Tag: modernisation

  • Les salles de repos du personnel de l’hôpital de Brignoles bientôt toutes réhabilitées

    Les salles de repos du personnel de l’hôpital de Brignoles bientôt toutes réhabilitées

    Ce ne sont pas les agents engagés au quotidien, jour et nuit, sur les nombreux sites du centre hospitalier intercommunal qui vont s’en plaindre. Bien au contraire, même. Puisqu’ils vont pouvoir disposer de lieux fonctionnels pour profiter d’un temps de repos mérité et surtout indispensable pour assurer leur mission en sécurité. Et supporter les conditions de travail très dégradées avec entre autres une hausse constante des charges de travail du fait d’un manque d’effectif chronique.

    C’est d’ailleurs ce que souligne la direction, elle-même, en mettant en avant leur dévouement malgré « un environnement matériel de travail en assez mauvais état », précisant que les personnels assurent une qualité de prise en charge reconnue par tous les usagers.

    Une satisfaction qui ne doit surtout pas faire oublier, poursuit-elle, les difficultés que les personnels rencontrent au quotidien.

    L’occasion de rappeler que le métier de soignant est en effet une des activités professionnelles les plus exposées. Leur engagement les confrontant quotidiennement à des risques infectieux, des blessures et Troubles MusculoSqueletiques (lombalgies, pathologie épaules…) avec les manutentions répétées de charges et de personnes, aux chutes et aux glissades. Mais aussi à de nombreuses sources de stress telles qu’un épuisement induit par les cadences intenses et répétées, la confrontation constante à la maladie, à la fin de vie et à la mort, ainsi qu’aux petites et grandes violences en provenance des patients et de leur entourage.

    Le recours au privé

    qui interroge

    D’où l’importance de pouvoir avoir accès à des salles de pause pour, le temps d’un moment, se mettre à l’abri et recharger ses accus.

    D’autant que la majorité des professionnels travaillent 12 heures consécutives et ne quittent pas ou très peu leur service sur ce temps. Les pauses s’organisent en fonction de l’activité de service avec l’obligation légale d’une, de 20 minutes, toutes les 6 heures, comprenant la restauration.

    L’aménagement de leur environnement de travail devient donc d’autant plus indispensable. D’autant que cela permet aussi, outre l’indispensable repos physique et mental, de se retrouver pour les besoins de l’organisation même du service. Des lieux, pointe la direction, propice à plus de concertation et de coopération entre soignants et de cohésions des équipes, où l’on peut retrouver des informations important aussi. Et peut-être même où l’on peut questionner ensemble le manque de moyens pour exercer ses missions.

    « L’enjeu à proposer aux soignants des salles de pause agréables et fonctionnelles est donc crucial et l’établissement en a fait une priorité dans ses appels à mécénat avec la chance extraordinaire d’avoir été entendu et soutenu immédiatement par le fonds de dotation MGL des entreprises Lauvige », précise l’établissement.

    En tout ce sont 30 salles qui vont être modernisées sur l’ensemble des sites du centre hospitalier pour un coût de 55 000 euros prix en charge en intégralité par le mécénat.

    Le centre hospitalier annonce également lancer en fin d’année via son nouveau fonds de dotation Còrdea, un appel à dons à destination des commerçants et habitants du territoire pour équiper en électroménager et en fauteuil de repos ces salles de pause rénovées.

    Solliciter la « générosité » du privé, pourquoi pas. Mais ça en dit long tout de même sur le sous-investissement de l’État dans l’hôpital public et le service public de santé.

  • De grands travaux sur la ligne emblématique de la Côte Bleue

    De grands travaux sur la ligne emblématique de la Côte Bleue

    C’est une ligne qui longe l’une des plus belles côtes de Méditerranée. Sur près de 32 km, le train de la Côte Bleue offre un panorama exceptionnel entre calanques aux eaux turquoise, viaducs et petits ports, en passant notamment par l’Estaque, Niolon, Ensuès-la-Redonne, Carry-le-Rouet, Sausset-les-Pins, mais aussi Martigues, Port-de-Bouc, Fos-sur-Mer, Istres et Miramas.

