Tag: MLM2026

  • Ludovic Montoro : « La Marseillaise est devenue un concours incontournable »

    Ludovic Montoro : « La Marseillaise est devenue un concours incontournable »

    La Marseillaise : Vous disputez ce Mondial aux côtés de Ligan Doerr et Nelson Ziegler. Comment s’est montée cette partie ?

    Ludovic Montoro : Ça s’est fait au dernier moment. Je ne devais pas jouer, j’avais prévu de me reposer avant les grosses échéances de l’été. Malheureusement, Michel Hatchadourian s’est blessé dans un accident du travail et n’a pas pu venir. Ligan [Doerr] et Nelson [Ziegler] ont pensé à moi. Je suis heureux d’être là, même si j’aurais préféré que ce soit dans d’autres circonstances. J’espère surtout que Michel se rétablira vite.

    Qu’est-ce qui vous surprend
    le plus chez Ligan Doerr
     ?

    L.M. : Sa maturité. Malgré son jeune âge, on a l’impression de jouer avec quelqu’un de beaucoup plus expérimenté. Son parcours aux côtés d’Henri Lacroix lui a énormément apporté. Comme d’autres jeunes de sa génération, il a grandi très vite dans le jeu.

    Quelle place occupe le Mondial dans votre saison boulistique ?

    L.M. : C’est le concours le plus médiatique et il s’est énormément professionnalisé. Aujourd’hui, tous les meilleurs joueurs veulent le gagner. C’est devenu un rendez-vous incontournable et le véritable lancement de notre saison estivale.

    Certains adorent l’ambiance
    de La Marseillaise, d’autres champions ont parfois du mal. Quel est votre positionnement ?

    L.M. : C’est la fête de la pétanque. Il y a une vraie proximité avec le public, dans une ambiance conviviale. En même temps, l’organisation est de plus en plus rigoureuse. Cet équilibre entre fête populaire et compétition de haut niveau fait tout le charme de La Marseillaise.

    Quel est votre meilleur souvenir au Mondial La Marseillaise
    à pétanque ?

    L.M. : La première victoire reste forcément spéciale. Mais la deuxième m’a encore plus marqué, car ma femme était présente. Ces deux titres ont surtout été remportés avec une bande de copains très soudée. Aujourd’hui, c’est de plus en plus rare de gagner avec de vrais amis, et c’est ce qui rend ces souvenirs encore plus précieux. C’est un regret de ne pas avoir fait un championnat de France tous les trois. Il y avait quelque chose dans cette équipe, une vraie alchimie et de l’amitié. Avec Jean-Michel, plus calme, et les tempéraments différents, ça fonctionnait bien. Quand on jouait bien, on déroulait, mais on n’a jamais pu voir jusqu’où ça pouvait aller sur un grand championnat.

    Est-ce que cette triplette fut la meilleure de votre carrière ?

    L.M. : C’est un regret de ne pas avoir fait un championnat de France tous les trois. Il y avait quelque chose dans cette équipe, une vraie alchimie et de l’amitié. Avec Jean-Michel, plus calme, et des tempéraments différents, ça fonctionnait bien sans que ça déborde. Quand on jouait bien, on déroulait, mais on n’a jamais pu voir ce que ça aurait donné sur un championnat de France.

    Quel est le secret, à vos yeux, de cette Marseillaise quand on voit des terrains qui sont difficiles ?

    L.M. : Il faut s’adapter à des terrains très techniques, plus roulants que ceux que l’on joue habituellement. Ils demandent beaucoup de précision et de concentration, car la moindre erreur peut coûter très cher. Ce sont des terrains à l’ancienne, avec des dévers, qui obligent à adopter une approche différente.

    Est-ce que la force d’un bon pointeur, dans la pétanque moderne, est de savoir tirer aussi efficacement qu’un tireur ?

    L.M. : À La Marseillaise, les parties se gagnent souvent au point. Les terrains rendent le tir plus difficile, mais les quelques boules à tirer sont souvent décisives. Aujourd’hui, le pointeur doit aussi savoir tirer : c’est une évolution imposée par la pétanque moderne et par les terrains actuels.

