Tag: Métropole Aix-Marseille-Provence

  • L’État lance une mission sur l’avenir de la Métropole Aix-Marseille-Provence

    L’État lance une mission sur l’avenir de la Métropole Aix-Marseille-Provence

    Une mission « indépendante », « d’analyse et de propositions sur la situation et le devenir de la Métropole Aix-Marseille-Provence » alors qu’elle « traverse une période difficile et inédite depuis sa création en 2016 », a été lancée par le gouvernement ce 29 juillet. Confiée à Dominique Busserau, ancien ministre, et à Jean-François Debat, président du Comité des finances locales, elle entend « proposer des évolutions » pour « renforcer l’efficacité de l’action publique ». Et débutera ses travaux fin septembre, histoire de « respecter la séquence budgétaire actuellement engagée » par la collectivité.

    Pour ce faire, ils se pencheront sur l’organisation institutionnelle, la « gouvernance », les compétences, les relations avec les communes qui la composent, les mécanismes financiers, la lisibilité et l’efficacité de l’action publique.

    Un « cri d’alarme »

    Si le président d’Aix-Marseille-Provence estime que cette mission est « une première étape pour trouver des solutions concrètes et durables » rappelant que ce territoire de deux millions d’habitants, est « quatre fois plus étendu que le Grand Paris et riche d’une diversité géographique unique en France », Nicolas Isnard (LR) persiste à demander des moyens pour « assumer nos responsabilités, renforcer l’attractivité et le dynamisme économique de notre métropole et améliorer la vie quotidienne de leurs habitants ». Un « cri d’alarme de l’ensemble des métropoles que le gouvernement doit entendre » martèle-t-il quand leurs missions sont « de plus en plus importantes, en matière de transports et d’aménagement du territoire notamment » et que « les différentes lois de finances n’ont cessé d’assécher [les] finances ».

  • David Ytier : « Il faut revoir le modèle financier de la Métropole sinon elle va s’éteindre »

    David Ytier : « Il faut revoir le modèle financier de la Métropole sinon elle va s’éteindre »

    Chaque week-end dans La Marseillaise, chaque dimanche à 12h10 sur Maritima radio, ceux qui font l’actualité sont interrogés sur leurs choix, leurs décisions, leurs stratégies.

    Attributions de compensation

    Didier Gesualdi : Vous êtes le grand argentier de la Métropole…

    En ce moment on m’appelle plutôt Picsou !

    Didier Gesualdi : Et le préfet qui a rendu sa copie sur le budget et a décidé de demander de l’argent aux territoires à travers les attributions de compensation. Comment avez-vous réagi ?

    La première réaction est de dire qu’on est au bout d’une procédure qu’on a choisie volontairement puisqu’il y avait eu un choix collectif des élus de ne pas voter le budget face à des difficultés structurelles et donc de saisir les magistrats de la Chambre régionale des comptes. Il y a eu une petite surprise puisque le préfet s’écarte en partie de ces préconisations et va sur un terrain sur lequel les magistrats disaient qu’il ne pouvait pas aller puisque ce sont des mesures qui ne relèvent que du conseil de Métropole et pas du pouvoir de l’État.

    Didier Gesualdi : Une volonté politique ?

    Il y a sans doute une volonté politique de l’État d’envoyer un message à ce territoire mais surtout de retenir une préconisation qui en réalité ne peut pas être mise en œuvre techniquement de manière simple. Quand le préfet dit « il faut retirer des attributions de compensation » il soulève un sujet. Pour mettre en œuvre cela, il faut que les représentants des communes valident aux deux tiers dans une majorité qualifiée du conseil de Métropole dit la loi, et ensuite que chaque conseil municipal, dans chacune des communes concernées par la baisse de dotation, le ratifie.

    Léo Purguette : Donc ça n’arrivera pas.

    Tout le monde a compris que la loi sanctifie les attributions de compensation. L’État a fait, via la signature du préfet, ce que les magistrats disaient qu’il ne pouvait pas faire. Donc ce sujet n’existe pas politiquement.

    Léo Purguette : Pourtant le maire de Marseille en parle beaucoup…

    On peut débattre de tout, et tout le monde est d’accord pour dire qu’il n’y a pas de tabou, mais au regard de cet élément technique, on voit bien que le chemin est plus que complexe à prendre.

    Sommes indues

    Didier Gesualdi : Le maire de Marseille défend son territoire, ceux d’Istres, de Martigues, d’Aix-en-Provence… revendiquent eux un héritage du passé, disant on avait des moyens, on nous les a pris pour construire la Métropole. On parle de « sommes indues », ce qui est difficilement audible pour les populations et les élus ?

    À ce stade, aucun juge n’a prononcé l’illégalité de ces sommes et d’ailleurs elles sont revotées mécaniquement tous les ans dans les budgets par délibération et aucun préfet n’a saisi un juge de ce sujet. Il y a un désaccord politique entre l’État et les communes sur le calcul de ces dotations. Ces attributions de compensation représentent une histoire : l’histoire de la taxe professionnelle qui était avant versée aux communes et qui est partie dans le giron métropolitain, l’histoire des transferts de compétences… Donc c’est un dû aux communes. Ce qui est dit « indus » ce sont les mécanismes qui ont été mis en place par toutes les anciennes intercommunalités lorsqu’elles ont de force été intégrées à la Métropole pour geler les acquis de ces anciens territoires. En réalité, personne dans ce territoire ne demandait la Métropole. Elle pouvait être souhaitée, certains la demandaient, mais elle a été faite de force. Donc il y a eu des mécanismes de protection mais personne ne vole rien. On a l’impression que, quand on évoque des attributions de compensation indues, il y a des communes qui volent de l’argent, qu’il y a des gens qui se mettent de l’argent dans les poches. Il n’y a personne qui se répartit des bénéfices et part avec la caisse publique.

    Refus de voter le budget

    Léo Purguette : Vous ne regrettez pas ce choix d’avoir refusé de voter le budget ?

    Non dans le sens où, quand on le fait, il y a 123 millions à chercher et une seule solution sur la table : l’augmentation massive de l’impôt avec en moyenne 200 euros de plus par contribuable foncier. On dit tous qu’il est hors de question d’aller vers cette solution et qu’il est temps que l’État ouvre les yeux sur le financement des transports dans notre Métropole. Donc nous l’avons fait pour interpeller l’État, pour éviter d’aller vers la solution de l’impôt, pour gagner du temps et essayer de regarder dans l’organisation de notre Métropole et dans son budget s’il n’y avait pas des pistes d’économie. Donc malgré tout, une partie du chemin a été faite. Pas la totalité, mais maintenant que l’on a un budget, on a un peu de temps pour y travailler.

    Didier Gesualdi : Mais le préfet dit aussi : non la Métropole n’est pas pauvre. Un effet boomerang ?

    Ce discours est assez incroyable. Les magistrats disent que la Métropole est arrivée au bout dans son modèle financier, qu’elle ne peut plus arriver à assumer le financement des transports dans un territoire où on a besoin de les développer.

    Austérité

    Léo Purguette : Vous dénoncez le choix du préfet de demander de l’argent aux communes. C’est l’austérité. Vous qui appartenez à une famille politique qui l’a souvent prônée, vous en faites le bilan ?

    Je ne prône pas l’austérité, je prône le fait de gérer le mieux possible l’argent public et de faire en sorte d’avoir des modèles qui tiennent, avec des économies quand on doit les faire, avec une rationalisation de nos dépenses… C’est ce qu’on est en train de faire à la Métropole. Faire 90 millions d’économie, c’était attendu par un certain nombre qui se disait que cette Métropole, non qu’elle était mal gérée, mais que peut-être dans des choix du passé, dans des politiques publiques qui s’étaient accumulées et pouvaient faire doublon, dans des dépenses de communication exagérées… Est-ce qu’on avait besoin de lancer un magazine métropolitain distribué à 600 000 exemplaires qui coûtait un million d’euros ? Nous, on dit non.

