Tag: Matignon

  • L’extrême droite attend de « juger sur pièces »

    L’extrême droite attend de « juger sur pièces »

    À la sortie de l’Hôtel Matignon, mercredi, les responsables de l’extrême droite RN ont envoyé un message au nouveau Premier ministre : ils attendent de « juger sur pièces » Sébastien Lecornu et son futur gouvernement, loin d’être encore constitué. L’ancien ministre des Armées les a longuement reçus dans l’après-midi dans le cadre de ses consultations des groupes et partis politiques.

    Marine Le Pen a ainsi affirmé que c’était au nouveau Premier ministre de « prouver qu’il est véritablement dans une rupture » avec « la politique macroniste ». La présidente du groupe RN à l’Assemblée nationale, sous le coup d’un procès en appel après sa condamnation à 5 ans d’inéligibilité dans l’affaire des assistants au Parlement européen, a usé d’ambiguïté. Pour mieux sceller un pacte tacite impliquant des mesures d’extrême droite contre une abstention du RN à l’Assemblée nationale ? « Pour l’instant, ses intentions restent des intentions et moi, je suis trop expérimentée pour m’en contenter. Donc je vais attendre de juger sur pièces », a-t-elle ajouté à des journalistes devant Matignon.

    « Il y a des attentes très fortes aujourd’hui dans le pays et s’il poursuit la politique qui est menée jusqu’à présent, alors il tombera », a prévenu à ses côtés le président du RN Jordan Bardella après leur rendez-vous avec le Premier ministre.

    Lors du débat sur le vote de confiance, le 8 septembre, qui s’est soldé par la chute du gouvernement Bayrou, l’ancienne candidate à la présidentielle avait martelé un seul message : la dissolution de l’Assemblée nationale est incontournable. Une option qui relève de la seule autorité du chef de l’État. Hier, le RN n’en a pas dit un mot comme elle n’a pas non plus évoqué une éventuelle censure.

  • La rupture est dans la rue

    La rupture est dans la rue

    Des centaines de manifestations, occupations de ronds-points, piquets de grève dans les entreprises publiques et privées, blocages de collèges, lycées et universités, pacifiques et responsables dans leur écrasante majorité, ont donné le coup d’envoi, partout en France et massivement dans notre région, de l’irruption dans le débat public de la question sociale et de l’exigence d’une réponse à la hauteur : la justice sociale après huit ans de politique macroniste, honnie et impopulaire tant son caractère ultra-libéral a appauvri les ménages.

    Huit années terribles pour le monde du travail et la cohésion de la société. La réforme inique des retraites, passée en force au mépris de son rejet par les Français, demeure l’acte le plus sombre d’une politique du chaos tournée vers les plus aisés et contre les citoyens.

    Rompre avec la régression sociale

    Mais la macronie a-t-elle entendu ? Nous pouvons sérieusement en douter avec la nomination à Matignon de Sébastien Lecornu, ministre balayé comme François Bayrou après le refus de la confiance, le 8 septembre.

    Le nouveau Premier ministre n’a pas eu un mot, ce mercredi, pour les mobilisations populaires. Il a néanmoins déclaré qu’« il va falloir des ruptures, et pas que sur la forme, et pas que dans la méthode, des ruptures aussi sur le fond. » S’il n’a pas été plus loquace, la rue, elle, lui a envoyé un message limpide : « Oui » pour rompre avec cette politique de régression sociale que Sébastien Lecornu soutient depuis 2017. Sa nomination a donné du carburant au mouvement social qui entend s’inscrire dans la durée. Aujourd’hui, la rupture est dans la rue.

  • Bayrou-Lecornu : une passation en pleine tempête sociale

    Bayrou-Lecornu : une passation en pleine tempête sociale

    Renversé par l’Assemblée nationale lundi 8 septembre, François Bayrou a quitté Matignon ce mercredi 10 septembre en fin de matinée en laissant les clés au nouveau locataire, Sébastien Lecornu. L’ancien ministre des Armées, macroniste de la première heure, avait été nommé mardi par Emmanuel Macron. « L’instabilité politique commande à l’humilité, à la sobriété », a déclaré le nouveau premier ministre lors d’une allocution éclair alors que des manifestations se déroulent dans tout le territoire dans le cadre du mouvement « bloquons tout » contre la politique d’Emmanuel Macron.

    « On va y arriver, il n’y a pas de chemin impossible », a ajouté Sébastien Lecornu, conscient de ne pas disposer, comme son prédécesseur, de majorité à l’Assemblée nationale. Sans entrer dans les détails, Sébastien Lecornu a annoncé « des ruptures sur le fond » et des changements « dans la manière de travailler avec nos oppositions ».

    Sébastien Lecornu devait recevoir mercredi après-midi les responsables des partis du « socle commun » : à 14h30, Gabriel Attal, secrétaire général du parti Renaissance et président du groupe des députés Ensemble pour la République ; à 15h30, Bruno Retailleau, président du parti Les Républicains, ministre de l’Intérieur démissionnaire et Laurent Wauquiez, président du groupe LR à l’Assemblée nationale. Dans la foulée, le premier ministre recevra également Edouard Philippe, président du parti Horizons. Les représentants des partis et des groupes de gauche au parlement devraient aussi être reçus dans les prochains jours ainsi que les représentants des syndicats et du patronat. C’est à l’issue de ces consultations que le locataire de Matignon, le 7e depuis 2017, le 5e depuis le second quinquennat, proposera son gouvernement à Emmanuel Macron.