Tag: Mercosur

  • Hautes-Alpes : Marie-José Allemand fait le bilan de ses mandats

    Hautes-Alpes : Marie-José Allemand fait le bilan de ses mandats

    « Il ne suffit pas d’être députée, encore faut-il expliquer ce que l’on fait et dialoguer », a déclaré Marie-José Allemand (PS) samedi 5 septembre, devant une salle comble de la Cinémathèque d’images de montagne à Gap. « Un mandat, ce n’est pas une boîte noire. Nous devons rendre des comptes », a complété son attaché parlementaire Elie Cordier. Élue en juillet 2024 sous la bannière du Nouveau Front populaire, après « un duel serré avec le Rassemblement national », la députée de la 1re circonscription des Hautes-Alpes a rassemblé près de 200 personnes pour évoquer son mandat et échanger avec le public. La députée de la 2e circonscription du département Valérie Rossi (PS), plusieurs maires locaux et des habitants étaient présents. Avec son équipe, Marie-José Allemand est revenue sur ses combats à l’hémicycle.

    Engagement pour

    les communes rurales

    Sur les transports, elle défend notamment le maintien de la ligne de train de nuit Paris-Briançon et a soutenu les syndicats alertant de la diminution du personnel formé à l’accompagnement de personnes en situation de handicap en gares. Elle-même agricultrice, elle défend le pastoralisme, s’est opposée à l’accord UE-Mercosur et a voté contre la loi d’urgence agricole : « Nos territoires sont oubliés de cette loi, qui privilégie de très grosses exploitations », précise-t-elle. La députée s’est engagée pour la loi sur l’aide à mourir, adoptée cet été et exprime régulièrement son inquiétude sur la désertification médicale. Alors que le département a récemment été frappé par des crues, elle a rappelé sa volonté de créer une solidarité amont-aval : « Lorsqu’un ouvrage réalisé en amont protège aussi les populations en aval, son financement doit être partagé ». Une proposition en partie reprise dans la loi pour une montagne vivante et souveraine promulguée en août.

    La députée a enfin rappelé sa priorité : faire remonter les problématiques locales pour des avancées concrètes.

    Agathe Di Lenardo

  • L’Europe prise à son propre piège sur la viande du Brésil

    L’Europe prise à son propre piège sur la viande du Brésil

    Après avoir conclu un accord de « libre-échange » avec le grand pays d’Amérique latine, l’Union européenne commence à se mordre les doigts et va suspendre à partir de jeudi les importations de volaille et de bœuf brésiliens, a indiqué Bruxelles, qui attend des garanties du Brésil sur le respect de ses règles sanitaires.

    À ce stade, la Commission européenne reproche au Brésil de ne pas avoir apporté de garanties suffisantes sur la conformité de ses produits avec les règles européennes contre l’utilisation abusive d’antibiotiques dans l’élevage. « Le Brésil est un partenaire important de l’UE et nous travaillons étroitement, de manière constructive et positive, avec les autorités brésiliennes afin d’assurer leur conformité à ces exigences. Une fois cette conformité démontrée, les exportations vers l’UE pourront reprendre », a précisé une porte-parole de l’exécutif européen.

    La suspension des importations brésiliennes concerne aussi les œufs et le miel. Bruxelles n’a pas souhaité donner de calendrier pour la reprise des importations. Sollicité par l’AFP, le gouvernement brésilien n’a pas commenté l’annonce dans l’immédiat, bien qu’il ait fait valoir en mai qu’il « prendrait rapidement » toutes les mesures nécessaires pour que le commerce reprenne. Concernant la volaille et le miel, un audit est en cours et doit s’achever vendredi. S’il s’avérait concluant et que les pays européens donnent leur feu vert, les exportations de volaille brésilienne vers l’UE pourraient de nouveau être autorisées dans les semaines qui viennent. Les délais pourraient en revanche être plus longs pour le bœuf. « En raison de la durée des cycles de production selon les espèces animales concernées, la date à partir de laquelle le Brésil pourrait être en mesure de certifier sa conformité aux exigences de l’UE varie selon les filières », précise ainsi la Commission européenne.

