Tag: Michel Calvo

  • Dans l’Hérault, pas de plan grand froid mais plus de moyens

    Dans l’Hérault, pas de plan grand froid mais plus de moyens

    Parfois, quand je tends un café chaud à un habitué de nos maraudes, que je discute avec lui cinq minutes, je me demande si ce n’est pas notre dernière conversation parce qu’il est annoncé des températures horribles la nuit. Il faut s’accrocher face à la détresse humaine qu’on croise », soupire Céline Bouloc. La présidente de l’association Action froid à Montpellier est plus qu’inquiète en ce qui concerne les personnes dormant à la rue. Voilà maintenant plusieurs jours qu’une vague de froid s’abat sur l’Hexagone et n’épargne pas Montpellier. Preuve en est, le mercure est négatif la nuit et le ressenti peut atteindre
    -6 °C. Le drame est arrivé le 30 décembre dernier à Montpellier : un jeune homme de 29 ans est décédé à cause du froid. La vague de froid perdurant, la préfecture a décidé d’agir. « Des moyens humains, des équipements spécifiques (sacs de couchage grand froid) et des capacités d’accueil ont été mobilisés en renfort, dès le 31 décembre », fait savoir la préfecture.

    70 places débloquées

    Aussi, avec la Ville de Montpellier, un accueil de nuit a été ouvert le 4 janvier. « Dès la fin de la matinée, le Samu et le SIAO nous avaient fait remonter que les conditions étaient difficiles, les gens étaient en souffrance. Le maire a donc discuté avec la préfète l’hébergement inconditionnel est une compétence de l’État afin d’ouvrir un lieu d’hébergement exceptionnel. Nous avons donc équipé le gymnase Emmanuel-Gambardella en 1 heure avec la Croix Rouge », détaille Michel Calvo, adjoint aux solidarités de la Ville de Montpellier. Le même dispositif avait été mis en place lors de l’épisode cévenol de la fin décembre. Ainsi, 33 personnes dont une femme ont été accueillies le premier soir sur une capacité de 70 places. À l’heure où La Marseillaise mettait sous presse, la mesure était maintenue a minima jusqu’au 8 janvier.

    Mais là où le bât blesse, c’est que la préfecture n’a pas déclenché le plan grand froid – la température doit être en dessous de zéro même en journée – au grand dam des associations. Pourtant, le plan aurait permis une mobilisation générale afin de trouver des places d’hébergement supplémentaires. « Ce qui m’inquiète, c’est qu’après le 8 janvier, on ne va pas retrouver des températures de 20 degrés, qu’est-ce qu’on va faire ? Comme on n’active pas le plan grand froid, en journée, les sans-abri n’ont pas de lieu de repli. Quand il fait 2 ou 3 degrés, nous, nous avons des vêtements chauds, un foyer avec un minimum de chauffage mais ce n’est pas leur cas », poursuit Céline Bouloc. Pour maintenir la pression et tirer la sonnette d’alarme, des rassemblements quotidiens sont organisés par plusieurs associations à 18h devant les grilles de la préf.

    En ligne de mire, l’objectif est de faire bouger les lignes. « On veut vraiment une municipalité, une préfecture qui s’engagent pour ouvrir un gymnase, mettre les moyens et faire en sorte que ça puisse être pérennisé sur une semaine ou plus en fonction des besoins », soutient la présidente d’Action froid de Montpellier. Une solution pour répondre à l’urgence, avant de mettre les bouchées doubles pour pallier la situation. « Il faut absolument qu’il y ait un peu plus de moyens financiers mis au service du secteur du social. Qu’il y ait plus d’éducateurs, qu’on puisse avoir plus de temps de prise en charge. Car on croise beaucoup de jeunes qui viennent de l’aide sociale à l’enfance. Passé 18 ans, on sait qu’ils sont foutus à la porte parce qu’il n’y a pas de solution pour la suite. Ces jeunes-là se retrouvent donc dans la rue et malheureusement, il n’y a pas de structure d’hébergement qui a la capacité de prendre du temps pour les écouter, pour les réinsérer. Or leurs parcours sont chaotiques : on croise des personnes en grande fragilité psychique, des gens en situation de handicap, en fauteuil roulant », se désole Céline Bouloc.

    Un travail effectué en majeure partie par des bénévoles qui manquent de bras. Un risque que la situation empire ?