  • Torea Tairio, les liens du cœur

    Torea Tairio, les liens du cœur

    Un arbre ne peut pas vivre sans ses racines. Torea Tairio non plus. Malgré les 16 000 km qui la séparent de Tahiti, rien ne peut défaire ses liens avec sa terre natale. C’est là qu’elle a grandi, là où vivent ses parents, là aussi qu’elle a joué ses premières parties de pétanque. « C’est venu dès l’enfance, explique-t-elle. Mes grands-parents jouaient à la pétanque, mon père et ma mère aussi, c’est des passionnés. Et moi j’ai commencé la compétition vers mes 15 ans. »

    Son premier club, l’AS Tamarii Punaruu, est celui de Punaania, la ville où elle est née il y a 37 ans. Elle est vite repérée comme un talent en devenir, avec les qualités nécessaires pour atteindre le haut niveau. Confirmation en octobre dernier à Douai, où elle participe pour la première fois au championnat du monde triplette avec l’équipe de France, aux côtés notamment de Nelly Peyré. « On se connaît depuis 3-4 ans, quand Torea est entrée en équipe de France, précise Nelly. Elle a du caractère, et malgré la rivalité sportive, on a une grande complicité. » Idem avec Ludivine Lovet, son autre partenaire lors de cette Marseillaise.

    Les trois jeunes femmes racontent en se chambrant leur affrontement au championnat de France 2023, où Torea a battu Ludivine en demi-finale, avant d’échouer pour le titre face à Nelly. Leur entente ne leur a pas permis de triompher cette année. Avec six participations au Mondial, Torea a atteint sa deuxième finale, après sa victoire en 2024. Arrivée en métropole en 2009, la Tahitienne n’a jamais vraiment quitté son île. Elle la porte dans son cœur et même à fleur de peau, avec ce long tatouage qui recouvre tout son bras gauche. « C’est Maohi, c’est mes racines, c’est précieux. Ça raconte mon histoire, des dessins représentent ce que j’ai souffert, d’autres sont des protections. » Elle montre alors un Tiki, les divinités tahitiennes, qui sont à la fois des humains et des dieux. Bien que Torea soit habituellement discrète, voire secrète, sa sensibilité se révèle à l’évocation de Tahiti. « Tout me manque de là-bas, confie-t-elle émue. Heureusement, on s’appelle tous les jours avec mes parents. Ma famille, ma communauté, c’est mon pilier. » Le lien avec sa terre est si fort qu’elle n’envisageait pas que ses enfants naissent ailleurs qu’à Tahiti. Quand elle a suivi son compagnon, Manaia, venu pour l’armée en métropole, elle a d’abord attendu la naissance de son fils, Roihau, qui a fait ses premiers pas sur l’île. Puis en 2013, elle a tenu à rentrer à Tahiti pour que sa fille, Nunaaehau, naisse et passe ses premiers mois là-bas. « C’est pour leur transmettre nos valeurs, le partage, la joie de vivre. » Désormais installée en Haute-Garonne, elle est licenciée à Cazères. « Gilles Rey, le président, a voulu que je signe. Il me suit depuis longtemps, il compte beaucoup dans mon parcours. » Un parcours qui fait bien sûr la fierté des siens. « Quand je joue, mon compagnon et mes enfants sont là, c’est mon ancrage. En début de partie, je les regarde toujours. »

    En défiant la distance, son père lui a fait la surprise d’être présent lors du championnat du monde. « Il m’avait dit qu’il ne pourrait pas venir, et d’un coup, je l’ai vu, c’était incroyable ! »

    « Quand je joue, mon compagnon
    et mes enfants sont là, c’est mon ancrage »

  • Messonnier a imposé sa Loy à l’équipe Grégori

    Messonnier a imposé sa Loy à l’équipe Grégori

    Après un rude cinquième tour, où une équipe de Gémenos les ont poussés dans leurs retranchements, Patrick Messonnier, double vainqueur du Mondial, Yohan Cousin, membre du collectif France, et Michel Loy, triple champion du monde, ont connu lundi une fin de journée plus confortable. Pourtant, sur le papier, leur 64e de finale face à la formation des Provençaux Steve Gimenez et Patrice Grégori, aujourd’hui pensionnaires du Saint-Georges Pétanque sur l’île de Beauté, pouvait grandement les inquiéter par leur force de frappe. Mais le niveau de jeu de Michel Loy a fait la différence. Dura lex, sed lex.