    L’été, sa fréquentation explose. Sur les mois estivaux, l’augmentation atteint 66% en 2024 et 52% en 2025, d’après les chiffres de la Région Sud. L’an dernier, au mois d’août, 2,9 millions de voyageurs ont emprunté le TER. Ils étaient 1,5 million en janvier, soit une progression proche des +100%. « Le plan de transport est adapté en période estivale, avec deux trains supplémentaires dans le sens Marseille-Miramas le matin, deux trains en plus le week-end, mais aussi un renfort de capacité pour le retour des plages l’après-midi », détaille la collectivité.

    La CGT plaide pour plus de moyens humains. « La première revendication c’est de remettre du personnel dans les gares pour rouvrir des guichets, qui ont quasiment tous été supprimés depuis trois ans, appuie Christophe Morard, secrétaire général des cheminots de Miramas. On a des équipes mobiles qui vont d’une gare à l’autre, mais c’est pas suffisant, surtout l’été. Avant-hier, une personne s’est fait écraser à Istres, la circulation a été coupée. Pour renseigner les voyageurs dans ces situations-là, c’est compliqué. »

    Un viaduc reconstruit

    Le TER ne fonctionne pas qu’au retour des beaux jours. « C’est une ligne du quotidien empruntée par de nombreux travailleurs », souligne l’élu syndical, qui estime que l’offre est « adaptée », bien que de gros travaux soient à prévoir.

    Entre 2020 et 2021, 35 millions d’euros ont été investis urgemment par les pouvoirs publics (dont 19 millions par la Région) pour régénérer 26 km de voies entre l’Estaque et Carry-le-Rouet, supprimer les ralentissements, et rétablir une desserte équivalente à celle de 2019 (2 TER par heure en pointe). En parallèle, SNCF Réseau a investi 11,4 millions d’euros supplémentaires pour sécuriser tunnels et versants rocheux. La modernisation se poursuit dans le cadre du Contrat de plan État-Région 2021-2027, avec une nouvelle enveloppe de 48 millions d’euros financée à parts égales par l’État, la Région et la Métropole. D’ici 2030, environ 30 km de rails, de traverses et ballast devraient être renouvelés, les tunnels et les ouvrages d’art consolidés.

    « Situés en contrebas d’anciennes friches industrielles utilisant ou transformant des métaux lourds, les tunnels de Rio Tinto et des Riaux et le viaduc de Vauclair ont été dégradés par l’infiltration d’eaux pluviales polluées provenant de ces entreprises », explique SNCF Réseau, qui se donne l’objectif « d’empêcher la transmission de la pollution à l’intérieur des tunnels afin de garantir la pérennité des structures et de revenir à la vitesse nominale de 100 km/h (contre 40 km/h actuellement) sur le viaduc », qui sera entièrement démoli et reconstruit.

    Les travaux sont prévus à l’horizon 2028, pour environ deux ans. Compte tenu de leur ampleur, la ligne sera fermée temporairement. La concertation préalable, initialement prévue entre juin et juillet 2026, est envisagée à l’automne. Christophe Morard commente : « Ce chantier est une nécessité si on veut pas fermer la ligne. Il y a moins d’agents pour effectuer la maintenance classique, les problématiques sont remontées moins souvent, donc c’est sûr qu’on est toujours plus dans l’urgence que dans l’anticipation ».

  • Dans le Vaucluse, la canicule fait disjoncter un réseau à moderniser

    Dans le Vaucluse, la canicule fait disjoncter un réseau à moderniser

    Il y a tout juste un an, lors d’un conseil communautaire du Grand Avignon, les élus s’étaient retrouvés dans le noir, tentant tant bien que mal de continuer à débattre et voter malgré plusieurs coupures de courant. Une scène cocasse qui illustrait une panne d’électricité affectant le secteur d’Agroparc mais aussi de Montfavet ou Vedène. Un cas loin d’être isolé qui s’est reproduit à plusieurs reprises depuis juin en Vaucluse mais aussi à Arles ou Aubagne, où les maires des deux communes viennent de demander des comptes et des mesures concrètes à Enedis, gestionnaire du réseau, face à ces pannes à répétition.

