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  • [Entretien exclusif] François Crémieux, AP-HM : « Nous avons deux années devant nous qui sont les plus difficiles »

    [Entretien exclusif] François Crémieux, AP-HM : « Nous avons deux années devant nous qui sont les plus difficiles »

    La Marseillaise : Le conseil de surveillance a alerté, le 16 octobre, sur les difficultés de trésorerie de l’AP-HM. Comment en arrive-t-on là ?

    François Crémieux : C’était attendu depuis plusieurs années, la Chambre régionale des comptes avait fait ce diagnostic-là dès 2022. Entre 2005 et 2016, l’AP-HM s’est endettée de manière exceptionnelle à hauteur de plus d’un milliard d’euros, ce qui l’a conduite à être endettée à hauteur de 90% du montant de ses recettes, une situation exceptionnelle en France. Sur la même période, les déficits se sont cumulés. Les aides reçues pendant le Covid ont gelé tout cela. Dans l’après-Covid, nous avons eu, au tout début, beaucoup de postes vacants, et donc des dépenses et des recettes moindres. Mais cela continuait à être sécurisé par les dispositifs Covid. Désormais, nous nous retrouvons dans la situation d’avant le Covid, avec un endettement qui reste extrêmement élevé, même s’il a baissé progressivement. Depuis 2020, il est passé de plus d’un milliard à 850 millions d’euros, et en proportion du budget, il a baissé de 90% à 45%. Nous avons repris notre activité normale, nous avons à la fois recruté des professionnels et rouvert des lits. Résultat, nous nous retrouvons face à l’impact de cette dette historique sur notre trésorerie. Au moment des discussions sur les reprises de dette post-Covid, l’AP-HM aurait dû avoir une reprise de dette d’à peu près 500 millions d’euros, finalement, cela a été capé à environ 250 millions d’euros. La situation s’aggrave en 2027 parce que nous avons les décaissements des grands plans de travaux, comme le projet du pôle Femmes-Parents-Enfants. Cela nécessite des aides en trésorerie exceptionnelles pour l’assistance publique en 2027 et 2028.

    Vous alertez sur un risque pour la continuité du service public. Quelles sont les conséquences aujourd’hui ?

    F. C. : La direction des finances jongle avec une trésorerie très serrée, cela nous oblige à prioriser nos paiements. Nous avons un délai de paiement moyen de 110 jours, cela devrait être légalement à 40 jours. En France, les hôpitaux sont en moyenne autour de 70 jours. Nous arrivons bon an mal an à prioriser nos versements en fonction de l’urgence pour nos fournisseurs et des nécessités pour continuer notre activité. Mais il ne faut pas que ça s’aggrave plus. Il faut que la trésorerie permette à tout moment de ne pas augmenter significativement les délais de paiement au-delà d’une centaine de jours.

    Cela risque-t-il de retarder les chantiers de modernisation de l’AP-HM ?

    F. C. : Ce serait le pire des scénarios. Les chantiers de modernisation sont très largement subventionnés, il n’y a pas d’impact budgétaire sur nos investissements puisque nous avons des subventions de l’État, notamment dans le cadre de Marseille en grand, et des collectivités territoriales. Aucun de ces co-financeurs ne nous fait défaut. Mais il faut qu’on s’assure que la trésorerie soit là pour pouvoir décaisser au moment où ces bâtiments sont livrés.

    L’État est venu en aide à l’AP-HM l’été dernier, cela n’a pas suffi ?

    F. C. : Les aides annoncées, deux fois 20 millions d’euros en 2025 puis en 2026, étaient nécessaires pour tenir cette trésorerie. C’était un engagement de Madame Catherine Vautrin. Nous avons maintenant besoin d’un engagement pour 2027 et 2028.

    De quoi l’AP-HM a-t-elle besoin pour passer ce cap ?

    F. C. : Nous ne pouvons pas donner de chiffre précis, c’est en cours de discussion, y compris techniquement. L’ordre de grandeur serait à peu près de 70 millions d’euros, pour maintenir cette trésorerie à hauteur d’une centaine de jours de délais de paiements en 2027.

    Comment l’AP-HM fait-elle pour réduire ses dépenses dans ce contexte ?

