Tag: Métropole de Montpellier

  • Les grands défis de Loïc Linarès dans le bassin de Thau

    Les grands défis de Loïc Linarès dans le bassin de Thau

    Des violences condamnables mais qui ne tombent pas du ciel. Tout en ayant une pensée pour les commerçants vandalisés, Loïc Linarès appelle le gouvernement à un autre niveau de relations avec les citoyens. « Il faut avoir le même niveau d’exigence pour faire régner l’ordre que pour répondre aux attentes légitimes des jeunes qui font écho à celles des pêcheurs, viticulteurs et des Gilets jaunes dès 2018. »

    Pour mener à bien son mandat à la tête de Sète Agglopôle, il attend de l’État autre chose qu’une nouvelle cure d’austérité contre les collectivités. « Elles sont le dernier amortisseur social pour panser les maux de la société. Là, on perdrait 2 millions d’euros en 2027. Le gouvernement nous demande de renoncer à des investissements (-10% prévus), il fait fausse route. Notre territoire subit la crise industrielle, climatique (…). On a besoin d’agir et préparer l’avenir. »

    Voilà pour le contexte un peu morose. Mais Loïc Linarès ne se résigne pas. La preuve ? Il vient de lancer une grande concertation pour faire émerger des idées auprès des professionnels, citoyens, associations… 7 réunions publiques sont prévues jusqu’à décembre suivies d’une première synthèse en février puis d’une restitution à la rentrée 2027. « Pour retrouver la confiance des habitants, il faut de l’écoute et de l’audace pour donner des perspectives, de l’espoir. »

    Bientôt des régies ?

    D’ici là, le président et son équipe continuent de gérer les dossiers et les urgences. 6 millions ont été investis face à la crise conchylicole (face aux eaux pluviales, travaux à Sète sur les réseaux et le quai du Bosc…). Un mas destiné à mettre à l’abri les coquillages a été acheté à Frontignan, il sera opérationnel l’hiver 2027-2028. « On travaille aussi avec Suez sur des process de recherche-développement sur la gestion du norovirus et sa meilleure filtration dans le réseau d’assainissement. » À ce sujet, un travail a été engagé pour la réutilisation des eaux usées à usage agricole. Sur l’eau potable, une discussion va s’engager avec les communes pour un éventuel passage en régie en 2028.

    Au sujet des déchets, exit Nicollin, place dès 2027 à Urbaser, qui a remporté l’appel d’offres. Le marché de collecte (sur 8 ans pour 65 millions d’euros) concerne Sète, Frontignan, Vic-la-Gardiole, Mireval, Gigean et Balaruc-le-Vieux. Avec un « système de bonus/malus », le but est « d’améliorer la gestion du tri et des déchets professionnels ». Sera aussi construit un bâtiment voué à devenir public pour « créer les conditions d’un passage en régie publique ». En attendant que la chaudière CSR soit construite, Sète Agglopôle accepte durant 4 ans de brûler 40 000 tonnes annuelles de déchets de la Métropole de Montpellier qui prend ses biodéchets en contrepartie.

    Soutien affiché à la LGV

    Face à une « tension foncière réelle » dans un « territoire attractif », Loïc Linarès lance une révision du Plan local de l’habitat. « On a la chance d’avoir des friches industrielles (30 ha mobilisables dans les 20 ans) portuaires, à l’entrée Est de Sète, sur l’ex-site dépollué Lafarge à Frontignan (…) et des opérations de renouvellement urbain dans les centres anciens ». Face à la pression d’Airbnb et aux besoins de toits, « on doit rester maître, préserver l’équilibre ».

    Côté développement économique aussi, l’élu PS souhaite « saisir les opportunités ». Et parfois savoir dire non. « Par le passé, des activités ne se sont pas installées au bon endroit. » Au contraire, il veut créer des « conditions d’échanges avec les entreprises à potentialités », par exemple sur l’éolien en mer. « Pour dynamiser l’emploi, on doit travailler avec le port de Sète-Frontignan, la Région et l’État sur la formation des métiers d’avenir. » À côté, il souhaite revoir le schéma de cohérence territoriale (SCoT), notamment pour penser un « tourisme 4 saisons » face à la nouvelle donne climatique.

