Tag: Métropole

  • À l’Estaque, un an après, le feu pose question

    À l’Estaque, un an après, le feu pose question

    Des flammes hautes de plusieurs mètres, poussées par le vent, avec des sautes de feu de 300 mètres, atteignant au plus fort de son activité les 1 200 mètres par minute… De l’enfer de l’incendie du 8 juillet 2025, les sinistrés de l’Estaque n’ont rien oublié, encore traumatisés. Parti d’une voiture en feu aux Pennes-Mirabeau en fin de matinée depuis le tunnel des 4 vents, sur l’A55, l’incendie avait atteint rapidement le Jas de Rhode, nourri par les déchets du centre de tri de la métropole, avant d’accélérer, encore, jusqu’au nord de Marseille, s’attaquant aux collines du Verduron. En centre-ville, une ambiance fin du monde. Un panache de fumée jaunâtre, avec des quantités de particules fines « 10 fois supérieures au seuil journalier réglementaire », analysait alors AtmoSud, association de surveillance de qualité de l’air, avait obscurci le Vieux-Port, recouvrant la ville de cendres.

    Bilan malgré la mobilisation de 875 sapeurs et marins-pompiers : 750 hectares ravagés, 91 maisons touchées. Et tout de suite, lors des premières réunions avec les autorités, une polémique majeure sur la lenteur d’intervention des secours et l’absence de moyens aériens immédiats. S’ils soulignaient la réaction rapide de la Ville avec la mise à disposition du centre social pour l’accueil, les dons et des permanences pour les accompagner dans leurs démarches, les habitants des Hauts de l’Estaque pointent la responsabilité du préfet d’alors, Georges-François Leclerc qui a pris la main sur les opérations et transféré le commandement des sapeurs-pompiers, en charge du départ du feu aux Pennes-Mirabeau, aux marins-pompiers de Marseille, compétents sur le territoire de la deuxième ville de France, au milieu de l’après-midi. Dans la foulée, un collectif est créé.

    Après le feu, la pluie

    et les coulées de boue

    Le très long communiqué du préfet qui tente de se justifier ne convainc pas. Nombre de sinistrés reprennent les propos de Grégory Allione, ex-patron du Sdis 13 (Service départemental d’incendie et de secours) jusqu’en janvier 2023, aujourd’hui député européen macroniste, qui s’insurge contre une décision purement « administrative » des opérations de secours prise par la Direction générale de la sécurité civile à Paris, pour l’envoi des canadairs. « Quand vous êtes dirigés par des gens qui n’ont jamais commandé un feu c’est une difficulté opérationnelle, ce type de décision m’exaspère », dénonce-t-il à qui veut l’entendre.

    Plaintes contre X

    « Pour avoir des réponses »

    Deux mois plus tard, les sinistrés allaient subir la double peine. À l’incendie dévastateur, succèdent des coulées de boues lors des premiers épisodes cévenols de la fin septembre. Le mur de la gare de l’Estaque, une dizaine de mètres de haut, explosé par les flots, les rails emportés. Chemin de la Nerthe, chemin du Marinier, d’énormes bouts de bitumes dévalent la route. Là encore la solidarité joue à plein.

    Au fil des mois, la galère se poursuit avec les assurances qui font traîner. Si le directeur de « France assureurs » a assuré dans nos colonnes au lendemain du feu que des correspondants en région étaient missionnés pour faciliter les choses, les experts tardent à passer et les litiges se multiplient retardant d’autant la reconstruction. Le conseil municipal a voté une aide exceptionnelle d’un million d’euros, la métropole de 500 000 euros pour éviter de faire l’avance des frais.

    Du collectif émane mi-décembre une association des victimes de l’incendie de l’Estaque, les plaintes contre X « pour avoir des réponses »
    commencent à tomber. Aujourd’hui, elles seraient une centaine. Le mode de commandement n’a pas évolué et Georges-François Leclerc est devenu préfet d’Île-de-France. Promis en février, le comité local d’aide aux victimes n’a pas eu lieu assure un sinistré quand pour l’actuel préfet Jacques Witkowski, cette aide relève du ministère de la Justice…

  • [Entretien] Frédéric Vigouroux : « Je souhaite qu’un grand débat sur la mobilité ait lieu »

    [Entretien] Frédéric Vigouroux : « Je souhaite qu’un grand débat sur la mobilité ait lieu »

    La Marseillaise : La liaison routière Fos-Salon, passant par Miramas, est en concertation jusqu’au 15 juillet. Comment voyez-vous ce projet routier chiffré à 566 millions d’euros en tant que maire d’une cité cheminote ?

    Frédéric Vigouroux : Je n’oppose pas les modes de transport. Bien sûr, j’ai une sensibilité particulière pour le train puisque le nœud ferroviaire de Miramas est à l’origine de cette Ville. Le maître d’ouvrage de cette liaison, l’État, a rappelé, pour le financement, qu’il y aurait bientôt des négociations sur les concessions autoroutières. Il y a plusieurs options, comme la nationalisation ou le maintien en concession. Dans la discussion, il est envisagé qu’une partie des revenus des concessions alimente les réparations des réseaux ferroviaires. On peut difficilement dire « Vade Retro », car non seulement on peut faire porter sur le privé des investissements que l’État ne peut plus faire, mais en plus générer des recettes pour le rail.

    Le 22 juin dernier, en réunion publique, un péage a été annoncé. Comment l’accueillez-vous ?