    F. C. : Il n’y a pas de baisses de dépenses, nous ralentissons leur progression, comme tous les autres hôpitaux. En 2026, les dépenses de personnel n’augmentent que de 3%, pour des raisons liées à l’évolution des carrières, à l’augmentation des rémunérations pour les gardes et astreintes des médecins. Mais les dépenses de médicaments augmentent de 8% alors que les tarifs n’augmentent pas en 2026. Nous avons un plan d’efficience, comme d’autres, avec une série de mesures. Sur le personnel, nous déployons des pools de professionnels pour compenser les absences et éviter de fermer des lits, maintenir l’activité. Nous travaillons à la maîtrise de la prescription de médicaments et de biologies, qui sont deux éléments qui coûtent, avec un travail sur la traçabilité des dispositifs médicaux. Nous avons aussi fait des efforts considérables sur la dépense énergétique qui augmente, parce que les prix du gaz et de l’électricité ne baissent pas…

    À quel point la flambée des matières premières et des taux d’intérêt pèsent ?

    F.C. : Jusqu’à présent, l’inflation est restée modérée, autour de 3%, mais elle commence à augmenter. Pour l’instant, nos plans d’investissements tiennent leurs budgets : nous avions prévu 23 millions d’euros pour le nouveau Samu, il a coûté environ 22 millions d’euros. Nous nous attendons à 3,5% d’inflation pour les prochains mois, il faut réussir à l’absorber puisque les tarifs n’augmentent pas. Sur les intérêts, nous payons 15 millions d’euros de plus qu’un CHU équivalent dans une situation normale. Et cela fait dix ans que cela dure.

    Craignez-vous les conséquences du projet de loi de financement de la Sécurité sociale actuellement examiné au Parlement ?

    F. C. : Je ne le crains pas particulièrement, mais clairement, cela va être des années difficiles. Il y a aujourd’hui un Ondam [Objectif national des dépenses d’Assurance-maladie, Ndlr] contraint, des tarifs annoncés aujourd’hui à 0% d’évolution. Pourtant nous avons une inflation, une augmentation des taux d’intérêt, l’évolution naturelle des dépenses de personnel et une augmentation très importante des dépenses de médicament. Comme tous les hôpitaux de France, il faut que l’on fasse des efforts assez vite. La difficulté majeure, c’est que nous ne sommes pas un hôpital comme les autres. Nous sommes une assistance publique qui a connu une décennie 2010-2020 de dégradation massive de sa situation financière, et qui connaît une décennie 2020-2030 de rétablissement douloureux de sa situation, en termes d’activité, de fonctionnement, d’investissement, de sécurité. L’objectif est que l’on puisse avoir une décennie sereine en 2030-2040 pendant laquelle nous pourrions réemprunter, développer notre activité, continuer à attirer les professionnels avec des conditions de travail acceptables. Nous devons tenir bon pour amener l’AP-HM à bon port en 2030. Pour ça nous avons deux années devant nous qui sont les plus difficiles, parce que cela coïncide avec les perturbations politiques, géopolitiques, et en même temps avec les gros décaissements pour son plan de modernisation et avec l’historique de cette trésorerie.

    Vous restez optimiste ?

    F. C. : Je suis très optimiste parce que l’AP-HM a montré depuis quelques années qu’elle était capable de se rétablir par rapport à la décennie précédente. Nous avons une activité très dynamique, en augmentation de plus que 4% en 2026, avec un développement de l’hospitalisation à domicile, de l’ambulatoire, avec des équipes très mobilisées. Le plan Marseille en grand se déroule exactement comme annoncé, les travaux n’ont pas de retard, les budgets n’augmentent pas. Oui, nous allons trouver la manière d’être accompagnés pour permettre de passer les deux-trois dernières années compliquées avant une décennie 2030 où les choses seront nettement mieux.

    Rencontre avec l’ARS

    Alors que le directeur général de l’Agence régionale de santé (ARS) Yann Bubien doit rencontrer la direction des hôpitaux de Marseille ce mercredi, il promet : « Nous allons voir ce que nous pouvons faire de mieux pour aider l’AP-HM, qui est notre navire amiral. » Mais il tient à rappeler : « Nous l’aidons déjà beaucoup, nous finançons l’ensemble des projets immobiliers avec les collectivités territoriales, ce qui est rarissime, et nous aidons déjà en trésorerie. »

    Y.S. avec M.R.

