Tag: mémorial

  • [Kallisté] Les Poilus du Fium’Orbu : redonner un visageà ceux que l’Histoire ne doit pas oublier

    [Kallisté] Les Poilus du Fium’Orbu : redonner un visageà ceux que l’Histoire ne doit pas oublier

    Devant un public attentif, les portraits et parcours des 44 combattants de la Première Guerre mondiale recensés à ce jour dans les communes de Chisa, Sari-Solenzara, Solaro et Ventiseri ont été présentés. Une démarche qui permet de redonner un visage, une histoire et une identité à ces hommes emportés dans l’un des conflits les plus meurtriers du XXe siècle.

    Parmi les intervenants figuraient notamment Antoine Galloni d’Istria, historien spécialisé dans la recherche sur les combattants corses de la Grande Guerre, ainsi que des représentants de l’association Corsica 1943. Leurs interventions ont permis de rappeler l’ampleur du sacrifice consenti par toute une génération de Corses.

    Les monuments aux morts présents dans les 307 communes de l’île témoignent encore aujourd’hui du lourd tribut payé par la Corse. Derrière les noms gravés dans la pierre se cachent des destins souvent méconnus : jeunes hommes, pères de famille, agriculteurs ou bergers arrachés à leur quotidien pour répondre à l’appel de la Nation.

    Au-delà du drame humain, la disparition de milliers d’hommes a profondément bouleversé l’équilibre économique et social de l’île. Dans de nombreux villages, leur absence a laissé un vide durable, affectant les exploitations agricoles, l’élevage et la vie communautaire tout entière.

    Grâce au travail de recensement mené avec le concours des familles, cette initiative contribue à préserver une mémoire collective précieuse. En redonnant une histoire à chacun de ces soldats, elle permet de mieux comprendre ce que la Corse a vécu durant la Grande Guerre et de transmettre cet héritage aux nouvelles générations.

    À l’heure où les conflits continuent d’endeuiller de nombreuses régions du monde, cette démarche rappelle avec force l’importance du devoir de mémoire et le prix de la paix.

    Pour ne pas oublier.

  • Alice Rufo en visite ce lundi dans le Var

    Alice Rufo en visite ce lundi dans le Var

    Elle y a participé à une cérémonie au Mémorial des guerres en Indochine de Fréjus, l’un des dix hauts lieux de la mémoire nationale, qui accueille les dépouilles de militaires « Morts pour la France » entre 1940 et 1954. Elle a ensuite rendu visite au 7e régiment d’instruction et d’intervention de la sécurité civile de Brignoles, dont elle a découvert, via des ateliers, les missions de sécurité civile et de lutte contre les feux de forêt et les inondations, de gestion des risques technologiques et de décontamination.

  • Une journée d’hommages à la Résistance

    Une journée d’hommages à la Résistance

    Cette journée a été instaurée en souvenir de la réunion du Conseil national de la Résistance (CNR) du 27 mai 1943 à Paris, réunissant Jean Moulin, représentant du Général de Gaulle, les représentants des huit grands mouvements de résistance français et les représentants de six principaux partis politiques de la troisième République. Une rencontre fondatrice, qui avait pour but d’unifier et de coordonner toutes les forces et les tendances politiques de la Résistance au sein d’un seul et même mouvement.

    Bouches-du-Rhône

    À Salon-de-Provence, à 9h30, au Mémorial Jean-Moulin, sur la route nationale 583.

    À Aix-en-Provence, à 11h30, au Wagon du Souvenir au camp des Milles, chemin des déportés.

    À Martigues, à 18h, au monument aux Morts sur la place du 8 mai 1945.

    À Aubagne, à 17h, au Parc Jean-Moulin.

    À La Ciotat, à 11h, au cimetière Sainte-Croix.

    Var

    À Toulon, à 10h, sur la place Gabriel-Péri.

    À Draguignan, à 18h30, au Monument de la Résistance, sur la place de la Paix.

    À Six-Fours, le collectif Six-Fours à gauche, écologiste, régionaliste et citoyenne organise à 10h, au rond-point Jean-Moulin, une cérémonie en réponse à la « cérémonie patriotique » programmée par la mairie d’extrême droite de Frédéric Boccaletti, afin de rappeler que les racines de son parti n’étaient pas du côté de la Résistance. Et de dénoncer : « Une entreprise de récupération et de falsification de l’Histoire, salissant la mémoire des résistantes », selon le collectif.

    Vaucluse

    À Avignon, à 10h, à l’angle du boulevard de la première DB et de l’avenue Pierre-Semard, une cérémonie commémorative se tiendra à l’occasion du 82e anniversaire des bombardements de la ville d’Avignon, et à 10h45, au Monument aux Morts, place
    1ère armée d’Afrique, se tiendra la cérémonie commémorative de la Journée nationale de la Résistance.

    À Carpentras, à 11h, au Monument aux Morts du cimetière.

    À Cavaillon, à 17h, sous le péristyle de l’hôtel de ville.

    Alpes-de-Haute-Provence

    À Manosque, à 18h, au Monument aux Morts, bd Élimir-Bourges, organisée par l’association Anacr.

