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  • Échanges avec l’un des sept élus sourds en France

    Échanges avec l’un des sept élus sourds en France

    « L’accessibilité pour les sourds est très complexe », signe Anthony Berard devant les participants au Café signe de la Maison des jeunes et de la culture (MJC) de Martigues, samedi soir. L’adjoint (LR) de la mairie des 13e et 14e arrondissements de Marseille est venu à la rencontre des Martégaux parler accessibilité en politique.

    « Seuls sept élus municipaux en France sont sourds », avance Anthony Berard, qui s’est « investi à 15 ans » dans plusieurs associations, puis en politique en 2020. Au travers de son association, les Élus sourds, il veut « obtenir un accès à la politique comme les entendants », avec « un budget alloué aux interprètes en langue des signes pour les petites communes comme les grandes villes ».

    « Le premier sourd que je vois en politique »

    L’un des participants, sourd également, fait remarquer que « c’est la première fois que je vois un sourd en politique ». Il demande quel est le rapport entre le militantisme associatif et la politique. Anthony Berard répond que « c’est la première fois qu’on m’invite » à ce type d’échange, affirmant que « la politique doit être pour tout le monde, car nous avons tous cette envie d’être à égalité avec les entendants ».

    Une enseignante demande quel est le parcours scolaire des sourds. « Je suis allé en institut spécialisé sans entendants, puis en lycée professionnel. Maintenant, il est question d’être inclusif, soit c’est oral, soit bilingue langue des signes, soit à l’écrit. C’est un choix qui revient aux familles », détaille Anthony Berard.

    « Nous avons 9 ans de différence avec ma sœur. Elle était avec des entendants à l’école. Elle est plus autonome dans la société dans laquelle on vit », complète-t-il, sur le volet de l’inclusion scolaire. « Mon rêve est le modèle belge, où les enfants font leur choix de scolarité, mais se retrouvent tous à la pause dans le même établissement », conclut l’élu.

  • [Entretien] Pierre Dharréville : « La Maison de la culture, repaire pour une culture populaire »

    [Entretien] Pierre Dharréville : « La Maison de la culture, repaire pour une culture populaire »

    La Marseillaise : Que vous inspire la figure de Pierre Ambrogiani ?

    Pierre Dharréville : Un grand peintre populaire qui a justement cherché à représenter le peuple, à lui donner toute sa place. à titre personnel, je me rappelle de la toile magnifique d’Ambrogiani qui était dans le bureau de la direction de La Marseillaise [Il a été président du journal entre 2015 et 2017, Ndlr]. Ne l’ayant pas connu, c’est le contact le plus intime que j’ai pu avoir avec lui.

    Il a notamment participé à la création et à l’aventure de la Maison de la culture de Marseille, établie en 1936 au 68, rue Sainte…

    P.Dh. : Dans les années 1930, au niveau national, un certain nombre d’artistes ont envie de se rencontrer et sont préoccupés par la situation politique nationale et internationale. Il y a des initiatives diverses, comme la création de l’association des écrivains et artistes révolutionnaires en 1932. Puis, surviennent les émeutes du 6 février 1934 (la manifestation antiparlementaire organisée par des ligues d’extrême droite provoque 15 morts et plus de 1 000 blessés), qui sont un mouvement déclencheur de l’engagement de beaucoup de gens. Le milieu artistique n’y fait pas exception. C’est dans ce contexte que l’association essaye de prendre de l’élan. à Paris, elle a besoin d’un nouveau siège car ses actions se développent. C’est à cette occasion que la première Maison de la culture est créée, en 1935. Elle va rapidement devenir un lieu de foisonnement, un centre de convergences, là où se croisent et s’installent les associations du cinéma indépendant, du théâtre indépendant, des amis des musées, des peintres… Un peu partout dans le pays, des cercles culturels se forment. C’est dans ce cadre que naît la maison de la culture de Marseille, la deuxième maison à voir le jour en France, avant bien d’autres.

    Quels buts étaient poursuivis par les Maisons de la culture ?

