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  • Clap de fin pour la campagne de sécurité des loisirs nautiques en mer Méditerranée

    Clap de fin pour la campagne de sécurité des loisirs nautiques en mer Méditerranée

    La campagne de sécurité des loisirs nautiques touchant à sa fin, au crépuscule de la saison estivale, l’heure était au bilan pour le Préfet maritime de la Méditerranée, le vice-amiral d’escadre Christophe Lucas, et le directeur du Centre régional opérationnel de surveillance et de sauvetage de Méditerranée (Cross Med, implanté à la Garde), Aymeric le Masne de Chermont.

    En préambule, le Préfet maritime a tenu à saluer le rôle des bénévoles de la Société nationale de sauvetage en mer (SNSM), « qui réalisent quasiment 50% des primo interventions ». Des acteurs primordiaux sur une zone Méditerranée qui couvre 2 000 km de côtes et 115 000 km² de zone de sauvetage, mobilisant 70 moyens nautiques, 30 aériens, 19 sémaphores et 47 stations SNSM. D’autant plus avec une saison « qui commence de plus en plus tôt, au week-end de Pâques, marquée par une densification et une diversification des usages ». Quatre piliers ont structuré cette campagne : « sensibiliser, informer, contrôler et réglementer. »

    Cette saison, le Cross Med et la Préfecture maritime ont recensé 3 536 opérations (+14%), soit 30 événements par jour en moyenne. 8 072 personnes ont été impliquées (+4%), mais les décès, au nombre de 38, sont en baisse (-17%), parmi lesquels 15 liés à la baignade et 6 à la plongée, avec une moyenne d’âge élevée (respectivement 75 et 60 ans). « Ces drames doivent nous pousser à ne pas relâcher la garde », souligne Christophe Lucas.

    La baisse de l’accidentologie (-10%) et de la mortalité (-33%), deux domaines fixés comme prioritaires avant la saison, est donc une satisfaction. Même si cela ne doit pas masquer les efforts à maintenir sur les activités en particulier (+9% d’accidents liés à la baignade), et la nécessité de conserver « un dialogue avec les collectivités et les maires, qui gèrent leurs zones de baignades, et avec les acteurs du milieu nautique », insiste le vice-amiral Lucas.

    La diversification des pratiques, notamment avec l’essor du paddle, a également été marquante : « 99 opérations » ont concerné cette activité, observe Aymeric le Masne de Chermont, qui parle d’un « effet boomerang après une hausse des achats. Les paddles doivent être marqués pour éviter une opération lorsqu’il y en a un à la dérive, alors que le pratiquant a juste égaré sa planche ».

    Le 196, un numéro d’urgence à connaître

    Car ce qui fait encore défaut se résume à « trois facteurs : manque de préparation, inexpérience et comportements irresponsables. Le volet prévention et contrôle doit garantir une meilleure sécurité. Il n’y a pas de bonne pratique sans contrôles », martèle le Préfet maritime. Ainsi, 11 971 contrôles ont été menés (+10%), donnant lieu à 3 928 infractions (+12%), principalement pour trois raisons. « vitesse, mouillage dans des zones interdites et défaut de matériel de sécurité. Il faut partager l’évolution de la réglementation pour permettre une meilleure sécurité. Par exemple, qu’il y ait un deuxième coupe-circuit et un téléphone chargé sur les bateaux », ou « l’obligation de porter un shorty en néoprène pour le jet-ski depuis 2024, ce qui réduit considérablement les dégâts corporels », ajoute Muriel Vergne, médecin urgentiste, responsable médicale du Samu de coordination médicale maritime Méditerranée (SCMM).

    Il en va également de la responsabilité de chacun, en ce qui concerne son propre danger : « On n’a pas le même état physique à 20 ou 80 ans. La durée de vie augmente, les loisirs continuent, donc on a forcément plus d’accidents. Il faut savoir dire non », prévient-elle, relevant tout de même une note positive sur les accidents de plongée : « On est appelé de plus en plus tôt. Certaines douleurs ne se voient pas, il faut être responsable plutôt que se taire pour ne pas inquiéter le groupe. » Dans tous les cas, un seul numéro d’urgence à retenir : « le 196, y compris en club de plongée. Il faut appeler au bon moment, au bon endroit », conclut le médecin.

    Infos et préventions sur l’application Nav&Co.

  • « Il ne faut pas affoler la population par rapport aux produits marins »

    « Il ne faut pas affoler la population par rapport aux produits marins »

    Entretien

    La Marseillaise : L’interdiction du thon dans les cantines est-elle une bonne idée ?

    Daniela Banaru : Tout comme l’espadon, ou le requin, le thon est un grand prédateur qui se trouve tout en haut de la chaîne alimentaire. Plus tu es au sommet de la chaîne, plus il y a des chances que tu accumules des contaminants, dont le mercure. Mais, ce n’est pas le seul, il y a aussi des polychlorobiphényles (PCB), des Pfas ou encore des pesticides. Et on ne connaît pas l’effet cocktail.

    Pourquoi le mercure est-il dangereux ?

    D.B. : Depuis la pollution accidentelle au mercure en mer à Minamata, au Japon, on sait que c’est un neurotoxique. Les conséquences vont être très importantes au niveau du système nerveux pour les fœtus et les enfants. C’est là le véritable danger. Mais, il ne faut pas affoler la population par rapport aux produits marins, car on en tire aussi énormément de bénéfices. Il faut juste faire attention à l’âge. Anses, OMS, Organisation pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et d’autres organismes scientifiques nous disent qu’il faut en manger pour les acides gras essentiel, les protéines, les vitamines B12 ou encore le potassium et de magnésium. Il ne faut pas oublier ça. C’est la balance bénéfice-risque qu’il faut regarder.

    Comment faire le tri ?

    D.B. : Si l’on n’est pas biologiste marin (rire), il faut tenir compte des recommandations. Taille, âge, poids ou quantité, les risques prennent en compte différents critères d’une population, mais aussi le lieu d’habitation. Par exemple, en zone côtière, on mange davantage de poissons. Pour les enfants, on sait qu’il y a un risque. Le mercure en mer, naturellement présent, est transformé en méthyl mercure, c’est lui qui est toxique. L’activité humaine (dans l’industrie par exemple) augmente ses concentrations au-delà du normal.

    Qu’en est-il en Méditerranée ?

    D.B. : Le mercure est un peu plus élevé car la Méditerranée est une mer pauvre, les cellules vivantes sont très petites, la bioconcentration est accrue. Les thons sont tout en haut de la chaîne alimentaire et ce sont des gros mangeurs, jusqu’à 30% de leur poids par jour.

    Quel poisson peut-on manger alors ?

    D.B. : Les seuils de surveillance fixés par l’Europe sont différents pour les grands prédateurs et les autres espèces. En ce qui concerne les femmes enceintes et les enfants, il faut manger d’autres poissons que le thon. Avec mon laboratoire, nous avons étudié et donné à la Mairie une liste de 263 espèces comestibles sur nos côtes. Il faut manger d’autres espèces, plus bas dans la chaîne alimentaire. Il ne faut pas céder dans la psychose.