    6e partie

  • [En direct] Un mardi au Mondial la Marseillaise à pétanque

    [En direct] Un mardi au Mondial la Marseillaise à pétanque

    Patientez quelques minutes pour voir le direct apparaitre

  • Une galaxie de champions étoilés au Mondial à pétanque

    Une galaxie de champions étoilés au Mondial à pétanque

    Les combats de chefs ont commencé plus tôt que prévu. Ce lundi a été marqué par des oppositions de très haut niveau, où plusieurs équipes annoncées parmi les favorites comme les outsiders ont déjà laissé des plumes. Une journée digne d’un ring de boxe, avec des K.-O. dans l’air. C’est ainsi que la formation composée de David Riviera, Adrien Delahaye et Mayron Baudino a fini au tapis. Longtemps dominés, parfois acculés dans les cordes (1-11), ils ont subi le retour spectaculaire de Marco Foyot d’un côté et Ludovic Montoro de l’autre, capables de renverser la situation pour arracher une victoire presque inespérée. La marque des grands dans une Marseillaise où la pression est maximale, où les passages à vide se paient cash sous une chaleur écrasante. Le tirage, cruel pour certains et heureux pour d’autres, joue une fois encore un rôle déterminant dans ce marathon où la fraîcheur physique est essentielle. Les chocs se sont enchaînés. Foyot, associé à Sissou Cantarell et Jérémy Fernandez, a su déjouer le piège d’Aimé Courtois dans un stade France 3 en surchauffe, validant ainsi son billet pour les 32e de finale dès le lendemain matin.

    Juste derrière, dans une ambiance toujours aussi dense, la confrontation entre Philippe Roux et Vigo Dubois, deux anciens vainqueurs, a retenu l’attention. Cette fois, Philippe Roux a pris le dessus avec ses partenaires aixois Sébastien Batista et Stéphane Pagni. Antoine Dubois, dit « Vigo », ne décrochera pas sa septième étoile. Les spectateurs affluent, et Dylan Rocher est passé tout près de la sortie. Tous se battent pour gagner, comme beaucoup d’autres encore en course.

    Des outsiders dangereux

    La Marseillaise se montre impitoyable : la moindre faiblesse peut être fatale. On ne sait plus où donner de la tête. Même les spécialistes du long jeu, Hervé Fontani, Alain Valdes et Philippe Stievenart, revenus de très loin lundi matin, ont trouvé les ressources pour décrocher leur place en 32e de finale. On note également la présence d’anciens pointeurs de renom comme Gilles Gayraud ou Michel Adam. Puis viennent les « gros poissons », très gros même, à l’image de Maurel, Durk et Prudhomme, qui avancent sans bruit et sans trembler. Ils seront bien présents dans la course finale, aux côtés de Dylan Rocher, Mickaël Bonetto ou Stéphane Robineau.

    Le Mondial La Marseillaise 2026 s’impose plus que jamais comme un véritable championnat du monde officieux, avec une multitude de prétendants au titre. On pense aux champions du monde malgaches, accompagnés de l’étonnant Franck Picq, mais aussi au Belge Claudy Weibel, heureux de découvrir le stade France 3.

    Sans oublier Jean-Michel Puccinelli et Ligan Doerr, anciens lauréats toujours ambitieux. Luc Laille impressionne au tir depuis dimanche, bien épaulé par un Kévin Philipson en pleine ascension et un Jean-Baptiste Tellene solide à l’appoint. Attention à eux. La journée de mardi s’annonce prometteuse avec la nouvelle formule des quarts de finale.

    15

    C’est le nombre d’anciens vainqueurs du Mondial à être encore en lice, ce mardi matin, lors de cette 65e édition : Yves Rakotoarisoa, Marco Foyot, Tyson Molinas, Jean-Michel Puccinelli, Philippe Roux, Michel Adam, Gilles Gayraud, Patrick Messonnier, Cédric Salvini, Ludovic Montoro, Ligan Doerr, Mickaël Bonetto, Dylan Rocher, Stéphane Robineau et Didier Chagneau.