    À Avignon, 5 400 clients ont ainsi été privés d’électricité pendant environ 17 heures entre ce samedi et dimanche. Dimanche soir également, plusieurs secteurs de Cavaillon ont été plongés dans le noir pénalisant 1 300 foyers, parfois quelques minutes et jusqu’à trois heures. Fin juin, jusqu’à 9 000 foyers étaient aussi sans courant, principalement à Orange, pendant plus d’une journée, impactant fortement les habitants mais aussi hôpitaux et commerçants. Des cas différents, mais une même cause : « Les très fortes chaleurs cumulées sur plusieurs jours avec une température qui ne descend pas la nuit ont fait monter la température des sols goudronnés jusqu’à 80 degrés par endroits, ce qui a mis en forte contrainte les réseaux souterrains. Les zones urbaines sont potentiellement les plus touchées par ce type de phénomène à cause des sols goudronnés », indique Enedis.

    Une double peine donc, où les habitants n’ont plus de jus pour faire tourner ventilateurs, clim, éventuels appareils respiratoires ou, plus trivialement, machines à glaçons, mais aussi pour les agents Enedis qui doivent intervenir en urgence sous fortes chaleurs pour réparer. Si la vigilance canicule est levée depuis ce mardi matin, ces épisodes sont voués à se reproduire. Enedis en a bien conscience et relayait, dès le mois de mai, des vidéos didactiques sur les effets de la canicule sur les réseaux souterrains.

    De nouveaux câbles divisant le risque par 33

    « Face à ces évolutions, Enedis adapte en profondeur son réseau pour renforcer sa résilience face aux fortes chaleurs, nous répond l’opérateur. Cela passe par un programme continu de modernisation des infrastructures, incluant le renouvellement des équipements les plus sensibles à la chaleur. » Un plan national d’investissements de 26 milliards d’euros sur la période 2026-2040 a été engagé, « dont plus de 15 milliards d’euros sur l’adaptation au changement climatique ». En 2025, 40 millions d’euros ont été investis en Vaucluse permettant de moderniser « plusieurs dizaines de kilomètres du réseau » sur les 15 170km du département.

    Une grande majorité de câbles date encore de la période 1965-1981 et atteignent leurs limites. Désormais, Enedis opte pour des câbles à isolation synthétique, qui « offrent une meilleure tenue thermique et une plus grande fiabilité ». Selon Enedis, ils divisent « par 33 le nombre d’incidents en période chaude ».

  • À Istres, l’incinérateur de Suez reçoit un avis défavorable

    À Istres, l’incinérateur de Suez reçoit un avis défavorable

    Les conclusions ont mis un coup dans l’aile de l’incinérateur. Alors que l’enquête publique du projet « Istres recyclage et énergie » (dit Iren) porté par Suez s’est achevée le 2 juin après un mois et demi de consultations, le commissaire-enquêteur a rendu son avis le 31 juillet. Et concernant l’unité de valorisation énergétique de type CSR (combustible solide de récupération), il est défavorable. Philippe Magnus pointe notamment l’absence de concertation préalable, l’usage du terme « chaufferie » plutôt qu’incinérateur jugé trompeur et l’absence de débouchés pour l’énergie produite, faute de réseau de chaleur à proximité. Le maire Robin Prétot (LR) salue une « première victoire » collective.

    Dévoilé par Marsactu quelques jours après les élections municipales, ce projet a immédiatement suscité une levée de boucliers de la part des élus et associations locales, et plus largement de la population. Le rapport de l’enquête publique soulève une « participation exceptionnelle par son ampleur ». Au total, 4 114 contributions ont été déposées. Entre 80% et 89% d’entre elles y sont défavorables. Deux pétitions en ligne ont recueilli 466 signatures et près de 900 personnes ont participé aux deux réunions.