    Concernant le projet de LGV Montpellier-Béziers contesté par des collectifs dans le bassin de Thau, Loïc Linarès rappelle que « des avancées concrètes » ont été obtenues. « Cette ligne aura des impacts, il faut préserver au mieux. » Les forages prévus à Issanka n’ont pas encore débuté. Des réunions sont prévues après la Toussaint. Pour le bassin de Thau, l’enjeu en matière de transports est de conserver des TGV en gare de Sète, d’obtenir davantage de fret – « une nécessité pour développer le port » – et plus de trains du quotidien (une centaine de TER quotidiens contre 65). « Cette LGV est nécessaire, il nous faut des garanties. »

  • Chaufferie CSR : avis positif malgré des réserves et refus

    Chaufferie CSR : avis positif malgré des réserves et refus

    Transformer la dysfonctionnante usine de méthanisation Ametyst (50% de refus et bientôt 80% !) en chaufferie de combustibles solides de récupération (CSR) d’ici 2030. Tel est l’objectif du président Michaël Delafosse (PS) qui refuse d’exporter plus longtemps par 4 900 camions (vers Sète, Lunel, les P-O…) les 70 à 110 000 tonnes de déchets que la Métropole de Montpellier est incapable de traiter. « Nous sommes dans une impasse, un précipice en étant la seule métropole sans solution pour gérer ses déchets », alerte M. Delafosse. En parallèle du CSR, le président veut poursuivre la stratégie pour tendre vers le « zéro déchet » et promet à terme une baisse de 10% de la taxe sur les ordures ménagères.

    Les seuils font débat

    Mardi 13 octobre, les élus communautaires n’ont pas gravé dans le marbre la construction d’une chaufferie CSR qui brûlera au maximum 42 525 tonnes de déchets par an. Mais ils ont majoritairement émis un « avis favorable » à la demande d’autorisation environnementale et de permis de construire. Deux actes qui relèvent de la préfecture de l’Hérault qui vient de lancer l’enquête publique (deux réunions publiques sont prévues les 20 octobre et 6 janvier) qui se clôturera le 12 janvier 2027. Ce n’est qu’ensuite que la Métropole prendra sa position définitive.

    D’ici là, la perspective du CSR, sorte d’incinérateur nouvelle génération, est loin de faire l’unanimité. Il y a ceux qui émettent des réserves, à l’instar du maire de Saint-Jean-de-Védas qui exige la plus grande transparence sur la commission de suivi du site. « Nos installations doivent évoluer mais les responsabilités de chacun doivent être établies, les procédures d’alerte, de contrôle et mesures correctives connues », insiste Patrick Hivin. Si le délégataire choisi (Urbaser Environnement) s’engage à des émissions de polluants atmosphériques « 30 fois inférieurs aux normes », Marie-France Boisbault (pro-Altrad) note que les Pfas mais aussi les dioxines, métaux et mercure « ne sont pas quantifiés dans le rapport ». « Aucune valeur limite ne s’applique à l’ammoniac rejeté par les bio-filtres », ajoute Emmanuelle Mysona, élue d’opposition à Saint-Jean-de-Védas.

    Pour Julia Mignacca, c’est une fin de non-recevoir. « Un incinérateur incluant des plastiques va être implanté en pleine ville [quartier Garosud], à proximité immédiate d’habitations », alerte l’élue écologiste d’opposition à Montpellier qui réclame un « moratoire ». Au contraire, pour l’adjointe et épidémiologiste Tasmine Akbaraly, l’usine sera une « barrière de sécurité scientifique ». Selon le maire (DVG) de Lattes, Cyril Meunier, « il n’y a pas de bonne solution pour traiter les ordures ménagères » mais « le CSR est la plus suivie ». Et le vice-président Renaud Calvat (PS) d’abonder. « Le CSR d’Amsterdam permet de chauffer 40 000 foyers. »

  • Au Peyrou, un éclairage qui « révèle le patrimoine tout en préservant la nuit »

    Au Peyrou, un éclairage qui « révèle le patrimoine tout en préservant la nuit »

    « C’est un projet européen inédit sur la question de l’éclairage public la nuit. Le but est d’explorer une nouvelle manière de mettre en valeur le patrimoine culturel dans nos villes européennes en faisant de l’obscurité une richesse », résume Clare Hart, vice-présidente de la Métropole de Montpellier déléguée au rayonnement international et à la coopération européenne.