    Vers la fin ?

    Léo Purguette : À vous entendre, la situation est assez bloquée, est-ce que la Métropole a un avenir ?

    Ce qui est certain est que le modèle est à bout de souffle et fait même sourire ceux qui disaient – et ils étaient nombreux sur le territoire il y a 10 ans – que cette Métropole ne tiendrait pas. On est dans une séquence forte mais quand on va parler du budget 2027, les problèmes seront les mêmes, voire amplifiés. Le modèle financier n’est plus viable. C’est ce que tout le monde s’accorde à dire. Si l’État continue à être aveugle il va y avoir peu de pistes. Mais il y a une volonté dans cette métropole pour dire : essayons de sauver les meubles, de tenir le plus possible, le temps peut-être que dans la loi de Finances à venir il puisse y avoir quelques pistes optimistes pour nous et l’année prochaine il y a une élection présidentielle et il y a aura peut-être une autre majorité qui se dégagera et qui aura d’autres visions. Il faut qu’on arrive à finir 2026 qui est une année compliquée mais il faut aussi qu’on arrive à revoir le modèle financier de la Métropole sans quoi, c’est sûr, elle va finir par s’éteindre.

    Transports

    Didier Gesualdi : Le préfet a dit que l’État n’aiderait pas plus la Métropole ?

    On peut tourner le problème comme on veut : il y a un problème structurel de financement de nos transports. Il y a deux solutions. Soit on dit on revient en arrière, on arrête les plans transport, le plan Marseille en grand, on ferme des lignes de bus… Mais personne n’a envie de ça. Donc si on a besoin de le développer, il faut qu’on parvienne à le financer et que l’État ouvre les yeux sur une chose : notre situation n’est pas propre à la Métropole Aix-Marseille. La région Île-de-France était dans le même cas et l’État a réagi en disant « on ne peut pas laisser la région Île-de-France se tourner soit vers une augmentation massive du pass navigo, ou d’impôt, il faut leur confier des outils de recettes supplémentaires ». Pourquoi les bonnes solutions sont proposées à Paris et pourquoi sur nous l’État reste aveugle.

    Léo Purguette : Si l’État acceptait d’augmenter le versement mobilité, quel devrait être à votre avis, la hausse et à quelle échéance ?

    Le versement mobilité est la piste essentielle et privilégiée. C’est dans le système fiscal en France l’outil financier qui permet de financer le fonctionnement des transports. Si on nous rajoute une carte, on peut imaginer une solution qui permette de dire : on répartit l’effort sur un plus grand nombre, un peu sur les entreprises et les grandes qui nous demandent notamment d’améliorer les transports, un peu sur les contribuables…

    Léo Purguette : Combien et à quelle échéance ?

    Aujourd’hui on applique un versement mobilité plafonné à 2%. 1% de versement mobilité, c’est 220 millions de recettes. Nous n’irons jamais augmenter d’un point le versement mobilité. Mais 0,1% de versement mobilité c’est l’équivalent de 200 euros par contribuables fonciers sur le territoire.Léo Purguette : Allez-vous revenir sur la gratuité pour les seniors ou pour les jeunes ?On est dans l’une des métropoles de France où la participation des usagers au financement des transports est la plus faible : 15 à 18% quand dans les autres Métropoles on est autour de 25%. Quand on demande à l’État de nous donner des cartes supplémentaires, il faut dans le même temps qu’on prenne nos responsabilités en remettant un certain nombre de choses à plat. Qu’est-ce qu’il en sera exactement de la gratuité ? Je ne sais pas, mais on ne peut pas faire l’impasse sur ces sujets, on ne peut pas avoir de tabou.

    Les personnels

    Léo Purguette : Les agents de la Métropole sont très inquiets. Est-ce que vous allez aussi leur mettre un coup de bambou ?

    Coup de bambou non mais si la masse salariale de la Métropole ce n’est pas l’essentiel de nos dépenses, on est malgré tout sur 25% des dépenses. On est obligé de le regarder. Par exemple, les heures supplémentaires, pas pour les réduire mais peut-être réorganiser le fonctionnement. Mais il n’y a pas de demandes de suppressions massives des postes. Ça n’arrivera pas car il faut bien faire tourner les services publics et encore heureux ! Il n’y a pas des pertes de salaire qui vont arriver, Il y a des petits sujets et ça ne devrait pas se ressentir individuellement par les agents.

    La question des lecteurs

    Chaque semaine posez vos questions à nos invités sur lamarseillaise.fr l’une d’entre elles sera tirée au sort comme celle de Marine : On ne comprend plus rien. Pourquoi ne pas taxer les plus riches pour résoudre le problème ?

    Sur cette question de justice fiscale, il faut d’abord se dire que la Métropole ne dispose pas de tous les pouvoirs. Aujourd’hui le seul levier fiscal qu’a la Métropole, c’est l’impôt foncier, les autres sont assez marginaux. Cet impôt touche autant les propriétaires qu’on peut qualifier de riches que des personnes vivant avec des petites retraites ou des jeunes qui ont réussi après un premier CDI à acheter un bien à crédit. Quand on annonce une hausse d’impôt de 150 à 200 euros en plus en moyenne pour les contribuables, ça concerne tous types de propriétaires. Augmenter seulement sur les plus riches, la Métropole n’en a pas le pouvoir, ça relève d’un débat national. La justice, peut être traitée en revanche par le biais de la tarification des transports. Il y a un sujet sur la table : est-ce que la gratuité est une véritable mesure de justice ? Il y a des personnes riches qui en bénéficient autant que des personnes qui ne le sont pas du tout. Des voix commencent à s’élever, notamment celle de Samia Ghali, qui a pris position en ce sens. Je partage son diagnostic : la tarification sociale est plus juste que des mesures de gratuité éparses. Pour le reste, la justice fiscale relève d’un débat national et ne fait malheureusement pas partie de nos pouvoirs.

  • [Rue de la République] Robin Prétot : « À Istres, nous allons fonctionner de manière plus horizontale et plus transparente »

    [Rue de la République] Robin Prétot : « À Istres, nous allons fonctionner de manière plus horizontale et plus transparente »

    Son élection

    Didier Gesualdi : Vous avez tourné assez violemment la page François Bernardini à Istres. Comment analysez-vous avec un peu de recul ce séisme politique ?

    On parle nous aussi de séisme. Nous aussi, l’écart de voix nous a surpris. On sentait qu’on avait une dynamique, on y croyait – il faut y croire – mais c’est vrai que le score a été assez net, d’autant que nous étions en triangulaire avec le RN. On fait 60% des voix, il en fait 30 et le RN 8. Il y a un vrai soutien de la population. Ça me satisfait parce que ça veut dire qu’on a coché toutes les cases. Je pense que ça s’explique à la fois par une lassitude, un rejet de M. Bernardini et de son équipe, mais aussi par une déconnexion qu’ils avaient sur les attentes des Istréens, qu’on a su peut-être mieux identifier et capter. Comme je le dis toujours à mon équipe : c’est très flatteur d’être élu à 60% en triangulaire, mais derrière, il y a un très haut niveau d’attente, une très grande exigence qu’il ne faut pas décevoir.

    Léo Purguette : Vous n’avez pas été très soutenu par votre famille politique et vous avez mis le RN très bas, comment l’expliquez-vous ?