    Renversant

    La matinée a été riche en émotions, avec plusieurs favoris au bord du gouffre, à l’image de Foyot ou de Montoro, finalement sauvés in extremis. Mais la Marseillaise ne laisse jamais de répit : chaque mène peut renverser une partie, chaque erreur se payer cash, et les écarts se font et se défont à une vitesse folle sous la chaleur déjà pesante.

  • Un vent de fraîcheur avec l’équipe Picard

    Un vent de fraîcheur avec l’équipe Picard

    Nous attendions Charlotte Darodes, quand est arrivée Camille Picard, il en est de même dans la formation d’Anna Maillard, ou en lieu et place d’Angélique Colombet nous avons vu poindre Cindy Peyrot. Dans un parc Borély inondé par le soleil et sous une température étouffante, ces dames se sont lancées à la conquête du titre le plus convoité, en mode concours, de la planète boules.
    Le GP féminin Paprec La Marseillaise. Au terme de ce vendredi, on note que pour 154 triplettes a sonné la fin du voyage et des joueuses pas souvent habituées à sortir si tôt du débat manquent à l’appel. Signe qu’inéluctablement la bataille pour entrer dans l’emballage final aura été impitoyable.

    Un bouquet final

    au parfum national

    Un panel de 32 équipes se retrouve samedi pour aborder les 16e de finale. Premier constat : à de rares exceptions, on note la présence du haut de gamme, une pléiade de joueuses au palmarès qui imposent le respect. Il y a là des championnes de toutes les dimensions. Détaillons, en plus des quatre équipes de France, une équipe belge, une équipe thaïlandaise qui va prendre le meilleur sur la formation de Muriel Ben Hocine, avant que Marie-France Coulange ne venge ses camarades. Des joueuses de dimensions internationales comme la Canadienne Maryse Bergeron, dont on peut penser qu’elle va aider Fabienne Berdoyes à aller décrocher sa septième étoile. Il n’en sera en fait rien, Mélanie Jullien vainqueur en 2023 passera par là. Un trio d’anciennes vainqueurs est là aussi, Sabine Fara, Stéphanie Fournier en 2023 et Axelle Bernard en 2020

    En 8e les joueuses labellisées « France » poursuivent leur marche qui s’annonce triomphale. L’Ajaccienne Coralie Caratini échoue face à Anna Maillard. En quart, c’est Sabine Fara qui s’incline face à Camille Picard.

    En demi-finales, c’est Mélissa Mordenti et les championnes de France qui quittent l’épreuve. Ces dernières battues par Camille Picard et ses partenaires.

    Hier matin, sous un soleil de plomb, les deux teams nationaux se sont retrouvés, dans un central surchauffé, sous un soleil de plomb. Sous l’arbitrage de Jean-Luc Fuentes et Dominique Lebots, arbitres internationaux. Des conditions délicates, qui vont avoir un impact sur la prestation de ces joueuses. Ludivine Lovet et ses partenaires, vont essayer de rechercher la meilleure formule mais rien n’y fera. La formation de Camille Picard, sous l’impulsion de Nadège Baussian-Protat, qui recevra des mains de Sylvette Innocenti le challenge de la meilleure joueuse, va s’imposer en dix mènes sur le score de 13 à 8. On notera que ce résultat empêche Ludivine Lovet de remporter une 4e victoire.

    Évolution du score

    Picard-Lovet : 3-0/5-0 / 5-3/ 6-3/ N/ 9-3/ 10-3 / 10-6 /10-8 / 13-8

  • Les apprentis boulistes rayonnent par leur talent

    Les apprentis boulistes rayonnent par leur talent

    La Roseraie du Parc Borély a fait le plein avec 537 joueurs au coup d’envoi de ce Mondial des Jeunes. Comme l’an dernier, la chaleur était au rendez-vous. Coaches, parents et amis veillaient avec attention sur leurs protégés : glacières et boissons fraîches étaient de rigueur pour affronter cette journée caniculaire. Malgré les températures élevées, personne ne voulait manquer ce rendez-vous devenu incontournable du début de l’été marseillais.