    Aux côtés de quatre autres sites pilotes en Europe : Oulu (Finlande), Tallinn (Estonie), Copenhague (Danemark) et Bologne (Italie), Montpellier a été choisie pour expérimenter, sur la promenade du Peyrou, le projet européen « Art of Darkness ». Coordonné par l’université d’Oulu et entièrement financé par l’Europe, ce projet de recherche-action, qui s’étend sur trois ans (janvier 2025-janvier 2028), propose une nouvelle approche de la mise en lumière afin de révéler le patrimoine tout en préservant l’obscurité, bénéfique pour la biodiversité, sans dégrader le sentiment de sécurité des visiteurs.

    Au Peyrou, l’expérience a débuté le 7 septembre et doit se poursuivre jusqu’au 21. Le dispositif Art of Darkness a été installé sur la moitié du parc, côté rue Pitot, tandis que l’autre moitié conserve son éclairage habituel. Cette configuration permet de comparer les deux ambiances. Des affiches installées aux deux entrées principales présentent le projet et invitent les visiteurs, via un QR code, à participer à l’évaluation et à donner leur avis. Car l’enjeu dépasse la seule question technique de l’éclairage. L’idée est de faire évoluer les perceptions. « On est sur une approche très participative », insiste Clare Hart.

    « Un changement

    de paradigme »

    Avec ses partenaires européens, Montpellier cherche à montrer qu’une baisse de la luminosité peut être compatible avec le confort et le sentiment de sécurité. « On amène un changement de paradigme chez le public », estime l’élue. « Avec ce projet, on espère aussi mieux mettre en valeur des éléments patrimoniaux de ce site un peu iconique de Montpellier et sensibiliser le public aux enjeux de la préservation de l’obscurité. Quand on éteint la nuit, on permet à la biodiversité de reprendre ses droits », souligne Clare Hart. « L’idée est de montrer que l’utilisation de la lumière peut révéler le patrimoine tout en préservant la nuit. »

    Le Peyrou représente une nouvelle étape après les expérimentations menées dans le cadre du plan Lumière montpelliérain. Clare Hart cite notamment la Comédie et l’Esplanade, où la luminosité a été fortement réduite après la requalification de ces deux sites, entraînant, du même coup, une diminution de 60% de la facture énergétique les concernant. Et selon les retours recueillis, « le public adhère totalement », assure Clare Hart. Le choix du Peyrou n’est pas anodin. Ce parc est à la fois un lieu patrimonial emblématique de la ville, un espace de rencontre et un lieu de passage. L’expérimentation doit permettre de tester une ambiance « beaucoup plus intimiste, plus douce » et d’inviter les Montpelliérains à s’approprier autrement ce lieu à la nuit tombée.

    Ce projet innovant est mené avec l’université Paul-Valéry, notamment son laboratoire de psychologie Epsylon. L’École nationale supérieure d’architecture de Montpellier participe, quant à elle, à l’évaluation du dispositif et à la conception lumineuse. Le 18 septembre, « les différentes parties prenantes seront conviées à une visite du dispositif sur la zone témoin du Peyrou afin de contribuer à son évaluation », indique Clare Hart. Une fois l’expérimentation terminée, fin septembre, les résultats montpelliérains comme ceux des autres villes pilotes seront transmis au consortium de chercheurs chargés de construire le modèle Art of Darkness. Car l’expérimentation ne doit pas rester sans lendemain. « Si le public adhère, d’autres expériences et débats pourront être organisés. » Derrière cette expérimentation se dessine ainsi une réflexion plus large sur la ville de demain. « On est fier de pouvoir travailler à l’échelle européenne sur ce type de projet », souligne Clare Hart. « Ça sert à ça aussi, l’Europe, c’est un énorme think tank pour penser la ville de demain. »

    Amélie Goursaud

  • À Montpellier, du biogaz produit à partir des eaux usées

    À Montpellier, du biogaz produit à partir des eaux usées

    Nouvelle étape franchie dans le projet de modernisation de la station d’épuration Maera, à Lattes. Le 4 juin, a été mise en service une unité de production de gaz vert, du biométhane. Concrètement, la méthanisation des déchets alimentaires, des fumiers ou des boues de la station d’épuration permettra de créer du biogaz, qui sera directement injecté dans les réseaux de GRDF. Ainsi, 9 000 logements pourront être alimentés en gaz à l’année, ou 3 000 logements en eau chaude et en chauffage ou encore 124 bus du réseau de la TAM. Une manière de lutter contre le dérèglement climatique, le biogaz étant une énergie renouvelable, contrairement aux énergies fossiles comme le gaz issu des hydrocarbures. La Métropole dirigée par le socialiste Michaël Delafosse ambitionne de tripler sa production de biogaz d’ici 2029, passant de 10 GWh à 32 GWh.