    F.V. : Le péage sera négocié pour l’ensemble de la concession. Nous avons deux choix : soit on attend les financements publics, sans savoir quand ils tomberont, avec 60 ans de retard, ou alors on entre dans le jeu de la concession. Ça ne me dérange pas de faire payer les camions, quitte à reporter sur le train, mais ça m’ennuie pour les populations. À Istres et Miramas, nous n’avons plus de routes capables d’accueillir les gens qui ne voudront pas payer l’autoroute, car nous les avons réduites au profit d’espaces naturels. C’est pour cela que nous exigeons la gratuité entre nos villes. Mais aussi que les camions ne puissent plus passer par Grans depuis Salon, il faut les obliger à passer par l’autoroute.

    Pendant ce temps, le triage perd en activité. Comment éviter le drame social que représenterait son abandon ?

    F.V. : Déjà, par le doublement de la ligne électrique jusqu’au port. Ce n’est pas encore dans les tuyaux, mais on y travaille. Ensuite, il faut convaincre les industriels de remettre de la caisse et du vrac sur le train, outil industriel de déplacement. Le camion est plus simple, car il n’a pas besoin des mêmes infrastructures que le train. Mais le camion ne paye pas les siennes ! La concurrence est faussée depuis le départ, alors que le train offre un outil incomparable en matière de développement durable et de sécurité. De notre côté, avec des élus à la RTM, nous travaillons à refaire des trains au dernier kilomètre pour favoriser le report modal sur Marseille ou Gardanne, notamment pour le bois de la centrale. C’est un débat permanent et je pense qu’il faudra refaire un colloque. Il y a eu un tel démantèlement, avec séparation des métiers, arrêt des lignes secondaires, au moment où l’on relance des dynamiques industrielles et de décarbonation des transports. Et s’il passe des trains de marchandises, on peut imaginer des trains de passagers sur chaque voie, comme Rognac-Aix-Toulon. La situation générale ne permet pas d’affirmer quoi que ce soit. En revanche, il faut une concertation associative, des usagers, défenseurs de l’environnement, industriels et élus. Je travaille pour que le grand débat sur la mobilité ait lieu.

  • Première opération « Coup de neuf ! » dans le quartier de la Belle de Mai

    Première opération « Coup de neuf ! » dans le quartier de la Belle de Mai

    « Tut tut ». Les camions de propreté de la Métropole de Marseille se succèdent dans la rue du Jet d’Eau, dans le quartier de la Belle de Mai, dans le 3e arrondissement de la cité phocéenne. Les agents municipaux et métropolitains mobilisés ce jeudi matin s’activent pour la première opération de « Coup de neuf ! », un dispositif de propreté pensé par la Ville et la Métropole, qui sera déployé dans tous les arrondissements de Marseille.

    « Une forte demande des habitants »

    Pour l’instant, six rues du quartier sont concernées. « Il faut bien commencer par un secteur. Il y avait une forte demande des habitants », déclare Hedi Ramdane, adjoint au maire de Marseille délégué à la propreté dans la ville et désormais conseiller métropolitain.

    Jusqu’à présent, la propreté était une compétence de la métropole. La salubrité de la ville étant au cœur des débats, le maire (DVG) de Marseille, Benoît Payan, a créé ce poste et nommé Hedi Ramdane, pour « recoudre la ville et la métropole » sur cette compétence. L’idée étant de pouvoir coopérer et de « redonner un cadre de vie aux habitants ».

    Au delà de cette opération, un nettoyage des rues est réalisé quotidiennement dans différents quartiers de la ville. « On met les moyens nécessaires pour rééquilibrer les choses et rattraper toutes ces années où le travail n’a pas été à la hauteur », reconnaît Hedi Ramdane, également ancien adjoint au maire en charge de la jeunesse. Une ambition partagée par Hamza Aftis, adjoint à la mairie du 2e et 3e arrondissement, délégué au cadre de vie. « On se bat pour les habitants. Ils ont eu le sentiment de ne pas être écouté pendant des années. »

    Une colère qui s’exprime

    C’est le cas de cette riveraine, descendue de sa maison pour exprimer sa colère. « On est très énervés. Marseille est dégueulasse. On est à l’abandon ! » Et de ces deux amis âgés d’une quarantaine d’années, qui observent le travail des agents. « Ça fait deux ans qu’ils ne sont pas venus nettoyer », vitupère l’un d’eux. « C’est très bien, mais il faut que ça se poursuive », espère de son côté une habitante de la rue François Barbini.

  • La piscine de Gardanne n’ouvrira qu’en juillet, le PCF dénonce un manque d’anticipation

    La piscine de Gardanne n’ouvrira qu’en juillet, le PCF dénonce un manque d’anticipation

    Le message a été publié sur les réseaux sociaux du maire en fin de semaine dernière. « La piscine métropolitaine n’ouvrira pas le 29 juin comme prévu », écrivait Hervé Granier (LR). La réouverture de cet équipement métropolitain devrait donc être reportée à « tout début juillet », selon l’édile.

    Dans son communiqué, le premier magistrat fait part d’une situation qui « l’agace », tombée en pleine période de canicule. « La vérité et vous le savez certainement, c’est que la Métropole traverse une crise budgétaire sans précédent et que ces turbulences, qui se jouent à des kilomètres de Gardanne-Biver, dans des conseils et des arbitrages préfectoraux, finissent toujours par retomber et pénaliser les habitants de nos communes. » Avant d’assurer se battre pour que ce service public « soit rendu ».