  • À Hyères, l’Espace 3 000 enfin rouvert

    À Hyères, l’Espace 3 000 enfin rouvert

    La salle polyvalente, construite en 1988, antre du Hyères-Toulon Var Basket (HTV), était en travaux depuis novembre 2024. Elle a eu droit à un renforcement de sa toiture, mais également à une modernisation globale de sa structure, permettant, notamment, une baisse énergétique de plus de 70%. Prévue pour recevoir 2 500 à 2 800 spectateurs, elle accueillera son premier match du HTV depuis plus de 4 ans, vendredi, face à Orléans.

  • Le laboratoire vétérinaire des Alpes-de-Haute-Provence rénové

    Le laboratoire vétérinaire des Alpes-de-Haute-Provence rénové

    « Elle répond à un double objectif : adapter le patrimoine départemental aux enjeux de sobriété énergétique et conforter un service public sanitaire de proximité au service des habitants et des acteurs du territoire », explique le Département alpin. Isolation, nouvelles menuiseries et protections solaires : 330 000 euros ont été investis par la collectivité « pour améliorer la performance énergétique du bâtiment et le confort de ses 16 agents », détaille la collectivité. ces travaux concernent un équipement qui joue un rôle important dans la politique sanitaire départementale. Au titre de ses missions, le Laboratoire vétérinaire départemental intervient dans 3 grands domaines : santé animale, hygiène alimentaire et hydrologie. Ses 16 agents réalisent environ 88 000 analyses par an : 63 000 pour la santé animale, 17 000 pour l’hygiène alimentaire et 8 000 pour l’hydrologie.

  • Le Diagonal devrait rouvrir le 21 octobre

    Le Diagonal devrait rouvrir le 21 octobre

    C’est une date attendue avec impatience par tous les cinéphiles montpelliérains : la réouverture du « Diago  ». Le 5 mai dernier, l’emblématique cinéma indépendant du centre-ville a baissé le rideau le temps de gros travaux de rénovation et de modernisation qui avaient déjà été reportés d’un an en raison de leur coût important : près de 3 millions d’euros – dont environ 500 000 euros d’aides allouées par le CNC, la Ville de Montpellier et la Région-.
    «
     Comme dit l’adage : les travaux on sait quand ça commence, on ne sait pas quand ça finit… », plaisante Martin Bidou, dirigeant de la société de production et distribution Haut et Court, qui gère le Diagonal depuis 2023. « Mais je pense qu’on rouvrira mercredi 21 octobre. On a vraiment besoin de reprendre notre activité pour les vacances de la Toussaint.
    5 mois de fermeture pour un cinéma indépendant, c’est très long. Sans compter qu’il va falloir rembourser nos emprunts maintenant…
    [de l’ordre de 2,2 millions d’euros, Ndlr] ».

    C’est donc un Diago rénové du sol au plafond – sauf la salle 3 : « on n’avait pas assez d’argent » – que vont retrouver les spectateurs. Toute l’électricité, la plomberie et le lot CVC (chauffage, climatisation, ventilation) ont été refaits, ainsi que la toiture, l’isolation des salles, la déco (fauteuils, tentures murales, moquettes, luminaires…).

    Des projections qui vont gagner en qualité

    Malgré une surface contrainte – « on ne peut pas pousser les murs » –, des espaces d’attente avec des banquettes ont été créés devant les salles, où les spectateurs pourront désormais patienter, afin de désengorger le hall d’entrée. Enfin, les projections vont gagner en qualité grâce au passage à la projection laser, à l’installation d’équipements pour un son haute fidélité et au remplacement de certains écrans. La prochaine étape sera le lancement d’une campagne de crowdfunding auprès du public et d’entreprises mécènes pour recréer à l’identique l’ancienne façade style art déco du bâtiment.

    Mais pour l’heure, l’équipe, inchangée, se concentre sur la réouverture, qui devrait être marquée par « 10 jours festifs, du 21 au 31 octobre, avec un point d’orgue le soir d’Halloween où on imagine un événement rigolo ». Côté programmation, « on va rouvrir avec les films qui sortent à cette date-là et rattraper les films importants qu’on n’a pas pu passer cet été, comme la Palme d’or [Fjord, de Cristian Mungiu, Ndlr] ». Les tarifs des séances, quant à eux, augmenteront très raisonnablement : de 9 à 9,50 euros. « Dans les grandes villes, les cinémas privés sont tous à 11,50 ou 12 euros. On a voulu rester accessible », insiste Martin Bidou.

    A.G.