    Les élections municipales, c’est peut-être le dernier scrutin qui est encore décorrélé des identités ou des idéologies politiques. Les gens n’ont pas voté pour moi parce que je suis de droite, ou parce que je ne suis pas de gauche, je ne sais pas comment le dire. Ils ont voté pour moi parce qu’ils me connaissent, que j’ai grandi avec eux, que je respire le même air qu’eux. L’exemple que j’ai pris durant la campagne : quand on dit qu’il faut rénover le centre-ville, est-ce que c’est de droite ou de gauche ? J’en sais rien, il faut le faire, c’est du bon sens, faisons-le. Quand on dit qu’on bétonne trop dans la ville, est-ce que c’est de droite ou de gauche ? Même si je n’ai pas été soutenu trop fort par les anciens de ma famille politique ou certains qui en font toujours partie, ce n’est pas bien grave parce que ce ne sont pas eux, mais les gens qui font l’élection.

    La Méthode

    Didier Gesualdi : Vous avez fait campagne sur la fin du « système Bernardini ». Ça signifiait quoi à l’époque et ça signifie quoi aujourd’hui ?

    Ça signifie qu’on va avoir une conception différente, moins verticale et plus horizontale. On a commencé à la faire en considérant mieux l’opposition. Une des premières mesures que je vais prendre, en tant que maire, sera d’élargir les droits de l’opposition.

    Didier Gesualdi : Vous êtes masochiste ? Vous voulez plus d’opposition ?

    J’ai été opposant moi-même et j’ai subi ce fonctionnement très centralisé où on verrouillait tout et où on ne nous donnait pas la possibilité d’exister vraiment, je ne veux pas le faire subir moi-même à mes propres opposants. Ils ont été élus aussi, ils ont une légitimité populaire, même s’ils ont perdu les élections. Le meilleur moyen de respecter les électeurs qui n’ont pas voté pour moi, c’est de donner la possibilité à leurs représentants de s’exprimer correctement. C’est ce qu’on a fait en travaillant ensemble le règlement du conseil municipal. On va aussi faire plus de transparence pour les citoyens en leur donnant accès aux replays des conseils municipaux, en mettant en ligne les documents budgétaires et en ouvrant la très grande terrasse qui me sert de balcon à la mairie pour profiter des feux d’artifice cet été. On va ouvrir la maison commune au peuple.

    Léo Purguette : On attend la copie de la Chambre régionale des comptes après votre refus de voter le budget de la Métropole. Faut-il réduire les attributions de compensation, qui sont pourtant vitales pour beaucoup de communes ?

    On s’est retrouvé au pied du mur. Le ver était dans le fruit, la Métropole a été mal montée depuis le début. Mon attribution de compensation, c’est-à-dire la subvention donnée à la Ville d’Istres au regard de l’histoire intercommunale, c’est 57 millions, soit la moitié du budget de la Ville. Si on me bouge cette somme d’1 ou 2% il faut trouver dans les caisses 1 à 1,5 million d’euros, c’est juste impossible. Toutes les Villes concernées se retrouveraient à leur tour à rendre leur budget à la Chambre régionale des comptes, on ferait tous faillite et la Métropole va s’effondrer sur elle-même. La piste n’est pas là. On peut se poser la question de la dotation de solidarité communautaire, il y aura un plan d’économies que le président Isnard a commencé à engager.

    Le procès

    Léo Purguette : Le procès de François Bernardini s’est ouvert lundi. Vous avez finalement décidé de vous porter partie civile en tant que commune. Pourquoi ce choix ?

    J’ai beaucoup réfléchi, beaucoup hésité. Je n’étais pas du tout dans cette logique au début. J’ai toujours expliqué, pendant la campagne, que je n’étais pas magistrat, pas procureur, mais un homme politique en campagne et qu’il fallait que chacun reste à sa place. Maintenant, les responsabilités qui sont les miennes en tant que maire d’Istres, c’est de défendre les intérêts de la Ville et dans le cadre de ce dossier avec plusieurs sujets qui peuvent toucher les finances communales, la question c’est : est-ce qu’on est victime ou pas ? On doit toute la vérité aux gens et aux agents, certains attendent que leur honneur soit lavé. Le meilleur moyen de savoir si des dérives concernent les finances publiques, c’est de se porter partie civile à ce procès. Aujourd’hui, on veut avoir accès au dossier, être partie à l’audience, sans esprit de revanche. Moi, je ne viens pas rejouer un match qui est déjà plié. Ce n’est pas mon objectif.

    L’incinérateur

    Didier Gesualdi : Vous avez dit qu’Istres n’avait pas vocation à accueillir tous les déchets du territoire. Ça veut dire que le projet de Suez ne se fera pas ?

    En tout cas, on fait tout pour que ça ne se fasse pas et j’ai bon espoir qu’on y arrive. Ça fait partie des surprises du début de mandat. J’ai découvert ça le 1er avril, comme une mauvaise blague. 250 000 tonnes de déchets, des centaines de camions qui viennent dans la ville.

    Léo Purguette : Suez conteste la qualification d’incinérateur, de quoi s’agit-il selon vous ?

    À partir du moment où vous brûlez des déchets, ça s’appelle de l’incinération. On peut toujours mettre des cache-sexes, décrire ça comme un petit poêle autour duquel on va se réchauffer en se balançant sur une chaise à bascule, ce n’est pas la réalité. La gestion des déchets doit se faire à l’échelle régionale. Notre territoire a déjà largement pris sa part avec la décharge d’Entressen, où étaient enterrées les poubelles des Marseillais et avec la construction de force de l’incinérateur de Fos. Il y en a marre. Place aux autres.

    Les projets

    Léo Purguette : Vous semblez vouloir arrêter beaucoup de choses, mais quels sont vos projets ? Vous venez d’être élu maire, que restera-t-il de Robin Prétot dans 7 ans ?

    On a créé des commissions extra-municipales lors du dernier conseil municipal pour pouvoir associer la population et les personnes qualifiées. Ça va être d’abord la rénovation du centre-ville qui est fortement dégradé. C’est le fameux « plan Phénix » qu’on va lancer pour injecter un peu d’argent et des moyens mutualisés avec la Métropole pour rénover de fond en comble ce centre-ville, et redonner du souffle à nos commerces et à notre vie touristique. Le deuxième sujet, c’est le parc de Boisgelin qu’on a promis pendant la campagne. On va lancer la première réunion de travail pour caler le modèle juridique et technique. On a présenté aussi le « plan de Coubertin » pour rénover les gymnases. Plutôt que d’en construire des nouveaux, il faut investir pour valoriser ces équipements.

    La droite

    Léo Purguette : La « Métropole des maires » qui conjugue droite et gauche tiendra-t-elle ?

    Cette Métropole a été prise en otage par une forme de prolongation du match des élections municipales de Marseille. Le président de la Métropole n’est ni Marseillais, ni Aixois, on peut sortir de ces logiques-là. Tous les maires, de droite ou de gauche, ont été élus légitimement par leurs électeurs, ils doivent être respectés. Je serai constructif. M. Payan comme les autres est légitime.

    Léo Purguette : Catherine Pila et Ludovic Perney briguent la tête des LR 13. Quel est votre choix ?

    À titre personnel, je soutiens la candidature de Ludovic Perney. Je suis un maire jeune qui prône le renouveau, je ne peux que soutenir un candidat jeune qui prône le renouveau. Ce n’est pas du tout en opposition à Catherine Pila, mais Ludovic, je le connais depuis longtemps, il a le bon profil.

    Didier Gesualdi : Les LR subissent des départs vers l’extrême droite. Peuvent-ils disparaître ?

    Non, je crois au clivage droite-gauche. Il existe dans tous les pays. Le spectacle national est pitoyable, je m’en tiens éloigné.

    La gestion

    Didier Gesualdi : François Bernardini a permis à Istres d’avoir un certain standing. C’est la forme de son action qui n’allait pas selon vous ?