    Sur ses réseaux sociaux, la section PCF de Gardanne renchérit et pointe un manque d’anticipation face aux fortes chaleurs. « Il aurait fallu par exemple, cette année, ne pas tailler les platanes du cours à la mi-mars, période bien trop tardive (…). C’est aussi au mois de mars qu’il aurait fallu se demander si la piscine pourrait être prête à accueillir baigneuses et baigneurs au mois de juin (…), estime, par voie de communiqué, la section. Les péripéties budgétaires de la Métropole, invoquées pour justifier le retard, n’ont démarré qu’au mois d’avril. Elles sont un faux argument à la limite du mensonge. La Métropole continue de fonctionner, sinon, nos poubelles ne seraient pas ramassées, l’eau n’arriverait plus à notre robinet et nous ne pourrions prendre le bus (…). Le problème aurait été évité avec un peu d’anticipation. L’engagement est pris pour début juillet, mais l’absence de date précise n’augure rien de bon. »

  • Le secteur de la gare routière d’Aix-en-Provence bouclé après une fuite de gaz

    Le secteur de la gare routière d’Aix-en-Provence bouclé après une fuite de gaz

    Une fuite de gaz, localisée « sur une résidence proche » selon le site des transports de la Métropole, a été détectée rue des Allumettes aux alentours de 17 heures, selon les informations recueillies sur place. S’il n’y a pas eu d’évacuation, plusieurs établissements, dont la gare routière et la bibliothèque Méjanes, ont été confinés jusqu’à nouvel ordre.

    Depuis 17h, aucun bus n’a pu partir de la gare routière et les points de départ ont été modifiés. Sur place, plusieurs médiateurs de la Métropole ont informé les usagers de l’évolution de la situation.

    Aux alentours de 18h, le quartier demeurait bouclé. « Nous ne savons pas pour le moment quand nous pourrons rouvrir », indiquaient les forces de l’ordre. Les informations concernant les départs de bus étaient disponibles sur le site de la Métropole.

    Toutefois, vers 18h20, les pompiers annonçaient « que la fuite de gaz était coupée depuis plus d’une heure. Il faut attendre la fin des relevés pour être sûr qu’il n’y ait pas de poches. Pas de retours à ce stade sur la fin des relevés en cours.»

    Les informations concernant les départs de bus et leurs horaires sont à retrouver sur le site de la Métropole et les applications de transport.

  • Les finances de la Métropole s’invitent au conseil municipal d’Aix

    Les finances de la Métropole s’invitent au conseil municipal d’Aix

    C’était un sujet équivalent à l’éléphant dans la pièce. La situation budgétaire de la Métropole est de nouveau intervenue en conseil municipal, tenu ce lundi 29 juin, en salle des États de Provence. La question a été lancée par Marc Pena (PS), à la tête du groupe Aix Avenir. « Autrefois vous dénonciez une monstropole. Aujourd’hui, vous nous dites que vous êtes vice-présidente d’une nécropole », adresse-t-il au maire, Sophie Joissains (UDI), vice-présidente de la Métropole. « La Métropole représente des compétences, importantes, elle est un acteur essentiel de notre territoire. Je vous demanderais ce que vous appelez aujourd’hui une nécropole ? »

    Non sans rappeler, les causes et conséquences de ce trou financier « de 123 millions d’euros », voire « selon d’autres calculs » 144 millions d’euros, estime Marc Pena. « Vous êtes dans l’exécutif, je voudrais savoir ce que vous pensez de la situation. Vous pensez que la Métropole telle qu’elle est aujourd’hui ne peut plus fonctionner ? Elle a été mal née, mal construite, ça chacun le sait, et est-ce que donc, les réflexions iraient jusqu’à des changements exceptionnels extrêmement importants sur le territoire ? À ce moment-là, on n’entrerait pas seulement dans une crise, mais une rupture et une révolution par rapport à ce qui existe aujourd’hui. »

    À ce stade, deux options. D’un côté, la Chambre régionale des comptes recommande de réduire fortement la dotation de solidarité communautaire (DSC), à hauteur d’environ 53 millions d’euros, ce qui représenterait près de 1,4 million d’euros pour Aix. De l’autre, le préfet privilégie des économies sur les attributions de compensation (AC), également pour un montant d’environ 53 millions, dont l’impact pour Aix est estimé à 5 millions d’euros par la majorité.

    Positions réaffirmées

    S’ajoute à cela « le budget annexe des transports qui raye les finances métropolitaines. (….) Ce budget a une capacité d’investissement importante qui a été abondée du reste par l’État à hauteur de milliards, cela pousse à l’investissement, sauf qu’il n’y a pas de recette en place, analysait de son côté Sophie Joissains. Notre territoire ayant besoin de se moderniser en matière de transport, nous sommes face à un écueil majeur et qui ne pourrait, si l’on reste dans cette disposition, que se creuser dans les années à venir. Aujourd’hui, la prévision pour 2027 serait de 245 millions d’euros de dette. »

    De ces débats découlent plusieurs propositions. Du point de vue du maire, adopter un modèle de transports métropolitains à l’image de celui du Grand Paris (syndicat mixte) pourrait être une option. Comme cette piste de partition métropolitaine, que « l’on regarde avec des yeux de Chimère » pour « travailler plus facilement aux intérêts de nos territoires », dressait Sophie Joissains. « Ce sera aux maires de s’exprimer, par rapport aux observations. Mais rien ne pourra se faire sans l’aide de l’état », rappelait le maire.