    P.Dh. : D’abord, regrouper les spécialistes des arts et des lettres pour défendre la culture. Puis, permettre la rencontre entre le peuple et les artistes. Une double dimension qui est finalement l’un des vecteurs de la montée en puissance du Front populaire. Une épine dorsale. La Maison de la culture de Marseille a, par exemple, connu une belle inauguration avec la présence d’Aragon et une exposition autour de Daumier. Avec une foule importante pour y assister. Cette maison va vivre et organiser des rencontres. Elle deviendra un repaire pour une culture populaire.

    C’est le régime de Vichy qui signe sa fin ?

    P.Dh. : Lorsque le PCF est interdit en 1939, d’autres organes le sont avec lui. Identifiées comme organes du Front populaire, les Maisons de la culture sont prises pour cibles et les journaux pétainistes parlent d’« établissements d’empoisonnement intellectuel ».

    Les Maisons des jeunes et de la culture (MJC) sont-elles les héritières des Maisons de la culture ?

    P.Dh. : On peut dire qu’il y a une parenté car il y a un esprit d’éducation populaire. à l’époque, elles organisent la rencontre, la pratique du théâtre, de la peinture. L’idée n’est pas seulement de faire parler les grands artistes, même s’il y a bien sûr des événements, spectacles et conférences. Après guerre, les Maisons de la culture ont ressurgi en 1959 sous l’égide d’André Malraux, mais de manière plus institutionnelle. C’est l’une des choses que l’on retient de son mandat au ministère de la Culture.

  • La rentrée de la MJC bat son plein entre théâtre et musique

    La rentrée de la MJC bat son plein entre théâtre et musique

    Je l’inscris à la MJC car il baigne dedans depuis qu’il est petit », confesse Marilyne Pellegrino aux inscriptions de rentrée de la Maison des jeunes et de la culture (MJC) de Martigues mardi dernier. Son fils Hugo vient y découvrir le théâtre, « car je veux devenir Youtubeur et tourner dans un film » argue le jeune garçon en CM2 à La Couronne.

    Un rêve Parmi d’autres, au milieu des dizaines de parents, enfants et autres intéressés par les activités de la MJC. Avec comme nouveauté cette année l’atelier musical des minots, Qui permet à des enfants n’ayant jamais fait de musique de découvrir plusieurs instruments. « On a eu besoin de trouver un moyen pour désengorger les cours de musique qui sont pleins chaque année » indique Elsa Ferrier, chargée de la communication de la MJC. Une nouveauté complétée par un atelier de percussion africaines et de rythmes du monde par Jean-Christophe Herrmann.

    Avec plus de 990 adhérents l’année dernière, la MJC se donne pour « objectif d’atteindre le même nombre cette année » projette Elsa Ferrier, alors qu’ « entre 250 et 300 personnes étaient déjà réinscrites en fin de saison dernière » et que « le temps fort de l’inscription dure jusqu’à la Toussaint ».

    Un ancrage local

    Cette affluence à l’inscription s’explique entre autres par la présence et l’historique de la MJC de Martigues. « On vient voir des pièces de théâtre depuis très longtemps » reprend Marilyne Pellegrino. « Je suis déjà venu voir des spectacles de ma grand-mère » abonde son fils Hugo. Le large éventail d’activités permet d’ailleurs de s’y retrouver à tous ces âges. Comme le dit la mère de Nils Fruit, « il faisait du saxophone avant. Je voulais qu’il fasse une autre activité culturelle alors je l’ai inscrit au théâtre car j’en ai moi-même fait avant ». « Car c’est un sacré comédien » complète-t-elle sur le ton de l’humour.

    Et ces activités ne sont pas que pour remplir le mercredi. « il voulait continuer le saxo mais son ancien professeur arrêtait, alors on est venu ici » conclut la mère de Nils Fruit. On retrouve cette « connaissance intergénérationnelle des habitants », souligne le directeur Isidore Gomis, qui insiste sur « le renouvellement du package, issu chaque année des discussions avec les adhérents sur ce qu’ils ont envie de faire ». Cette liberté est rendue possible par « l’engagement constant de la Ville sans laquelle on fermerait nos portes » indique le directeur, qui revendique l’« équipement le mieux doté dans les Bouches-du-Rhône. Quand je discute avec d’autres collègues je vois qu’ils ne sont pas soutenus comme nous » en comparaison avec les autres structures analogues.

    À noter, le prochain temps fort qu’est la soirée Kanaky le 4 octobre.