    On vivait au-dessus de nos moyens. On a eu cette culture-là à la vieille époque du SAN Ouest Provence, où l’argent coulait à flots avec la taxe professionnelle. On pouvait beaucoup investir, avoir la folie des grandeurs. Aujourd’hui, ce n’est plus le cas. Il faut être raisonnable avec l’argent public. C’est facile de construire un gymnase avec 70% de financement d’autres collectivités, mais après, il faut le faire fonctionner. Il faut bien payer l’eau, l’électricité, les agents…

    Léo Purguette : Vous avez fait le choix, avec le nouveau président de la Métropole, d’interrompre le processus menant vers l’ouverture du grand théâtre d’Istres. Pourquoi ? Les habitants ne vont-ils pas en pâtir ?

    On n’a pas interrompu le processus dans le sens où les travaux continuent. Il y aura trois mois de retard à cause d’une entreprise qui se décharge d’un lot très précis.

    Léo Purguette : Une fois fini, il n’ouvrira pas au public à la date prévue…

    Le but c’est qu’il ouvre au public. Mais ce qu’on dit, c’est qu’il n’ouvrira pas tant qu’on n’aura pas trouvé de solution idéale pour le supporter. Ce qu’on a fait c’est tirer la sonnette d’alarme. Cet équipement va être une pépite pour la commune, mais on ne doit pas se poser la question de son fonctionnement le jour où on coupe le ruban. Une fois qu’on aura trouvé le modèle, j’ai bon espoir qu’on arrive à une ouverture comme prévu en septembre 2028. Je pense qu’on y arrivera.

    Léo Purguette : Vous pensez à quoi ? Une privatisation ? Une délégation de service public ?

    Ça peut être une délégation de service public ou un modèle un peu hybride. c’est pour ça qu’il faut qu’on mette les techniciens juridiques, financiers et les professionnels du milieu culturel pour voir quel est le bon modèle. À mon niveau, je n’ai pas la bonne solution.

    Didier Gesualdi : Vous voulez cesser de bétoniser, mais que dites-vous aux Istréens qui cherchent à se loger ?

    Il y a une juste mesure entre construire 0 logement et 1 000 logements par an comme aujourd’hui. C’est deux fois plus qu’Aix-en-Provence alors que l’on a que 45 000 habitants. Martigues, Aubagne ou Salon en font entre 150 et 200 par an. Il faut loger les gens bien sûr, mais dans une juste mesure, car une fois qu’on a des logements, quid des parkings, des routes, des services publics, des places en crèches ? On ne se pose jamais ces questions.

    Didier Gesualdi : Si je vous écoute, j’ai l’impression que je vais avoir affaire à un maire gestionnaire alors qu’il y avait un maire bâtisseur. Ça ne fait pas rêver. Comment faire rêver les Istréens ?

    Ce qui ne fait surtout pas rêver, c’est de se retrouver quand il faut payer sa taxe foncière avec une nouvelle hausse d’impôt. À titre personnel, je vis dans 110 m², je paye 2 300 euros de taxe foncière pour un appartement au centre-ville. Je trouve que c’est hors-norme. Le but d’avoir un maire gestionnaire, c’est de préserver l’avenir, de pouvoir avoir des équipements avec en face des bonnes recettes pour ne pas avoir de mauvaises surprises et venir encore chercher le contribuable.

    Léo Purguette : Pour ou contre la hausse du versement mobilité ?

    Je suis favorable au déplafonnement du versement mobilité. Cette taxe que payent les entreprises peut se faire de manière différenciée sur le territoire. Dans le golfe de Fos, toutes les entreprises se plaignent qu’il est mal desservi pour leurs salariés.

    La République c’est quoi ?

    Robin Prétot : « On dit souvent que c’est le modèle le «moins pire» pour une société, pour moi, c’est le meilleur modèle démocratique. Il promeut le pouvoir au peuple, c’est ce qu’on essaye de faire à l’échelle locale, à Istres. C’est un système qui ne doit pas s’exonérer du concept de nation qui va avec. La République, c’est un système institutionnel qui ne fonctionne que si, derrière, il y a une nation unie. »

    Chaque semaine posez vos questions à nos invités sur lamarseillaise.fr l’une d’entre elles sera tirée au sort comme celle de Jean-Luc Rovinelli :

    Bonjour. Pourquoi cette hostilité contre la gratuité ? Si ce sont les habitants qui payent alors qu’avant c’était gratuit, où va l’argent ?

    D’abord, la gratuité, il y a toujours quelqu’un qui paye en réalité. C’est généralement le contribuable. Moi je préfère toujours faire payer l’usager plutôt que le contribuable parce que, par principe, c’est plutôt à ceux qui utilisent un service de le payer. Les taux d’imposition à Istres sont déjà hors-norme. Voilà pourquoi je suis contre le tout gratuit. En plus, cela donne l’impression aux gens que c’est vraiment gratuit, alors qu’il y a quelqu’un qui paye, ça crée l’illusion que c’est la fête alors qu’il manque de l’argent partout. Il y a des réalités économiques, financières et budgétaires aujourd’hui qu’il faut bien réaliser. Ça ne veut pas dire que l’on ne peut pas avoir des tarifs sociaux selon les niveaux de revenus, par exemple sur la cantine.

    Léo Purguette : Si on suit votre raisonnement, vous allez donc baisser la fiscalité ?

    Pour l’instant, il n’y a surtout pas de hausse. Il y a eu trois hausses successives lors du dernier mandat. On est à 54% de taxe foncière, quand je dis ça aux autres maires, ils hallucinent. On est au max ! La règle number one c’est : « on n’augmente plus du tout les impôts ». Et dès qu’on pourra les baisser, on les baissera. Dans la campagne, j’ai dit qu’on prendrait le temps de voir. C’est le but de l’audit.

  • Des rames du tramway vont partir en révision à Albi

    Des rames du tramway vont partir en révision à Albi

    Une première est partie par camion la semaine dernière de son entrepôt, direction Albi… Selon un planning bien défini pour ne pas impacter le service, les 32 rames Bombardier « Flexity » du tramway marseillais vont être révisées de fond en comble pour une opération de révision à « mi vie » indique la RTM. Une maintenance prévue dans le cadre réglementaire de leur cycle de circulation mais qui « va bien au-delà » précise la régie.

    Ce contrôle poussé doit intervenir tous les 900 000 kilomètres parcourus. La première rame jouera « un rôle de prototype » explique-t-on, avec une durée d’immobilisation estimée à 9,7 mois et un retour attendu en début d’année prochaine. De quoi réduire les délais progressivement pour les rames suivantes « avec 5,6 mois pour la deuxième, 4 mois pour la troisième, puis 3 mois pour la quatrième ». Une fois le processus industrialisé, « le rythme se stabilisera autour de 2,5 mois par rame ».

    Le but : offrir aux usagers « un réseau plus fiable, plus confortable et plus moderne », avec « moins de pannes et plus de régularité » et harmoniser avec les rames du constructeur espagnol CAF qui circulent depuis janvier sur la ligne T3 étendue jusqu’à La Gaye.

    Un design et une technologie harmonisés

    Concrètement, le système d’aide à l’exploitation sera aligné. Le système ECB (Équipement concentrateur bus), qui permet au tramway de communiquer avec le centre de contrôle et de garantir le bon fonctionnement des équipements embarqués, la supervision et la sécurité du service, sera remplacé par un modèle de génération plus récente. Les systèmes d’information voyageurs, la sonorisation et les « girouettes », entendre les panneaux qui affichent la destination de la rame à l’extérieur, seront aussi modernisés.

