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  • Une quarantaine de familles expulsées d’un camp à La Capelette

    Une quarantaine de familles expulsées d’un camp à La Capelette

    « Ici, on avait un campement, des chambres, on était là depuis dix ans. Maintenant, on va devoir dormir dehors ! ». Devant la dizaine de camions de CRS et l’accès bloqué au camp situé au 28 boulevard des Aciéries à Marseille, dans le quartier de La Capelette, plusieurs habitants des lieux font part de leur désarroi. À 8 heures, ce jeudi, ils ont reçu la visite des forces de l’ordre dans le cadre d’une « évacuation » des lieux, suite à une décision de Georges-François Leclerc, préfet de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur.

    Une évacuation « avec le concours de la force publique et pour mettre un terme à des conditions de vie indignes », selon la préfecture. Cette dernière explique que « les occupants, dont plus d’une quarantaine d’enfants mineurs, vivaient sur un site infesté de nuisibles et sur lequel était entreposé un volume de 27 000 m³ de déchets de toute nature, dont certains dangereux pour leur santé ». Le tout, sur un « site, propriété de l’État, classé en zone rouge du plan de prévention des risques d’inondation ». Si les ex-habitants des lieux déplorent la décision, la Préfecture assure que le lieu était « squatté depuis 2017 » et le qualifie de « bidonville ». D’où « une ordonnance d’expulsion en date du 25 janvier 2018 confirmée par un arrêt de la cour d’appel d’Aix-en-Provence du 21 mars 2019 ». Concrètement, le terrain abritait 108 personnes, selon les services de l’état. L’association Bamanan, qui les suivait, estime à environ 80 le nombre de familles sur le site, dont de nombreux minots, même si moins d’une quarantaine était présente, ce jeudi matin.

    « Ils n’ont eu que 15 minutes »

    « Ils espéraient avoir un délai avant de partir, là ils n’ont eu que 15 minutes ! Ce n’était pas un squat, le terrain qui appartient à l’Armée avait été mis à disposition », assure Aïcha, l’une des membres de l’association. Elle explique que l’expulsion « s’est bien déroulée », mais dénonce : « Seules les familles avec enfants ont été prises en charge, pas les autres ». De son côté, la Préfecture assure qu’une « solution de mise à l’abri en hôtel a été proposée aux personnes vulnérables. Les autres occupants se sont dispersés par eux-mêmes et dans le calme. Afin de proposer des solutions aux familles ayant quitté les lieux, plusieurs dispositifs subventionnés par l’État seront maintenus pour assurer un suivi social des familles […] ».

    Pas de quoi convaincre la mairie de Marseille. Audrey Garino (PCF), adjointe au maire en charge de l’Action sociale, explique que « la Ville n’était pas partie prenante de cette expulsion et déplore que les mises à l’abri ne soient plus totales lors de ce type d’évacuation ». Plus que ça, elle « condamne le changement de cap des services de l’état » sur le sujet. « Tous les publics à la rue doivent trouver des solutions de mise à l’abri et c’est la mission des services de l’état », conclut-elle.

    Des propos qui font écho à la position de l’avocate des familles, Me Noémie Zerbib. Si elle reconnaît qu’une « ordonnance est intervenue en 2018 et ordonnait une expulsion », elle précise que « la décision n’a jamais été mise en exécution ». « On a saisi le juge d’exécution pour obtenir un délai et avoir un relogement dans des conditions humaines, on a ensuite saisi la cour d’appel avec une demande de suspension d’exécution. Il y a une procédure en cours, on attendait que le premier président de la cour d’appel statue sur notre demande », développe-t-elle. Avant de dénoncer « des conditions déplorables d’expulsion avec des enfants qui doivent rentrer à l’école, des affaires à récupérer et certaines familles pas prises en charge ». En effet, nous avons pu constater qu’a minima, une famille avec un enfant n’avait pas été relogée.

  • Au moins 140 enfants dorment dans la rue en Paca

    Au moins 140 enfants dorment dans la rue en Paca

    Les chiffres du baromètre sur les enfants à la rue réalisé par l’Unicef, la Fédération des acteurs de la solidarité (FAS) et le Collectif des associations pour le logement (CAL) ont de quoi faire froid dans le dos.

    Publié ce jeudi, il fait état d’une situation plus qu’alarmante quant au nombre de minots qui dorment dehors dans la région. « Le constat est accablant : à la veille de la rentrée scolaire 2025, au moins 140 enfants, dont 35 de moins de 3 ans, sont restés sans solution d’hébergement après un appel au 115 en région Provence-Alpes-Côte d’Azur », annonce tristement l’Unicef, par communiqué. Une hausse de 73% par rapport à 2024, preuve d’une « évolution inquiétante du sans-abrisme ». Et de quoi témoigner « des dysfonctionnements majeurs des politiques de lutte contre le sans-abrisme ».

    L’addition est encore plus salée si l’on se base sur le « nombre de personnes en famille en demande non pourvue », c’est-à-dire qui se trouvent sans solution d’hébergement à la suite d’une demande au 115, le Samu social. Elles sont au nombre de 267 dans la région.

    Enfin, l’Unicef note surtout que ces chiffres, bien qu’ils soient en « augmentation constante », sont incomplets. En effet, ils ne « reflètent qu’une partie de la situation de sans-abrisme des enfants ». Ces données « ne comptabilisent pas la situation des personnes dont l’appel au 115 n’a pas été décroché, ainsi que celle des personnes qui n’appellent pas le 115 ». Autre fait d’importance : « Elles ne disent rien de la situation des mineurs non accompagnés (MNA) sans abri, pourtant nombreux ». En clair, les minots qui dorment dans la rue sont sans doute beaucoup plus nombreux.