    Car cette mise en service s’inscrit dans un vaste projet de modernisation de la station d’épuration. « C’est un chantier représentant 165 millions d’euros, le plus grand de la métropole depuis que la ligne 5 de tramway est terminée. Dans ce cadre-là, il y a tout un ensemble d’opérations qui ont été faites. On a augmenté le volume d’équivalent de traitement pour l’assainissement, mais aussi il y a plusieurs choses qui ont été faites sur les capacités en termes de production d’énergie. On va donc avoir trois types de production d’énergie. La production de création de gaz et d’injection de gaz. Bientôt, on aura une unité de valorisation énergétique des boues qui va permettre de produire de l’énergie et en plus, on aura tout un tas d’installations photovoltaïques. Là on est à la première phase de la réinjection de gaz à travers la production de méthane », détaille Manu Reynaud, élu à la Métropole et président de la Régie des eaux de Montpellier Méditerranée Métropole. Ainsi, en 2028, près de 10% du gaz consommé sur la métropole sera d’origine renouvelable et produit localement.

    Maera, une station

    à énergie positive

    Une manière, pour la collectivité, d’atteindre la neutralité carbone à l’horizon 2050, dans le cadre de son Plan climat air énergie territorial et solidaire (PCAETs) et de faire de Maera, une « station à énergie positive ». Comprendre : la station produira plus d’énergie qu’elle n’en consomme. Pour ce faire, une seconde tranche d’injection de biogaz sera mise en service. La future UVE (unité de valorisation énergétique) – qui pourra générer jusqu’à 24 GWh – et la pose des futurs panneaux photovoltaïques permettront aussi d’atteindre cet objectif. « Les boues restantes des eaux usées seront traitées au sein de cette future UVE pour nous aider à produire de la chaleur. Il restera de ce traitement thermique des cendres qui seront valorisées », précise Laurence Burgaud, directrice déléguée de la Régie des eaux de la métropole. Ainsi, Maera devrait produire deux fois plus d’énergie qu’elle en consomme.

    En ligne de mire également, la souveraineté énergétique, dans un contexte de chaos sur la scène internationale. En se répercutant sur le prix de l’énergie, les conséquences des guerres mettent en évidence la dépendance de l’Hexagone à l’égard de certains pays, notamment la Russie ou l’Algérie. « Cette question est essentielle pour toutes nos politiques publiques. On essaie de trouver toutes les technologies qu’on peut avoir sur nos différentes productions qui sont intégrées au PCAETs », soutient Manu Reynaud.

    Un objectif que la métropole tente d’atteindre grâce à Maera mais aussi par le triplement des réseaux de chaleur existant sur son territoire, notamment via la construction de chaufferies bois mais aussi par la géothermie, la réutilisation de la chaleur des eaux usées à Beausoleil ou celle issue des datacentres à Eureka. D’ici quatre ans, pas moins de 45 000 foyers seront raccordés aux réseaux de chaleur. Autant d’actions montrant que Montpellier veut prendre le train de la transition énergétique.

  • À Montpellier, Manu Reynaud prend la tête de la Régie de l’eau

    À Montpellier, Manu Reynaud prend la tête de la Régie de l’eau

    Le conseiller métropolitain Manu Reynaud a été élu à la présidence de la Régie des eaux de la Métropole de Montpellier, établissement chargé de la gestion de l’eau et de l’assainissement sur les 31 communes formant cette dernière, le 19 mai. Il succède ainsi à René Revol, ex-maire de Grabels battu lors des dernières municipales. À ses côtés, l’élu montpelliérain sera épaulé par deux vice-présidents, Céline Pintard, adjointe au maire du Crès, et Thierry Ruf, directeur émérite à l’Institut de recherche pour le développement (IRD). Une gouvernance partagée entre élus mais aussi avec des représentants d’associations et universitaires.