    À l’intérieur des rames, le design et les équipements vont être repris avec le remplacement des revêtements de sol et l’adaptation des mains courantes. Un éclairage LED « plus agréable » sera installé.

    Le chantier va être finalisé pour les 26 rames de première génération, mises en service en 2007, d’ici décembre 2028. L’ensemble des 32 rames devrait être traité à l’horizon juillet 2029, prenant en compte les 6 rames de deuxième génération, mises en service en 2011. Le marché d’un montant de 25 millions d’euros sur une durée de six ans, a été remporté en décembre 2025 par ACC-M, entreprise clermontoise spécialisée dans la restauration ferroviaire, qui a ouvert un site de plus de 2 000 mètres carrés à Albi l’an dernier.

    Côté projet, une deuxième phase d’extension de la ligne T3 est prévue pour la prolonger au nord vers Saint-Louis et le lycée Saint-Exupéry, une ligne de la rue de Rome à la place du 4-Septembre évoquée avant les élections municipales de mars. Mais avec les difficultés financières de la métropole Aix-Marseille-Provence, autorité organisatrice des transports, la donne pourrait changer. Le président de la collectivité alertait ce mercredi 15 avril sur un budget non finançable et appelait le gouvernement à débloquer le taux du versement mobilité.

  • Plan de Campagne bientôt accessible en train

    Plan de Campagne bientôt accessible en train

    Les travaux sont lancés, « en reliant par train Plan de Campagne aux deux villes majeures du territoire, cette infrastructure permettra à la zone commerciale de franchir une étape décisive dans son attractivité », se félicite dans un communiqué ce mercredi 22 avril, Kévin Robert, porte-parole de la zone commerciale de Plan de Campagne, évoquant la future halte ferroviaire et son pôle d’échanges multimodal.

    L’idée : mieux desservir cette zone de 250 hectares, très fréquentée, avec plus de 500 commerces et près de 50 millions de visiteurs annuels tout en réduisant la pollution provoquée par la circulation automobile. Un site qui constitue aussi un poids économique majeur dans la région, générant 7 500 emplois directs et indirects.

    Pas moins de 2 000 voyageurs attendus

    Après la mise en place du Zénibus, un bus à haut niveau de service inauguré début janvier entre le Technoparc des Florides et Plan de Campagne, le projet mené par la métropole Aix-Marseille-Provence prévoit une gare routière dotée de 9 quais, deux quais de bus sur la RD 543, une halte ferroviaire, deux parkings de 118 et 170 places et un abri vélos de 40 places. De quoi relier Plan de Campagne à la gare Saint-Charles de Marseille et la gare d’Aix centre. Pas moins de 2 000 voyageurs par jour sont attendus. Le pôle multimodal devrait permettre de diminuer la pollution de l’air dans le secteur en réduisant le nombre de voitures de 17 000 véhicules par kilomètre et par jour d’ici à 2030 et jusqu’à 28 000 en 2035.

    Coût total de l’opération : 16,9 millions d’euros hors taxe, cette dernière figurant parmi les 16 projets prioritaires du volet mobilité du plan Marseille en grand. La mise en service est prévue pour début 2029 au plus tard.

  • [Rue de la République] Nicolas Isnard : « Je veux qu’on pointe la Métropole pour ses réussites, pas ses dysfonctionnements »

    [Rue de la République] Nicolas Isnard : « Je veux qu’on pointe la Métropole pour ses réussites, pas ses dysfonctionnements »

    Ce week-end, Nicolas Isnard (LR), maire de Salon-de-Provence et candidat à la présidence de la Métropole Aix-Marseille-Provence.

    Sa Candidature

    Didier Gesualdi : Avant le vote de mardi pour choisir le futur président de la Métropole, vous avez construit votre candidature depuis longtemps. Pourquoi souhaitez-vous que ça change ?

    Avant d’être candidat, il faut savoir si la candidature que l’on veut porter a du sens. Je voulais être, j’espère être, je veux être, le candidat des 92 maires de cette Métropole. L’idée était de savoir ce qu’ils voulaient, s’ils avaient la même vision de ce qu’ils espèrent pour la Métropole. Donc, oui, j’ai essayé de voir le maximum de mes collègues sur ces dernières semaines, ces derniers mois, et j’ai même envie de dire, ces dernières années. J’ai pu échanger, j’ai senti qu’il y avait l’espérance d’une autre Métropole. C’est cette candidature que je veux porter, celle d’une Métropole des maires.

    Didier Gesualdi : La Métropole ça a l’air compliqué mais c’est le quotidien des habitants.

    Aujourd’hui, la Métropole est souvent pointée pour ses dysfonctionnements, j’espère qu’un jour elle sera pointée pour ses réussites. La Métropole s’occupe de beaucoup de choses qui font notre qualité de vie au quotidien, le meilleur exemple étant la propreté de nos rues, mais il y a aussi la voirie, l’environnement, les transports… C’est pour ça qu’il faut améliorer le service qu’elle rend. Pourquoi ça doit être la Métropole des maires ? Parce que lorsque vous êtes maire vous voulez que vos concitoyens vivent bien, qu’ils vous disent que la ville est propre, entretenue, qu’on circule bien… On veut le meilleur pour nos habitants.

    Léo Purguette : Si on vous entend bien, vous êtes porteur d’une rupture. Martine Vassal était pourtant de votre famille politique. Vous en avez parlé avec elle ?

    Oui, on a parlé de cela avec Martine à plusieurs reprises et avec Jean-Claude Gaudin avant elle. Il faut remettre en perspective ce qu’ils ont eu à faire : installer la Métropole que personne ne voulait, moi le premier. Fusionner de force les six intercommunalités, nous n’en voulions pas. Nous avions un fonctionnement en bassins de vie qui était optimal. On nous a imposé un changement. Jean-Claude Gaudin et Martine Vassal ont eu à gérer cette installation, ils ont fait ce qu’ils ont pu dans les conditions que je viens d’énoncer. On ne va pas refaire l’histoire mais ils ont eu le mérite d’installer cette Métropole. Maintenant qu’elle est là et que nous allons la garder, il faut la transformer pour qu’elle soit plus efficace, à notre service.

    la Métropole « des maires »

    Léo Purguette : Vous défendez un fonctionnement réellement intercommunal, qu’est-ce que cela signifie concrètement ?

    La Métropole, avec le temps, est passée au-dessus des maires, imposant sa vision technocratique. On va la remettre en dessous des maires. La Métropole, demain, sera un outil. C’est-à-dire, par exemple, que lorsqu’un camion-poubelle va passer dans une rue, il va passer à la demande d’un maire, à l’horaire que souhaite le maire…

    Léo Purguette : C’est possible sans évolution de la loi ?

    Bien sûr. Prenons la propreté. Les décharges, le traitement des déchets, les incinérateurs, ça restera une compétence métropolitaine, et nous devrons le décider ensemble mais le passage des cantonniers dans nos rues, certaines villes comme la mienne ont la chance de l’avoir en gestion directe, d’autres ne l’ont pas. Demain, les villes qui voudront récupérer la gestion de ces hommes et de ces femmes méritants, qui nettoient nos rues au quotidien, auront la possibilité de le faire. En gestion directe, ils pourront décider des jours et des heures où passeront les cantonniers. Il n’y a pas besoin de révolution législative pour cela.

    Didier Gesualdi : Vous avez vu les maires de Marseille ? Aix ? Martigues ?

    J’ai vu tous les gros, tous les grands mais aussi le maire de La Barben, d’Aurons, de Saint-Paul-lès-Durance. J’ai vu ceux qui sont là depuis 30 ans et ceux qui viennent d’arriver. J’ai vu tous ceux que je pouvais, mille excuses à ceux que je n’ai pas encore rencontrés. Dans une Métropole des maires, tout le monde sera considéré. Il n’y a pas les uns contre les autres. Les ruraux contre les urbains, l’ouest contre l’est, Marseille contre le département… Tout ça, c’est fini. On est 92 ensemble, condamnés à réussir et à avancer dans un pack, un front commun.