    Commençons par les plus grands, les juniors. Ceux qui sont aux portes du très haut niveau et qui rêvent peut-être de suivre les traces de leurs glorieux aînés : Rocher, Bonetto, Lacroix, Quintais et tant d’autres, qui ont eux aussi débuté leur aventure sur ces terrains.

    L’unique tenant du titre encore en lice est Tylan Kapfer. Ses deux partenaires de l’an dernier étant désormais passés chez les seniors, il est aujourd’hui associé à Ilan Del Rio et Mathys Calderon. Un nouveau défi pour le jeune champion local, qui tentera de réaliser un magnifique doublé et de conserver une couronne chèrement acquise l’an passé.

    Entre exploits sportifs

    et convivialité

    Chez les cadets, les favoris et tenants du titre, Mylan Terryn et Loni Szczotkowski, sont toujours au rendez-vous. Seul changement dans l’équipe : Fabio Marco a laissé sa place à Liam Conti. Les trois garçons seront bien présents en huitièmes de finale avec la ferme intention de défendre leur bien et de poursuivre leur formidable aventure.

    Les minimes ont également le vent en poupe. Comme l’année dernière, Kaylon Vinterstein, Railey Lafleur et Taylor Ladam remettront leur titre en jeu avec l’ambition de conserver leur suprématie dans une catégorie particulièrement relevée. De nombreuses formations des Bouches-du-Rhône forment annuellement de petits prodiges de cette tranche d’âge.

    Tout au long de la journée, l’ambiance a été à la hauteur de l’événement. Entre les encouragements des parents, les conseils avisés des éducateurs et les applaudissements du public, la Roseraie a vibré au rythme des exploits de cette jeunesse passionnée. À l’ombre des arbres ou au bord des terrains, chacun partageait un moment de convivialité où le plaisir du jeu l’emportait sur l’enjeu.

    Car, au-delà de la compétition, le Mondial des Jeunes demeure avant tout une formidable école de vie. Respect de l’adversaire, solidarité entre partenaires, maîtrise de soi et transmission des valeurs de la pétanque provençale constituent l’ADN de cette manifestation unique. Ici se forgent les champions de demain, mais, surtout, les hommes et les femmes qui feront vivre notre sport dans les années, voire les décennies à venir.

    Rendez-vous ce samedi une nouvelle fois à la Roseraie avec, dans toutes les têtes, le même objectif : décrocher une place dans le stade d’honneur et avoir l’immense privilège d’y disputer une finale. Sous un soleil de plomb, la jeunesse de la pétanque va une nouvelle fois démontrer sa passion, son courage et son immense talent. Ils vont briller de mille feux.

  • Marco Foyot : « J’ai tissé une véritable histoire d’amour avec La Marseillaise »

    Marco Foyot : « J’ai tissé une véritable histoire d’amour avec La Marseillaise »

    La Marseillaise : Avec six victoires, vous êtes toujours à une longueur d’Albert Pisapia. Croyez-vous toujours à une septième étoile ?

    Marco Foyot : J’ai déjà raté le coche en 2020, avec Rocher et Robineau, face à la belle équipe de Puccinelli, Renaud et Montoro. Sur celle-là, on avait vraiment une opportunité. C’était ma septième finale, et je ne vais pas me plaindre : j’en ai joué beaucoup. J’ai disputé 15 finales de championnat de France, pour 7 victoires et 8 défaites. J’ai aussi atteint plusieurs demi-finales et quarts de finale, ce qui montre une certaine régularité au plus haut niveau. Au total, je suis entré environ 17 fois dans le dernier carré. Il y avait sans doute de quoi aller chercher une étoile de plus. Cette saison, je repars avec Sissou Cantarell, que je considère comme un petit frère, et Jérémy Fernandez, un joueur que j’apprécie énormément. À moi de faire le travail. Physiquement, j’ai eu quelques soucis, notamment au dos et aux genoux, ce qui rend certaines positions plus compliquées, surtout pour se baisser. Mais la motivation est toujours là. Je continue à marcher, à m’entretenir, même si avec l’âge, tout devient un peu plus exigeant : les boules paraissent plus basses et plus lourdes aussi, forcément, avec le temps.

