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  • Les « fiches poissons » de La Marseillaise à la rencontre du public

    Les « fiches poissons » de La Marseillaise à la rencontre du public

    « Oui, oui, lui je le connais. Ma mère en prépare ! » lance joyeusement Assia, 9 ans en pointant le labre. L’élève de l’école d’Air Bel (11e) est venue visiter le Village des sciences avec sa maîtresse. Daniela Banaru, maîtresse de conférences à Aix-Marseille université, se prête avec enthousiasme au jeu de la découverte auprès des enfants.

    Au mur, une multitude d’articles « entretien » dédiés aux poissons réalisés pour La Marseillaise en collaboration avec la scientifique, Christian Qui, chef cuisinier, les pêcheurs du Vieux-Port, Chimène Voronkoff pour les illustrations et Marie-Laure Thomas pour les enquêtes.

    « Qui es-tu ? D’où viens-tu ? Quand te consomme-t-on ? Et comment te mange-t-on ? » : telles sont les quatre questions posées chaque semaine à une espèce différente, en fonction de sa saisonnalité. L’idée était de sensibiliser à la diversité des poissons frais, sources de protéines accessibles, disponibles sur les étals du Vieux-Port. Toutes les espèces présentées ont été observées à la vente au marché aux poissons au fil des mois.

    « Fielas, sardines, calamars, poulpes ou encore daurade… Nous avons plus 263 espèces en Méditerranée. Certaines sont davantage pêchées que d’autres, ce qui entraîne parfois leur raréfaction, voire leur disparition », explique Daniela Banaru le doigt sur les articles plastifiés.

    Les enfants témoignent en avoir déjà mangé, mais aussi « en avoir vu nager en mer ». La Grande bleue leur est familière. Eden s’exclame : « Il y en a même un qui m’a mordu ! » « Ça doit être un baliste, ce n’est pas bien méchant », le rassure la scientifique. À côté, Naïssa se renfrogne : « Mais moi, je ne sais pas nager. » Des jeux permettent également de mieux appréhender la faune et la flore marines. Le stand, aux couleurs vives, enthousiasme les enfants. On y croise même le spécialiste du crabe bleu, Guillaume Marchessaux, intarissable lorsqu’il s’agit d’évoquer cette espèce invasive.

  • Le village des sciences attend le public durant tout le week-end

    Le village des sciences attend le public durant tout le week-end

    On a tous le même squelette que l’on soit noir ou blanc, homme ou femme » explique une animatrice de l’Unité mixte de recherche (UMR) anthropologie bioculturelle, droit, éthique et santé devant des enfants du CE2 de l’école Louis-Botinelly (4e) massés en cercle autour du dessin d’un squelette grandeur nature. Questions et réponses fusent dans une joyeuse ambiance vendredi, jour dédié aux scolaires dans le village de la science installé sur l’esplanade Bargemon.

    Vient le discours d’ouverture du directeur de recherche au Centre national de la recherche scientifique, délégué régional académique à la recherche et à l’innovation Jean-Luc Parrain. Il souligne « les valeurs de partage, de savoir et d’ouverture qui caractérise cette grande fête. On doit toujours lutter contre les stéréotypes. L’égalité est fondamentale au cœur de la famille mais ensuite à l’école. » Samedi et dimanche, 8 000 personnes sont attendues sur le village ouvert à tous gratuitement, avec un nombre toujours croissant d’interactivité. « Cette 35e édition propose 55 stands et 65 structures participantes », rappelle Solène Merer directrice en région des Petits débrouillards, association organisatrice du village à Marseille.

    à l’extérieur, des tentes blanches sont disposées les unes à côté des autres. Les enfants s’engouffrent très curieux de savoir ce qu’ils vont y découvrir. à l’intérieur, planètes et système solaire attendent leur public, et les expériences de physique ravissent les scolaires qui découvrent que la magie a parfois une explication rationnelle. Sur le stand de l’Institut méditerranéen d’océanologie (MIO), Guillaume Marchessaux, chercheur et spécialiste des espèces invasives sensibilise au crabe bleu. Ambassadeur pour la région Paca, il animera deux conférences intitulées : « Et si on mangeait du crabe bleu pour le réguler ? » ce week-end.

    Samedi et dimanche. 10h-18h.

  • Le crabe bleu, une menace sous surveillance

    Le crabe bleu, une menace sous surveillance

    Mes travaux portent sur les espèces marines invasives et leurs interactions avec les écosystèmes et les activités humaines. J’anime deux conférences sur le crabe bleu lors du Village des sciences à Marseille », explique le chercheur, pour qui « la fête de la science est un extraordinaire moyen de rencontrer le grand public, différent des initiés habituels ».