    Didier Gesualdi : Les gens ont voté et élu des majorités différentes selon les communes. Il faudra quand même faire des choix, ce n’est pas pareil quand on est de droite ou de gauche ?

    Je ne suis pas du tout d’accord. Il y a des sujets sur lesquels la droite et la gauche, ça compte. Par exemple, l’âge de départ à la retraite, on a des visions différentes. Mais pardon, quand il s’agit de circuler, tout le monde veut la même chose : qu’on aille le plus vite, le plus sereinement, le plus respectueusement possible d’un point à un autre. Qui dit aujourd’hui qu’il trouve très bien de mettre 2h30 en partant de Salon pour aller voir un match de foot au stade Vélodrome ? Et à l’intérieur des villes, les maires élus décideront comment on circule dans leur commune. Ce sont des sujets ni de droite ni de gauche.

    Léo Purguette : Quid de la gratuité en Pays d’Aubagne ? C’est un débat droite-gauche.

    C’est un débat à 92 maires. La gratuité, sur le papier c’est bien mais derrière il y a quelqu’un qui paye, donc il faut voir les avantages et les inconvénients. Je n’ai surtout pas à dire « ça va être comme ça », la Métropole des maires, c’est 92 qui décident œcuméniquement, dans l’intérêt général.

    le RN

    Didier Gesualdi : Que ferez-vous avec le RN qui pèse dans l’assemblée métropolitaine comme il a pesé dans ces élections ?

    Le RN et ceux qui le représentent dans cet hémicycle seront respectés. Pour qu’il n’y ait pas de malentendu : moi président de la Métropole, on ne va pas arrêter de ramasser les poubelles à Rognac ou d’y faire passer des bus. Les Rognacais seront traités comme les autres. Pour autant, la participation du RN dans l’exécutif n’est pas possible. Tout le monde en convient. D’ailleurs ils ne l’ont pas demandé. Le RN a choisi lors des dernières élections de faire le maximum de listes dans le maximum d’endroits pour s’opposer au maximum à ceux qui sont maires aujourd’hui. On ne peut pas essayer de changer les maires en place et puis leur dire ensuite « on vient travailler avec vous ». Il faut être dans la cohérence, ils ne peuvent bien évidemment pas participer à l’exécutif.

    le Logement

    Léo Purguette : Le logement était attribué à David Ytier, un Salonnais, à qui reviendra-t-il ? Pour mener quelle politique ?

    Comme dans tous les autres domaines, c’est un expert qui s’en occupera. Je suis président de l’établissement public foncier, dans cette région il faudra construire 30 000 logements par an pour satisfaire les demandes locales, on n’en produit que 18 000. Nous n’avons même plus de quoi loger nos enfants, il faut produire du logement, c’est mon avis. Pas n’importe comment. Des logements, oui. Dans le respect des maires, oui.

    Léo Purguette : On vous accuse d’avoir freiné la rénovation des copropriétés dégradées.

    L’établissement public foncier marche très bien, c’est une de mes fiertés personnelles. Cela fait 10 ans que j’en suis aux commandes. On travaillait avec 150 villes, c’est maintenant 300. On avait 1,4 milliard de budget, c’est 2,5 aujourd’hui. C’est un outil utile mais on l’a chargé. Au début on lui a dit de faire du logement social, puis du logement tout court, puis du développement économique et maintenant les copropriétés dégradées. Attention à ne pas charger la mule. On a trouvé un compromis avec l’État pour éviter de tirer vers le bas cet établissement avec une mission trop lourde pour lui.

    Salon-de-Provence

    Didier Gesualdi : Ce vendredi vous avez annoncé l’arrivée d’une grande enseigne à Salon, qu’est-ce que cela dit de votre ville ?

    C’est extraordinaire. C’est le reflet d’une ville qui avance et qui réussit. Decathlon qui ouvre un magasin en cœur de ville, c’est une reconnaissance pour le dynamisme de Salon. Nous avions déjà eu des locomotives remarquables comme la Fnac, Nature & Découvertes, et désormais parmi les 600 commerces de cœur de ville, nous compterons Decathlon, qui figure parmi les deux enseignes préférées des Français. Avoir un tel aspirateur à clients, ça va être énorme. Pour moi, le commerce de proximité est un bien sacré. Salon ne sera pas ce qu’elle est sans lui, c’est un art de vivre, un vivre ensemble. J’en suis très fier.

    le rapport à Marseille

    Didier Gesualdi : Benoît Payan s’estimait maltraité par la Métropole. Vous en pensez quoi ?

    Chacun interprétera ce mot comme il l’entend. Effectivement, on peut se demander s’il est bien légitime qu’un maire – quel qu’il soit – n’ait pas la possibilité de décider de la surface des terrasses dans sa ville. Dans la mienne, je les gère et j’entends bien continuer à le faire. Il n’est peut être pas normal que dans sa ville, le maire ne puisse pas décider des heures auxquelles passent le métro ou le tramway… On va remettre l’église au centre du village. Ce sont désormais les maires qui décideront chez eux ce qui est bon pour leur commune, parce qu’ils sont légitimes. Derrière les maires, il y a les habitants qui les ont choisi. Ceux qui portent la voix du peuple seront respectés, nous suivrons leur desiderata, avec le plus d’efficacité et de loyauté possibles.

    Léo Purguette : Il faut tout de même construire un exécutif métropolitain. Y aura-t-il des Marseillais ?

    Oui, il y aura des Marseillais parce que Marseille, c’est une grande ville et qu’elle mérite d’être respectée. L’idée c’est qu’il y ait des représentants de tous les territoires à l’origine de la création de la Métropole. Il y aura des petits, des gros, des gens de l’ouest, de l’est, des sans étiquette, des sensibilités différentes mais il y aura surtout, ce sera le maître-mot, des compétences. Personne ne peut avoir la prétention de maîtriser tous les domaines, mais les élus qui vont s’occuper de chaque domaine auront toutes les compétences pour le faire. Ce qui m’a fait plaisir, c’est que personne n’a dit « je veux X place » mais que tout le monde se demande qui est la meilleure candidature dans chaque domaine. Il y a beaucoup de talents vous verrez.

    Léo Purguette : Souhaitez-vous que le maire de Marseille lui-même participe à l’exécutif ?

    C’est à lui que revient la réponse à cette question mais pour que les choses soient clairement dites, oui je le souhaite. Pour autant, il a beaucoup de responsabilités, la deuxième ville de France à gérer. S’il est avec moi, comme le maire d’Aix et les grands maires du territoire, je crois que ce serait un joli signal. Après je comprends que les responsabilités quotidiennes ne sont pas les mêmes à Marseille ou Aix qu’à Lamanon, sans faire offense à quiconque.

    Didier Gesualdi : La présidence de la RTM reviendra-t-elle à un Marseillais ?

    C’est réglé. La question ne se pose même pas. Il y aura dans le conseil d’administration des représentants d’autres communes mais la RTM sert essentiellement à déplacer des Marseillais, c’est normal que ce soit un Marseillais qui pilote cette maison. Elle s’est posée par le passé, elle ne se posera plus parce que ces outils seront aux mains des maires qui en ont besoin. Idem pour le centre de formation des apprentis d’Aix. Idem pour les conseils de surveillance de chaque hôpital. Trouveriez-vous normal qu’à celui de Salon, les deux représentants de la Métropole soient le maire de Cadolive et celui de Peynier ? Moi je ne me mêlerai pas de la gestion de l’hôpital d’Aubagne ou de Martigues. C’est du bon sens. On va remettre tout ça en ordre.