    Côté oppositions, le RN appelle à « regarder très sérieusement quelles économies on pourrait faire », lançait Jean-Louis Geiger. Agnès Daures, pour le groupe Aix Avenir (DVG), appelle à « aller chercher l’argent là où il est », estimant que « personne ne veut parler de taxe foncière sur les résidences secondaires ». « Aujourd’hui, la France entière est appelée à faire des économies », rappelait Sophie Joissains. Mais l’augmentation de l’impôt, « j’y suis fondamentalement opposée. »

    EN BREF

    Attributions financières aux associations

    Au total, 19 000 euros seront répartis entre neuf associations de la Ville d’Aix. Sur cette enveloppe, 7 000 euros seront partagés entre quatre centres sociaux de la ville dans le cadre de l’appel à projets « Ouverture estivale des centres sociaux 2026 ». 5 500 euros sont notamment attribués au fonctionnement de trois autres associations, dont l’Apers, « service d’aide aux victimes et d’activité judiciaire », qui reçoit une subvention de 3 500 euros.

    L’affaire des arbres vandalisés suit son cours

    Pour Hervé Guerrera (POC) c’est un « commando » qui aurait dégradé les arbres du cours Mirabeau. Fin mai, trois individus ont été filmés par les caméras de la Ville abîmant les arbres longeant cet axe principal. Marc Féraud, conseiller municipal aux espaces verts, précise que « la Ville a déposé plainte et s’est constitué partie civile. Il y en a 12 bien déchiquetés et 17 un peu moins. On a réparé les blessures de façon propre (…), tous les deux jours, c’est surveillé, ça s’est arrêté ». Mireille Lazare, adjointe à la sécurité, réfute le terme de « commando ». « Nous avons identifié trois jeunes, sur le cours Mirabeau, en train de discuter. À un moment, l’un d’entre eux a pelé l’arbre de façon verticale. Ces trois personnes n’ont pas été identifiées pour le moment. L’affaire suit son cours », conclut Mireille Lazare.

    Plusieurs mesures pour la canicule

    La majorité a détaillé les dispositifs mis en place. Parmi eux, le lancement du « plan canicule pour les personnes sans-abri », ainsi que les maraudes régulières des Restos du Cœur, du Secours populaire, du CCAS et de la Croix-Rouge. La halte de jour de la cité Germain-Nouveau reste ouverte et propose des douches gratuites, comme celles proposées par la Croix-Rouge. La Ville maintient un centre d’appels destiné aux seniors isolés. Détails sur le site de la Ville.

  • Corinne Innesti : « Nous avons très peur que taxes et impôts augmentent »

    Corinne Innesti : « Nous avons très peur que taxes et impôts augmentent »

    La Marseillaise : Quel est l’impact actuel sur les entreprises de la crise budgétaire que traverse la Métropole ?

    Corinne Innesti : Ce n’est pas que les entreprises qui sont concernées, c’est aussi les municipalités qui auront peut-être moins de budget, donc moins d’accompagnement des entreprises. Nous avons très peur que les taux augmentent et qu’il y ait une taxe encore plus importante, alors qu’on voudrait plutôt des baisses de taxes au niveau des entreprises. On a aussi peur d’une hausse de l’impôt foncier. Ce n’est pas le cas, mais on n’est pas à l’abri que ce budget entraîne des hausses d’impôts. Quelque part, on espère que ce soit l’occasion pour la Métropole de revoir son fonctionnement et de réduire ses dépenses.

    Quelle est votre position sur la hausse du versement mobilité ?

    C.I. : On a montré un front uni récemment, avec les organisations interprofessionnelles et professionnelles, pour dire qu’on est tous contre, et contre d’ailleurs aussi le gel des exonérations des charges sociales. Le front, c’est toutes les entreprises que nous représentons et toutes les organisations patronales et fédérations qui sont unies pour dénoncer la hausse des taxes.

    Quel est l’état du tissu économique dans
    le département ?

    C.I. : C’est une année record pour les défaillances. On était un petit peu mieux au niveau des chiffres, le département des Bouches-du-Rhône n’était pas le dernier, il y avait un redressement. Là, malheureusement, on est concernés, nous aussi, par ces défaillances, ces baisses de marge, c’est-à-dire qu’on ne répercute pas les hausses. On avait parlé jusqu’à présent d’agilité, de résilience. Aujourd’hui, c’est plus de la résistance qu’on est en train de faire.

  • [Rue de la République] Benoît Payan : « Aujourd’hui, c’est Marseille qui fait la richesse de la métropole »

    [Rue de la République] Benoît Payan : « Aujourd’hui, c’est Marseille qui fait la richesse de la métropole »

    Les 100 premiers jours

    Didier Gesualdi : Nous sommes à 100 jours de votre élection, vous êtes le maire le mieux élu par les Marseillais, ce qui vous oblige…
    Il faut prendre cela avec beaucoup d’humilité. Certains me disent : « C’est fantastique, tu es le maire le mieux élu de l’histoire et en plus tu as été le plus jeune… » Ce n’est pas comme cela qu’il faut penser la politique. Il faut juste penser que c’est une responsabilité et qu’il faut la prendre avec humilité. C’est sept ans au service des Marseillaises et des Marseillais dans des conditions qui ne sont pas faciles. On va vivre des moments peut-être très compliqués l’année prochaine pour les élections présidentielles. On vit actuellement des moments difficiles. Le rôle d’un maire est de protéger sa population, toute sa population. Marseille est une ville qui ne ressemble à aucune autre et a besoin d’être protégée car c’est une ville qui est merveilleuse, forte, fragile, jeune, qui a aussi besoin qu’on la ménage, qu’on pense à elle et qu’on soit là tous les jours.

