déformants

    Un maire sortant (Michaël Delafosse) qui multiplie les selfies. Un milliardaire (Mohed Altrad) qui se fait filmer façon Trump à manger des frites dans un fast-food. Un humoriste (Rémi Gaillard) qui empile les projets délirants (stade-parc, zoologramme…) générés à base d’intelligence artificielle. Un ancien édile (Philippe Saurel) qui se met en scène en boxant dans un clip pour déclarer sa candidature… Six ans après avoir hérité du titre « plus folle de France », la campagne 2026 à Montpellier illustre le virage pris par la politique. « Les réseaux sociaux sont devenus incontournables dans la communication politique », résume le politiste montpelliérain Romain Fargier. « En être absent aujourd’hui, c’est quasiment une faute professionnelle quand on est un politique », insiste l’enseignant-chercheur en sciences politiques à l’Université Paul Valéry.

    Selon lui, le phénomène n’épargne pas les petites communes et tend à se professionnaliser dans les grandes villes. « Jusqu’en 2020, il y avait une forme d’amateurisme. Les élus locaux avaient une réticence vis-à-vis des réseaux sociaux, ne les prenaient pas au sérieux », se souvient ce membre du Centre d’études politiques et sociales (Cepel). Leur institutionnalisation lors de la Présidentielle 2017 avec J.-L. Mélenchon qui « investit YouTube » a fait son œuvre. « On observe une forme de diplomatie sur les réseaux sociaux des chefs d’État comme Trump, Poutine et même Macron », illustre Romain Fargier. À l’échelle locale, il parle d’une « professionnalisation ». « Ce n’est plus le stagiaire ou le chargé de com’ qui s’occupe des publications. Ce sont des community managers, des communicants dans des staffs dédiés dans les grandes villes ». Chartes, vidéos montées, esthétique numérique, infographie, ajout de musique… les contenus postés sont parfois soigneusement retravaillés.

    Terriers de lapin

    Une façon pour les candidats de mieux maîtriser leur propagande plutôt que de s’en remettre aux médias vis-à-vis desquels la défiance grandit en raison du manque d’indépendance des grands groupes. « Le système médiatico-politique est devenu hybride : il n’y a plus les réseaux sociaux d’un côté et les médias de l’autre ». Au-delà de Facebook, Instagram ou X, cela conduit aussi les candidats à privilégier les « rabbit holes » [terriers de lapin] via des canaux de communication interne type Telegram, Signal, WhatsApp. « Ces réseaux sociaux à usage de commentaire sont l’héritage des forums des années 90-2000. Le volume d’informations partagées qui amplifie l’effet de bulle, dépasse les contenus partagés publiquement », assure Jacqueline Markovic, consultante et formatrice en communication numérique. « Pour les gens, c’est un moyen de se préserver face au déferlement de l’info, de se créer un environnement moins toxique avec moins de trolls, de cyberharcèlement », ajoute l’ancienne déléguée aux contenus numériques auprès de Yannick Jadot.

    IA et fake news

    Aujourd’hui colistière de Michaël Delafosse, elle met en garde contre la reproduction des biais cognitifs sur certaines plateformes. « Les algorithmes de Meta (Facebook, Instagram) discriminent les femmes. Il y a un manque de transparence, de la pub et des comptes recommandés alors qu’on ne les suit pas ». Jacqueline Markovic ajoute que l’utilisation de l’intelligence artificielle (IA) est susceptible de fausser des campagnes électorales. « Cela peut générer des fake news, il faut avoir l’œil pour les repérer. Certaines formations politiques sont plus avancées dans l’utilisation des RS comme la fachosphère qui utilise des fermes à trolls russes comme lors de la campagne d’Éric Zemmour ». Elle estime néanmoins que les réseaux sociaux dans leur ensemble sont un outil de long terme. « Il faut du temps pour créer une audience, une communauté ». Romain Fargier ajoute qu’à ce jour, « il n’existe pas de corrélation directe entre le nombre de likes sur les réseaux sociaux et le résultat des élections car le vote est plurifactoriel, il répond à des logiques complexes propres à chacun ».