    L’UE veut donner des gages de sa vigilance, alors qu’elle a été vivement critiquée par le secteur agricole et la France après avoir signé en janvier 2026 un accord de libre-échange avec les pays latino-américains du Mercosur : Argentine, Brésil, Uruguay et Paraguay.

    « Un éleveur européen

    n’a aucun moyen

    de rivaliser avec moi »

    Le Brésil a été retiré en mai d’une liste de pays respectant les règles de l’UE relatives à l’utilisation intensive d’antibiotiques dans l’élevage, sous la pression de ce secteur après la signature de cet accord.

    En 2025, le Brésil était le deuxième exportateur vers l’UE de viande bovine, avec plus de 92 000 tonnes de produits bovins, représentant plus de 713 millions d’euros. « Un éleveur européen n’a aucun moyen de rivaliser avec moi » et si les gouvernements « importent de la viande bon marché, ils vont anéantir l’agriculture de leur pays », a déclaré à Carlos Roberto dos Santos, un éleveur de Barretos, dans l’État de São Paulo (sud-est). Le produit qu’il utilise pour ses bêtes les « aide à digérer l’herbe » pour qu’elles prennent « plus de poids, il ne sert pas à traiter une maladie », admet-il.

    Selon les règles européennes, l’utilisation d’antimicrobiens en élevage dans le but de favoriser la croissance ou d’augmenter les rendements est interdite. Ces mesures font partie d’une politique européenne visant à lutter contre la résistance des microbes aux médicaments, en évitant les recours inutiles aux traitements antibiotiques.

    D’après l’Organisation mondiale de la Santé, les superbactéries résistantes aux antimicrobiens (RAM) sont directement responsables de plus d’un million de décès et contribuent à près de cinq millions de morts supplémentaires chaque année.

  • Un salon de l’Agriculture sous tension

    Un salon de l’Agriculture sous tension

    C’est malheureusement devenu une constante. Le Salon international de l’agriculture, dont le coup d’envoi est donné ce samedi à Paris, Porte de Versailles, va se tenir dans un contexte de tension exacerbée, dans la lignée des précédentes éditions et de la colère du monde agricole.

    En toile de fond, les politiques libérales, historiquement pointées du doigt par une large part du milieu. Et dans le rôle de l’ennemi public numéro 1, l’Union européenne, vectrice de dumping social, de concurrence entre ses membres et d’accords de libre-échange nocifs pour les agriculteurs. C’est justement sur ce dernier point que le courroux a atteint un niveau particulièrement important ces derniers mois, avec la signature, crainte depuis des années et désormais entérinée, d’un accord de libre-échange entre Bruxelles et le Mercosur.

    De ce fait, la Confédération paysanne a annoncé qu’elle boycottait l’ouverture du salon et le traditionnel petit-déjeuner entre le président de la République et les syndicats. « Nous ne voulons pas être la caution de ce spectacle désolant lors duquel Emmanuel Macron a pour habitude de mentir », dénonce Thomas Gibert, porte-parole national du syndicat.

    « Sortir du dogme

    de la compétitivité »

    Ce dernier pointe du doigt l’absence de « la mise en place des prix planchers, qu’il avait promise il y a deux ans. L’année d’après, il nous avait promis, la main sur le cœur, de tout faire pour empêcher le traité de libre-échange avec le Mercosur. Encore une fois, la promesse n’a pas été tenue. Il n’a pas été assez proactif pour construire la minorité de blocage nécessaire ». Mais il indique que la Confédération paysanne sera bien présente pour le reste du salon, afin de porter « la question de la régulation du marché qui est selon nous indispensable pour avoir un revenu paysan et changer de modèle agricole. Les lois récentes, comme la loi Duplomb, ont pour objectif de rester compétitifs sur le marché international. Le problème est qu’on va aller vers toujours plus d’industrialisation, d’abaissement des normes environnementales et sociales. On a besoin de réguler le marché pour sortir de ce dogme de la compétitivité, de produire d’une manière moins intensive, pour utiliser moins de pesticides, avoir un meilleur revenu, pour protéger notre agriculture et de fait notre alimentation ».