    Léo Purguette : Vous avez fait le choix de rebattre toutes les délégations de vos adjoints. Est-ce que cela ne vous fait pas perdre un peu de temps dans la mise en œuvre de votre programme ?
    Au contraire ! Ça fait du bien. La monotonie, quand elle s’installe, que ce soit dans la vie, au travail, dans un couple ou dans une mairie, devient l’ennemie de ce qu’il y a de plus beau : l’exaltation. Aujourd’hui on a des adjoints qui hier s’occupaient des écoles et qui ont pris dès le lendemain leurs nouvelles délégations, à qui la sécurité, à qui la solidarité et qui le font avec un entrain absolument incroyable. Certains d’entre eux, ceux qui avaient déjà une délégation, ont cette habitude la gestion. Donc les tâtonnements qu’on pouvait avoir au début du premier mandat sont aujourd’hui derrière nous. Tout le monde m’a dit : ça va faire un chamboule-tout. C’est le contraire qui s’est passé. On a des services heureux, des élus heureux et des gens qui se sont mis au travail tout de suite. Et c’était cela : je ne voulais pas de rupture dans le temps de travail.

    Léo Purguette : Quels sont les premiers marqueurs de ces 100 jours, de quoi êtes-vous fiers ?
    On a passé des épisodes extrêmement difficiles et compliqués. Revoir toute la gouvernance de la métropole, insérer une ville qui ne l’a jamais été dans la Métropole, qui a toujours été rejetée par la gouvernance de la Métropole : j’en suis très fier. Se mettre au travail ne serait-ce que sur la question des transports, de la propreté où on voit de plus en plus de passages en centre-ville notamment. On continue à avancer dans les écoles. Vous allez voir de nouvelles écoles sortir de terre à partir de la rentrée… L’idée de se dire qu’après une élection tout est magique et merveilleux, je préfère la laisser aux démagogues et aux populistes.

    Léo Purguette : On vit un épisode caniculaire très dur. Quand on n’est pas un Marseillais qui a les moyens d’avoir la climatisation, c’est difficile. Que peut une municipalité face au changement climatique ?

    La municipalité se mobilise. On ouvre par exemple en centre-ville une plage 24h/24 en mettant de la police municipale, des maîtres-nageurs sauveteurs, une équipe de gardiennage, de l’éclairage… on ouvre les musées et les bibliothèques où il y a de la climatisation, on fait la gratuité des piscines, on étend les horaires… Quand on fait un bâtiment public, je ne le construis pas aux normes d’aujourd’hui. Je le construis pour que dans 50 ans il soit encore efficace, qu’il soit climatiquement responsable, avec des produits sourcés, que l’hiver comme l’été la température soit tempérée. Ça, c’est une nécessité. Si vous me demandez si je vais acheter des climatiseurs pour tous les Marseillais, certains vous auraient répondu : « Oui bien sûr. » Moi je dis non.

    Léo Purguette : Pourquoi ?
    Parce que financièrement ce n’est pas soutenable pour 900 000 habitants.

    Léo Purguette : C’est donc plus financier que philosophique ? On a entendu une partie de la gauche nous expliquer que la climatisation serait presque intrinsèquement d’extrême droite ? Ça a choqué.
    Je ne partage évidemment pas cela. On sait tous que la climatisation n’est pas la panacée et que ce n’est pas une réponse à long terme au changement climatique. C’est même quelque chose qui accélère quelque part le changement climatique. Quand on a un bébé de 6 mois ou comme moi une grand-mère de 95 ans… On sait qu’elle ne serait peut-être plus là si elle n’avait pas mis la climatisation.

    La polarisation politique

    Didier Gesualdi : La nouvelle donne politique au conseil municipal est marquée par une forte extrême droite dont on va reparler aux élections nationales.
    Les Marseillais ont dit ce qu’ils avaient à dire aux élections du mois de mars. Je suis évidemment très inquiet de voir que la droite traditionnelle a disparu, ce n’est pas à moi de m’inquiéter mais quand la droite disparaît c’est l’extrême droite qui fait son lit. Aujourd’hui quand on écoute des gens comme Éric Ciotti dire « je vais grand-remplacer la droite », quand on écoute des gens comme Jordan Bardella ou Marine Le Pen dire « la droite, c’est nous », et voir la droite républicaine, gaulliste avec qui on a partagé une certaine idée de la France et notamment au moment de la Résistance, disparaître, je ne m’en réjouis pas. Il y a des différences fondamentales entre la droite et nous, on avait quelque chose en commun. Avec l’extrême droite, on n’a rien en commun. Quand on utilise les mots de quelqu’un, les gens préfèrent toujours l’original à la copie. Et c’est exactement ce qui s’est passé.

    Léo Purguette : Est-ce qu’il n’y a quand même pas un problème du côté des catégories populaires qui ne se mobilisent pas sur la gauche ?
    Ce n’est pas ce qu’on a vu à Marseille. On a vu remonter comme on ne l’avait pas vu monter depuis longtemps, le vote des classes populaires. Ça a été très net dans les 13-14, dans les 2-3 aussi où je m’étais présenté en 2020 et je peux vous dire que ce n’est pas encore la panacée mais on voit de l’effet quand les politiques tiennent leurs engagements. Les gens sont intelligents, ce ne sont pas des clients. Il ne faut pas leur mentir. Je prends des coups pour ceux qui pendant 30 ans on dit « vous allez voir avec moi, tout sera formidable ». C’est pour cela que j’ai essayé d’être sur une ligne la plus juste possible.