    C’est sans doute pourquoi peu de candidats abandonnent les recettes qui ont fait leurs preuves. « Il y a un vrai impact sur les réseaux, une de mes vidéos d’une minute sur les bus a fait 20 000 vues. Mais cela ne remplace pas le contact humain sur les marchés, les porte-à-porte, les réunions, cafés débat… », insiste Thierry Antoine, candidat du Printemps de Béziers. L’écologiste est en revanche « moins fan » des meetings qui « prennent du temps et ont un coût ». C’est là un autre atout des réseaux sociaux. « Ils sont gratuits alors que même les tracts coûtent cher ! », s’exclame l’écologiste Lise Florès. Un argument de poids lorsqu’on n’a pas beaucoup d’argent pour faire campagne comme la tête de liste de Lunel Collectif. « Cela pose une question démocratique : il faut de l’argent pour se présenter aux élections ». Un autre sujet à débattre…

  • Des nouvelles têtes dans les listes en lice à Montpellier

    Des nouvelles têtes dans les listes en lice à Montpellier

    À Montpellier, le « mercato » politique est resté ouvert jusqu’au dernier moment : jeudi 26 février 18h, date de clôture du dépôt des listes. Si le casting des têtes de liste ressemble à celui de 2020, de nouveaux visages vont faire leur baptême du feu chez les colistiers.

    C’est le cas sur la liste du maire sortant renouvelée à un tiers. Parmi les personnalités présentes, outre l’écologiste Jacqueline Markovic et l’ancienne députée Insoumise Muriel Ressiguier, on peut citer le doyen de la faculté de droit, Guylain Clamour, Stéphane Hernandez (communauté gitane), Annie Benezech (directrice de la SPA) ou l’enseignante en occitan, Marie-Jeanne Verny. À noter deux transferts puisque Serge Guiseppin, président de la commission des finances qui était sur la liste Altrad en 2020, et Tal Anahory (médecin, liste Vignal 2020) se rangent derrière Michaël Delafosse.

    La valse des colistiers

    Qui dit renouvellement dit départs. Plusieurs élus de la majorité ont choisi de se retirer (Maryse Faye, Bruno Paternot, Véronique Brunet…) quand d’autres ont claqué la porte pour rejoindre une liste concurrente. C’est le cas du professeur Charles Sultan qui s’était brouillé à mi-mandat et atterrit sur la liste de Mohed Altrad ou bien de Hind Emad. L’ancienne madame économie de M. Delafosse sera numéro 2 derrière Philippe Saurel. Outre ses fidèles Abdi El Kandoussi ou le « sage » Max Lévita, l’ancien maire s’entoure aussi de l’ex-18e adjoint Roger Yannick Chartier. P. Saurel a aussi convaincu Odette Daudé, la voix des commerçants de l’Écusson, Bérengère Dubus, présidente du syndicat national des courtiers, l’ancien directeur du Polygone Roger Naro ou Xavier Borg, directeur de l’Office de tourisme Cèze Cévennes.

    Avec une liste renouvelée à 90%, P. Saurel a aussi ses défections. Patricia Mirallès et Stéphanie Jannin ont rejoint Mohed Altrad, Luc Albernhe ou Bernard Travier soutiennent la notaire Isabelle Perrein soutenue par la droite.

    Du côté de l’écologiste Jean-Louis Roumégas, on retrouve François Vasquez, l’ancien vice-président de la Métropole aux déchets, fâché à cause de la chaudière CSR. Mais aussi la militante écolo Marie-Noëlle Sibieude. En revanche, Nordine Maktoubi s’est mis en retrait et Julia Mignacca a filé chez les Insoumis de la députée Nathalie Oziol.

    Celle-ci a réussi à convaincre à la fois l’élue d’opposition Alenka Doulain et les militants de Cause Commune.

  • Des listes fragmentées font face à Delafosse

    Des listes fragmentées font face à Delafosse

    Le 15 mars, pas moins de 10 listes affronteront Michaël Delafosse. C’est certes 3 opposants de moins que ce qu’avait connu Philippe Saurel défait en 2020 mais c’est beaucoup. Au point qu’on se demande si, par leur incapacité à s’entendre, les adversaires du maire sortant ne seraient pas ses meilleurs alliés.