    Le syndicat compte également dénoncer la loi d’urgence agricole annoncée en janvier par le Premier ministre Sébastien Lecornu : « C’est une réponse aux revendications de la FNSEA. On s’oppose à cette vision de l’agriculture, qui défend les intérêts d’une poignée au détriment de l’ensemble du monde paysan, toujours à destination de l’agro-industrie. On veut crier haut et fort cette différence, et pointer cette cogestion entre la FNSEA et le gouvernement, qui a poussé les politiques agricoles depuis des décennies dans l’impasse dans laquelle on se trouve », clame Thomas Gibert.

    Autre problématique : la dermatose nodulaire contagieuse, et la critique de l’action gouvernementale en la matière. Pour la première fois de son histoire, aucun bovin ne sera présent au salon, ce qui constitue, pour le syndicaliste, « la vitrine de l’échec de cette politique sanitaire inhumaine. L’abattage n’est pas justifié, c’est une décision prise uniquement sous le prisme d’une visée exportatrice, alors que des solutions scientifiques existent ». Une maladie dont ce maraîcher de Haute-Vienne « craint la résurgence au printemps, car les vecteurs risquent de se réveiller avec la hausse des températures. Il est hors de question qu’on revive le même drame que cet hiver, mais on n’a pas de réponse, et il n’y a toujours pas de volonté politique de sortir de l’abattage total », martèle-t-il, annonçant une conférence de presse à ce sujet lundi.

    « La régulation du marché
    est indispensable »

  • « Ce que les agriculteurs attendent surtout, c’est un cap »

    « Ce que les agriculteurs attendent surtout, c’est un cap »

    La Marseillaise : Dans quel état d’esprit arrivent aujourd’hui les agriculteurs au Salon de l’agriculture ?

    Jérôme Despey : Il y a beaucoup d’attentes et beaucoup de préoccupations. D’abord sur le plan sanitaire, avec nos éleveurs touchés par la dermatose nodulaire contagieuse. Cette année, le Salon se fera sans vache, ce qui est une première. C’est un vrai coup dur pour les éleveurs et les organismes de sélection, qui sont meurtris de ne pas pouvoir être présents. Il y a aussi un contexte agricole très difficile pour certaines filières, notamment la viticulture et les grandes cultures. Ce que les agriculteurs attendent surtout, c’est un cap, une vision pour l’agriculture française, alors que nos moyens de production sont fortement impactés par les aléas climatiques. Si l’on veut assurer la souveraineté alimentaire, il faut une stratégie claire pour préserver ces moyens de production et permettre la transmission et le renouvellement des générations. D’ailleurs, le thème du Salon, « Génération solution », envoie un message fort aux jeunes.

    Le Salon peut-il encore jouer ce rôle de vitrine positive malgré les crises ?

    J.D : Oui, et c’est même essentiel. Le Salon permet ce partage avec le grand public, ce soutien des consommateurs. Plus de 500 000 visiteurs viennent échanger avec les agriculteurs, découvrir les filières de production, qu’elles soient animales ou végétales. C’est la plus grande ferme de France : les bovins, les ovins, les caprins, les cultures, la viticulture, mais aussi les régions de l’Hexagone et d’outre-mer, dans un esprit de convivialité et de fête autour des produits de terroir. Cette année, il y a aussi une dimension internationale avec la Côte d’Ivoire comme pays à l’honneur. Face aux difficultés, je préfère voir le Salon comme une opportunité de dialogue avec nos concitoyens.

    Craignez-vous un Salon plus politique que jamais, dans un contexte de tensions et d’élections ?