    250 millions d’investissement

    C’est bien cette unité de valorisation CSR qui pose problème. Elle est présentée par Suez comme une réponse à la possible fermeture de plusieurs centres pour des raisons réglementaires, supprimant 350 000 tonnes de capacité de stockage. Gardanne, les Pennes-Mirabeau et Septèmes-les-Vallons pourraient être concernés d’ici 2032. Mais pour les habitants et leur maire, « pas question qu’Istres devienne la poubelle de la région ». Le commissaire-enquêteur relève d’ailleurs que l’implantation du site, « excentrée sur le territoire (…) par rapport au centre de la Métropole », constitue un point négatif, tout comme sa proximité avec plusieurs infrastructures industrielles. Cette opposition franche et massive a donc porté ses fruits. « Ce n’est qu’une étape, rappelle Robin Prétot. La Ville poursuivra désormais son action auprès des services de l’État afin que cet avis défavorable soit pleinement entendu et que le projet d’incinérateur soit définitivement abandonné. » D’autres composantes du dossier ont reçu l’avis favorable de Philippe Magnus : l’unité de méthanisation, la modernisation du centre CSR, et la nouvelle unité de réception, de tri et de préparation de déchets valorisables. C’est un projet global que Suez souhaite déployer sur le site de La Grande Groupède, qu’il exploite depuis 2011, pour un investissement de 250 millions d’euros. La décision revient au préfet des Bouches-du-Rhône.

  • Les sapeurs pompiers restent sur le pied de guerre

    Les sapeurs pompiers restent sur le pied de guerre

    Les sapeurs-pompiers professionnels sont à bout de souffle. La saison des feux, qui n’est toujours pas terminée, est d’une ampleur inédite. À l’heure où nous écrivons ces lignes, quelque 120 000 hectares ont été parcourus par les flammes en France. Et les moyens manquent. « Si la sécurité civile tient aujourd’hui c’est grâce à l’engagement exceptionnel des agents, mais elle ne peut plus reposer uniquement sur leur dévouement », alerte Xavier Boy, porte-parole de l’intersyndicale des sapeurs-pompiers professionnels. « Les interventions augmentent, les crises se multiplient, les risques et la société évoluent mais les moyens ne suivent pas », déplore-t-il entouré par les membres des neuf syndicats représentatifs des services d’incendie et de secours (Sdis), pointant l’« insuffisance d’un système arrivé à saturation ».

    Cette conférence de presse était donnée devant le ministère de l’Intérieur, où les soldats du feu ont été reçus ce jeudi 13 août pendant près de deux heures par Laurent Nuñez à qui ils ont exposé leurs revendications. En tête de liste figure l’adoption rapide d’un projet de loi de modernisation de la sécurité civile. « Le ministre n’est pas au rendez-vous, nous n’avons pas eu de réponse concrète. Nous n’avons aucune affirmation ni sur le financement, ni sur la stratégie de financement, ni sur le contenu du projet de loi », fustige Xavier Boy. Sur X, le locataire de la place Beauvau assure que le texte sera présenté « début septembre » par ses services au Premier ministre. Les sapeurs-pompiers seront eux, reçus le 8 septembre.

    Les syndicats réclament par ailleurs des recrutements massifs de sapeurs pompiers professionnels, à hauteur de 21 000 personnes – qui s’ajouteraient à l’effectif actuel de 44 000 -, et d’agents techniques et administratifs.

    « L’été que nous vivons doit tous nous interroger »

    Ils exigent également un budget « permettant de garantir la protection de la santé de nos agents », l’ouverture de négociations avec leur ministre de tutelle « sur les conditions d’exercice » et enfin « une loi de financement de la Sécurité sociale juste qui pourra intégrer enfin nos attentes historiques en matière de retraite ».

    Si le premier flic de France a loué sur le réseau social de « longs échanges très francs », les pompiers eux, se disent « déçus, on s’attendait à des réponses beaucoup plus fortes et concrètes », pousse Laurent Guilloteau, membre du collectif CGT des SDIS. « Face à l’immobilisme de l’État, on va augmenter le rapport de force », fait valoir le sous-officier des Sdis 13.

    « L’été que nous vivons doit tous nous interroger », abonde l’intersyndicale dans un communiqué commun publié à l’issue de la rencontre. Entre évacuations, habitations détruites, les sapeurs-pompiers déplorent quatre morts dans leurs rangs et des centaines de blessés. « Nous sommes arrivés à un point de rupture (…) Il y a urgence », alerte l’intersyndicale qui annonce une grande mobilisation nationale le 29 septembre prochain. Et entend, d’ici là, maintenir la pression sur l’exécutif, les départements dont proviennent leurs financements et les parlementaires.

  • Le réseau d’électricité arlésien sous surveillance

    Le réseau d’électricité arlésien sous surveillance

    Depuis le 4 août, les habitants d’Arles sont privés d’électricité à répétition. Mardi dernier, plus de 2 000 foyers ont été touchés, de La Roquette jusqu’aux Alyscamps en passant par le centre-ville. Le lendemain, c’est au tour du quartier de Trinquetaille. Jeudi, 8 000 foyers ont été plongés dans le noir toute la nuit.