    La nouvelle organisation va s’atteler à plusieurs défis, telle que la question de la qualité de la ressource. « C’est un sujet majeur de ces prochaines années. Notamment sur la question des pesticides mais aussi des micropolluants. Nous devons être en capacité d’être une force de transparence, d’information, de prévention », insiste Manu Reynaud. À l’heure où les Pfas s’invitent dans nos robinets, ce devoir de transparence est érigé comme la priorité du mandat de la Régie.

    Miser sur la qualité mais également sur la quantité. En six ans, les fuites de canalisation ont été réduites de 23 à 13%. « Nous avons eu un beau gain sur la performance du réseau. Nous allons continuer, c’est une nécessité pour la ressource. C’était un argument pour passer en régie publique du point de vue de la gestion des investissements. Il ne s’agit pas de réparer les fuites mais de financer la rénovation des réseaux. Ce n’est pas la même logique, nous investissons pour la suite », reprend l’élu. Des investissements plus coûteux et nécessitant de gros travaux mais qui bénéficieront aux administrés sur le long terme. La Régie des eaux gère également l’assainissement. En ce sens, Manu Reynaud entend développer la réutilisation des eaux usées. « Le cadre réglementaire est très contraint, heureusement. Mais la législation évolue et nous expérimentons l’irrigation de l’agriculture, le nettoyage des rues, l’arrosage des parcs, etc. L’objectif est de généraliser son utilisation », indique Manu Reynaud, promettant des annonces à ce sujet en septembre. L.D.

  • [Entretien] Renaud Calvat : « On a l’un des taux les plus bas de France »

    [Entretien] Renaud Calvat : « On a l’un des taux les plus bas de France »

    La Marseillaise : Cette hausse de la taxe foncière était-elle inévitable ?

    Renaud Calvat : Oui. Le débat qu’on peut avoir, c’est quel niveau de taxe foncière. La Métropole a été créée en 2015 en recevant des dépenses dynamiques des communes et des recettes statiques. Cela peut marcher un an, quatre ans… mais au bout d’un moment le différentiel est énorme. C’est une erreur originelle liée à la loi Mapam. Des compétences ont été transférées : l’urbanisme, la voirie… et un calcul a été fait à l’époque pour savoir ce que chaque commune dépensait. Sauf que cela n’a pas été harmonisé. Certaines mairies mettaient beaucoup d’argent pour désherber, d’autres préféraient les MJC, le soutien scolaire… Depuis, il y a eu de l’inflation mais aussi de nouvelles routes, des lotissements, des arbres plantés à entretenir… Tout cela se fait avec la même somme d’argent qu’en 2015. À cela s’ajoute l’argent que nous prend l’État : 12 millions d’euros au titre de la contribution aux retraites des fonctionnaires par exemple.

    Des maires de droite en ont conclu qu’alors, il ne fallait pas faire la gratuité des transports…

    R.C. : Je suis en total désaccord, cela ne changerait rien. Que les gens payent le service en achetant un ticket ou un impôt, c’est toujours le citoyen qui paye. Le seul moyen de ne pas avoir de dépense, c’est de la réduire. Tout le monde trouve normal de payer un ticket de tramway mais le coût de gestion de la route est aussi important et c’est l’impôt qui finance. Si vous voulez moins de recettes (pas de hausse fiscale), il faut moins de dépenses. Or, tous les maires nous demandent plus de services publics.

    Pourquoi n’avoir choisi que la taxe foncière (payée par les propriétaires) et pas les entreprises ?

    R.C. : Sur la Contribution foncière des entreprises (CFE), on est déjà sur un taux (36,58%) comparable aux autres Métropoles. Sur le versement mobilités, on est au maximum légal. En revanche, le taux de la taxe foncière était historiquement bas, en raison d’un choix politique voulu en 2001 par Georges Frêche lors de la création de l’Agglomération. La recette du foncier bâti c’était à peine 2 millions d’euros pour les ménages contre 300 millions pour les impôts des entreprises. Avec l’ancien taux de 0,167%, pour une taxe foncière de 1 200 euros, seuls 5 euros allaient à la Métropole [le reste à la commune, Ndlr.] ! Les propriétaires payaient entre 2 et 7 euros, avec le nouveau taux (5,8%), ce sera entre 70 et 250 euros par an en fonction du logement (fois 36 !). On a l’un des taux les plus bas de France. Ce sera la seule hausse du mandat et avec l’usine CSR, on vise à terme une baisse de la taxe sur les ordures ménagères (14,62%).