    J.D : Le Salon a toujours été politique. Les responsables politiques sont les bienvenus, mais il faut rappeler que le Salon de l’agriculture est un salon privé : il appartient aux agriculteurs, pas au gouvernement. C’est un lieu d’échange et de débat, et c’est normal, surtout dans des périodes électorales comme aujourd’hui avec les municipales, et demain les Présidentielles. Les agriculteurs attendent des réponses, des solutions concrètes. Mais il ne faut pas que le Salon devienne un lieu de combat. C’est avant tout un événement grand public, familial. Si l’on abîme cette image, le risque est que le public ne vienne plus.

    Les décisions prises à Paris ou à Bruxelles cristallisent la colère. Pourquoi ?

    J.D : Parce que depuis des années, on tire la sonnette d’alarme. Les agriculteurs ont le sentiment qu’on rajoute sans cesse des normes, des charges, des surtranspositions. Cela pèse lourdement sur les exploitations. Dans un contexte géopolitique tendu, les agriculteurs veulent protéger une agriculture française de qualité, avec des produits distincts. Le dossier du Mercosur en est l’exemple le plus emblématique. La position de la France a été exprimée, mais ce que nous attendons maintenant, ce sont des concrétisations.

    Dans le Sud, la viticulture est particulièrement touchée. Comment analysez-vous la situation ?

    J.D : La viticulture traverse une crise majeure, liée à la fois à la consommation, au climat et aux marchés. C’est une filière qui souffre énormément et qui a besoin d’accompagnement. Là encore, il faut une vision à moyen et long terme, pour éviter que des pans entiers de notre agriculture ne disparaissent.

    Propos recueillis par A.J.

  • Une manif pour défendre le métier de paysan à Aubagne

    Une manif pour défendre le métier de paysan à Aubagne

    Alors que, samedi, « une bergère va transhumer ses 300 brebis d’une parcelle à une autre », annonce Jean-Charles Bureau, co-secrétaire de la Conf’ 13, le syndicat agricole classé à gauche veut faire passer ce message : « On n’est pas des santons. »

    Autrement dit : « Nous sommes bien vivants, bien présents sur votre territoire ! La paysannerie existe depuis toujours, nous nous battons et continuerons de nous battre pour la défendre ! », expose l’apiculteur aubagnais. La manif, à pied et à pattes, partira à 10h du rond-point des 6 fenêtres, au 120 avenue Robespierre pour converger vers le centre-ville. Auprès des paysans, militants de la Conf’, défileront la CGT, des groupes écolos.

    Merci aux eurodéputés

    C’est justement pour défendre cette agriculture paysanne que la Conf’ combat le Mercosur, traité de libre-échange que l’Union européenne a signé en janvier avec des pays d’Amérique du Sud. « En France, notre élevage souffre de gros problèmes de commercialisation. Le Mercosur fait entrer des produits agricoles sans taxe supplémentaire, ce qui met à mal notre revenu, nos conditions de travail et aggrave la maltraitance animale. Un pays comme le Brésil pratique par exemple l’élevage intensif, sur des terres gagnées grâce à la déforestation… », explique Jean-Charles Bureau. Lui et son syndicat se réjouissent d’ailleurs du vote des eurodéputés (par 334 voix pour, 324 contre) ce mercredi en faveur de la saisine de la Cour européenne de justice (lire page 20). Celle-ci doit examiner si l’accord commercial entre Union européenne et Mercosur est conforme aux traités européens ou non. « De fait, l’application du traité va être suspendue le temps de la procédure », se réjouit le militant.

  • Occitanie : l’opposition au Mercosur ne faiblit pas

    Occitanie : l’opposition au Mercosur ne faiblit pas

    Le monde agricole gronde et les dernières annonces gouvernementales ne semblent rien arranger au feu qui couvait depuis quelque temps. Déjà empêtré dans sa gestion de la dermatose nodulaire contagieuse (DNC), maladie s’attaquant aux bovins, Matignon a pourtant tenté de désamorcer la colère, sans grand succès comme en témoignent les blocages et mobilisations qui se poursuivent dans tout l’Hexagone.