  • À Istres, les équipements sportifs au cœur d’un plan de financement

    À Istres, les équipements sportifs au cœur d’un plan de financement

    Deux équipements sportifs ont fait peau neuve, et ce n’est qu’un début. Le « plan Coubertin », promis par la majorité istréenne, est sur les rails. Cette rentrée, les licenciés ont réinvesti les gymnases Rolland-Cauche et Pierre-Solère, dont les chantiers avaient été engagés sous l’ancienne mandature. Dans le premier, 349 000 euros, dont 25 000 pour du mobilier neuf, ont été investis pour la réfection de la toiture, des vestiaires, des sanitaires, des éclairages et des espaces de circulation. Le gymnase du CEC a lui aussi bénéficié d’une rénovation d’ampleur, avec près de 466 000 euros de travaux.

    « Ces annonces ne résolvent pas tout, a reconnu le maire (LR), Robin Prétot, lors de la rentrée des associations sportives. C’est pourquoi nous avons lancé un plan Coubertin pour connaître l’état de l’ensemble des équipements et programmer un calendrier soutenable. »

    Si le diagnostic est en cours, quelques priorités sont déjà fléchées : « Le plus urgent dépend de la Métropole, révèle l’élu. C’est le gymnase Cavalloni où il y a le volley. On a des fuites d’eau, le toit est percé ». Le gymnase Bardin est aussi en bonne position, tout comme la halle polyvalente du CEC qui accueille le sport phare de la Ville, le handball, dont l’équipe était, la saison passée, en 1re division. Il s’agit de « modernisation pour avoir une structure adaptée à un club qui joue à haut niveau », résume l’adjoint au maire délégué aux sports, Pascal Delon. La majorité envisage des loges, des panneaux publicitaires encastrés dans le sol, ou encore des écrans, bien que rien ne soit encore arrêté.

    Si la démarche est engagée, « elle concerne l’ensemble des sites sportifs, on ne va pas prétendre tout faire en une année, ni même en un seul mandat », prévient Robin Prétot.

  • À Avignon, fronde contre le projet d’externalisation de la crèche de l’hôpital

    À Avignon, fronde contre le projet d’externalisation de la crèche de l’hôpital

    Si quelques membres de la CGT Santé se rendent bien à Marseille, ce mardi 15 septembre, afin de participer à la manifestation régionale, une mobilisation est également prévue dès 9h30 devant le bâtiment administratif. Les syndicats dénoncent un projet « d’externalisation de la crèche intrahospitalière ».

    Dans des courriers distincts, la CGT et FO, qui citent également la CFDT, appellent à maintenir la crèche entre les murs de l’établissement. « Sous des prétextes non avérés, le directeur du CH d’Avignon veut externaliser ce service essentiel aux professionnels de santé hospitaliers », regrette la CGT. Le syndicat a également adressé une lettre au maire d’Avignon, Olivier Galzi (DVD), également président du conseil de surveillance. Celui-ci n’a, pour l’heure, pas répondu, selon la CGT. « Cette crèche dispose d’horaires élargis qui permettent aux professionnels de notre établissement de lier les impératifs de leurs métiers et les nécessités familiales », abonde dans un communiqué le syndicat FO de l’hôpital. Une pétition contre ce projet a récolté plus de 2 000 signatures.

    Pas de financements

    « On se farcit les couches toute la nuit, c’est pas pour qu’on nous embête en plus la journée », abonde Patrick Bourdillon, secrétaire CGT du centre hospitalier. Une action symbolique doit être menée afin d’illustrer ces inquiétudes.

    Contacté par La Marseillaise, le directeur, Pierre Pinzelli, assure « qu’à ce stade, aucune décision définitive n’a été prise concernant les modalités futures d’organisation ou le lieu d’implantation de la crèche, si ce n’est d’avoir acté le maintien durable et la modernisation de la crèche des agents du centre hospitalier d’Avignon ». Il précise toutefois que le bâtiment actuel « ne répond plus à tous les besoins (structure vieillissante, mise aux normes nécessitant des travaux estimés à plus d’un million d’euros) et que l’établissement ne dispose pas de ce financement, sa priorité d’investissement restant les équipements médicaux et le projet architectural des services de soins. »

  • Les salles de repos du personnel de l’hôpital de Brignoles bientôt toutes réhabilitées

    Les salles de repos du personnel de l’hôpital de Brignoles bientôt toutes réhabilitées

    Ce ne sont pas les agents engagés au quotidien, jour et nuit, sur les nombreux sites du centre hospitalier intercommunal qui vont s’en plaindre. Bien au contraire, même. Puisqu’ils vont pouvoir disposer de lieux fonctionnels pour profiter d’un temps de repos mérité et surtout indispensable pour assurer leur mission en sécurité. Et supporter les conditions de travail très dégradées avec entre autres une hausse constante des charges de travail du fait d’un manque d’effectif chronique.