    D’autant que la division n’épargne aucune tendance politique. À la gauche de la majorité sortante, deux listes se tirent la bourre. Celle de la députée Insoumise Nathalie Oziol apparaît de loin la mieux placée. Moins par sa modeste notoriété que grâce au travail de sape de troupes LFI organisées dans les quartiers populaires. Crédités de 15 à 17%, les Insoumis qui dézinguent le « maire macroniste » et promettent une « politique de rupture » (bien que floue sur le traitement des déchets), semblent avoir du mal à capitaliser sur le score de Jean-Luc Mélenchon à la présidentielle (40%). La seconde liste assumée à gauche est celle du député écologiste Jean-Louis Roumégas. Si le Printemps montpelliérain avance des propositions séduisantes, sa dynamique paraît en panne. La faute à l’éternelle division des écologistes qui a conduit au départ de Julia Mignacca ou de Nordine Maktoubi.

    La droite n’est pas davantage unie. Si Les Républicains sont absents, vaccinés par la claque reçue en 2020, ils soutiennent Isabelle Perrein, de même que l’UDI et le MoDem. Partie la première arpenter le terrain pour se faire connaître, la notaire surfe sur la colère des automobilistes et les nids-de-poule dus aux travaux. On a cru qu’elle aurait le soutien de Mohed Altrad, en vain. Exaspéré de ne pouvoir acheter le stade de rugby à la Métropole, le milliardaire retente sa chance dans l’espoir de régler ses comptes. Entrepreneur à succès, sa stratégie politique interroge. Lui qui n’a jamais siégé au conseil municipal et refuse de participer aux débats de la campagne.

    Philippe Saurel de retour

    Deux autres listes sont difficiles à classer. Soutenu par le mouvement Utiles, Philippe Saurel qualifie la sienne de « divers gauche, citoyenne et écologiste » mais plusieurs colistiers, sans être encartés, sont centristes ou de droite. À 68 ans, l’ancien socialiste fâché avec ses ex-amis remet les gants pour un troisième round contre le PS. Apprécié de nombreux Montpelliérains, le baron de Caravète connaît très bien la ville et ses traditions. Peut-il recréer la surprise en s’étant déclaré aussi tard ? Rémi Gaillard retente lui aussi sa chance. Adepte du « tous pourris », aux frontières des invectives diffamantes et des théories du complot, « l’humoriste » aux propositions farfelues à base d’IA a fait de M. Delafosse sa tête de Turc. Franchira-t-il la barre fatidique des 10% pour continuer son cirque au 2e tour (9,58% en 2020) ?

    Alliances improbables ?

    Rares sont les villes où l’extrême droite n’est pas une menace. Montpellier est l’une d’elles, ce qui, là encore, n’empêche pas la division. Déjà candidate en 2014, la députée européenne France Jamet a obtenu l’investiture du RN au nez et à la barbe de Thierry Tsagalos, passé dissident. Enfin, à l’autre bout de l’échiquier politique, figurent deux listes d’extrême gauche. L’une est menée par Morgane Lachiver pour Lutte ouvrière. L’autre par Max Müller pour Révolution Permanente. Créditées de 1 à 2%, elles ne devraient pas peser lourd.

    Dans cette équation à 10 inconnues, l’enjeu est de savoir qui obtiendra le meilleur score face au maire ? Et qui fera plus de 10% pour pouvoir se maintenir au 2nd tour ? Outre celle de Nathalie Oziol, les listes de Mohed Altrad, Philippe Saurel ou Rémi Gaillard semblent les mieux placées pour y parvenir. Attention toutefois aux sondages dont les marges d’erreur sont grandes (jusqu’à + ou -4%) et moins fiables sur des élections locales. Quoi qu’il en soit se posera au 2e tour la question des alliances. En 2020, certaines avaient surpris voire choqué, écœuré. Perrein peut-elle rallier Altrad ? Saurel fusionner avec Gaillard ? Roumégas rejoindre enfin Oziol ? Impossible à dire, tout dépendra des écarts et des motivations de chacun. Michaël Delafosse a, lui, déjà annoncé que sa liste resterait identique.