    Les fortes chaleurs cumulées et le thermostat qui ne descend pas en dessous de 25 degrés la nuit font monter la température des sols jusqu’à 80 degrés, mettant sous contrainte les équipements. Enedis utilise un camion de recherche de défaut pour localiser précisément les réparations pour optimiser les interventions.

    Le maire d’Arles Patrick de Carolis (Horizons) réagit : « Ces coupures d’électricité pénalisent de nombreux habitants mais aussi nos commerçants, restaurateurs, artisans et professionnels, en pleine saison estivale. (…) Nous attendons désormais des explications précises et, surtout, des engagements sur les investissements nécessaires pour disposer d’un réseau électrique fiable et adapté aux réalités climatiques de notre territoire ». Une réunion avec Enedis va être programmée.

    Signée en janvier 2025, une convention entre la Ville et le gestionnaire prévoit d’ores et déjà un renforcement de la coordination des travaux de modernisation du réseau électrique, dont le remplacement des câbles enterrés, avec les chantiers prévus par la municipalité. Soit un investissement de 5 millions d’euros d’ici 2028 pour l’opérateur.

  • La concertation publique de la SNCF souligne les attentes des habitants des Hautes-Alpes

    La concertation publique de la SNCF souligne les attentes des habitants des Hautes-Alpes

    Alors que les chantiers du plan de modernisation ferroviaire des Alpes du sud à 367 millions d’euros débuteront en 2027, la SNCF avait promis de consulter et d’associer au projet les premiers concernés, à savoir les habitants des Hautes-Alpes. Et ils ont répondu présents. La SNCF a publié ce mercredi le bilan de ces consultations menées du 13 avril au 29 mai : 4 428 visiteurs uniques se sont rendus sur le site internet et 193 personnes ont participé aux différentes réunions publiques, pour un total de 462 contributions recueillies. Parmi les demandes les plus citées, 86 appellent à développer un train du quotidien, 74 à augmenter la fréquence de passage et mieux adapter les horaires, 66 à désenclaver le territoire, 32 à améliorer la fiabilité et réduire le temps de trajet, 54 à améliorer et maintenir les dessertes, et enfin 51 à rouvrir des gares. Si le document ne liste pas chaque proposition concrète, la consultation dessine une demande claire : le retour d’un train pensé pour l’usage quotidien de ses habitants.

    Peu d’idées nouvelles retenues

    Est-ce que ces propositions ont été entendues et intégrées dans le projet ? C’est là que le bât blesse. « La concertation a donc confirmé l’opportunité du projet pour assurer la sauvegarde et la remise à niveau de la ligne des Alpes du Sud », affirme le document. Si la participation à la consultation confirme les attentes locales d’une rénovation du rail, peu de propositions vraiment nouvelles ou innovantes ont été retenues. Exit l’électrification de la ligne, jugée trop coûteuse en l’état, idem pour le doublement des voies, quant à la réouverture de l’axe Digne-les-Bains – Saint-Auban, demandée localement depuis près de trois décennies, « l’équilibre socio-économique de cette réouverture n’a pas encore été démontré par les études réalisées à date », selon la SNCF.

    Quant à la demande de réouverture des gares, l’entreprise « prend acte des demandes locales » mais cet objectif « ne fait pas l’objet du programme prévu et des investissements financiers convenus pour le projet ». Enfin, alors que la faible fréquence de passage et les tarifs font régulièrement l’objet de critiques d’usagers, l’entreprise rappelle que ces éléments relèvent de la compétence de la région Paca pour le TER et de l’État pour le train de nuit.