  • Montpellier : Huit familles à la rue campent devant la mairie

    Montpellier : Huit familles à la rue campent devant la mairie

    Huit familles, 35 personnes dont 15 enfants de 4 à 17 ans. C’est le pénible bilan de l’association Solidarité partagée. Ce lundi 27 octobre, la police a procédé à l’évacuation d’un squat situé rue de la Croix Lavit. Sans possibilité de relogement, les familles expulsées se sont réunies sur le parvis de l’Hôtel de ville de Montpellier. « Depuis plusieurs années, notre association n’a pas trouvé d’autre solution que de réquisitionner des locaux abandonnés pour loger ces familles », explique Samuel Forest, le président. « La justice nous avait accordé un délai qui est arrivé à son terme mais on ne nous propose rien. On s’est installés devant la mairie pour obtenir de l’aide et du soutien. »

    Mardi 28 au soir, après des négociations avec Michel Calvo, adjoint en charge des affaires sociales, Samuel Forest ressort les mains vides. La Ville rejette la responsabilité sur l’État. Tentes, couvertures, repas chauds, l’heure est à l’organisation pour la nuit alors que les conditions météorologiques se dégradent. « La pluie arrive. La mairie a accepté d’ouvrir ses grilles pour qu’on puisse se réfugier sous le préau, au sec. » Une promesse qui ne sera finalement pas tenue : le portail restera fermé toute la nuit.

    Une enfant de 4 ans et demi sans-abri

    Pour Armen et sa femme Marina, citoyens russes originaires d’Arménie, la nouvelle fait l’effet d’un coup de massue. « On subit la situation. C’est très compliqué. Nous sommes en France depuis 6 ans et à Montpellier depuis 4 mois », raconte le père de famille. Autour de lui, sa fille de 16 ans, son fils de 17 ans et sa benjamine de 4 ans et demi se réchauffent comme ils peuvent. « Je veux travailler mais sans papiers, les démarches sont impossibles. Mes enfants ne peuvent pas partir en voyage scolaire ou s’inscrire à l’auto-école. On dort dans notre voiture en espérant que la situation s’améliore. »

    Contacté, le 115, numéro d’urgence sociale, n’est pas en capacité de les accueillir. Dans l’assemblée, le sentiment de ras-le-bol est palpable. « On ne veut pas de solution provisoire  », alerte une mère de famille.

    Mercredi 29, après une journée pluvieuse, Michel Calvo a évoqué la solution d’un hébergement temporaire pour « une ou deux familles » dans un local actuellement utilisé par une association d’aide aux sans-abri. Inquiètes de devoir retourner dormir dehors dans quelques jours quand les enfants reprendront l’école, elles ont décliné. « Elles ne veulent pas non plus choisir qui, parmi elles, sera sortie de la rue », souligne Une école, un avenir. L’élu a indiqué « prendre acte que la préfecture ne tient pas son obligation de vous trouver une solution ». Avant d’ajouter : « De notre côté, nous n’avons pas les moyens de vous loger collectivement. » Un rassemblement est prévu samedi 1er novembre à 11h devant la préfecture.

  • Montpellier tisse un réseau d’épiceries sociales et solidaires

    Montpellier tisse un réseau d’épiceries sociales et solidaires

    Avec 28% des habitants vivant sous le seuil de pauvreté, nombreux sont ceux qui, à Montpellier, recourent à l’aide alimentaire. « Il y a 5 ans, il y avait 3 millions de repas distribués par an sur la ville de Montpellier par les réseaux de soutien alimentaire », indique Michel Calvo, adjoint en charge de la solidarité. « C’est énorme. »

    En 2021, la municipalité fraîchement élue avait alors organisé des états généraux de la solidarité alimentaire réunissant associations, institutions, élus, chercheurs. À l’issue des concertations menées dans ce cadre, la délibération adoptée en conseil municipal en novembre 2021 proposait, entre autres mesures, de « constituer un réseau d’épiceries sociales et solidaires (ESS) et l’accompagner pour y améliorer la dignité des personnes, l’inclusion et la qualité des approvisionnements ».

    Quatre ans plus tard, ce maillage a pris forme, en s’appuyant sur des associations qui portent ces projets. « Actuellement, on a une épicerie sociale et solidaire dans les 7 grands quartiers de la ville », assure Michel Calvo. « Il y en a quatre qui sont fédérées par la Ville et qu’on soutient plus particulièrement. On leur donne 10 000 euros de subvention par an. Et il y en a quatre autres qui sont aussi des lieux de distribution alimentaire qu’on soutient, mais qui ne rentrent pas dans notre dispositif », détaille l’élu. « Nous incitons les ESS avec lesquelles nous travaillons à faire des efforts pour diffuser de l’alimentation de proximité et bio. On ne leur demande pas de ne faire que ça car on sait que c’est beaucoup plus cher, mais on cherche à faire évoluer les épiceries sociales vers des produits plus qualitatifs. »

    Une nouvelle épicerie inaugurée en décembre

    Deux ESS directement aidées par la Ville ont été inaugurées dernièrement. Tout d’abord l’épicerie « Soleil », début septembre. Créée dès 1993 par l’association Solidarité DOM-TOM Hérault au cœur du quartier de la Mosson, elle a fait l’objet d’une vaste rénovation prise en charge par la collectivité et le bailleur social ACM. La structure compte aujourd’hui 443 bénéficiaires dont 76 étudiants, soit environ 113 foyers montpelliérains. La seconde épicerie, inaugurée début octobre est, elle, située route de Mende, tout près de la faculté Paul Valéry, dans des locaux mis à disposition par la Ville. Dédiée aux 18 à 25 ans, étudiants ou non, en situation de précarité, Rayon 34 -portée par la Banque alimentaire- a pour objectif d’accompagner jusqu’à 300 jeunes par semaine. Une autre ESS du réseau de la Ville « doit ouvrir en décembre rue Draparnaud, dans le quartier des Arceaux, au terme de deux ans de gros travaux. Elle sera gérée directement par le CCAS », informe Michel Calvo.