  • Pragmatique ou dogmatique : la bataille écolo lancée à Montpellier

    Pragmatique ou dogmatique : la bataille écolo lancée à Montpellier

    Les uns dans le cadre bucolique des bords du Lez à Agropolis, les autres dans le brouhaha du rond-point de « Paulette » sur le tracé du futur Contournement ouest de Montpellier (COM). Lundi 9 février, les équipes de Michaël Delafosse (PS) et de Nathalie Oziol (LFI) ont dévoilé leurs programmes écologiques respectifs aux deux extrémités de la 5e ligne de tramway. Un hasard de la campagne qui illustre deux stratégies aux antipodes sur le plan écologique. Pragmatique d’un côté, plus idéologique de l’autre.

    Dans la lignée des 50 000 arbres plantés depuis 2020, la liste de Michaël Delafosse veut faire de Montpellier une « ville parc  », une ville « marchable avec de grands corridors de fraîcheur qui protègent de la canicule et reconnectent à la nature », résume le maire socialiste. Il promet de doubler les surfaces à désimperméabiliser (40 hectares), de continuer à planter des arbres y compris dans les parcelles privées, de poursuivre les végétalisations en encourageant les bons de végétalisation. Parce qu’il se dit « débordé de demandes de gens qui veulent cultiver un jardin »,
    M. Delafosse propose de créer un millier de nouvelles parcelles de jardins familiaux. Des terrains sont à l’étude à « Grammont, aux Aubes, à l’agriparc des Bouisses ou aux Grisettes », précise l’adjointe écologiste Marie Massart.

    Un Lez Montpellier plage

    D’ici 2032, dix parcs doivent être créés (République), agrandis (Bouisses) ou aménagés (Lunaret, coteau de Malbosc, Montcalm…). Trois projets phares de promenades ombragées visent à magnifier le « chemin de l’eau ». Le premier en végétalisant 5 km le long de l’aqueduc des Arceaux. Le second via 2 km de « coulée verte » le long du Verdanson, du stade Philippidès au CHU Lapeyronie. Le troisième vise à réaliser un cheminement en bois le long du Lez entre Agropolis et l’espace Lavalette. Comme du temps du peintre Frédéric Bazille, le maire rêve de refaire de Lavalette un lieu de baignade convivial. « Ce sera Montpellier plage ! On ne peut pas se résoudre à laisser le Lez pollué, on sera vigilant sur la qualité des eaux. »

    Trois heures plus tard, changement de décor. À l’autre bout de la 5e ligne de tramway, les Insoumis sont postés devant les arbres déracinés du futur Contournement routier ouest (COM). Pour Nathalie Oziol, c’est le symbole d’un « PS bétonneur ». « C’est la même stratégie que sur l’A69 à Toulouse : 12 exploitations et 70 hectares seront détruits. Ce projet d’autoroute de Vinci est écocide », dénonce la tête de liste Insoumise qui cible la majorité sortante. « Une liste qui défend le COM et les Zones à faibles émissions (ZFE) ne peut être écologiste ». La députée LFI oppose une « écologie de rupture avec le modèle libéral ». C’est-à-dire davantage de trams et de bus, une étoile ferroviaire, un boulevard urbain limité à 70 km/h plutôt qu’une autoroute à 10 voies. « L’étalement urbain est une impasse écologique, sociale et démocratique », abonde Alain Bertrand (LFI), favorable aux projets agroécologiques « de la terre à l’assiette » pour « nourrir les Montpelliérains ». Julia Mignacca, qui vient de quitter Jean-Louis Roumégas pour Nathalie Oziol, théorise le concept d’écologie populaire. « Il ne faut pas faire culpabiliser les gens, les laisser de côté ». N. Oziol promet une « planification écologique » avec une « grande convention de l’écologie populaire », ajoute Alenka Doulain.

    Deux autres gros dossiers illustrent ces deux visions divergentes : l’énergie et les déchets. Julia Mignacca souhaite créer une régie publique de l’énergie à Montpellier, avec une tarification sociale. « Rien n’a été fait sur le solaire. L’énergie doit être un bien commun, pas un outil spéculatif. » Du côté de la liste Delafosse, qui veut développer le « réseau de chaleur », le nouvel arrivant Grégoire Delforge promet « d’aider 3 000 particuliers à l’isolation thermique » et de créer une « académie du climat et de la biodiversité ».