  • À Montpellier, du biogaz produit à partir des eaux usées

    À Montpellier, du biogaz produit à partir des eaux usées

    Nouvelle étape franchie dans le projet de modernisation de la station d’épuration Maera, à Lattes. Le 4 juin, a été mise en service une unité de production de gaz vert, du biométhane. Concrètement, la méthanisation des déchets alimentaires, des fumiers ou des boues de la station d’épuration permettra de créer du biogaz, qui sera directement injecté dans les réseaux de GRDF. Ainsi, 9 000 logements pourront être alimentés en gaz à l’année, ou 3 000 logements en eau chaude et en chauffage ou encore 124 bus du réseau de la TAM. Une manière de lutter contre le dérèglement climatique, le biogaz étant une énergie renouvelable, contrairement aux énergies fossiles comme le gaz issu des hydrocarbures. La Métropole dirigée par le socialiste Michaël Delafosse ambitionne de tripler sa production de biogaz d’ici 2029, passant de 10 GWh à 32 GWh.

    Car cette mise en service s’inscrit dans un vaste projet de modernisation de la station d’épuration. « C’est un chantier représentant 165 millions d’euros, le plus grand de la métropole depuis que la ligne 5 de tramway est terminée. Dans ce cadre-là, il y a tout un ensemble d’opérations qui ont été faites. On a augmenté le volume d’équivalent de traitement pour l’assainissement, mais aussi il y a plusieurs choses qui ont été faites sur les capacités en termes de production d’énergie. On va donc avoir trois types de production d’énergie. La production de création de gaz et d’injection de gaz. Bientôt, on aura une unité de valorisation énergétique des boues qui va permettre de produire de l’énergie et en plus, on aura tout un tas d’installations photovoltaïques. Là on est à la première phase de la réinjection de gaz à travers la production de méthane », détaille Manu Reynaud, élu à la Métropole et président de la Régie des eaux de Montpellier Méditerranée Métropole. Ainsi, en 2028, près de 10% du gaz consommé sur la métropole sera d’origine renouvelable et produit localement.

    Maera, une station

    à énergie positive

    Une manière, pour la collectivité, d’atteindre la neutralité carbone à l’horizon 2050, dans le cadre de son Plan climat air énergie territorial et solidaire (PCAETs) et de faire de Maera, une « station à énergie positive ». Comprendre : la station produira plus d’énergie qu’elle n’en consomme. Pour ce faire, une seconde tranche d’injection de biogaz sera mise en service. La future UVE (unité de valorisation énergétique) – qui pourra générer jusqu’à 24 GWh – et la pose des futurs panneaux photovoltaïques permettront aussi d’atteindre cet objectif. « Les boues restantes des eaux usées seront traitées au sein de cette future UVE pour nous aider à produire de la chaleur. Il restera de ce traitement thermique des cendres qui seront valorisées », précise Laurence Burgaud, directrice déléguée de la Régie des eaux de la métropole. Ainsi, Maera devrait produire deux fois plus d’énergie qu’elle en consomme.

    En ligne de mire également, la souveraineté énergétique, dans un contexte de chaos sur la scène internationale. En se répercutant sur le prix de l’énergie, les conséquences des guerres mettent en évidence la dépendance de l’Hexagone à l’égard de certains pays, notamment la Russie ou l’Algérie. « Cette question est essentielle pour toutes nos politiques publiques. On essaie de trouver toutes les technologies qu’on peut avoir sur nos différentes productions qui sont intégrées au PCAETs », soutient Manu Reynaud.

    Un objectif que la métropole tente d’atteindre grâce à Maera mais aussi par le triplement des réseaux de chaleur existant sur son territoire, notamment via la construction de chaufferies bois mais aussi par la géothermie, la réutilisation de la chaleur des eaux usées à Beausoleil ou celle issue des datacentres à Eureka. D’ici quatre ans, pas moins de 45 000 foyers seront raccordés aux réseaux de chaleur. Autant d’actions montrant que Montpellier veut prendre le train de la transition énergétique.

  • Un nouveau Samu pour plus de réactivité

    Un nouveau Samu pour plus de réactivité

    Derrière les grues et les camions qui s’activent à l’arrière du centre hospitalier de La Timone, à Marseille (5e), un nouveau bâtiment se détache. C’est ici que les équipes du service d’aide médicale d’urgence (Samu) 13 ont déménagé à la fin du mois de mai.

    Inaugurés ce mardi par le préfet de région, le directeur de l’assistance publique hôpitaux de Marseille (AP-HM), le directeur de l’agence régionale de santé et celui de la région Sud, ces locaux flambant neufs s’inscrivent dans le projet de modernisation de l’AP-HM, porté notamment par l’Etat dans le cadre de Marseille en Grand. Un nouvel espace qui permettra au Samu de répondre aux crises au niveau départemental, régional et zonal, incluant aussi l’Occitanie et la Corse.

