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  • Le maire de Cuges cherche une alternative à la gratuité des transports

    Le maire de Cuges cherche une alternative à la gratuité des transports

    Rares sont les maires du Pays d’Aubagne et de l’Étoile à s’exprimer contre la fin de la gratuité des transports que Nicolas Isnard, le président (LR) de la Métropole Aix-Marseille Provence, soumet au conseil métropolitain le 15 octobre, lors du vote du budget. Jean-Pierre Squillari (DVG) à Aubagne et Frédéric Szabo (DVD) à la Penne-sur-Huveaune ont affirmé leur ferme opposition à sa suppression. Michel Lan, le maire (DVC) de La Destrousse a lui aussi émis des réserves.

    Jeudi, Bernard Destrot est sorti du bois sur Facebook dans une position d’équilibriste qui se voulait claire mais reste floue. Si le maire (DVD) de Cuges assure qu’il prendra « le vote qu’il faut pour défendre son maintien », entre les lignes, il défend surtout le « principe » de gratuité, « un véritable soutien au pouvoir d’achat » et une politique qui encourage l’usage des transports collectifs, mais moins la mesure de gratuité totale.

    Conscient des difficultés budgétaires auxquelles sont confrontées les collectivités et la Métropole, l’élu estime surtout que d’autres solutions doivent être recherchées avant de faire contribuer les usagers. « Nous devons travailler sur les coûts du réseau », affirme-t-il.

    Adaptations de l’offre

    Partisan d’une « solution alternative », il plaide ainsi pour une analyse approfondie des fréquences, des horaires, du taux de remplissage des lignes et des coûts d’exploitation. Selon lui certaines lignes desservant sa commune « circulent une grande partie de la journée avec une fréquentation particulièrement faible ». Des adaptations de l’offre seraient donc possibles « sans remettre en cause l’essentiel du service rendu ».

    Pour préciser sa position, son cabinet nous livre « la trame d’un courrier adressé à Nicolas Isnard ». Face à une décision « aujourd’hui très mal perçue par une partie importante de la population », il y demande l’examen d’autres scénarios. Le maire évoque un « maintien de la gratuité pour certaines catégories de population », un « dispositif spécifique pour les habitants des communes éloignées des services » ou une « tarification adaptée aux trajets scolaires ».

    Persuadé qu’une solution intermédiaire existe, Bernard Destrot sollicite un échange avec le président et les services métropolitains pour qu’« une étude spécifique puisse être menée pour Cuges-les-pins avant toute décision définitive ». La gratuité pour les siens mais pas pour tous.

  • Les maires du pays aubagnais ne lâcheront pas la gratuité

    Les maires du pays aubagnais ne lâcheront pas la gratuité

    Ils sont décidés à « ne pas se laisser tondre », comme le répète, Jean-Pierre Squillari, le maire (DVG) d’Aubagne. Alors que la Métropole Aix Marseille Provence doit trouver 130 millions d’euros pour boucler son budget et pourrait envisager dans « des économies de bout de chandelle » la remise en cause la gratuité des transports en commun sur Aubagne et le pays de l’Etoile, neuf maires du territoire montent au créneau.

    Réunis lundi, veille de conseil métropolitain, à la mairie de la Destrousse, ils affichent leur unité et leur ferme opposition à tout retour en arrière. Cette gratuité, instaurée il y a 15 ans, « ne coûte que 2 millions », rappelle Jean-Pierre Squillari. « La gratuité n’est vraiment pas le sujet », abonde Véronique Miquelly, la maire (DVD) d’Auriol pour qui « les difficultés sont d’abord liées au désengagement de l’État ».

    Autour de la table, ils défendent l’aspect social, « 500 euros par an pour un couple » glisse le maire d’Aubagne, et écologique d’une mesure « exemplaire » qui a essaimé jusqu’à Tallinn, capitale d’Estonie et plus près de nous, Montpellier. « Il faut une vision à long terme », insiste Eric Bouillé, maire (DVC) de Roquevaire dont la commune située « dans un goulot d’étranglement voit passer 25 000 voitures par jour ». « Alors que le Val’tram arrive on perdrait la gratuité qui sera une clé de la réussite de cette politique publique ? », s’interroge Ambrozio Dolphi, maire (DVD) de La Bouilladisse.

    « On ira au combat »

    « La gratuité, on l’a payé, nous la retirer serait une anomalie. (…) S’il faut aller au combat on ira, il est hors de question de voter une délibération en ce sens », renchérit Serge Perottino, maire (DVD) de Cadolive, venu en soutien de ses voisins même si le bassin de vie de sa commune est « plus tourné vers Aix ». Bernard Destrost, le maire (DVD) de Cuges souligne, lui, les effets bénéfiques « en termes de sécurité », quand à Marseille, des centaines de milliers d’euros sont engagés dans la chasse aux fraudeurs. Les yeux tournés vers les élections sénatoriales, Michel Lan, le maire (DVD) de La Destrousse entend rappeler à ceux qui lui opposent que « la gratuité n’existe pas », que le versement mobilité des entreprises dont le Sénat a refusé d’aligner son montant sur celui de la région Ile de France, peut être discuté.

    Dénonçant des choix qui ont coûté cher sur la réalisation du Val’tram ou du bus à Haut niveau de service, Jean-Pierre Squillari place le sujet au niveau des conquêtes sur le travail des enfants, la gratuité de l’école publique et les congés payés : « Rien n’est acquis, c’est la lutte qui compte », martèle-t-il. « Il n’y a pas que le problème des 2 millions, il y a aussi la question de l’équité qui va être un bâton dans la roue », note dans la salle Maurice Marsiglia (Se déplacer en liberté), appelant à « ne pas se passer des habitants et des citoyens dans ce combat ».

    « Un combat qui doit être mené à l’échelle de l’ensemble métropole », insiste Yves Mesnard, l’ancien maire (DVG) de Roquevaire, un des artisans de la mise en place de la gratuité sur le pays aubagnais, soulignant que la menace pourrait aussi peser sur la gratuité partielle instaurée pour les moins de 11 ans et les plus de 65 ans à Marseille.