    C’était ça ou réduire les services publics ?

    R.C. : Oui. On a des dizaines de milliers d’habitants qui vont dans les médiathèques, à la piscine… Le coût réel c’est 7 euros de l’heure, pas un habitant ne paye cela. Ce sont des choix politiques. Un piéton pourrait râler en disant qu’il n’a pas besoin de route, ou un contribuable d’école s’il n’a pas d’enfant. Le principe même de l’impôt c’est de mutualiser les coûts pour un meilleur service à un meilleur prix. La vraie question c’est : l’impôt est-il excessif au vu du service en face ?

  • En prévision des travaux d’extension, le musée Fabre sera fermé du 4 au 22 mai

    En prévision des travaux d’extension, le musée Fabre sera fermé du 4 au 22 mai

    En préambule de ces travaux d’extension, qui se tiendront à partir de 2028, une courte phase préparatoire de sondages géotechniques va être réalisée à partir du 4 mai. Ils seront réalisés à l’entrée du musée, au niveau de la bibliothèque et de la librairie-boutique, où se tiendra le futur escalier menant aux nouveaux espaces d’exposition créés sous le musée.

    Afin de limiter les nuisances pour les visiteurs, et avant la mise en place d’une entrée secondaire temporaire en 2028, le musée fermera donc ses portes du 4 au 22 mai, le temps de cette phase préparatoire. La réouverture aura lieu le 23 mai pour la Nuit des musées.

    Un nouvel écrin

    C’est l’Atelier d’architecture Emmanuel Nebout, déjà lauréat du premier projet d’extension du musée réalisé en 2007, qui mènera à bien cet ambitieux projet d’agrandissement et de rénovation,
    avec l’agence bordelaise BLP.

    Sous la cour Soulages, sera creusée la grande salle d’exposition. Elle présentera une surface de 940 m², composée d’une nef centrale sous un tamis de lumière. Ce vaste espace sera complété par une allée latérale pour les espaces d’interprétation indispensables aux expositions temporaires. Enfoui sous le sol de la ville, il sera relié par un vaste escalier de deux volées. Situé en continuité directe avec le hall, il se déploiera à l’emplacement de la bibliothèque actuelle et amorcera le parcours vers la salle des expositions temporaires. De son côté, le parvis sera repris pour redonner sa splendeur à la porte Buren et intégrer, dans le prolongement de l’esplanade récemment repensée, un jardin des sculptures.

    LM

  • Montpellier, une hausse d’impôts à la Métropole ?

    Montpellier, une hausse d’impôts à la Métropole ?

    Dix jours après le débat d’orientation budgétaire (DOB) de la Ville de Montpellier, place à celui de la Métropole, ce 21 avril, pour les 102 élus communautaires. Dans un contexte budgétaire dégradé, le vice-président délégué aux Finances a annoncé la couleur. « La situation financière des collectivités n’est pas facile, ici comme ailleurs. Cela nous impose une gestion extrêmement précise et rigoureuse pour que chaque euro dépensé le soit utilement », fait valoir Renaud Calvat, également maire PS de Jacou.

    En effet, la collectivité socialiste va devoir composer avec moins de recettes de l’État, notamment via la Dotation globale de fonctionnement (DGF). « Depuis 12 ans, nous sommes la métropole qui touche la DGF par habitant la plus basse de France. Par exemple, Lille touche 167 euros tandis que nous en avons 85. Nous ne demandons pas d’être au même niveau, mais d’avoir la même moyenne nationale, ce qui nous permettrait de récupérer 20 millions d’euros », précise Renaud Calvat. Le président Michaël Delafosse ira d’ailleurs à Paris le 4 mai afin de négocier avec Bercy à ce sujet. Autre difficulté, l’augmentation des ponctions de l’État de 12,4 millions d’euros.