    « Faciliter les choses »

    Le Samu est un service qui permet d’orienter au mieux les patients par téléphone vers les urgences ou la médecine de ville suivant l’urgence, et peut également déployer un transport médicalisé. Ce nouvel espace marseillais permettra notamment d’élargir son champ d’expertise, avec en plus d’un centre de régulation, un centre anti poison et des dispositifs de prévention contre le risque suicidaire.

    « Cet endroit change beaucoup de choses, c’est vraiment plus agréable d’y travailler », affirme Marine Jarzembowski, médecin au Samu depuis 2021. Le nouveau bâtiment de trois étages permet notamment le stationnement de tous les véhicules du Samu au même endroit, alors qu’ils étaient avant éparpillés sur le parking de l’hôpital « ce qui facilite les choses », souligne la médecin.

    La salle de régulation, où le personnel répond et régule les appels, est pourvue d’écrans supplémentaires « pour voir en temps réel les entrées aux urgences et donc diriger au mieux les patients qui nous appellent », explique Marine Jarzembowski. Ce qui permet d’éviter au mieux l’engorgement des urgences. De nouveaux outils informatiques et téléphoniques permettent également une « réponse en 45 secondes en moyenne », indique le Dr Faouzia Heireche, directrice médicale du Samu 13.

    Ces nouveaux locaux ont également été pensés pour pouvoir s’adapter à des situations de crise. Des postes supplémentaires dans la salle de régulation sont par exemple prévus pour permettre des renforts. Par ailleurs, trois salles de crises modulables permettent au Samu de réagir rapidement et gérer « des épisodes majeurs comme les JO, des coupes du monde, des épidémies comme l’hantavirus ou des crises climatiques comme aujourd’hui », explique François Crémieux, le directeur général de l’AP-HM. Le nouvel épisode caniculaire que connait la région entrainant une augmentation des appels montre la nécessité de ce lieu qui permet une meilleure prise en charge de ce flux.

    Un argument pour les JO

    Le bâtiment est également certifié « bioclimatique » afin de mieux s’adapter à l’augmentation des températures. Un isolement extérieur, des brise-soleil ainsi que des brasseurs d’air permettent d’utiliser le moins possible la climatisation dont le bâtiment est doté, et de l’utiliser peu quand elle est nécessaire.

    Un projet sorti de terre en deux ans que la région Sud a également soutenu, y voyant une réponse adéquate aux crises à venir et essentiel au rayonnement régional. « Cette excellence logistique a été un des arguments décisifs lors de notre candidature pour l’obtention des Jeux olympiques d’hiver et paralympiques de 2030 », affirme Renaud Muselier, le président (Ren.) de la Région sud.

    ET AUSSI

    Le Département mobilisé pour aider les personnes fragiles

    Le Département des Bouches-du-Rhône s’appuie notamment sur les 50 Maisons du Bel Age, pour aider les personnes âgées face à la canicule. Une veille sanitaire est également assurée, avec des appels téléphoniques réguliers aux 7 000 personnes isolées de plus de 85 ans recensées. Les travailleurs sociaux du Département sont aussi sensibilisés pour accompagner les bénéficiaires de l’Allocation personnalisée d’autonomie.

    FO rappelle leurs droits aux salariés

    Face à ces fortes chaleurs, de nombreux métiers peuvent devenir dangereux. Lorsque les mesures de prévention mises en place par l’employeur ne suffisent pas à assurer la sécurité, les salariés peuvent faire valoir leur droit d’alerte et de retrait, indique l’union départementale de Force ouvrière. L’Institut national de recherche et de sécurité pour la prévention des accidents du travail et des maladies professionnelles recommande de prendre des mesures de prévention à partir de 28°C pour les activités physiques, et 30°C pour les activités sédentaires, rappelle-t-elle.

    Un dispositif de prévention à Martigues

    La municipalité de Martigues entend porter une attention particulière aux enfants accueillis dans les crèches et les écoles, qui sont d’ores et déjà dotées d’équipements de rafraîchissement ou climatiseurs. Les personnes vulnérables peuvent s’inscrire sur un registre communal.