    À l’instar de Montpellier, où la FDSEA et les JA de l’Hérault s’étaient rassemblés devant les grilles de la préfecture héraultaise le 9 janvier pour tenter de s’opposer à la signature de l’accord entre l’Union Européenne et les pays du Mercosur (Brésil, Argentine, Bolivie, Paraguay et Uruguay), créant l’une des plus vastes zones de libre-échange de la planète. « Il est hors de question de dire oui au Mercosur même si certains pays ont changé d’avis. Tant qu’il y aura une lueur d’espoir chez nos adhérents, on ne les lâchera pas  », soutient Annabelle Decoursière, secrétaire générale des JA de l’Hérault. En effet, même si Emmanuel Macron semble avoir changé d’avis et s’oppose maintenant à l’accord de libre-échange, la France n’a pas suffisamment convaincu d’autres pays pour constituer une minorité de blocage, si bien que l’accord devrait être ratifié par Ursula Von der Leyen le 17 janvier. « L’Union européenne vient de découvrir son 49-3 et passe en force », soupire Morgane Bara, porte-parole de la Confédération paysanne dans l’Hérault, regrettant « le peu de lobbying exercé par la France pour avoir la minorité de blocage, pourtant facilement atteignable. »

    Le texte supprime donc les droits de douane entre les parties et ouvre notamment la voie aux importations de viande sud-américaine, dont la concurrence est jugée déloyale et les normes environnementales et sanitaires moins contraignantes. « Le libre-échange est délétère. Les clauses miroirs évoquées par Macron ne changeront pas la donne. On met en concurrence les producteurs de la planète et le moins-disant remporte la palme, tout le monde est perdant », se désole Morgane Bara.

    Direction Strasbourg

    Pour tenter de calmer les esprits, la ministre de l’Agriculture a donc annoncé onze mesures pour une enveloppe de 300 millions d’euros. Sans convaincre l’ensemble du spectre syndical agricole. « C’est de la poudre aux yeux, on saupoudre un peu d’argent, on recule sur l’environnement. Mais sans donner de réponses sur ce qui nous préoccupe vraiment : le revenu paysan », observe Morgane Bara. Des effets d’annonce dénoncés – dans une moindre mesure – par les JA. « Il faut du concret. Ces annonces ne sont qu’un pansement, qui dépend d’un budget. La latence est trop grande avec le moment où ça arrive dans la ferme. Mais on ne crachera pas dans la soupe si ça arrive », soutient Annabelle Decoursières.

    Les regards sont maintenant tournés vers Strasbourg, où le Parlement de l’UE pourrait saisir la Cour de Justice de l’UE lors d’un vote le 21 janvier, ce qui suspendrait l’accord pendant plusieurs mois.
    Louis Dupin

  • La coordination rurale bloque un temps l’accès au port

    La coordination rurale bloque un temps l’accès au port

    Une trentaine d’agriculteurs et une quinzaine tracteurs ont bloqué le rond-point des Bannes mercredi matin, dès 5h30, à l’appel de la Coordination rurale des Bouches-du-Rhône et du Vaucluse.

    La mobilisation nationale du syndicat proche de l’extrême droite marque son opposition à la gestion de la crise de la dermatose nodulaire bovine, au Mercosur, mais aussi contre la « suradministration » et les « retraites indignes ».

    Les forces de l’ordre sont intervenues en milieu de matinée pour éconduire les agriculteurs manifestants, à renfort de deux escadrons de gendarmerie mobile et de deux blindés Centaure. L’objectif était de « ne pas bloquer d’axe de circulation structurant » selon la Préfecture de police des Bouches-du-Rhône.

    « L’extrême droite n’a pas sa place au port »

    Le déversement de terre et de déchets des agriculteurs aux abords immédiats de la zone industrielle a vivement fait réagir le syndicat CGT des ouvriers dockers et des personnels portuaires du Golfe de Fos. « De telles intimidations ne servent pas la lutte des agriculteurs français », affirme le syndicat dans un communiqué de mercredi après-midi.