    Didier Gesualdi : Toucherez-vous aux « attributions de compensation », utiles aux maires mais parfois au détriment de l’intérêt métropolitain ?

    On ne touchera jamais un euro des attributions de compensation. C’est l’intérêt d’avoir un maire qui soit président de la Métropole. Nous avons bâti nos budgets sur cette recette, si on nous l’enlève, ce sont des services publics en moins. Ce n’est pas possible.

    Léo Purguette : Et l’État ?

    Même s’il les a regretté, je pense qu’il a profité des fameuses chicayas dénoncées par le président de la République pour dire « on versera de l’argent quand vous vous serez mis d’accord ». Ça tombe bien : nous sommes d’accord. L’État va venir nous aider, aider ce territoire. Le nerf de la guerre c’est la mobilité, l’habitat, l’environnement, le développement économique. Nous avons deux millions d’habitants c’est autant que la Slovénie, c’est un pays ici !

    la question des lecteurs

    Chaque semaine posez vos questions à nos invités sur lamarseillaise.fr l’une d’entre elles sera tirée au sort comme celle de Diane :

    Bonjour, Monsieur Isnard, si vous êtes élu à la présidence de la Métropole, qui vous remplacera à votre fonction de Maire de Salon-de-Provence ?

    Personne, parce que c’est le plus beau mandat que je puisse avoir, être maire de sa ville c’est vraiment le mandat suprême que l’on puisse espérer. D’ailleurs, si je suis intéressé pour piloter la Métropole c’est parce que ce mandat est compatible avec la continuité de mon mandat de maire.

    Je pense d’ailleurs qu’il est essentiel que ce soit un maire, qui vit le quotidien de la Métropole, qui puisse la piloter. Je pense que c’est particulièrement complémentaire. Je resterai maire de Salon-de-Provence, cette ville à qui je dois tout, qui m’a fait. J’essaye au quotidien de lui rendre ce qu’elle m’a donné. Je pense qu’en étant président de la Métropole, je pourrai faire bénéficier cette institution de la vie quotidienne d’un maire pour en améliorer le fonctionnement au jour le jour.

  • Un site de maintenance clé pour la mobilité des habitants de Marseille

    Un site de maintenance clé pour la mobilité des habitants de Marseille

    Un immense bâtiment, formé par des colonnes en béton blanc borde le boulevard Schloesing sur 150 mètres dans le 9e arrondissement, à quelques minutes du stade Vélodrome, s’inscrit dans le paysage urbain. Il s’agit du site de maintenance et de remisage des tramways de la ligne T3, mis en service en septembre 2025.

    Véritable colonne vertébrale de la mobilité au sud de Marseille, cet édifice de 30 000 m² accueille l’entretien de trente rames et, au-dessus, un parking relais de 600 places. En face de la station de métro Sainte-Marguerite Dromel, des stations de bus et de tramways, ce parking de 20 000 m² doit permettre aux usagers de stationner leur véhicule et d’utiliser les réseaux de transport en commun pour se rendre en ville.

    L’ouvrage a été conçu pour « exploiter de manière optimale la première phase de la prolongation de la ligne de tramway T3 vers le Sud et le Nord, entre Gèze et la Gaye », explique Christophe Soullier, directeur du pôle infrastructure de la Métropole Aix-Marseille-Provence. Une structure réalisée compte tenu de l’incapacité du site de maintenance, situé à Saint-Pierre, d’accueillir une nouvelle génération de rames. À l’entrée du site, un ancien tramway de la ligne 68 trône en solitaire, la seule du réseau de la ville avant 2007.

    « Le bâtiment est technique »

    Le projet, dont le maître d’ouvrage est la Métropole, a coûté 70 millions d’euros. Il fait partie des seize projets de mobilités financés par le plan Marseille en Grand initié en 2021 par Emmanuel Macron. Pour ces seize projets, l’État subventionne à hauteur de 500 millions d’euros. « Certains ont déjà été livrés et d’autres non pas encore commencés », affirme Christophe Soullier.

    Les bruissements des outils des travailleurs dans les rames rythment la vie du bâtiment. Entre 50 et 70 personnes travaillent sur ces nouvelles rames.

    Lauréat d’un concours en 2017, l’agence Carta Reichen et Robert associés a réalisé la structure entre « architecture et ingénierie », indique Stephan Bernard, architecte et directeur général, au vu de la complexité de la tâche. « Le bâtiment est technique, mais nous l’avons conçu surtout comme un projet urbain, qui s’aligne dans le mouvement de la ville », poursuit-il. L’agence était déjà à l’œuvre pour la conception de la station du Capitaine-Gèze, terminus nord de la ligne 2 du métro. Les tramways sont entretenus : de l’équipement électrique sur le toit, jusqu’au système de frein. Ils passent par le nettoyage, avec le même système que les rouleaux pour les voitures dans les stations-service.

    En 2024, la Métropole avait annoncé l’étude de nouveaux projets, dont la possible prolongation de la ligne 2 du métro de Sainte-Marguerite Dromel jusqu’à la ZAC Vallon Regny.

  • Bouches-du-Rhône : trois plans de massif à revoir pour mieux prévenir les feux

    Bouches-du-Rhône : trois plans de massif à revoir pour mieux prévenir les feux

    La Métropole Aix-Marseille-Provence programme des études d’actualisation de trois nouveaux plans de protection de la forêt contre les incendies. Ces Plans de Massif pour la Protection des forêts contre l’incendie (PMPFCI) sont la déclinaison opérationnelle d’une stratégie globale définie par le plan départemental de Protection des forêts Contre l’incendie (PDPFCI) pour la décennie 2023-2032.

    Avec 24 massifs forestiers, les Bouches-du-Rhône sont l’un des départements français soumis au plus fort risque d’incendie de forêt sur la région méditerranéenne. Le département compte 185 000 ha de surfaces boisées, soit près de 30% de son territoire. Le mois de juillet 2025 a été particulièrement dévastateur avec le grand incendie des Pennes-Mirabeau qui a ravagé 750 ha et détruit ou endommagé 90 maisons, ou les incendies de Martigues des 17 et 20 juillet qui ont parcouru 240 ha de zones boisées. Les risques ne cessent de croître. On dénombre 250 départs de feux par an pour une surface brûlée de 1 900 ha par an, environ, dans le département. Près de 90% des départs de feu ont une origine humaine, accidentelle ou criminelle. En 2022, 477 feux avaient détruit 1 830 ha.

    Les études programmées par la Métropole porteront sur trois massifs implantés au nord, nord-est et nord-ouest d’Aix-en-Provence : d’abord le plus vaste avec 50 000 ha, le massif du Concors Sainte-Victoire labellisé Grand site de France. Sa dernière étude réalisée par l’Office National des Forêts (ONF) remonte à 2014. Cet ensemble paysager s’étend sur 17 communes et bénéficie d’une inscription Natura 2000 pour ses espèces et son habitat exceptionnels. Le grand incendie de la Sainte-Victoire d’août 1989, qui avait ravagé 5 000 ha, avait suscité une émotion nationale et marqué une prise de conscience sur la nécessité de refonder et de renforcer les moyens de prévention.

    Le massif des Quatre Termes, compris entre les communes de Lambesc, Pélissanne, Coudoux, Éguilles et Saint-Cannat, fait l’objet d’un plan à partir d’études de l’ONF en 2012. C’est l’un des massifs sensibles statistiquement le moins touché par les départs de feu.

    Le plan de massif des Collines de Lançon lié au précédent a été étudié en 2018. Très exposé au mistral, il présente un risque élevé, d’où son compartimentage et son fort maillage en pistes DFCI.