    Des écoles climatisées à Port-de-Bouc

    La Ville de Port-de-Bouc a décidé de lancer une commande exceptionnelle de climatiseurs, face aux fortes chaleurs annoncées pour la semaine prochaine, « afin de garantir des conditions d’apprentissage et d’enseignement plus supportables dans les écoles de la commune » jusqu’aux vacances d’été. La commande comprend l’acquisition de 24 climatiseurs et 24 ventilateurs, répartis en fonction des besoins identifiés dans les établissements.

  • Marcegaglia investit 600 millions d’euros dans son projet Mistral

    Marcegaglia investit 600 millions d’euros dans son projet Mistral

    Après l’échec du projet Carbon, c’est une nouvelle qui met du baume au cœur au secteur industriel. En marge du sommet Choose France, qui s’est ouvert ce lundi à Versailles, Marcegaglia annonce un investissement de 600 millions d’euros supplémentaires pour son projet Mistral, à Fos-sur-Mer. Le montant total mobilisé atteindra ainsi environ 1,2 milliard d’euros sur le site.

    L’aciériste italien, qui a repris le site Ascometal en juin 2024, entend moderniser l’outil de production historique pour passer d’environ 100 000 tonnes à 150 000 tonnes d’aciers spéciaux par an (activité historique de l’usine), et construire une nouvelle unité de production pour produire 2 millions de tonnes d’aciers standards bas-carbone par an, d’ici 2028.

    Cette dernière « intégrera l’intelligence artificielle et sera alimentée par une électricité décarbonée, visant des performances de référence en sobriété énergétique et en empreinte carbone », souligne le groupe, qui a conclu, il y a un an, un accord partenarial de fourniture d’électricité d’origine nucléaire d’au moins dix ans avec EDF.

    La nouvelle unité de production fera partie des toutes premières de ce type en Europe et permettra de réduire les émissions de gaz à effet de serre de 80% par rapport à une production en cycle complet. « En France, on avait pas vu de projet de cette envergure depuis 50 ans », note François Barges, délégué syndical CGT à Fos. Elle couvrira environ 35% des besoins du groupe Marcegaglia en coils et brames, avec pour objectif d’approvisionner principalement ses installations en aval, en Italie, pour ses différents clients.

    Les voyants au vert

    Si, pour le moment, la décision finale d’investissement n’a pas encore été rendue, l’élu du personnel assure qu’il y a « des signaux positifs et des voyants au vert » concernant ce projet. « On est en phase de recrutement », confie-t-il. Alors que l’usine emploie 320 salariés, les effectifs devraient atteindre 700 employés une fois « Mistral » opérationnel. Fin avril, Marcegaglia avait déjà annoncé la signature d’un accord stratégique de 450 millions d’euros avec Danieli, portant sur la fourniture d’équipements sidérurgiques et de pièces de rechange destinés à sa future aciérie de brames à faible empreinte carbone. Néanmoins, François Barges nuance : « En termes de modernisation, on y est pas du tout. Au contraire, le marché est atone, on court après les volumes, notamment pour le fil. » Le délégué syndical résume : « L’acier chinois inonde le marché et nousn on en pâtit. »

    En avril dernier, les institutions bruxelloises ont trouvé un accord ambitieux de sauvegarde de l’acier européen, qui devrait apporter un peu de répit au secteur industriel.

    Le texte européen, qui doit entrer en vigueur le 1er juillet, assurera une meilleure traçabilité des produits et introduira une limitation des volumes d’importation en franchise de droits à 18,3 millions de tonnes par an, soit une réduction de 47% par rapport aux quotas de 2024. Ces nouveaux quotas sont calés sur les niveaux d’importation de 2013, avant que le marché ne soit déséquilibré par la montée en puissance des surcapacités chinoises. Un droit de douane de 50% s’appliquera aux importations dépassant le contingent et aux produits sidérurgiques non-couverts par celui-ci. Actuellement, cette taxation s’élève à 25%.

    En attendant, à Fos-sur-Mer, « pour l’année 2026, ça va devenir compliqué, déplore François Barges. Il y a des réorganisations de secteurs en cours et des périodes conséquentes de chômage partiel. (…) Entre ce qu’on nous annonce et ce qu’on vit, il y a deux mondes, et la problématique est là. »