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  • Les agriculteurs cévenols touchés par les restrictions d’eau

    Les agriculteurs cévenols touchés par les restrictions d’eau

    Il ne manquait que deux ou trois semaines pour les producteurs d’oignons doux des Cévennes. Le ramassage de cette appellation d’origine protégée est en effet prévu autour de la mi-août. Mais touchés par une importante sécheresse et quatre vagues de chaleur depuis mai, les agriculteurs doivent d’ici là composer avec les restrictions d’eau et notamment l’interdiction d’irriguer (même si des dérogations sont possibles). Ces interdictions touchent aujourd’hui la zone du bassin-versant de l’Hérault placée en « situation de crise » par le préfet du Gard. Ce territoire abrite pourtant la majorité des producteurs d’oignons doux mais aussi de nombreux vergers de pommiers. L’inquiétude a donc gagné ces derniers jours les producteurs locaux.

    Si les nappes phréatiques ne sont pas à sec grâce aux importantes pluies de l’hiver et du printemps, c’est la situation des cours d’eau qui inquiète. Or, les producteurs d’oignons, gros consommateurs d’eau, puisent bien souvent celle-ci dans ces rivières. Ils espèrent donc atteindre la récolte sans trop d’impact sur leur production et surtout éviter la situation catastrophique de 2022 où la sécheresse avait entraîné une attaque de cicadelle.

    Les averses du week-end du 25-26 juillet n’ont pas sorti la zone de la situation de crise mais ont permis aux producteurs de gagner quelques jours pour arriver tant bien que mal jusqu’à la récolte d’oignons au bon calibre. Ces quelques averses n’ont d’ailleurs pas empêché les zones Vidourle et Gardon amont de rejoindre les zones Ardèche, Cèze amont et Cèze aval en situation d’alerte renforcée, le niveau d’alerte précédant celui de crise.

    Des retenues collinaires plutôt que des bassines

    Face à cette situation, la Confédération paysanne du Gard a rapidement réagi et a demandé à l’État d’intervenir. Elle demande d’abord que soit déclenché l’état de calamité agricole. « Cela permettrait un niveau de remboursement tout à fait différent pour nous. Tout le monde serait alors remboursé correctement », explique Rémi Balmassière, co-secrétaire et co-trésorier du syndicat agricole dans le Gard.

    La Conf’ demande également le lancement d’une étude dans les Cévennes « pour réfléchir à ralentir l’écoulement des eaux et favoriser l’infiltration dans les nappes ». Cette étude permettrait d’identifier les bonnes pratiques à suivre pour les agriculteurs mais aussi d’adapter au mieux l’urbanisme local. « Les Cévennes sont la zone la plus touchée par le dérèglement climatique dans le Gard. C’est aussi là qu’on concentre une majorité des pluies. On demande que l’on ralentisse le cycle de l’eau. Nous voulons voir comment avec l’ONF (Office national des forêts), avec les forestiers et les agriculteurs, nous pouvons permettre à un bassin-versant de retenir un maximum l’eau, au lieu de la laisser s’écouler dans les rivières. L’idée, c’est de voir comment remplir les nappes phréatiques et les réserves naturelles du sol », détaille l’apiculteur.

    Le syndicat demande aussi la création de retenues collinaires non imperméabilisées qu’il tient à différencier des bassines : « Les retenues collinaires permettent de retenir l’eau qui coule naturellement, le temps qu’elle s’infiltre dans le sol. Une bassine est plus chère, elle est étanche et permet de stocker l’eau grâce à un pompage ou une déviation de rivière, ce qui entraîne aussi de l’évaporation. »

    La Confédération paysanne demande enfin une aide exceptionnelle de 20 000 euros par actif agricole et non pas selon la taille de l’exploitation comme c’est le cas avec la Politique agricole commune (PAC). « Cette mesure coûte très cher, car elle représente un coût de 8 milliards d’euros si tous les actifs agricoles de France en bénéficiaient. Mais c’est à peu près l’équivalent à notre dépense pour notre dissuasion nucléaire par exemple. C’est une comparaison intéressante car, pour nous, l’alimentation est un enjeu stratégique. On ne peut pas se permettre de passer à côté de cet enjeu qui est de nourrir la population en cas de crise », conclut Rémi Balmassière.

  • D’un mouvement de résistance aux grands « Soulèvements »

    D’un mouvement de résistance aux grands « Soulèvements »

    Nous retrouvons mardi matin les militants du Comptoir des idées devant le panneau d’expression libre de l’avenue Tessé, en pleine séance de collage et de distribution de tracts. L’objectif étant d’informer la population toulonnaise d’une nouvelle séance de réflexion et de débat à l’occasion de la ciné-rencontre du jeudi 21 mai à 20h30 au cinéma le Royal autour de Soulèvements, le film de Thomas Lacoste qui sera présent dans la salle.

    « Ce qui nous intéresse, c’est que ça touche autant à la protection de la planète que les droits humains », explique Guy Cochennec (Climat Zéro Fossile). Le militant associatif rappelle pour commencer la genèse : « L’idée est née au sein de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes après 2013, au moment où la police et l’armée se sont retirées. » La très riche vie communautaire qui y prospère alors va en être le ferment. Des voix s’élevant pour dire qu’il n’était pas possible de se séparer sans créer un mouvement pour continuer la lutte partout où ce serait nécessaire.

    Pour continuer le combat

    « Une fois mis en place, ils vont réagir très très vite à tout ce qui se passe », souligne-t-il. On va en effet les retrouver présent sur la A69, mais aussi sur les projets des méga-bassines et même à plus de 3 000 mètres au cœur du glacier de la Girose, sur le chantier de construction d’un téléphérique, « avec l’installation de tentes sur le seul endroit où les hélicoptères pouvaient se poser pour amener le matériel ».

    Le Comptoir des idées souhaite mettre en perspective tous ces combats et la réponse disproportionnée de l’État – pour rester dans l’euphémisme. Notamment sur la manifestation organisée à Sainte-Soline en 2023 et « la réaction d’un gouvernement pour casser le mouvement ».

    « L’année d’avant déjà, Darmanin avait mis en avant l’écoterrorisme pour permettre d’appliquer les lois d’exception à des activistes et préparer l’opinion publique », dénonce Guy Cochennec. 3 000 agents des forces de l’ordre vont être déployés face à 30 000 manifestants avec « la volonté de faire un exemple, de faire peur et mal avec des tirs tendus de lance-grenade ». Et de préciser : « Sur des images, on voit des gendarmes qui comme dans un jeu vidéo se congratulent lorsqu’ils font mouche sur un manifestant. » Résultat : plus de 200 blessés très graves.

    Et pendant qu’on parle d’écoterrorismes, on ne parle plus des crimes écologiques réels ceux-là qui sont commis sur l’ensemble de la planète.

    Tout cela devrait donner matière à débat dans la salle et inspirer, pourquoi pas, d’autres manières de mener le combat au travers des 16 portraits réalisés dans ce film. On retrouve notamment deux paysans : le père est à la Confédération paysanne, et son fils beaucoup plus radical… Le militant du Comptoir des idées conclut : « Il y a une solidarité, de l’émotion qui passe, il y a tout ce qu’on aimerait voir partout dans la société. »