    Le budget prévisionnel de 2026 est donc moins ambitieux que celui de la précédente mandature. Notamment en termes de dépenses d’équipement, revues à la baisse. « Entre 2020 et 2024, le budget équipement dépassait les 400 millions d’euros. Ça, c’est fini, notamment car une grande partie des travaux a été réalisée. Nous mettrons 371 millions d’euros, ce qui permettra de financer la fin de la ligne 5, le début des bustrams, l’achat de matériel, etc. 30 millions seront investis sur l’espace public et la voirie [dans le cadre du plan de marchabilité, Ndlr] », énumère Renaud Calvat. Les recettes de fonctionnement envisagées progressent de 7% pour s’établir à 813 millions d’euros, tout comme les dépenses, qui elles, augmentent de 5% (709 millions d’euros). Des orientations qui ne convainquent pas l’opposition. « Dans ce contexte de crise, on attend des orientations pour les régies publiques de manière à garantir les services publics communaux pour couvrir les besoins essentiels de l’existence, d’engager la planification écologique en refusant notamment d’accorder des permis pour des activités polluantes », soutient Nathalie Oziol, élue LFI.

    Cruel dilemme

    Toute la question pour la majorité est de savoir comment maintenir le même niveau de services publics dans l’une des métropoles les plus intégrées de l’Hexagone, possédant notamment 15 médiathèques et autant de piscines « Nous dépensons 1 055 euros par an et par habitant alors que la moyenne des métropoles s’élève à 595 euros », poursuit Renaud Calvat. Deux pistes de réflexion sont envisagées. Tout d’abord, une baisse des investissements. « Notre trajectoire est celle d’être une Métropole qui investit 200 millions d’euros pour financer les projets », promet Michaël Delafosse. Ce qui permettra de baisser le niveau de la dette. Surtout, le socialiste prévoit d’augmenter la fiscalité foncière intercommunale, qui devrait passer de 0,16 à 5,8%. « Il y a trois choix. Soit on demande un effort aux communes, certaines seraient dans des situations compliquées, ce que nous refusons au nom de la solidarité. Soit on ferme des services publics, s’il y a des volontaires, qu’ils lèvent le doigt », développe Michaël Delafosse. Reste donc, selon le président, la hausse d’impôt intercommunal. Le vote est prévu le 28 avril.

  • À Montpellier, LFI se pose en première force d’opposition à Michaël Delafosse

    À Montpellier, LFI se pose en première force d’opposition à Michaël Delafosse

    Nous sommes la première force d’opposition et de proposition à la Ville et à la Métropole. » À l’aune de cette nouvelle mandature, le groupe insoumis à Montpellier entend jouer les premiers rôles, bien qu’arrivé au second tour loin derrière Michaël Delafosse (50,13%) avec 25,06%, talonné par le milliardaire Mohed Altrad (24,8%). « Nous sommes le groupe qui est le plus intervenu dans les conseils. Nous ne sommes pas là pour faire de la figuration ni pour accompagner la politique [du maire PS] Michaël Delafosse comme le fait le groupe de Mohed Altrad », soutient Nathalie Oziol, cheffe de file du groupe LFI-Verts Populaires (LFIVP). Elle met en avant « la bataille sur le budget, commencée avec le débat d’orientation budgétaire, un budget à rebours des attentes des Montpelliérains : pas de propositions sur le logement, sur le maillage des transports », ose l’insoumise.

    Avec huit élus à la Ville et trois à la Métropole, le groupe revendique tout de même la présidence de la commission des finances. « Cette commission revient normalement au premier groupe d’opposition [c’est le cas à l’Assemblée nationale mais pas dans les communes, Ndlr.]. Nous le revendiquons. Je m’engage à accomplir ce travail et à contrôler les finances de la Ville », déclare Antoine Bertrand. Et ainsi chiper la place au groupe de Mohed Altrad, qui compte également huit conseillers. « Mais ils sont plutôt sept, Mohed Altrad ne siège jamais et nous sommes arrivés en seconde position aux élections », se justifie Antoine Bertrand.

    Le règlement contesté

    Une opposition que LFI veut la plus vivante possible, option réalisable grâce à la constitution d’un groupe. Or, si les insoumis ont pu le créer à la Ville, ce n’est pas le cas à la Métropole. « Michaël Delafosse empêche le pluralisme. Le règlement intérieur a été changé en catimini afin de museler l’opposition. C’est un double verrou : le nombre de conseillers et le nombre de communes représentées ont été augmentés pour constituer un groupe, ce qui témoigne d’une vision dépolitisée de la Métropole », déplore Julia Mignacca. Alors qu’il ne fallait que trois élus auparavant, il en faut maintenant six, issus de trois communes différentes, pour créer un groupe. « Si déposer un recours juridique est pertinent, nous le ferons », annonce Rhany Slimane. Sur les dossiers, les insoumis entendent avancer leurs pions sur la gratuité totale de la cantine scolaire et un plan d’investissement pour faire face à la crise énergétique.