    C’est d’ailleurs ce que souligne la direction, elle-même, en mettant en avant leur dévouement malgré « un environnement matériel de travail en assez mauvais état », précisant que les personnels assurent une qualité de prise en charge reconnue par tous les usagers.

    Une satisfaction qui ne doit surtout pas faire oublier, poursuit-elle, les difficultés que les personnels rencontrent au quotidien.

    L’occasion de rappeler que le métier de soignant est en effet une des activités professionnelles les plus exposées. Leur engagement les confrontant quotidiennement à des risques infectieux, des blessures et Troubles MusculoSqueletiques (lombalgies, pathologie épaules…) avec les manutentions répétées de charges et de personnes, aux chutes et aux glissades. Mais aussi à de nombreuses sources de stress telles qu’un épuisement induit par les cadences intenses et répétées, la confrontation constante à la maladie, à la fin de vie et à la mort, ainsi qu’aux petites et grandes violences en provenance des patients et de leur entourage.

    Le recours au privé

    qui interroge

    D’où l’importance de pouvoir avoir accès à des salles de pause pour, le temps d’un moment, se mettre à l’abri et recharger ses accus.

    D’autant que la majorité des professionnels travaillent 12 heures consécutives et ne quittent pas ou très peu leur service sur ce temps. Les pauses s’organisent en fonction de l’activité de service avec l’obligation légale d’une, de 20 minutes, toutes les 6 heures, comprenant la restauration.

    L’aménagement de leur environnement de travail devient donc d’autant plus indispensable. D’autant que cela permet aussi, outre l’indispensable repos physique et mental, de se retrouver pour les besoins de l’organisation même du service. Des lieux, pointe la direction, propice à plus de concertation et de coopération entre soignants et de cohésions des équipes, où l’on peut retrouver des informations important aussi. Et peut-être même où l’on peut questionner ensemble le manque de moyens pour exercer ses missions.

    « L’enjeu à proposer aux soignants des salles de pause agréables et fonctionnelles est donc crucial et l’établissement en a fait une priorité dans ses appels à mécénat avec la chance extraordinaire d’avoir été entendu et soutenu immédiatement par le fonds de dotation MGL des entreprises Lauvige », précise l’établissement.

    En tout ce sont 30 salles qui vont être modernisées sur l’ensemble des sites du centre hospitalier pour un coût de 55 000 euros prix en charge en intégralité par le mécénat.

    Le centre hospitalier annonce également lancer en fin d’année via son nouveau fonds de dotation Còrdea, un appel à dons à destination des commerçants et habitants du territoire pour équiper en électroménager et en fauteuil de repos ces salles de pause rénovées.

    Solliciter la « générosité » du privé, pourquoi pas. Mais ça en dit long tout de même sur le sous-investissement de l’État dans l’hôpital public et le service public de santé.

  • De grands travaux sur la ligne emblématique de la Côte Bleue

    De grands travaux sur la ligne emblématique de la Côte Bleue

    C’est une ligne qui longe l’une des plus belles côtes de Méditerranée. Sur près de 32 km, le train de la Côte Bleue offre un panorama exceptionnel entre calanques aux eaux turquoise, viaducs et petits ports, en passant notamment par l’Estaque, Niolon, Ensuès-la-Redonne, Carry-le-Rouet, Sausset-les-Pins, mais aussi Martigues, Port-de-Bouc, Fos-sur-Mer, Istres et Miramas.

    L’été, sa fréquentation explose. Sur les mois estivaux, l’augmentation atteint 66% en 2024 et 52% en 2025, d’après les chiffres de la Région Sud. L’an dernier, au mois d’août, 2,9 millions de voyageurs ont emprunté le TER. Ils étaient 1,5 million en janvier, soit une progression proche des +100%. « Le plan de transport est adapté en période estivale, avec deux trains supplémentaires dans le sens Marseille-Miramas le matin, deux trains en plus le week-end, mais aussi un renfort de capacité pour le retour des plages l’après-midi », détaille la collectivité.