  • Une bourse aux logements pour les locataires HLM

    Une bourse aux logements pour les locataires HLM

    C’est un peu notre Bon coin à nous », plaisante Galla Bridier, directrice adjointe d’Habitat social en Occitanie (HSO). La structure, qui réunit 67 organismes dans la région, vient en effet de lancer une bourse aux logements sociaux à destination des locataires HLM désireux de changer de logement pour des raisons diverses. La composition de la famille peut par exemple avoir changé, ou le locataire avoir trouvé du travail dans une autre ville du territoire.

    Onze bailleurs sociaux se sont, pour le moment, engagés dans ce dispositif innovant lancé, dans un premier temps, dans l’Hérault et le Gard. Ce qui représente près de 82 000 logements susceptibles d’être proposés à l’échange. « À terme, cette bouse a une vocation régionale et sera étendue à d’autres départements », prévient Michel Calvo, président de HSO et d’ACM Habitat, l’office HLM de Montpellier, premier bailleur social public de la région.

    Dès 2022, ACM Habitat a mis en place une bourse d’échange de logements sociaux interne à son parc, qui a servi de base aux travaux constitutifs de la plateforme Place du logement*. Laquelle s’est également inspirée d’expériences similaires conduites, par exemple, en Nouvelle-Aquitaine depuis 2019 (18 bailleurs associés) ou dans le Rhône depuis 2024 (16 bailleurs).

    Opérationnelle depuis le 30 septembre, la plateforme régionale coordonnée par HSO s’adresse uniquement aux locataires d’un bailleur adhérent au dispositif. Les candidats à l’échange doivent avoir une demande de logement social active au moment de l’inscription, être titulaires du bail et occuper le logement depuis au moins deux ans. « Une fois leur compte créé, les locataires ont accès aux différentes annonces et peuvent entrer en contact avec d’autres grâce à une messagerie intégrée. Les échanges peuvent déboucher sur des visites d’appartements. Si les deux parties sont intéressées, elles signent un engagement réciproque et c’est ensuite les bailleurs qui valident ou non les échanges en commission d’attribution », détaille Galla Bridier. Ces derniers gardent donc la maîtrise du dispositif, en vérifiant notamment l’adéquation entre la situation familiale et la typologie des logements (l’attribution d’un F4 à une personne seule, par exemple, sera refusée).

    « Rendre visible une offre aujourd’hui invisible »

    Cette initiative permettra de « fluidifier les parcours résidentiels et l’autonomie » des locataires désireux de changer de logement, en élargissant le champ des possibles. « Grâce à cet outil, nous allons augmenter les possibilités d’échange entre des locataires au-delà de la seule demande de mutation avec le bailleur avec lequel ils sont en contrat », explique Michel Calvo.

    Dans une région soumise à une forte pression de la demande de logement social (estimée à 6,7 demandes pour 1 attribution), ce dispositif constitue une aubaine, un accélérateur pour des locataires qui attendent parfois de longues années avant que leur demande de mobilité ne soit satisfaite. Sur les 213 500 demandes d’un logement social recensées fin janvier 2025 en Occitanie, 29% concernent des demandes de mutation (27% dans l’Hérault et 32% dans le Gard). Cette initiative se révèle également vertueuse pour les bailleurs, car elle crée « un mouvement supplémentaire » dans un contexte où « les taux de vacance, qui permettent d’amorcer une rotation, n’ont jamais été aussi bas (moins de 1%) », souligne Gilles Dupont, directeur général d’Hérault logement, l’un des bailleurs associés au projet. « L’objectif est de rendre visible une offre aujourd’hui invisible. En tant que bailleur, nous ne communiquons pas, même si nous sommes au courant, sur les envies de partir des uns et des autres. Grâce à ce dispositif, c’est le locataire lui-même qui fera connaître sa volonté de changement. Cela va créer du flux, un mouvement de libération de logements qui viendra s’ajouter aux efforts déjà réalisés par les bailleurs », poursuit-il. Un autre de ses collègues y voit également un moyen « d’inciter les locataires à entretenir leur logement s’ils doivent un jour mettre des photos en ligne dans la perspective d’un échange ».

    * http://place-du-logement-occitanie.fr