  • Pour Michaël Delafosse à Montpellier, les quartiers plutôt que les grands chantiers ?

    Pour Michaël Delafosse à Montpellier, les quartiers plutôt que les grands chantiers ?

    En 2020, il s’était imposé face à Philippe Saurel en tant qu’outsider. Six ans plus tard, Michaël Delafosse a brillamment transformé l’essai dans le costume du favori. En remportant haut la main (50,13%) la triangulaire, dimanche 22 mars, face à Nathalie Oziol (25,06%) et Mohed Altrad (24,81%), le sortant socialiste n’a pas seulement multiplié par 1,6 le nombre de ses voix (38 668 contre 24 046) lors de ce scrutin à la participation certes un peu moins faible. Michaël Delafosse a d’abord écarté, sans doute définitivement, deux adversaires politiques coriaces. Philippe Saurel éjecté du conseil municipal où il siégeait depuis 1995. Et Mohed Altrad, 78 ans, qui, s’il annonce créer l’association « Montpellier, notre fierté », va sans doute s’éclipser rapidement de la scène politique. Reste la députée insoumise Nathalie Oziol qui prépare clairement la suite et ne fera pas de cadeau à la majorité avec ses sept colistiers de l’opposition.

    Qu’importe. À bientôt 49 ans, le professeur d’histoire géographie dont le profil fait écho à son homologue nîmois Vincent Bouget, 46 ans, a désormais du temps (sans doute sept ans) et le champ libre (sans crise Covid à gérer en début de mandat). Premier maire de Montpellier à être réélu depuis Georges Frêche en 2001 (élue en 2008, Hélène Mandroux, maire depuis 2004, n’avait pas été élue sur son nom la première fois), Michaël Delafosse va pouvoir suivre le fameux « cap » qu’il a en tête pour la septième ville de France et sa Métropole.

    La première étape, samedi 28 mars (10h), ne sera qu’une formalité. Avec 53 élus acquis sur 69, le conseil municipal le réélira maire sans encombre. Quelques jours plus tard, la seconde étape pour la présidence de la Métropole ne devrait pas être un énorme casse-tête. Cependant, avec l’élection de 13 nouveaux édiles sur 30 autour de Montpellier, le socialiste va devoir ménager les susceptibilités, trouver le savant équilibre et donc travailler avec la droite, dans une Métropole qui pourrait se politiser davantage si des groupes venaient à se former. Plus que les postes d’adjoints au maire, l’attribution des vice-présidences sera scrutée à la loupe. À voir par exemple qui récupérera le dossier compliqué des déchets dont s’occupait René Revol, battu.

    Le pouvoir d’achat aidé

    Si l’alchimie prend, M. Delafosse pourra alors dérouler. Son premier mandat visait à réveiller Montpellier l’endormie. Ce fut chose faite avec la plupart des promesses tenues (gratuité des transports, 5e ligne de tramway, mutuelle communale…) au prix de nombreux chantiers qui riment forcément avec perturbations. La carte de « l’apaisement » jouée par le maire avec les territoires voisins, vaudra-t-elle aussi pour Montpellier ? C’est ce que M. Delafosse a promis durant la campagne. Après le tramway ou l’Esplanade, le maire a l’intention de réparer et d’équiper les quartiers, les uns après les autres. En prenant soin « des parcs, des écoles, des rues, des places, des trottoirs ». Ainsi l’avenue de Toulouse, la place des Beaux-Arts ou le chemin de l’Aqueduc vont être repensés après concertation. À terme, l’esplanade de Gaulle sera reliée à Antigone. Parmi les premières mesures pour faire faire des économies, la gratuité des médiathèques fera son apparition, un office pour le pouvoir d’achat et une agence du logement seront aussi créés.

    Mais attention, plus de proximité dans les quartiers ne signifie pas la fin des grands chantiers. Le Contournement routier ouest (COM) et le Service express régional métropolitain (Serm) sont sur les rails. Mené avec l’État, l’indispensable projet de rénovation urbaine (Anru) va, durant ce mandat, transformer des quartiers populaires comme la Paillade. De nouveaux quartiers vont naître à l’instar de Montpellier Sud entre Saint-Martin et les Prés d’arènes. Pour M. Delafosse, le nouveau challenge ne fait que débuter.