    Déchets : sortir de l’échec

    M. Delafosse propose une solution pour arrêter l’exportation coûteuse des déchets : transformer l’usine de méthanisation Ametyst en chaudière CSR (combustibles solides de récupération). Si J.-L. Roumégas (Les Écologistes), Mohed Altrad (divers droite) ou Isabelle Perrein (divers droite) s’y opposent catégoriquement en raison du principe de précaution sanitaire, les Insoumis, divisés sur le sujet, veulent en débattre via une « convention populaire avec votation citoyenne ». D’ici là, ils prônent la réduction des déchets à la source (qui a semblé montrer ses limites) avec des « ressourceries et recycleries ». À l’orée des premiers débats, le maire réclame de la clarté, y compris à Philippe Saurel qui avait fermé le 3e casier de la décharge de Castries sans aucun plan B : « L’incinérateur de Lunel-Viel ne veut plus de nous. Ceux qui veulent une décharge ou un incinérateur, qu’ils disent où ! »…

  • À Montpellier, Philippe Saurel de retour dans l’arène politique pour un 3e round contre le PS

    À Montpellier, Philippe Saurel de retour dans l’arène politique pour un 3e round contre le PS

    Touché mais pas KO. Tel un boxeur qui remonte sur le ring après un uppercut, Philippe Saurel revient dans l’arène politique. Discret depuis sa défaite en 2020, le seul maire sortant d’une grande ville à ne pas avoir bénéficié de la prime au sortant veut sa revanche. « Qu’on gagne ou qu’on perde, on apprend dans les deux cas », confie, sportivement, celui qui dirigea Montpellier de 2014 à 2020 après sa victoire surprise contre Jean-Pierre Moure (PS).

    À l’époque exclu pour sa dissidence, l’ex-socialiste a-t-il fait la paix avec ses amis d’antan ? Pas vraiment. S’il a récemment salué Carole Delga (PS) au sujet du maintien de l’Open de tennis à l’Arena, le frêchiste en veut toujours à sa famille politique pour l’avoir banni, même s’il assure « avoir pris beaucoup de recul » et s’être « remis en question ».

    Dans la courte vidéo qu’il a postée samedi 7 février sur les réseaux sociaux, il confirme avoir tourné la page des partis politiques. Depuis plusieurs mois représentant du mouvement centriste « Utiles », il mènera à nouveau une liste dite « citoyenne, divers gauche et écologiste ». Une potion qui lui avait donné des ailes en 2014, grâce à un programme concis et concret, dans un contexte de rejet du PS de F. Hollande. Mais la recette avait semblé usée en 2020. Le maire président ayant pâti de ses mauvaises relations avec plusieurs édiles de la Métropole dont des collectivités dirigées par le PS.

    Avec qui et pour quoi faire ?

    Si à l’image de Michaël Delafosse, certains lui reprochent de n’avoir « rien fait » ou presque 6 ans durant, Philippe Saurel avait pourtant tenu ses 10 promesses de campagne. Notamment la régie publique de l’eau ou la desserte des quartiers populaires par la 5e ligne de tramway, toutefois retardée.

    Dans un espace politique réduit avec déjà 9 listes, difficile de dire quel sera le cap du chirurgien dentiste. Après mûre réflexion, s’il a décidé d’y retourner, c’est dit-il parce que « de nombreux citoyens et personnalités influentes ont fini par me convaincre ». Et par « amour » pour Montpellier qui est une « belle ville » dont il s’inquiète de « l’endettement » creusé par les chantiers de M. Delafosse.

    De l’équipe qui accompagnera Philippe Saurel, 68 ans, dans ce qui pourrait être son dernier challenge politique – à moins qu’il ne vise les sénatoriales ? – on sait encore peu de choses. Le fidèle Abdi El Kandoussi sera sur sa liste de même que le sage Max Lévita qui s’était pourtant retiré de la scène politique. Lâché par le gros de ses troupes novices de 2014 (P. Mirallès, S. Jannin… sont derrière M. Altrad), on peut compter sur P. Saurel, rejoint par Jacques Domergue (ex-UMP) en 2020, pour nous réserver quelques surprises.