    La rentrée scolaire

    Léo Purguette : Qu’est-ce qui va changer à la rentrée pour les petits Marseillais ?
    Je me suis engagé pendant la campagne à faire un kit scolaire de meilleure qualité. Il y aura donc un kit scolaire plus fourni, plus beau, toujours en concertation avec les parents et les enfants, pour qu’on puisse être au rendez-vous sur la question du pouvoir d’achat quand on voit que les prix des fournitures scolaires sont en train d’exploser. Préparez-vous à aller dans les grandes surfaces à partir du 15 août, et vous verrez qu’une gomme qui valait 1,10 euro, vaut 1,80 euro. Mis bout à bout, le panier à la fin, au lieu d’être à 120 ou 130 euros il va passer à 170 euros. Et quand on a deux ou trois enfants, ce n’est pas supportable. C’est pour ça qu’on a décidé de faire cette mesure – la seule grande ville en France à le faire – pour tous les élèves. C’est notre choix, car la question du pouvoir d’achat concerne tout le monde, comme celle de la dignité car quand on est petit, qu’on arrive dans une classe et qu’on n’a pas toutes ses affaires scolaires, on a honte. Tout ça, c’est fini et j’en suis très fier.

    La Métropole

    Léo Purguette : Marseille est désormais dans la gouvernance de la Métropole. Elle a été un gros caillou dans votre chaussure durant le premier mandat. Mais aujourd’hui on a l’impression qu’elle ne fonctionne pas vraiment : elle est sous tutelle, elle n’a pas de moyens…
    Je comprends la question et vous avez raison. Cela a été six années difficiles et compliquées. Aujourd’hui, le choix qui a été fait d’accepter les coupes sombres par le président et par d’autres en expliquant que c’était des économies n’est pas mon choix. Moi je considère que la politique de la Ville, que s’occuper des plus fragiles, que la culture, que le sport ne sont pas des endroits où on fait des économies. Ce n’est pas un sujet qui devrait normalement être mis sur la table car on sait que derrière cela, quand on ferme une association, 2, 10, 20… 100 associations sont concernées. Ce sont des plans sociaux que l’on fait et ce n’est pas acceptable. Bien sûr que j’ai accepté d’entrer dans la gouvernance pour les Marseillais…

    Léo Purguette : … Mais vous n’avez pas accepté d’être vice-président.
    Car je suis maire de Marseille et je ne suis pas friand de mandats, de postes, d’indemnités… Ça ne m’intéresse pas. Je suis et je reste maire de Marseille et je m’occupe des Marseillais. Pourquoi j’accepte d’aller dans une gouvernance partagée ? Parce que je pense qu’à ma ville, au développement métropolitain, à ce qui peut aider les communes autour à se développer pour que Marseille rayonne, pour que les autres communes puissent exister… Marseille a toujours été vue comme le vilain petit canard, sauf que les gens ont oublié que c’est Marseille qui a fait la richesse de la métropole. Vous pensez que des zones d’activité comme on en a à Géménos existeraient sans les Marseillais ? Vous pensez que les milliers d’habitants de Mimet travaillent à Mimet ? Ils travaillent à Aix. Ceux de Gémenos travaillent à Aubagne, à Marseille. J’entends le maire de Gémenos dire qu’il a créé la zone d’activité de Gémenos. Non, c’est un maire communiste qui l’a créé et créé des emplois. Donc il faut revenir à la réalité. Les Marseillais ne sont pas là pour payer, payer, payer. On paye la taxe foncière métropolitaine la plus importante, pourquoi ? En fait, les Marseillais payent deux fois plus que les autres pour un service qui est deux fois moins important. J’ai voulu entrer dans la gouvernance pour réparer cette injustice.

    Didier Gesualdi : On est bien loin du discours œcuménique de Nicolas Isnard. Vous n’avez pas peur d’opposer les territoires en disant cela ? Les pays aixois, martégal, salonnais… Pensent aussi à défendre leurs intérêts et ils sont tous légitimes.
    Ils sont tous légitimes bien sûr à partir du moment où on regarde la réalité en face.

    Didier Gesualdi : Il n’y a quand même pas d’argent volé dans les territoires.
    Si j’en crois ce qui est écrit dans tous les rapports de magistrats financiers, de tous les experts qui se sont mis sur cette question, il y a beaucoup d’argent indus. Indus, qu’est-ce que cela veut dire ? Je vais pas faire un cours de Français. Tout le monde sait ce que cela veut dire.

    Léo Purguette : Sur ce même fauteuil la semaine dernière, le vice-président aux Finances, David Ytier disait que, non, ça n’existait pas des sommes indues et que tout cela était l’héritage de la taxe professionnelle supprimée par l’État.
    On va revenir là-dessus mais je ne veux pas opposer les territoires. En 1999, on a arrêté ce qui était donné aux communes – les attributions de compensation – donc il y a 27 ans. La vie, la ville, ont changé en 27 ans. La Ville de Marseille il y a 27 ans était au bord du gouffre, elle ne créait plus d’emplois, elle en perdait, elle avait 50 000 touristes par an, la CMA-CGM, Onet, la Sodexo… perdaient de l’argent. Aujourd’hui, nous avons des multinationales qui rapportent des milliards d’euros à l’État. Aujourd’hui, nous créons des milliers d’emplois sur Marseille, nous avons des millions de touristes sur Marseille, nous avons une attractivité du territoire avec des gens de planète entière qui viennent à Marseille. Donc si on devait calculer aujourd’hui ces taxes-là, le fruit de l’histoire dont vous parlez, vous pensez que Marseille en serait là ? Qu’on aurait moins que les autres ? Qu’on payerait plus d’impôt que les autres ? Je ne crois pas. Mais c’est opposer qui de dire cela ?

    Les finances

    Léo Purguette : Vous espérez un Plan la Métropole en Grand ? Allez chercher de l’argent auprès de l’État ?
    Il faut avoir de l’ambition dans la vie. Qu’est-ce que j’ai fait ? Je suis venu il y a 6 ans et je vous ai dit : il n’y a plus rien. Est-ce que je vous ai dit : je ferme boutique, je pleure et je dis que c’est la mort de la Ville de Marseille ? J’ai dit je vais me battre comme un lion, j’ai fait Marseille en grand et on a relevé les comptes de la Ville.

