Le sujet a touché Michel Bianco de près. Depuis plus de vingt ans, ce Venellois, ancien syndicaliste, milite pour la santé et la sécurité au travail. Investi au sein de l’association locale du Carrefour Citoyen, mais aussi et surtout du Collectif de familles de victimes, Stop à la mort au travail, ce retraité organise plusieurs manifestations pour alerter à sujet. La dernière en date, une exposition de photographies autour du métier de livreur, accrochée aux cimaises de la médiathèque de Venelles en avril dernier, coorganisée avec le Carrefour Citoyen. Pour son travail, Michel Bianco sera d’ailleurs décoré de la médaille de la Ville, mardi 14 juillet. « Une distinction personnelle, mais le résultat d’un travail collectif », précise Michel Bianco. Mais depuis ses décennies de militantisme et de travail contre la mort et les accidents du travail, Michel Bianco tire l’alarme. « En termes d’évolution, je n’ai absolument rien constaté (sur le sujet, ndlr) on a toujours des salariés qui montent sur des échafaudages, qui ne sont pas assurés, des salariés sans courant d’air pendant la canicule…, liste Michel Bianco. Les employeurs ne travaillent pas suffisamment sur les questions d’organisation du travail, donc quand la situation arrive, on n’a pas de quoi faire face, puisqu’on n’a rien prévu. Niveau législatif, rien ne change. Pire que ça. La dernière recommandation faite par le gouvernement a été d’enjoindre les organisations représentatives – qui siègent dans la branche “accident du travail” de la sécurité sociale – à faire une économie de 800 millions pour en diminuer son déficit. » La question de la santé au travail, estime Michel Bianco, est encore moins prise en compte au sein des plus petites entreprises. Pour appuyer son propos, il cite un chiffre : deux accidents mortels par jour estimés au travail en 2024, en France, selon les derniers chiffres de l’Assurance Maladie. « Mais tant que la société acceptera qu’on ait deux morts par jour d’accidents au travail, il n’y aura pas grand-chose qui évoluera. Ce sujet concerne tout le monde », alerte le militant.
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Un ouvrier de Lhoist Chaux de Provence se tue dans une chute de 30m
Le drame s’est noué tôt, ce mardi matin. C’est vers 8 heures qu’un ouvrier a fait une chute mortelle d’une trentaine de mètres. La victime, âgée d’une quarantaine d’années, intervenait au troisième niveau du four sur le site de Lhoist Chaux de Provence la Mède, une carrière située à Châteauneuf-les-Martigues. Sur place, les pompiers ont tenté de le ranimer, en vain.
L’usine, détenue par le groupe familial belge Lhoist, emploie une petite trentaine de salariés et produit des solutions à base de chaux destinées principalement au génie civil, au traitement des fumées, des eaux usées et des boues, au papier et à la sidérurgie.
Michel Bianco, co-président du Carrefour citoyen de Venelles et membre d’un collectif de familles de victimes, note : « Les chutes de hauteur sont l’une des principales causes d’accident de travail. On dénombre deux accidents mortels par jour en France, on est l’un des pays les plus mal classés en Europe. »
En cause, selon lui, un manque de culture de la prévention et, parfois, une pression managériale sur les délais de production. « Il faut aussi poser la question de la sous-traitance : quand les entreprises externalisent, elles externalisent aussi la santé et la sécurité », souligne-t-il.
En 2024, l’Assurance maladie a dénombré 710 000 accidents du travail, dont plus de la moitié a entraîné un arrêt. La même année, près de 800 décès sont survenus sur un lieu de travail.