    Vous faites profiter votre grande expérience aux jeunes de la Boule Aixoise. Quel est le secret pour être un bon coach ?

    M.F. : Mon savoir, je le transmets surtout dans les moments difficiles. Quand ça se passe mal, j’essaie d’expliquer pourquoi, et d’apprendre à jouer aussi dans la perte. Quand tu gagnes 13-0 ou 13-2, c’est facile, il n’y a pas grand-chose à dire. Mais c’est dans les situations compliquées qu’il faut comprendre le « pourquoi du comment ». Cela me renvoie souvent à des flash-back avec mon père, dans les années 1966. J’avais 13 ou 14 ans, je jouais avec mes copains à Meaux, en Seine-et-Marne, au sein du club du Cochonnet Meldois, dont mon père était président, dans le quartier du Parc Frot. C’était un environnement très populaire, avec beaucoup de jeunes, notamment des enfants de familles pieds-noirs. Nous étions parfois 40 ou 50 gamins. C’est mon père qui m’a tout appris, avec exigence et rigueur. Il était dur, mais formateur. Et aujourd’hui, si je peux transmettre à mon tour, à tous les niveaux, c’est aussi pour ça que je fais des stages. J’aime enseigner la pétanque, prendre le temps d’expliquer. Lors de mon dernier stage, par exemple, il y avait 35 personnes dont 9 femmes, et j’accorde une attention particulière à chacun. On ne s’adresse pas à une femme comme à un homme, ni à un adulte comme à un enfant : il faut adapter sa pédagogie. C’est aussi ce qui me plaît. Avec le temps, le regard des autres a aussi évolué. On m’a longtemps mal perçu, peut-être 75% de personnes qui ne m’aimaient pas ou que je dérangeais. Puis c’est devenu plus équilibré, et aujourd’hui, je pense que 90% des gens sont en accord avec moi. Les 10% restants sont souvent des jalousies ou des critiques sans importance. De mon côté, je m’en détache. L’essentiel, c’est de transmettre, d’être en phase avec les personnes que j’apprécie et de continuer à enseigner la pétanque avec la même passion, mais avec davantage de recul et de sérénité.

    Après cinquante ans de carrière, parvenez-vous à continuer à avancer dans le présent et à ne pas rester prisonnier du passé ?

    M.F. : J’ai eu la chance, au fil de ma carrière, de jouer dans quasiment tous les carrés d’honneur des grands rendez-vous. Je n’ai pas connu les toutes premières éditions au stade Vélodrome – à l’époque j’étais encore trop jeune – mais j’ai participé à de nombreuses finales marquantes. J’ai notamment joué à l’Huveaune, au Mucem, sur la barge face à l’hôtel de ville, ou encore au stade du parc Borély. Avant cela, en 1974, ma première grande victoire se fait au Skating, dans une ambiance très particulière, avec les carrés d’honneur installés au Blockhaus. J’ai aussi connu le Prado et d’autres grands lieux emblématiques. J’ai également joué avec Passo et Jojo (Farré), avec une demi-finale à la clé. Toutes ces expériences m’ont permis de traverser différentes époques de la pétanque et de ses grands événements. Aujourd’hui encore, je mesure le chemin parcouru, notamment avec ce qui a été mis en place ces dernières années, grâce à des personnes comme Pierre Guille, et surtout Michel Montana, qui a compté énormément pour moi. C’est quelqu’un qui fait partie de mon histoire. À chaque fois que j’entends son nom, il y a de l’émotion. J’ai tissé une véritable histoire d’amour avec La Marseillaise.

    Le sport a tant changé pour vous ?