  • L’art contemporain sur les traces de la mémoire à Toulon

    L’art contemporain sur les traces de la mémoire à Toulon

    Des photogrammes travaillés sur du papier photosensible, grâce aux étincelles d’une disqueuse, pour créer des traces prenant la forme d’« une pluie de flammes » : une technique mise au point par Nicolas Daubanes pour le projet « Aujourd’hui, les dix hauts lieux de la mémoire nationale », proposé par l’Office national des combattants et des victimes de guerre et mené depuis 2024 par l’artiste dans les dix hauts lieux de la mémoire nationale. Son exposition « Allons voir les avions décoller », dont le vernissage a lieu ce samedi à 11h30 au Mémorial du Mont Faron, en est la conclusion.

    Celle-ci propose sept œuvres qui mettent en scène deux figures : « Le Génie de la Navigation », communément appelé « Cuverville », statut iconique du port de Toulon, et des navires bombardés lors de la Seconde guerre mondiale. Deux emblèmes évoquant l’histoire d’une ville et de son port militaire, entre sabordage et bombardements, que Nicolas Daubanes usite pour « questionner la notion de résistance ». À travers sa technique novatrice et étincelante, pensée au hasard de ses bricolages personnels, il y a « l’idée de montrer le bruit de la guerre », et « peut-être, de palper ce moment présent de la bataille ».

  • Les enfants de Saint-Jean et les rafles oubliées à Berlin

    Les enfants de Saint-Jean et les rafles oubliées à Berlin

    Ils ont pris l’avion dimanche en direction de Berlin pour un rendez-vous qui fera date. Ce lundi une délégation du « Collectif Saint-Jean 24 janvier 1943 » est l’invitée de l’ambassade de France, pour une table ronde intitulée : « Marseille 1943, les rafles oubliées ».

    Face à eux, un auditoire constitué de quelque 120 élèves allemands qui viendront écouter leur histoire d’enfant et celle de leurs familles qui, entre le 22 et le 24 janvier 1943, comptèrent parmi les 20 000 Marseillais raflés, internés au camp de Fréjus puis déportés par centaines dans les camps nazis parce qu’ils étaient juifs, résistants ou habitants d’un lieu jugé « criminogène ».

    « C’est Marseille qui est mise à l’honneur. Se retrouver 80 ans plus tard à l’ambassade de France en Allemagne pour témoigner comme survivant, est un symbole pour les enfants du quartier Saint-Jean », explique l’avocat Pascal Luongo, porte-parole du collectif. « Que les anciens qui sont les enfants d’hier, viennent raconter à ceux d’aujourd’hui, en Allemagne, dans une transmission directe, cette histoire restée longtemps effacée des mémoires, c’est très fort. »

    à ses côtés, ils seront quatre témoins : Antoine Mignemi, président du collectif qui milite pour faire reconnaître les rafles de Marseille et la destruction des quartiers du Vieux-Port comme crime contre l’humanité, Suzanne Fritz, Gérard Agresti dont le père a été déporté à Sachsenhausen d’où il a pu revenir et témoigner, et Claude Arovas dont la famille a été déportée et exterminée à Sobibor.

    Les héritiers retapent

    à la porte du pouvoir

    L’invitation a été lancée par la Commission pour la restitution des biens et l’indemnisation des victimes de spoliations antisémites dont une antenne est rattachée à l’ambassade. Le contact s’est noué en 2024 à Berlin où Pascal Luongo était invité par le Mémorial des juifs assassinés d’Europe, pour l’exposition « Les Indésirables » dans laquelle les rafles de 1943 étaient traitées.

    « Les Allemands travaillent la question de cette catégorie de déportés dans les camps qui n’a pas été jusqu’ici l’objet de nombreux travaux. Ils avaient appris notre existence lors du procès du nazi Schütz, gardien du camp de Sachsenhausen, deux ans auparavant », raconte Me Luongo.

    Cette table ronde sur les rafles oubliées à Marseille sera le point d’orgues du cycle mémoriel des 80 ans de la libération des camps nazis qui a marqué l’année 2025 en Allemagne. Un nouveau cycle s’ouvrira en 2026. Et Marseille y trouvera encore sa place, puisque l’expo « Marseille se souvient » présentée sur le Vieux-Port en 2023, sera montée à Hambourg dans le cadre du jumelage entre les deux villes.

    « Ce symbole très fort d’union des mémoires de nos deux pays, prend tout son sens dans un moment particulièrement troublé où les héritiers de ce qui s’est passé à Marseille, l’extrême droite nazie et l’extrême droite française de Vichy, retapent à la porte du pouvoir », insiste Pascal Luongo. « Ce temps très républicain est aussi important dans notre combat pour la reconnaissance des crimes contre l’humanité commis à Marseille ». La procédure est d’ailleurs observée de près outre-Rhin, et l’enquête du parquet national ouverte en 2019 est sur le point d’aboutir selon l’avocat marseillais qui a bon espoir pour 2026.

    En attendant, le collectif poursuit à Marseille ses conférences auprès des lycéens, collégiens et écoliers, avec la volonté que la Ville inscrive cette mémoire dans l’espace public à travers des lieux de commémoration. « Le quartier Saint-Jean disparu, la gare d’Arenc… Il y a un besoin de faire vivre cette mémoire. On a reçu des signaux très positifs de la municipalité sur un changement de nom de place, un travail sur des lieux de commémoration. Tout le monde doit jouer le jeu. On construit patiemment mais vaillamment », reprend l’avocat qui espère s’appuyer sur ce qui est fait avec les Allemands pour faire avancer les choses.

    La commémoration du 83e anniversaire de ces rafles aura lieu le 24 janvier, une semaine avant les « officielles ». En février, un moment autour de la paix est prévu par le collectif avec la communauté de Sant’Egidio, un mouvement d’éducation populaire italien.