    Prévenir les mégafeux

    Pour ces trois massifs, il s’agit de dresser l’historique des feux et une cartographie sur les trente dernières années, avec l’analyse des départs de feu et les retours d’expérience sur les incendies marquants, l’état de ses ouvrages DFCI (pistes, citernes, vigies) ou encore l’examen des couloirs potentiels de propagation. Un état du milieu naturel comprenant la cartographie des obligations légales de débroussaillement et un inventaire de tous les équipements et travaux de DFCI sont requis.

    Cette actualisation doit permettre d’intégrer l’évolution du risque incendie dans les dix prochaines années au regard du changement climatique et de l’apparition des mégafeux supérieure à 1 000 ha qui ont un impact profond et durable sur les zones urbaines et économiques.

    Les orientations stratégiques devront déboucher sur un programme d’actions DFCI qui fera l’objet d’une concertation la plus large possible avec les acteurs locaux et départementaux : DDTM, conseil départemental, ONF, communes, Métropole, propriétaires forestiers, CCFF, sociétés de chasse, associations locales environnementales et autres usagers de la forêt.

  • À Marseille, quatre copropriétés enfin dignes d’intérêt national

    À Marseille, quatre copropriétés enfin dignes d’intérêt national

    Enfin. Réclamées par la Ville de Marseille en novembre 2022, lors de ses États généraux du logement, elles avaient fait l’objet d’un engagement signé par le préfet et la Métropole. En juin 2023, au pied de la cité Benza, le président de la République, en visite d’étape du Plan Marseille en grand, en avait acté le principe.

    Dix ans après le rapport Nicol, comme un cadeau au pied du sapin, les décrets déclarant d’intérêt national les Opérations de requalification des copropriétés dégradées (Orcod-in) du Mail (14e), de la Maurelette (15e), des Rosiers-Super Belvédère (14e) et de Consolat (15e), ont été publiés. Au printemps, des études de préfiguration ont évalué le montant global de l’opération de 577 à 613 millions d’euros.

    « S’agissant d’énormes investissements et d’opérations très longues, il a fallu du temps pour qu’elles se mettent en place. Marseille c’est aussi 28 copropriétés avec des problèmes lourds, dont dix font l’objet d’un programme d’intérêt national », rappelle Patrick Amico, adjoint (GRS) au logement de la Ville de Marseille, satisfait de voir ce dossier « mobilisant l’ensemble des collectivités », et passé entre les mains de plusieurs préfets, franchir cette étape.

    L’EPF à la manœuvre

    Qualifiées d’intérêt national, ces opérations facilitent la mobilisation d’une large boîte à outils comprenant un droit de préemption urbain renforcé et des prérogatives plus spécifiques. De quoi répondre à la situation de ces quatre copropriétés privées comptant parmi les plus fragilisées de la ville. Elles font partie du Programme d’intérêt national qui priorise depuis 2023 treize sites métropolitains dont les parcs Bellevue, Bel Horizon I et II, Corot, le Gyptis, Kallisté et Maison Blanche. La Mariélie à Berre, les Facultés à Aix et le Florida Parc à Marignane complètent le sinistre tableau. Les attendues Orcod-in concernent 98 immeubles, 2 600 logements et plus de 9 000 habitants. Depuis des décennies, les plans de sauvegarde s’y sont multipliés sans succès. La Maurelette (2 500 habitants) a par exemple bénéficié en 2024 d’une subvention exceptionnelle de 18 millions de l’Agence nationale de l’habitat pour des travaux d’urgence. 33,2 millions avaient été engagés sur sept copropriétés dans l’année. 21 millions étaient programmés en 2025. Sans réels résultats.

    Si Euromed a un temps été évoqué, leur réalisation sera confiée à l’Établissement public foncier Provence-Alpes-Côte d’Azur, chargé de lancer dès 2026 les études d’aménagement, tout en poursuivant la mise en œuvre des plans de sauvegarde. « Ces opérations vont se dérouler sur une dizaine d’années, ce sont de véritables opérations d’aménagement avec du foncier, de l’acquisition publique, du relogement, des démolitions parfois, de l’équipement et de l’espace public… énormément de choses vont réintégrer ces copropriétés dans le tissu urbain », poursuit Patrick Amico.

    Dans les Bouches-du-Rhône, les 47 654 copropriétés recensées représentent 60% des logements du territoire et Marseille en concentre plus de la moitié (24 863) et se trouve en première ligne face à leur vieillissement, accentué par la précarisation croissante des locataires, des propriétaires occupants et des bailleurs, l’infiltration de marchands de sommeil et de syndic inopérants.

    Les quatre « orcodées » sont la partie immergée d’un iceberg. Début 2025, une note de la préfecture des Bouches-du-Rhône, compte 9 000 copropriétés « considérées comme fragiles ou en difficulté ». Parmi elles, 64 devraient faire l’objet de dispositifs de redressement ou de recyclage au vu de « leur indice de dégradation avancé ou de fragilité », pour éviter la chute.

  • La collecte individuelle des déchets à l’étude pour Saint-Pierre et les Laurons

    La collecte individuelle des déchets à l’étude pour Saint-Pierre et les Laurons

    À chaque conseil de quartier, les ordures reviennent sur le tapis. Sauf que cette fois mardi soir pour Saint-Pierre et les Laurons, la porte de sortie du problème est à l’initiative du représentant de la Métropole, chargée de la collecte.

    Le problème pour M. Tokarski, habitant la colline des Cléments, est que « les grands containers dans lesquels l’ensemble du quartier jette ses ordures sont insuffisants », ce qui conduit certains à jeter derrière et autour. Il remarque que « dans les quartiers où il y a les containers individuels y’a pas de problèmes ». Le maire (PCF) de Martigues Gaby Charroux « interpelle aimablement » le représentant de la Métropole Thomas Fian, présent à la réunion, à ce sujet. « Oui, nous pouvons mener une étude pour voir s’il est possible de doter en bacs individuels » annonce le fonctionnaire, qui « partage le constat qu’avec les bacs individuels on n’a pas d’objets indésirables » autour des bacs ni dedans. Une étude qui sera menée en étroite collaboration avec Odile Teyssier-Vaïsse (PCF), l’adjointe de quartier.

    « J’avais prédit que ça serait dysfonctionnel »

    Les dysfonctionnements dans la collecte ont une triple conséquence. L’insatisfaction des usagers contribuables, qui peinent à signaler leurs problèmes, malgré l’application Réflexe de la Métropole, qu’un habitant a voulu utiliser mais qui « se met en erreur ». La saleté autour des poubelles, qui est du ressort du service propreté urbaine de la Ville, qui « intervient très souvent et ramassent parfois deux plateaux par jour alors que c’est pas leur job », rappelle Odile Teyssier-Vaïsse.

    Et au fond, une certaine frustration. « Je ne trie plus. On nous dit c’est la Métropole, mais c’est facile de se défausser », lance cet habitant excédé au maire. Odile Teyssier-Vaïsse intervient : « Non, ça n’est pas facile. Mais remarquez que quand c’était nous en gestion y’avait pas de problèmes » estime l’élue, au sujet de l’ex-Communauté d’agglomération de l’ouest de l‘étang de Berre (Caoeb).

    Gaby Charroux, auteur d’un livre sur la métropolisation, approfondit. « J’avais prédit que ce serait terrible et c’est le cas partout autour. Et on paye désormais une taxe d’enlèvement des ordures ménagères, qu’on payait pas avant avec la Caoeb. La Ville paye son service propreté, qui paye encore lorsqu’on dépose au Vallon du Fou, qu’on avait nous-même financé. On paye trois fois ! » détaille l’édile.

    Ou quand les centres de décision s’éloignent autant que les finances.