    L’un des tracteurs arborait l’inscription « Jordan 2027 », provoquant l’ire de la CGT : « L’extrême droite n’a pas sa place dans notre port de Marseille-Fos », tancent les syndicalistes, rappelant les racines « Waffen SS et collaborationnistes » du parti de Jordan Bardella.

    Pour autant, le syndicat est « solidaire du combat des agriculteurs contre le Mercosur qui entraîne une concurrence déloyale et le non-respect des normes sanitaires et environnementales ».

  • Plusieurs dizaines d’agriculteurs mobilisés à Fos-sur-Mer

    Plusieurs dizaines d’agriculteurs mobilisés à Fos-sur-Mer

    Les agriculteurs manifestants de la Coordination Rurale 13 partent en convoi du rond-point des Bannes qu’ils ont bloqué environ une heure, en direction de Port-Saint-Louis, après un premier blocage à la Fossette (Fos-sur-Mer). Une quinzaine de tracteurs et quelques poids lourds en sont.

    Sur un tracteur est lisible “CR13 – Jordan 2027”.

  • DNC : la douleur des éleveurs et l’impasse politique

    DNC : la douleur des éleveurs et l’impasse politique

    C’est une colère qui ne cicatrise pas. Une colère rugueuse, enracinée dans la terre comme les bêtes qu’elle défend. Depuis l’été 2025, la dermatose nodulaire contagieuse (DNC) s’est imposée comme un cauchemar pour les éleveurs. Apparue en Savoie avant de gagner le Sud-Ouest, la maladie bovine a entraîné une riposte sanitaire brutale : abattage total du troupeau dès le premier cas, même lorsque les bêtes sont vaccinées. Dans les campagnes d’Occitanie, ce protocole est vécu comme un couperet. Des fermes transformées en friches à bétail, des animaux abattus en masse, des familles économiquement étranglées.

    Alors que le ministère assurait que « l’épidémie est sous contrôle », les blocages ont fleuri : A64 à Carbonne, A75 à Sévérac ou en Lozère, RN88 en Aveyron, préfecture d’Auch. Partout, la même colère : la décision est tombée d’en haut, sans concertation et sans nuance. Les syndicats agricoles – de la FDSEA à la Confédération paysanne – ont fait front commun, revendication assez rare pour être signalée

    L’espoir d’un dialogue s’est rapidement évaporé. Une cellule scientifique était censée réexaminer le protocole. Elle a finalement confirmé l’abattage systématique. Pour beaucoup d’éleveurs, « la porte s’est refermée ». Dans les esprits, le fossé avec l’État s’est encore creusé. À cette violence symbolique s’ajoute une réalité économique : fermes à l’arrêt, trésoreries exsangues, aides jugées dérisoires. Dans le Gers, certains paysans disent vivre avec 300 ou 400 euros par mois. Comment tenir ?

    Un monde paysan

    qui ne veut plus plier

    Au cœur de l’hiver, les barrages ont tenu. « Il n’y a pas de Noël, pas de Premier de l’An ; on sera là », répètent les militants. Les routes du Sud-Ouest gardent les stigmates : pneus brûlés, paille, radars détruits. Les dégâts se chiffrent en millions d’euros. Les élus locaux s’interrogent : qui paiera ? Les communes ? L’État ? Les sociétés d’autoroute ? Mais derrière ces factures se cache surtout un sentiment d’abandon. Car la DNC n’est qu’un révélateur : concurrence internationale, prix tirés vers le bas, accords commerciaux décriés, charges en hausse. La crise sanitaire a simplement mis le feu aux poudres.

    Les scientifiques espèrent une décrue de la maladie, portée par une vaccination massive : dans plusieurs départements, plus de la moitié des bovins sont déjà protégés. Le gouvernement promet qu’« il sera temps de réévaluer » l’abattage lorsque l’immunité collective sera atteinte. Le Cirad a été missionné pour étudier cette piste. Mais pour les paysans, le mal est fait. Certains ont renoncé au Salon de l’agriculture pour protéger leurs bêtes. D’autres ne savent même pas s’ils pourront redémarrer. Et la confiance dans la parole publique est au plus bas.