    M.F. : La pétanque de haut niveau a beaucoup évolué. Par exemple, en tant que consultant pour TV Monaco sur les Masters, j’ai pu voir de très belles parties, notamment Quintais, Lacroix, Suchaud contre Rocher, Rizzi et Puccinelli. Le niveau reste très élevé. Mais ce qui me manque aujourd’hui, c’est l’ambiance d’autrefois : les grands carrés d’honneur, la Marseillaise, les spectateurs installés avec leurs fauteuils, à écouter les joueurs. Pour moi, la pétanque, c’était presque du théâtre : une triplette, des spectateurs autour, une véritable pièce vivante. Aujourd’hui, cette dimension est beaucoup plus encadrée, voire supprimée. Avec Fazzino, on plaisante souvent en disant qu’on est devenus les « rock’n’roll men » en écopant de cartons de toutes les couleurs… jaunes, bleus, rouges, on ne peut presque plus jouer. Même le temps de jeu a changé : une minute par coup, parfois vingt secondes seulement. Quand je dis aux arbitres que, pour les anciens, il faudrait un peu plus de temps, ils en rient… mais pas toujours. Moi, j’ai de l’humour, j’aime bien mettre un peu les arbitres en scène, mais ce n’est plus vraiment possible aujourd’hui. L’arbitre te dit « 20 secondes », et tu pars avec ça même en rentrant chez toi. J’ai connu une époque où les arbitres avaient un mètre, aujourd’hui, ils ont des chronomètres. C’est un autre monde.

    La pétanque est devenue un sport plus strict, au niveau de son règlement notamment…

    M.F. : Pour moi, on n’est pas sur la bonne voie. Les meilleurs arbitres que j’ai connus, comme Jean-Luc Fuentes ou Roland Armand, avaient une vraie intelligence du jeu. Ils te prévenaient, ils expliquaient les choses. Un bon arbitre doit être transparent dans une partie. S’il voit que tu traînes, que tu n’es pas dans le rond ou que tu fais une erreur, il intervient au début, il pose le cadre, il explique : « voilà la situation, voilà les règles, attention à ça ». Ça, ce sont de bons arbitres. À l’inverse, l’arbitre qui reste les bras croisés derrière toi, à surveiller le moindre geste, les millimètres de pied ou le moindre détail, ça ne correspond pas à l’esprit de la pétanque. À mon sens, la pétanque doit rester entre les mains des joueurs. La fédération a évidemment son rôle, puisqu’elle représente tous les licenciés. Mais on constate une baisse des licences. La pétanque loisir reste très vivante le week-end, les gens continuent à s’amuser, mais ils sont de moins en moins nombreux à prendre une licence.

    Comment faire, selon vous, pour inciter les jeunes à se mettre à la pétanque ?

    M.F. : Avec mes idées, qui viennent aussi de ce que m’a transmis mon père, je reste convaincu d’une chose : il faut aller chercher les jeunes là où ils sont. À une époque, il y a cinquante ou soixante ans, on allait naturellement vers eux, dans les quartiers, dans la vie de tous les jours. Aujourd’hui, la société est plus compliquée, il y a des tensions, des dérives et il faut proposer autre chose. La pétanque peut jouer ce rôle : offrir une alternative, un cadre, une activité simple avec trois boules, mais qui peut apporter du plaisir, de la fierté et parfois même un petit revenu honnête. L’idée, c’est d’ouvrir la pétanque aux jeunes, de leur donner une activité, une passion, plutôt que de les laisser basculer dans d’autres logiques. Aller vers eux, leur expliquer, les impliquer. C’est, pour moi, un vrai rôle social que notre discipline peut encore jouer.

  • Inscriptions Mondial à pétanque : nouveaux records battus !

    Inscriptions Mondial à pétanque : nouveaux records battus !

    Mercredi en milieu de journée, la barre des 4 784 équipes, atteinte en 2025, a été franchie. À son approche, les inscriptions en ligne ont été fermées avec quelques heures d’avance. L’équipe n° 4 785 a été symboliquement attribuée à la triplette de Pierre Guille, l’ancien président délégué du Mondial, qui s’était engagé depuis quelques jours déjà sous les couleurs de la Team Solimut représentée par plus de 250 joueurs à Borély. Dans le GP féminin Paprec, 186 équipes étaient inscrites hier et le Trophée Crédit Mutuel Mondial des jeunes, flirtait avec les 200 participants. Là encore des records battus…