    Léo Purguette : Est-ce que Nicolas Isnard est sur cette ligne ?
    Je l’accompagne et je l’incite maintenant à se lever. Mais déjà quand on veut obtenir quelque chose de l’État on ne l’insulte pas. Je n’ai jamais été d’accord avec les gouvernements d’Emmanuel Macron et je ne m’en suis jamais caché. Mais je n’ai jamais insulté qui que ce soit, jamais dit d’un préfet que c’était un préfet stagiaire, jamais dit d’un État qu’il était complotiste. J’ai été opposé aux politiques d’austérité, libérales, de droite d’Emmanuel Macron mais on peut discuter avec eux et d’ailleurs, ça marche. Vous avez vu que le territoire a obtenu des centaines de millions d’euros pour pouvoir faire des projets. La condition, c’était quoi ? C’était de tout revoir. Ça n’a pas été fait, maintenant celles et ceux qui avaient cette responsabilité en payent les conséquences.

    La question des lecteurs

    Dominique : Bonjour M. Payan, est-ce que vous comptez un jour participer à La Marseillaise à pétanque ? Je suis bénévole.
    Est-ce que je compte un jour participer à La Marseillaise à pétanque ? D’abord j’y vais depuis que je suis petit en suivant mon père, mon grand-père. J’y vais chaque année mais cette fois c’est la première année où je m’inscris avec mon père et avec Romain Pastor [conseiller municipal délégué aux traditions, à la culture et aux pratiques sportives provençales, Ndlr.]. On attend un peu de voir où on va jouer la première partie. J’espère qu’on va passer la première pour pouvoir aller au Parc Borély. Je vais suivre tout ça avec grand intérêt. C’est une institution, La Marseillaise. C’est ce qu’on a de plus beau et de plus fort dans le monde de la pétanque.

    Léo Purguette : Vous avez le niveau ? C’est la première fois qu’un maire va participer à la compétition générale.
    Je vais être un poids mort pour les deux autres. Mon père fait ça depuis 70 ans, et Romain Pastor a été titré dans la discipline. Je serai premier pointeur et on verra bien jusqu’où on arrive !

  • La Métropole Toulon-Provence-Méditerranée entend prioriser les projets structurants du territoire

    La Métropole Toulon-Provence-Méditerranée entend prioriser les projets structurants du territoire

    Avant d’entamer l’examen du compte financier, un nouveau pacte de gouvernance à élaborer entre la collectivité et les communes qui la composent était à l’ordre du jour. La présidente de TPM, Josée Massi, proposant une méthode basée sur l’écoute et la concertation avant la décision, donnant ainsi une place pleine et entière aux vice-présidents, maires et élus de la collectivité.

    Les maires RN qui n’ont toujours pas digéré d’avoir été écartés des vice-présidences ont affirmé leur souhait justement que soient respectées les particularités et les aspirations de toutes les communes « C’est tout à fait ce que je vous propose de faire », leur a-t-elle répondu.

    Sur la partie finances ensuite, la patronne de la Métropole a décrypté le document compatible, qui reflète « une situation saine et maîtrisée ». Avec des recettes de fonctionnement en progression qui permettent de couvrir les dépenses, elles aussi, sous contrôle. Et ce malgré un contexte encore marqué par des tensions sur les prix.

    L’épargne de 59 millions d’euros dégagée, poursuit-elle, permet de financer les investissements tout en maintenant un recours raisonnable à l’emprunt. « Notre capacité d’endettement est autour de six années, et ça reste largement en dessous des seuils d’alerte. Surtout, nous continuons à investir massivement », précise Josée Massi.

    L’occasion de mettre en avant les 216 millions d’euros d’investissement au service de la mobilité, l’aménagement, la transition écologique et le cadre de vie. « Ces résultats ne doivent rien au hasard. Ils sont au prix de gestion rigoureuse, de pilotage attentif, et d’une stratégie financière cohérente depuis plusieurs années », ajoute-t-elle.

    Une situation saine

    et maîtrisée

    Mais le satisfecit s’arrête là. « Nous ne pouvons pas nous satisfaire d’une lecture uniquement positive, car derrière ces résultats apparaissent des signaux de fragilité structurelle », tempère la présidente de TPM. Les dépenses progressant plus vite que les recettes. « Si cette tendance se prolonge ça aura pour conséquence mécanique, l’érosion massive de notre épargne », pointe-t-elle.

    En cause, entre autres, la baisse des dotations et un environnement inflationniste.

    Et de prévenir : « Si nous ne faisons rien, cette situation entraînera une dégradation progressive de nos capacités d’action. Moins d’épargne, en effet, c’est moins de capacité à financer nos investissements. C’est plus de retours à l’emprunt et à terme une tension sur la solvabilité. »

    Rien de tel dans l’immédiat, rassure la présidente de Toulon Provence Méditerranée. Mais tout faire pour éviter cet écueil doit être « un enjeu stratégique pour les années à venir ». « Il faut anticiper plutôt que subir », insiste-t-elle.

    Ce qui suppose reprend Josée Massi de « maîtriser durablement les dépenses », sans rogner sur les services publics. Mais aussi en sécurisant les recettes, « en envisageant tous les leviers et priorisant les investissements pour concentrer les moyens sur les projets structurants du territoire ».