    Le concept de résilience du système alimentaire est longuement abordé. Mais que signifie-t-il réellement ? Pour Guillaume Marchessaux, « l’idée est de trouver des moyens de pouvoir maintenir une alimentation durable dans le temps. L’alimentation doit intégrer le dérèglement climatique. En mer, on sait qu’il y a des populations de poissons qui sont en crise, en taille et en nombre, comme les sardines. L’idée est de faire connaître des espèces aussi bonnes, et moins chères, car moins demandées. Il faut être prêt à s’adapter, être ouvert d’esprit. C’est ça, la résilience ». Le crabe bleu, espèce invasive arrivée notamment par les eaux de ballast des navires, est un cas particulier car son impact s’étend à tout un socioé-cosystème. « C’est une espèce qui va impacter l’activité de pêche, perturber les actions de gestion de la biodiversité et c’un vrai problème environnemental. »

    Il s’agit du plus grand crustacé des milieux lagunaires méditerranéens. Il ne possède pratiquement aucun prédateur naturel, hormis l’homme. « Une femelle peut pondre 4 millions d’œufs, avec un taux de survie de 4%. C’est énorme. Il faut absolument qu’on le pêche pour arriver à protéger le reste. » Le réguler passe par sa consommation, mais pas uniquement. « Il est riche en chitine, on peut imaginer cibler l’industrie pharmaceutique, mais aussi l’alimentation pour animaux. »

    Espace Bargemon à Marseille (2e), les 10 et 11 octobre, conférence : « Et si on mangeait du crabe bleu pour le réguler ? »

  • Créer un jardin en mer pour les poulpes

    Créer un jardin en mer pour les poulpes

    « À la fois outil de protection et objet de séduction pour attirer les femelles, la cabane des poulpes est un sujet d’étude passionnant », explique Christian Qui se remémorant la chanson des Beatles Octopus’s Garden, qui déjà, en 1970 parlait de façon poétique d’un jardin des poulpes. Plus pragmatique, les pêcheurs en Méditerranée utilisent des pots pour les pêcher. Les poulpes qui s’accrochent à leur maison se retrouvent ainsi embarqués. Les pécheurs locaux confirment l’existence de coquillages, nacres objets brillants et pacotille devant les demeures créant des habitats et des jardins.

    Dans le cadre du dispositif Cordées de la réussite à l’École centrale Méditerranée, l’association Échanges phocéens accompagne les collégiens et les lycéens toute l’année. Emma et Alexandre étudiants, tutorants bénévoles aident des élèves à réussir leur scolarité. Des sorties et activités culturelles sont aussi proposées dans ce cadre. 36 élèves ont choisi de suivre ce stage qui a pour finalité de créer des pots en céramique peints et émaillés destinés à être déposés au large de Marseille, autour des îles du Frioul. « Nous avions rendez-vous ce matin à Castellane, et pas un seul étudiant ne manquait à l’appel pour partir à Luminy », souligne Monira Allaoui chargée de mission ouverture sociale à Centrale.

    Un projet collaboratif

    Daniela Banaru, maître de conférences à l’Institut méditerranéen d’océanologie (MIO) et spécialiste du poulpe, a ouvert jeudi grand les portes du laboratoire pour parler avec eux de ce céphalopode, qu’elle n’hésite pas à qualifier de « plus intelligent des mollusques ». Projections au tableau, présentation du poulpe dans des bocaux remplis d’alcool, différenciation entre espèces, anecdotes. Les questions fusent sur cet être marin passionnant pourvu de neuf cerveaux. « Je suis le dispositif depuis la quatrième. J’adore, ça me permet de sortir et d’apprendre des choses », confie Ghofrane 16 ans visiblement ravie. Pour réaliser et cuire les 40 pots à poulpes, il a fallu mobiliser tout le savoir-faire de Samuele Perraro, céramiste marseillais. « Nous nous sommes inspirés des noix de coco, et pour le trou sur le sommet, on s’est dit que le poulpe verrait mieux arriver le prédateur », explique Christian Qui.

    Vendredi, est le dernier jour de stage. Il démarre par une visite du marché aux poissons sur le port, en espérant découvrir l’animal vivant. Ensuite direction le bateau pour se rendre au Frioul. « Pour bon nombre de ces petits Marseillais, ce sera une première. Ils sont tous hyper motivés, c’est vraiment cool de pouvoir leur offrir ça », confie Emma jeune tutorante.