    La CGT plaide pour plus de moyens humains. « La première revendication c’est de remettre du personnel dans les gares pour rouvrir des guichets, qui ont quasiment tous été supprimés depuis trois ans, appuie Christophe Morard, secrétaire général des cheminots de Miramas. On a des équipes mobiles qui vont d’une gare à l’autre, mais c’est pas suffisant, surtout l’été. Avant-hier, une personne s’est fait écraser à Istres, la circulation a été coupée. Pour renseigner les voyageurs dans ces situations-là, c’est compliqué. »

    Un viaduc reconstruit

    Le TER ne fonctionne pas qu’au retour des beaux jours. « C’est une ligne du quotidien empruntée par de nombreux travailleurs », souligne l’élu syndical, qui estime que l’offre est « adaptée », bien que de gros travaux soient à prévoir.

    Entre 2020 et 2021, 35 millions d’euros ont été investis urgemment par les pouvoirs publics (dont 19 millions par la Région) pour régénérer 26 km de voies entre l’Estaque et Carry-le-Rouet, supprimer les ralentissements, et rétablir une desserte équivalente à celle de 2019 (2 TER par heure en pointe). En parallèle, SNCF Réseau a investi 11,4 millions d’euros supplémentaires pour sécuriser tunnels et versants rocheux. La modernisation se poursuit dans le cadre du Contrat de plan État-Région 2021-2027, avec une nouvelle enveloppe de 48 millions d’euros financée à parts égales par l’État, la Région et la Métropole. D’ici 2030, environ 30 km de rails, de traverses et ballast devraient être renouvelés, les tunnels et les ouvrages d’art consolidés.

    « Situés en contrebas d’anciennes friches industrielles utilisant ou transformant des métaux lourds, les tunnels de Rio Tinto et des Riaux et le viaduc de Vauclair ont été dégradés par l’infiltration d’eaux pluviales polluées provenant de ces entreprises », explique SNCF Réseau, qui se donne l’objectif « d’empêcher la transmission de la pollution à l’intérieur des tunnels afin de garantir la pérennité des structures et de revenir à la vitesse nominale de 100 km/h (contre 40 km/h actuellement) sur le viaduc », qui sera entièrement démoli et reconstruit.

    Les travaux sont prévus à l’horizon 2028, pour environ deux ans. Compte tenu de leur ampleur, la ligne sera fermée temporairement. La concertation préalable, initialement prévue entre juin et juillet 2026, est envisagée à l’automne. Christophe Morard commente : « Ce chantier est une nécessité si on veut pas fermer la ligne. Il y a moins d’agents pour effectuer la maintenance classique, les problématiques sont remontées moins souvent, donc c’est sûr qu’on est toujours plus dans l’urgence que dans l’anticipation ».

  • Dans le Vaucluse, la canicule fait disjoncter un réseau à moderniser

    Dans le Vaucluse, la canicule fait disjoncter un réseau à moderniser

    Il y a tout juste un an, lors d’un conseil communautaire du Grand Avignon, les élus s’étaient retrouvés dans le noir, tentant tant bien que mal de continuer à débattre et voter malgré plusieurs coupures de courant. Une scène cocasse qui illustrait une panne d’électricité affectant le secteur d’Agroparc mais aussi de Montfavet ou Vedène. Un cas loin d’être isolé qui s’est reproduit à plusieurs reprises depuis juin en Vaucluse mais aussi à Arles ou Aubagne, où les maires des deux communes viennent de demander des comptes et des mesures concrètes à Enedis, gestionnaire du réseau, face à ces pannes à répétition.

    À Avignon, 5 400 clients ont ainsi été privés d’électricité pendant environ 17 heures entre ce samedi et dimanche. Dimanche soir également, plusieurs secteurs de Cavaillon ont été plongés dans le noir pénalisant 1 300 foyers, parfois quelques minutes et jusqu’à trois heures. Fin juin, jusqu’à 9 000 foyers étaient aussi sans courant, principalement à Orange, pendant plus d’une journée, impactant fortement les habitants mais aussi hôpitaux et commerçants. Des cas différents, mais une même cause : « Les très fortes chaleurs cumulées sur plusieurs jours avec une température qui ne descend pas la nuit ont fait monter la température des sols goudronnés jusqu’à 80 degrés par endroits, ce qui a mis en forte contrainte les réseaux souterrains. Les zones urbaines sont potentiellement les plus touchées par ce type de phénomène à cause des sols goudronnés », indique Enedis.