    Et de conclure : « Ce travail, nous l’avons engagé et nous le poursuivrons. C’est précisément en ces moments où la situation est encore favorable que les décisions les plus utiles doivent être prises. »

    Pour continuer à avancer.

    EN BREF

    Ligne Nouvelle, à quand le RER métropolitain ?

    Après le compte rendu de la situation d e la Société de la Ligne Nouvelle Provence Côte d’Azur pour l’année 2025 dont le conseil métropolitain a pris acte, l’élu d’opposition RN Amaury Navarranne a déploré « l’entêtement initial à ne faire que de la grande vitesse », avec le projet LGV. « Le résultat aujourd’hui, c’est que les phases 1 et 2, qui sont très positives pour notre territoire métropolitain, sont encore très poussives », insiste-t-il.

    Et de poursuivre : « Si on n’avait pas perdu autant de temps avec des majorités régionales, départementales et locales arc-boutées, initialement, que sur la grande vitesse, peut-être qu’on aurait pu réaliser plus tôt ce train du quotidien nécessaire et attendu. »

    Josée Massi lui répondra : « Nous avons besoin de ce fameux RER métropolitain cadensé tous les quart d’heure. Et donc, je n’imagine pas qu’on n’arrive pas à trouver un accord pour l’intérêt général. »

    Contrat local de solidarité 2026/2027

    Dans le cadre de la stratégie de prévention et de lutte contre la pauvreté présentée par la Première Ministre en septembre 2023, des contrats locaux de solidarité ont été signés entre des collectivités et les préfets.

    Le conseil métropolitain a voté jeudi matin la délibération ayant pour objet d’autoriser la signature de l’avenant n°2 au Contrat Local des Solidarités 2024-2027 afin de fixer le soutien financier de l’Etat à hauteur de 465 500 euros.

    Ce contrat signé initialement le 11 juin 2024 prévoit en effet une dotation annuelle de l’Etat pour le territoire métropolitain de 465 500 euros maximum par an sur 4 ans. Et selon 4 axes :

    – prévenir la pauvreté et lutter contre les inégalités dès l’enfance ;

    – amplifier la politique d’accès à l’emploi pour tous ;

    – accès aux droits essentiels ;

    -transition écologique solidaire.

  • [Entretien] Yves Moraine : « le Département restera un pôle de stabilité »

    [Entretien] Yves Moraine : « le Département restera un pôle de stabilité »

    La Marseillaise : La gauche marseillaise accusait pendant la campagne Martine Vassal d’avoir « cramé la caisse » au Département. C’est le cas ?

    Yves Moraine : J’essaie d’éviter de rentrer dans ces polémiques. La gestion des finances des collectivités territoriales est quelque chose de très complexe, qui s’accommode mal des gesticulations politiciennes. La réalité, c’est que Fitch confirme que notre gestion est très sérieuse, avec un contrôle très étroit de nos dépenses de gestion dont l’augmentation en 2025 inférieure à 1%. Fitch note que nous faisons face à l’augmentation des dépenses sociales, notamment du RSA « bien que historiquement les mécanismes de soutien de l’État n’aient pas été suffisants ». Et que la dette du Département est complètement sécurisée. Ceux qui parlent d’une dette insupportable ne se rendent pas compte que le Département est moins endetté qu’un ménage qui achète un appartement sur quinze ans ! Surtout que cette dette permet d’investir, 500 millions d’euros par an. Voilà ce qu’est la situation, et je m’en réjouis, mais je reste très prudent dans un contexte international incertain.

    Vous bénéficiez surtout de la reprise immobilière et donc des recettes des frais de notaires…

    Y.M. : On ne peut pas me dire que je suis un âne bâté quand il y a moins de DMTO [droit de mutation à titre onéreux, les taxes sur les frais de notaires, Ndlr.] mais qu’en revanche quand ça remonte je n’y suis pour rien ! Bien sûr, la robustesse de nos recettes bénéficie du retour à la normale, mais si je dégage une épargne de gestion, c’est que je n’utilise pas cette manne pour faire n’importe quoi mais pour investir.

    Les coupes dans le budget de la Métropole vont impacter les communes, et dans le même temps le Département a réduit d’un quart ses aides aux municipalités. C’est la double peine ?

    Y.M. : On ne peut pas une année me reprocher de trop aider les communes, et l’autre année de ne pas assez les aider… Les années électorales, c’est toujours une année où l’aide aux communes baisse parce que les équipes municipales n’ont pas encore enclenché de dossier. Mais il y a aussi une raison de choix politique, nous avons beaucoup aidé les communes depuis quinze ans, et face aux difficultés j’ai souhaité que cet investissement soit un petit peu réduit. Notre politique ayant porté ses fruits, c’est normal que cela se tasse. Mais le Département restera un pôle de stabilité sur lequel les communes pourront s’appuyer quand elles en auront besoin, dans le cadre des critères redéfinis en application des recommandations de la chambre régionale des comptes.

    Vous parliez d’économies, cela ne se fait pas au détriment des politiques sociales du conseil départemental ?

    Y.M. : Ce sont les achats et les subventions qui baissent. Les dépensent sociales augmentent encore en 2025, mais nous réussissons à y faire face en faisant attention ailleurs. On rogne sur ce qui n’est pas l’essentiel pour faire face à ce qui est essentiel dans la mission du Département.

    Un rapport alerte sur la dégradation des finances de 13 Habitat, dont vous garantissez les emprunts. Cela vous inquiète ?

    Y.M. : Fitch est plutôt très rassurant sur nos garanties d’emprunt. Il faut être attentif, mais je n’ai pas d’inquiétude particulière sur une défaillance de 13 Habitat, d’autant qu’il y a un patrimoine en face très important.