    2026 ne sera donc pas seulement l’année de la sortie de crise sanitaire. Elle sera celle de la décision : continuera-t-on à piloter l’agriculture depuis les cabinets ministériels, loin des fermes ? Ou acceptera-t-on que les paysans soient des partenaires, pas des variables d’ajustement ? Ce qui est sûr, c’est que les croix blanches plantées le long des routes pour les vaches abattues resteront un symbole.

  • Près de 200 agriculteurs mobilisés samedi à Aubagne

    Près de 200 agriculteurs mobilisés samedi à Aubagne

    D’inhabituels personnages se sont samedi joints aux clients du Auchan des Paluds à Aubagne : 600 brebis et agneaux ont à partir de 13h envahi le parking de l’enseigne, venus, avec leur maîtresse et de nombreux autres agriculteurs et éleveurs, protester contre l’abattage systématique et le Mercosur.

    C’est Hélène Poullin, la propriétaire de ce cheptel de brebis, qui a, mardi, appelé collègues et soutiens à manifester contre l’actuelle gestion gouvernementale de la crise sanitaire bovine, liée à l’apparition de cas de dermatose nodulaire contagieuse (DNC). Rapidement soutenu par la Confédération paysanne des Bouches-du-Rhône, l’appel de la jeune femme rassemble finalement quelque 200 personnes samedi. « Je suis très préoccupée par cette crise sanitaire depuis qu’elle a commencé, cet été. Cela m’empêche même de dormir, se désole la bergère. Je sais que si on venait à abattre mon troupeau, je ne me relèverais jamais. Mes brebis sont toute ma vie, elles sont mon moteur. Voir qu’autant d’éleveurs se mobilisaient dans le Sud-Ouest, ça m’a donné envie d’agir. » Car si les premiers cas de DNC, cette maladie qui ne touche que les bovins, sont apparus cet été en Savoie, c’est en Ariège, le 11 décembre, qu’ont eu lieu les premières contestations agricoles. Militants de la Coordination rurale et de la Confédération paysanne s’étaient alors mobilisés en masse pour s’opposer à l’abattage de 207 bovins, décidé par l’État à la suite de la détection d’un cas dans le troupeau. Aujourd’hui, la réglementation française veut qu’en cas de détection d’un foyer dans un cheptel, l’intégralité des bêtes soit abattue, y compris les saines. Postés sur le rond-point de l’avenue des Caniers, après une courte marche depuis le parking du Auchan, les paysans d’Aubagne et de ses environs, ont établi un barrage filtrant à la sortie de l’autoroute, pour « dénoncer cet abattage systématique ».

    « Nous sommes ici pour dénoncer les méthodes du gouvernement dans sa gestion de la DNC mais aussi pour nous opposer au Mercosur, qui ne peut qu’aggraver la situation des paysans français, détaille Roger Roux, porte-parole de la Confédération paysanne 13 et maraîcher à Peyrolles-en-Provence. L’abattage total n’aboutit pas à grand-chose, on demande une vaccination généralisée et une mise à l’écart des bêtes. Abattre des vaches saines… on marche sur la tête. »

    Solidarité paysanne

    Dans une ambiance plutôt festive, possible notamment grâce à une police coopérante, les manifestants sont parvenus à maintenir leur barrage dans le calme. Dans les rangs des militants, ils sont très peu à être directement concernés par la crise sanitaire, pour beaucoup maraîchers, apiculteurs ou éleveurs non bovins et donc non inquiétés par la DNC. Présents en soutien donc, mais aussi pour dénoncer la « casse agricole ». « La violence de l’abattage est à l’image de son non-sens sanitaire. Le gouvernement détruit progressivement notre souveraineté alimentaire pour faire de la place au Mercosur », s’indigne Marcel, agriculteur à Meyrargues. En Paca, les premiers menacés par la DNC sont les éleveurs de taureaux en Camargue.