    Une double peine donc, où les habitants n’ont plus de jus pour faire tourner ventilateurs, clim, éventuels appareils respiratoires ou, plus trivialement, machines à glaçons, mais aussi pour les agents Enedis qui doivent intervenir en urgence sous fortes chaleurs pour réparer. Si la vigilance canicule est levée depuis ce mardi matin, ces épisodes sont voués à se reproduire. Enedis en a bien conscience et relayait, dès le mois de mai, des vidéos didactiques sur les effets de la canicule sur les réseaux souterrains.

    De nouveaux câbles divisant le risque par 33

    « Face à ces évolutions, Enedis adapte en profondeur son réseau pour renforcer sa résilience face aux fortes chaleurs, nous répond l’opérateur. Cela passe par un programme continu de modernisation des infrastructures, incluant le renouvellement des équipements les plus sensibles à la chaleur. » Un plan national d’investissements de 26 milliards d’euros sur la période 2026-2040 a été engagé, « dont plus de 15 milliards d’euros sur l’adaptation au changement climatique ». En 2025, 40 millions d’euros ont été investis en Vaucluse permettant de moderniser « plusieurs dizaines de kilomètres du réseau » sur les 15 170km du département.

    Une grande majorité de câbles date encore de la période 1965-1981 et atteignent leurs limites. Désormais, Enedis opte pour des câbles à isolation synthétique, qui « offrent une meilleure tenue thermique et une plus grande fiabilité ». Selon Enedis, ils divisent « par 33 le nombre d’incidents en période chaude ».

  • À Istres, l’incinérateur de Suez reçoit un avis défavorable

    À Istres, l’incinérateur de Suez reçoit un avis défavorable

    Les conclusions ont mis un coup dans l’aile de l’incinérateur. Alors que l’enquête publique du projet « Istres recyclage et énergie » (dit Iren) porté par Suez s’est achevée le 2 juin après un mois et demi de consultations, le commissaire-enquêteur a rendu son avis le 31 juillet. Et concernant l’unité de valorisation énergétique de type CSR (combustible solide de récupération), il est défavorable. Philippe Magnus pointe notamment l’absence de concertation préalable, l’usage du terme « chaufferie » plutôt qu’incinérateur jugé trompeur et l’absence de débouchés pour l’énergie produite, faute de réseau de chaleur à proximité. Le maire Robin Prétot (LR) salue une « première victoire » collective.

    Dévoilé par Marsactu quelques jours après les élections municipales, ce projet a immédiatement suscité une levée de boucliers de la part des élus et associations locales, et plus largement de la population. Le rapport de l’enquête publique soulève une « participation exceptionnelle par son ampleur ». Au total, 4 114 contributions ont été déposées. Entre 80% et 89% d’entre elles y sont défavorables. Deux pétitions en ligne ont recueilli 466 signatures et près de 900 personnes ont participé aux deux réunions.

    250 millions d’investissement

    C’est bien cette unité de valorisation CSR qui pose problème. Elle est présentée par Suez comme une réponse à la possible fermeture de plusieurs centres pour des raisons réglementaires, supprimant 350 000 tonnes de capacité de stockage. Gardanne, les Pennes-Mirabeau et Septèmes-les-Vallons pourraient être concernés d’ici 2032. Mais pour les habitants et leur maire, « pas question qu’Istres devienne la poubelle de la région ». Le commissaire-enquêteur relève d’ailleurs que l’implantation du site, « excentrée sur le territoire (…) par rapport au centre de la Métropole », constitue un point négatif, tout comme sa proximité avec plusieurs infrastructures industrielles. Cette opposition franche et massive a donc porté ses fruits. « Ce n’est qu’une étape, rappelle Robin Prétot. La Ville poursuivra désormais son action auprès des services de l’État afin que cet avis défavorable soit pleinement entendu et que le projet d’incinérateur soit définitivement abandonné. » D’autres composantes du dossier ont reçu l’avis favorable de Philippe Magnus : l’unité de méthanisation, la modernisation du centre CSR, et la nouvelle unité de réception, de tri et de préparation de déchets valorisables. C’est un projet global que Suez souhaite déployer sur le site de La Grande Groupède, qu’il exploite depuis 2011, pour un investissement de 250 millions d’euros. La décision revient au préfet des Bouches-du-Rhône.